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Sidi Aïch Commémoration de la marche des arouch

14 juin 2001-14 juin 2017, seize années se sont écoulées depuis la marche historique des arouch sur Alger. Ce jour là, la Kabylie s’est soulevée comme un homme à travers une marche vers la capitale pour réclamer du pouvoir central, la satisfaction des revendications citoyennes contenues dans la plateforme d’El Kseur.

La marche pacifique du mouvement citoyen sera férocement réprimée dans le sang par le pouvoir. Par devoir de mémoire, pour que nul n’oublie ces douloureux événements du printemps noir ayant fait 126 martyrs et des milliers de blessés, la jeune association socioculturelle Tamusni de Tinebdar dans la daïra de Sidi-Aïch a organisé dans la soirée de mercredi une conférence-débat animée par Sofiane Adjlane, l’une des figures de proue de la coordination intercommunale de Béjaïa (CICB) et de l’interwilaya des archs pour rappeler ces sanglants événements du printemps noir 2001.

Dans son intervention, l’ancien délégué de la CICB entame son témoignage en remémorant l’assassinat du jeune Massinissa Guermah perpétré dans une brigade de gendarmerie à Béni-Douala avant d’évoquer également l’arrestation, trois jours après des trois collégiens à Amizour, par les éléments du même corps de sécurité qui constitue la deuxième étincelle ayant provoqué l’embrasement de la Kabylie.

Avant d’aborder la marche du 14 juin 2001, Sofiane Adjlane est d’abord revenu sur les différentes étapes de la création des différents comités de suivi des événements au lendemain de l’assassinat de Guermah Massinissa pour «arrêter l’effusion du sang et faire face à la répression impitoyable des jeunes manifestants par le pouvoir». Il rappellera la rencontre avec le comité populaire le 27 mai 2001lors d’une réunion de l’ensemble des comités de suivi de la wilaya Béjaïa observée à l’Université de Béjaïa avant la réunion de l’interwilaya d’El Kseur le 11 juin 2001, pour l’élaboration de «la plateforme d’El Kseur et décider de l’organisation de la marche sur Alger le 14 juin de la même année, pour transmettre les revendications citoyennes au premier magistrat du pays», signale-t-il.

«La marche pacifique sur Alger a été décidée pour remettre la plateforme de revendications citoyennes au président de la République et réclamer sa satisfaction, mais on a été accueilli par les moyens de répression les plus cruels. Ils ont libéré des voyous pour agresser avec des armes blanches des jeunes venus exprimer pacifiquement leur revendications légitimes. Des milliers de policiers ont été aussi mobilisés pour réprimer la marche», se souvient Sofiane Adjlane.

Dans sa rencontre-débat avec le public, Sofiane Adjlane est aussi revenu sur les divisions et les contradictions qui ont miné le mouvement citoyen ainsi que sur l’amorce du dialogue avec Ouyahia et le premier dialogue des «arouch Taiwan avec le chef du gouvernement de l’époque Ali Benflis». Pour l’ancien délégué de la CICB, «si le premier dialogue avec Ali Benflis avec des délégués Taiwan non représentatifs a été déjà largement dénoncé par la population, le dialogue avec Ouyahia a fait beaucoup de mal au mouvement», juge-t-il. «On n’a pas été à la hauteur d’une aussi lourde charge ; on avait déjà mis en garde contre un dialogue avec Ouyahia qui a signé l’acte de mort du mouvement. Certains de mes camarades à l’instar de ceux de cette commune de Tinebdar à laquelle je rends hommage pour le combat de sa jeunesse durant les événements se sont farouchement opposés au dialogue. Les délégués qui ont accepté de prendre langue avec Ouyahia, se sont fait piégés. J’aurai aimé que des rencontres s’organisent pour faire le bilan de ce mouvement et débattre avec les différentes tendances pour que les nouvelles générations soient éclairées sur ces tragiques événements», a conclue Sofiane Adjlane.

A. K.

Source: 
Le Soir d'Algérie
Date: 
2017-06-17
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