Vous êtes ici

La pénurie d’eau fait sortir les habitants de plusieurs régions dans la rue

Les habitants de plusieurs quartiers à Annaba ainsi ceux d’El Hamadia dans la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj sont descendus dans la rue pour protester contre la pénurie d’eau lors des deux jours de l’Aïd. Une pénurie due à la baisse du niveau des ressources hydriques superficielles alimentant ces régions.
La pénurie d’eau a fait sortir les habitants à Annaba qui ont coupé beaucoup d’axes routiers et les accès de leurs quartiers pour protester contre cette tension dans la distribution de l’eau potable lors des deux jours de l’aïd. Une situation qui persiste à cause de la sécheresse qui frappe le pays depuis deux ans et qui fait baisser le niveau des ressources hydriques superficielles alimentant cette région.
En effet, cela ne se limite pas à la ville de Annaba même si elle reste la seule cité qui a enregistré jusque-là l’éruption de protestataires dans ses rues et ce, depuis les émeutes de Tébessa en juin dernier pour les mêmes raisons, à savoir la pénurie d’eau. Parce que c’est toute cette région frontalière avec la Tunisie englobant les wilayas de Annaba, Tarf, Tébessa et Souk Ahras, qui souffre en cette période des grandes chaleurs. Et ce, parce qu’elle est approvisionnée en eau potable essentiellement par des ressources superficielles provenant des barrages. Idem pour El Hamadia à Bordj-Bou-Arréridj où les habitants ont manifesté en brandissant les compteurs d’eau.
Or, la sécheresse qui persiste depuis deux ans, a expliqué le directeur de mobilisation des ressources en eau au ministère des ressources en eau, Abdelouahab Smati, a fait baisser le niveau des barrages. «Le manque de pluies depuis pratiquement deux ans, qui n’a pas permis de reconstituer les réserves, couplé au taux assez élevé de l’évaporation des eaux stockées dans les barrages à cause de la chaleur, notamment lors des deux derniers mois, a fait baisser le niveau des barrages. Comparativement à la même période de l’année dernière, nous avons constaté une baisse de l’ordre de 400 millions m3 dans les eaux stockées à travers les 75 barrages en exploitation qui sont passés de 4,2 à 3,8 milliards m3.
Le taux moyen de remplissage est de 55,5% actuellement», a-t-il noté. Il a ajouté que «si les ressources superficielles ne représentent que 35% des volumes distribués, les régions qui sont alimentées essentiellement par les barrages connaissent des tensions auxquelles nous essayons de faire face en mobilisant d’autres ressources».
Ainsi, a précisé Abdelouahab Smati, «nous produisons un volume global de 3,6 milliards m3 dont 1,2 milliard m3 d’eaux des barrages (35%), 1,8 milliard m3 d’eaux souterraines (51%) et 0,6 milliard m3 d’eaux dessalées (14%)». Il a souligné que «le problème ne se pose pas dans les régions alimentées à partir des aquifères qui sont au nombre de 177 puisque la reconstitution des eaux souterraines se fait sur le long terme et la pluviométrie appréciable d’il y a 4 ou 5 ans a permis de le faire et nous continuons à y puiser sans problème». Et de conclure au sujet des régions où des mouvements de protestations ont été signalés : «La wilaya de Bordj-Bou-Arréridj ne dispose pas de ressources souterraines et le problème sera réglé avec la mise en service du barrage de Aïn Zada. C’est prévu vers la fin 2018.
A Annaba, le problème a été accentué par les travaux de rénovation de deux conduites principales et nous essayons avec les autorités locales de mettre en œuvre un plan d’urgence pour assurer l’approvisionnement».
L. H.

Source: 
Le Soir d'Algérie
Date: 
2017-09-04
Rubriques: 

Ajouter un commentaire

You must have Javascript enabled to use this form.