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Yennayer 2967 à Bouira - Sous le signe de l’ouverture

Un programme riche et varié que celui tracé par la Direction de la culture de Bouira qui, il faut le souligner, a travaillé étroitement avec les associations culturelles de la région berbérophone qui ont une tradition dans ce genre de festivités depuis des années.

Ces associations culturelles comme Thagharma de Taghzout qui a toujours travaillé au niveau du chef-lieu de wilaya, ou encore celles de M’chédallah avec Thusna et Thiwizi, Assirem d’El-Esnam, Inasen d’Ahl Ksar ou encore Thafath n’Ath Aïssi d’El-Adjiba et Ithran d’Aghbalou ; avaient longtemps travaillé indépendamment du pouvoir central et tout ce qui le symbolisait à travers les Directions de wilaya, quand celui-ci stigmatisait tout ce qui avait trait à la langue et la culture amazighes.

Aujourd’hui, les temps ont changé et les mentalités avec. Et à Bouira, l’on pourra dire que pour cette année, et c’est parce que tamazight est désormais une langue nationale et officielle, avec tout ce que cela suppose comme instruments à dégager par le pouvoir pour son épanouissement – et l’on attend toujours que cela se fasse —, à Bouira, la Direction de la culture a brisé un premier tabou avant la Direction de l’éducation qui aurait dû, pour cette année, ne serait-ce que dans le cadre d’expérimentation, lancer des classes pilotes de tamazight, au niveau des trois grandes agglomérations arabophones de la wilaya que sont Lakhdaria, Sour-El-Ghozlane et Aïn-Bessem.

Cette année, la Direction de la culture a fêté l’événement sous le signe de l’ouverture, et de la sorte, elle a marqué le point en incluant pour les festivités de Yennayer trois communes arabophones ; des communes qui n’avaient pas l’habitude de fêter l’événement mais, comme dirait l'autre : à chaque chose un début.

Ainsi, durant une semaine, à partir d’aujourd’hui, l’événement sera fêté un peu partout dans les régions berbérophones de la wilaya, à l’instar de Taghzout, Ath-Laâziz, El-Esnam, Ahl-Ksar, M’chédallah, Saharidj, Aghbalou et le chef-lieu de wilaya, Bouira, mais également dans certaines communes arabophones à l’instar de Lakhdaria, Sour-El-Ghozlane et Khabouzia.

Des communes qui auront l’honneur de fêter l’événement comme il se doit avec des expositions d’objets artisanaux du terroir, mais également l’art culinaire kabyle, des soirées poétiques, des sketchs, des galas et des conférences sur l’événement.
Il faut dire que du côté de la Direction de l’éducation, et même si l’enseignement de tamazight n’est pas encore ancré dans les mentalités de certains responsables travaillant au sein de cette direction, la ministre de l’Education a adressé officiellement une correspondance à l’ensemble des établissements scolaires des trois paliers et sur tout le territoire national, afin de célébrer cette date ancestrale propre au peuple algérien, qu’est Yennayer, d’une manière officielle en rappelant aux directeurs de l’éducation des différentes wilayas, la nécessité et l’obligation d’expliquer à tous les élèves algériens, la symbolique de cette date historique, celle qui marque le début du calendrier amazigh et qui coïncide avec la victoire du roi Chachnaq sur le pharaon Psousennès II et qui monta sur le trône en épousant la fille du roi vaincu. De cette alliance et la montée sur le trône, naquit la XXIIe dynastie des pharaons berbères qui régnera pendant plus de deux siècles en Egypte, soit entre 950 et 715 av J.-C.

Cela étant dit, rappelons également que pendant près d’une semaine, presque toutes les communes berbérophones vivront au rythme d’expositions, de conférences, de galas et de sketchs, le tout dans une ambiance conviviale et bon enfant où les traditionnels mets du terroir seront servis aux visiteurs qui pourront goûter allégrement à la galette et au fameux piment et tomate, ou comme aiment à le surnommer les Kabyles : le drapeau algérien avec la galette pour le blanc et les piments mélangés avec la tomate pour le vert et le rouge ; les crêpes, les plombs, les nouilles, mais surtout le couscous avec du poulet. Et si possible «ayazidh uhechadh» (le coq de la ferme). Un plat traditionnel qu’aucun ménage kabyle ne rate durant la nuit de Yennayer, appelé communément «imensi n Yennayer».

Au niveau de la maison de la culture Ali-Zamoum, la Direction de la culture a prévu pour la journée du jeudi 12 janvier, jour de Yennayer, un grand gala artistique avec plusieurs figures artistiques de la région et d’ailleurs ; alors que pour le 14 janvier et toujours à l'occasion de Yennayer 2967, c’est le village Illilten de la commune de Saharidj qui a voulu marquer l’événement en invitant le wali et son exécutif au village pour un déjeuner avec des mets traditionnels et le fameux couscous mais également la visite de plusieurs sites historiques du village et de la région.

Rappelons que hormis ce programme concocté par des associations culturelles en étroite collaboration avec la Direction de la culture, plusieurs autres associations culturelles, ainsi que les organisations estudiantines libres de l’université Akli-Mohand-Oulhadj, fêtent également l’événement à leur manière avec des conférences et autres activités et expositions.

Yazid Yahiaoui

Source: 
Le Soir d'Algérie
Date: 
2017-01-11
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