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Grève, manifestations et émeutes dans plusieurs communes de Kabylie

Manifestations à Béjaïa et Constantine

La grève des commerçants annoncée sur les réseaux sociaux par des associations professionnelles locales notamment en Kabylie n’a été suivie qu’à Béjaïa d’où est issu ce mouvement de protestation. Des citoyens ont même battu le pavé pour protester contre la loi de finances 2017.
Les commerçants de Béjaïa ont baissé leurs rideaux en signe de protestation contre l’augmentation des taxes. «Les commerçants de plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa ont répondu, ce lundi 2 janvier, à l’appel à la grève lancé sur les réseaux sociaux pour dénoncer la hausse des taxes contenues dans la loi de finances», a-t-on appris de sources locales. «Au centre-ville de Béjaïa, la quasi-totalité des commerces sont fermés», a rapporté hier notre confrère TSA.
Ainsi, l’appel à une grève nationale des commerçants du 2 au 7 janvier lancé en décembre sur les réseaux sociaux par des associations professionnelles locales dans les wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou pour protester contre les descentes punitives des services de contrôle avant d’être annulé, n’a pas pu mobiliser ailleurs que Béjaïa.
A Alger, les commerçants ont activé normalement hier. Même si cet appel a provoqué une vague de panique chez les consommateurs qui se sont rués sur les commerces pour s’approvisionner en denrées alimentaires.
Notre confrère El Khabar a rendu compte de cette panique à travers les wilayas. De Khenchela à Béjaïa, en passant par Constantine et Sétif, à Blida et à Tipasa, une frénésie s’était emparée des citoyens à la veille du Nouvel An, craignant une pénurie à cause de la grève annoncée. Mais, il n’en était rien du tout. Sauf à Béjaïa où des citoyens sont descendus dans la rue pour protester contre l’augmentation des taxes et son corollaire la hausse des prix.
Ils ont, en effet, revendiqué le retrait de la loi de finances 2017 qui vient d’être publiée au Journal Officiel.
Des photos relayées par les réseaux sociaux montrent des scènes d’émeutes avec des pneus brûlés et autres pierres et troncs d’arbres partout à Béjaïa mais aussi à Constantine où la RN5 a été bloquée du côté d’Aïn Smara par des riverains qui protestaient contre la loi de finances 2017. Idem à Bouira où des manifestations ont été enregistrées ici et là à travers le territoire de la wilaya.
R. N.

Bgayet - La grève massivement suivie

Le mot d’ordre pour une grève des commerçants lancé sur les réseaux sociaux a été largement suivi, hier, à travers plusieurs municipalités de la wilaya de Béjaïa.
Les incessants appels des responsables de l’UGCAA affiliée à l’UGTA sur les ondes de la radio locale depuis quelques jours invitant les commerçants à ne pas suivre ce qu’ils qualifient «d’appels anonymes visant à déstabiliser la région» semblent avoir été ignorés dans la wilaya.
En effet, au niveau du chef-lieu de wilaya, les deux tiers des commerces n’ont pas ouvert dans la matinée en signe de protestation contre la hausse des taxes contenues dans la loi de finances 2017.
Le marché hebdomadaire de l’Edimco était pratiquement vide ce lundi. Le marché en question était déserté par les commerçants. Au niveau du commerce de gros situé dans la quartier Remla, quelques commerces seulement ont décidé de rouvrir après avoir baissé leurs rideaux dans la matinée. La consigne de grève a été massivement observée par les commerçants dans la haute vallée de la Soummam.
A Akbou, deuxième importante ville de la wilaya derrière le chef-lieu de wilaya, aucun commerce ni café n’a ouvert. A Tazmalt, une autre ville très importante de la wilaya, tout comme les localités d’Ighil-Ali, Allaghane, Ighzer Amokrane, l’ensemble des commerces étaient aussi fermés.

