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Menaces du Préfet sur la charte de l'emploi local en Corse

Dans une lettre envoyée à plusieurs destinataires, notamment les syndicats patronaux, le Préfet de Corse, Bernard SCHMELTZ, « prévient » :

« Toute disposition engageant l’entreprise et visant à favoriser le recrutement ou l’accès à la formation des personnes résidant en Corse ou d’origine corse pourrait être constitutive de l’infraction de discrimination à l’embauche »

« Il en va de même de dispositions par lesquelles il serait exigé, pour toute embauche, la maitrise de la langue et de la culture corse pour le bon fonctionnement de l’entreprise dans la région »…

La charte pour l’emploi local élaborée sous l’égide de Jean Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse, est unanimement reconnue comme un dispositif salutaire, voire vital, pour permettre aux Corses de trouver un emploi, et d’arrêter d’aller grossir les rangs de plus en plus fournis des chômeurs et des précaires.

Les mesures préconisées dans le document présenté hier, et les engagements forts pris par les acteurs économiques, sont de nature à sauver l’emploi des Corses, et à leur permettre de vivre dignement de leur travail. Dans ce contexte, la lettre du préfet, premier représentant de l’Etat français dans notre pays, apparaît, une fois de plus, comme une véritable provocation, et une menace intolérable visant à empêcher en Corse ce qui est déjà permis ailleurs avec l’aval des ministres français.

Cette pitoyable manœuvre dilatoire s’inscrit dans une logique qui demeure la même depuis des décennies: interdire aux Corses de pouvoir développer leur pays, poursuivre méthodiquement, et froidement une oeuvre de décorsisation systématique en commençant par l’emploi.

Mais aujourd’hui la société corse s’organise pour résister à la violence des règles du droit commun français qui lui sont hostiles, et les pressions, ou intimidations de tous ordres, n’y changeront rien: grâce à l’action déterminée des représentants du peuple à l’Assemblée de Corse, et à la mobilisation de tous, nous sommes en train de changer la réalité funeste qui était imposée à notre pays. Et ce changement est inéluctable.

Les Corses devront désormais pouvoir se loger, travailler, et participer à la construction nationale d’un pays enfin maître de son avenir. Cet objectif sera poursuivi et atteint, et ce, en dépit de toutes les injonctions d’une administration étrangère dont l’action délétère n’est plus à prouver.

Eric Simoni

Préférence régionale

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Source: 
Corsica Libera
Date: 
2017-05-25
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