Vous êtes ici

Malte : les pirates de l'air se sont rendus, les 118 passagers libérés sains et saufs

Un ou plusieurs pirates de l'air - selon les sources - ont détourné vendredi un A320 de la compagnie nationale libyenne Afriqiyah Airways vers Malte, demandant l'asile politique à l'île.

Ils avaient retenu en otages les 118 passagers, avant de les libérer par petits groupes. Ils se sont finalement rendus, après plusieurs heures de négociations avec le chef de l'armée maltaise. Le détournement d'un avion libyen a connu une issue heureuse vendredi 23 décembre. Après plusieurs heures de tension et de négociations, le ou les preneurs d'otages se sont rendus après avoir libéré tous les passagers et membres d'équipage. Ils avaient détourné l'appareil pour réclamer l'asile politique à Malte. "Les pirates de l'air se sont rendus, ils ont été fouillés et placés en détention", s'est félicité le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, sur Twitter vendredi après-midi. Tout au long de la journée, il a tenu les internautes informés sur son le réseau social.

Cet avion de ligne libyen, un Airbus A320 de la compagnie nationale Afriqiyah Airways, faisait route vers Tripoli depuis Sebha (sud de la Libye), quand il a été détourné, vendredi matin, vers l'aéroport international de Malte. Il y avait 118 personnes à bord : les 111 passagers - 82 hommes, 28 femmes et un bébé - ainsi que sept membres d'équipage. Tous ont été libérés au fur et à mesure, dans le calme. Un premier groupe de 25 femmes et un bébé avait d'abord été libéré, puis plusieurs groupes, les membres de l'équipage ayant été relâchés les derniers. Selon un correspondant de l'AFP sur place, les passagers sont descendus de l'avion très calmement, sans courir ni crier. L'aéroport, un moment fermé, a commencé à s'ouvrir au trafic international et plusieurs vols déroutés ont pu atterrir. Un homme se disant armé d'une grenade a détourné l'avion vers Malte, une petite île méditerranéenne située à 350 km au nord de Tripoli, qui doit prendre le 1er janvier la présidence tournante de l'Union européenne. "Le vol Afriqiyah Sabha-Tripoli a été détourné et a atterri à Malte. Les services de sécurité coordonnent les opérations", a écrit le Premier ministre maltais, qui avait donné lui-même l'alerte sur son compte Twitter.

Sur le tarmac de l'aéroport international Luqa de Malte, l'appareil a été rapidement isolé. Des véhicules militaires ont pris position et l'avion était entouré par des militaires. L'aéroport a été fermé plusieurs heures. Plusieurs vols en provenance notamment de Londres, Bruxelles et Paris étaient prévus vendredi. Un ou deux pirates de l'air ? Combien étaient les preneurs d'otages ? Selon des sources gouvernementales maltaises, un seul pirate de l'air était à bord et il détenait une grenade. Il a déclaré qu'il libérerait les passagers si ses demandes étaient satisfaites. D'après Tripoli, ils étaient deux, des partisans de l'ancien régime de Mouammar Kadhafi, et réclamaient l'asile politique à Malte. Ils voulaient en outre annoncer la création d'un parti politique pro-Kadhafi, selon le ministre des Affaires étrangères libyen Taher Siala. La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. Plusieurs milices se disputent le contrôle du territoire, en dépit de l'installation d'un gouvernement d'union nationale (GNA), soutenu par la communauté internationale. Le chef de ce gouvernement, Fayez al-Sarraj, a annoncé officiellement samedi la libération de Syrte, bastion de l'organisation l'État islamique (EI). Daech s'était emparé de la ville natale de Mouammar Kadhafi en juin 2015, et a défendu son fief avec acharnement, utilisant des tactiques de guérilla urbaine, boucliers humains et mines antipersonnel. La perte de Syrte est un important revers pour l'EI. Mais il reste toujours des jihadistes en Libye, comme en témoigne un attentat suicide à Benghazi dimanche, et peut-être le détournement de cet avion vers Malte. Le gouvernement libyen espère sortir renforcé de la bataille de Syrte au moment où il peine toujours, depuis son installation fin mars à Tripoli, à asseoir son autorité dans un pays dévasté par les conflits.

Source: 
AFP - Orange
Date: 
2016-12-23
Rubriques: 

Ajouter un commentaire