Dans la région du Sahel, à l’est du chef-lieu, la grève des commerçants a eu un franc succès. Dans les localités de Kherrata, Melbou, Souk-El-Tenine, Aokas, les commerces ont également suivi le mot d’ordre de grève.
En milieu journée, des scènes de heurts ont éclaté au niveau du chef-lieu de wilaya. Des groupes de jeunes ont dressé des barricades au niveau des 300 logements Ihaddaden à l’aide de pneus incendiés et différents objets avant que les mêmes images de désolation ne se déplacent du côté du centre-ville, dans le quartier CNS et Dawadji, à quelques mètres du siège de la Wilaya.
De violents affrontements entre les jeunes insurgés et les forces de l’ordre ont été observés. Les forces de l’ordre sont intervenues pour tenter de disperser la foule de jeunes à l’aide de tirs de grenades lacrymogènes. Un impressionnant dispositif policier a été déployé au niveau du chef-lieu de wilaya où les émeutiers ont incendié un bus de transport urbain de voyageurs appartenant à une entreprise publique.
La gare routière de Béjaïa a été également désertée par les transporteurs de voyageurs en milieu de journée. Après avoir assuré dans la matinée le transport de voyageurs, les transporteurs privés de voyageurs assurant la desserte entre le chef-lieu de wilaya et l’intérieur de la wilaya ont décidé de quitter la gare routière par crainte de représailles.
Dans la ville de Sidi-Aïch où les commerces ont pour la majorité ouvert dans la matinée, la situation s’est fortement dégradée en début d’après-midi. Des jeunes insurgés ont dressé des barricades avant d’arroser le commissariat de pierres. La police a riposté en usant de grenades lacrymogènes pour disperser la foule de jeunes en furie.
Dans l’après-midi, l’ensemble des commerçants ont décidé de baisser leurs rideaux à Sidi-Aïch. Dans la rue béjaouie, les citoyens s’interrogent sur les «tenants» de ce mouvement de grève et ces images de désolation qui n’ont touché, regrette-t-on, que cette région de la Basse-Kabylie.
Des citoyens ne comprennent pas que seule la wilaya de Béjaïa ait été ébranlée par ce mouvement de grève et de heurts contrairement aux autres régions du pays. «A qui profite toute cette confusion ? La hausse des prix et les différentes taxes annoncées dans la loi de finances 2017 ne concernent-elles pas l’ensemble des Algériens ?», déplorent des citoyens de Béjaïa.
A. Kersani

Bouira - Grève et émeutes dans plusieurs communes

La grève nationale à laquelle a appelé un groupe de jeunes via Facebook et partagée sur une plus grande échelle sur la Toile, pour dénoncer la politique d’austérité imposée par le pouvoir au peuple, a eu un écho favorable chez les commerçants, premiers touchés par ces mesures à travers la LFC 2017 et ses hausses d’impôts.
Ainsi, hier, dès les premières heures de la matinée, des centaines de commerces de la ville de Bouira ont maintenu leurs rideaux fermés alors que ceux qui ont osé ouvrir en faisant fi de cet appel ont fini par suivre progressivement durant la journée.
Dans l’après-midi, en voyant ces commerces qui fermaient un à un, c’était la panique chez les citoyens dont certains n’ont appris la nouvelle que durant la journée, en se voyant courir chez le dernier commerçant ouvert pour s’approvisionner en denrées alimentaires dont des produits de première nécessité.
Du côté des autres communes, l’on a appris qu’hormis la région berbérophone, toutes les autres communes des régions de Lakhdaria, Sour-El-Ghozlane et Aïn Bessem ont vécu un lundi normal, alors que dans les communes de M’chedallah et El-Adjiba, des émeutes ont même éclaté après les fermetures des routes à l’aide de pneus brûlés par des jeunes surexcités et prêts à en découdre avec les éléments antiémeutes comme nous l’avons constaté de visu au niveau de la bretelle d’El-Adjiba hier à 15 h.
Cela étant, hier, tard dans l’après-midi, des informations faisaient état du prolongement de ce mouvement de grève vers les autres daïras et communes de la wilaya à partir d’aujourd’hui.
H. M.

Source: 
Le Soir d'Algérie
Date: 
2017-01-03

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