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Rachid Azzouz, à cœur ouvert sur Kabyle.com

Mokrane NEDDAF (Kabyle.com Paris) - Azul, Rachid, pour commencer : peut-on avoir un aperçu sur votre parcours artistique ?

Rachid Azzouz : Étant un amoureux de la guitare, j'ai toujours eu un attachement particulier à cet instrument. Au début, j'ai dû en fabriquer mes premiers jouets pour m'amuser en jouant les premiers airs de Sliman Azem, Ait Menguelette, Dda Mouh Ouali Hakem (chanteur chaabi de mon village). Plus tard au collège des amis me prêtait leur guitare pour mieux progresser, et toute la joie de découvrir des sonorités plus enchantées. C'est parti pour la découverte des chansons harmonieuses du groupe Afous, Abranis, Imazighen Imula, Idir, Inasliyen, Cherif Kheddam, Mennad, etc… Ensuite vient, toute la chanson française et anglaise en passant par Renaud, Macias, Cabrel, Brel, Brassens, Moustaki, Gream Allright, Cohen, Gipsy King, Paco de Lucia, Beatles, Elvis, Niel Young, Simon & Garfunkel. Dylan, Dire Straits, Pink Floyd...
Pour commencer j'ai dû jouer dans les fêtes locales, des mariages, du réveillon, du 20 Avril. Sur les plages de Tigzirt, il y a toujours de nouvelles chansons originales à apprendre avec des virtuoses de tous bords. C'est ainsi que les soirs, on accompagnait le coucher du soleil avec des musiques de tous horizons. Mes premières chansons naîtront dans le Nord l'été 1993. Depuis des amis m'encourageaient à enregistrer un disque, qui s'est concrétisé, en 2010, avec l'album Tigzirt sorti chez IzemProd. Avec des amis, nous nous sommes produits principalement à Paris, et depuis 2011 j'ai eu l'occasion de jouer au Japon et l'aventure dure encore.

Rachid Azzouz

À tes débuts, à quel artiste as-tu rêvé de ressembler ?

Je n'ai jamais pensé à cette éventualité, j'ai toujours voulu être moi-même, mais je ne savais pas comment m'y prendre.

Comment as-tu fait pour partir au Japon, est-ce que dans le cadre du travailler?

Dans cette aventure, il y a d'abord mes frangins établis au Japon qui aiment mes chansons, ensuite la communauté francophone qui a une histoire particulière avec la Kabylie. Cela a commencé avec le coup de foudre qu'a suscité la chanson Tigzirt pour un ami, ancien ambassadeur à Alger. Mr Daniel Aviolat qui m'a introduit dans le programme de la journée de la francophonie à Kyoto, ensuite les Japonais ont aimé, et ils redemandent chaque année.

Peux-tu nous parler, comment as-tu fait pour arriver à voir un orchestre japonais ?

Il se trouve que mes frères connaissent des musiciennes japonaises dont Mami Nakamura, une clarinettiste professionnelle qui s'est occupée de former le premier orchestre, et l'année d'après d'autres musiciens  s’est jointe au projet.

Quel regard portez-vous sur la vie culturelle et artistique de la communauté algérienne établie au Japon?

Il faut savoir que les seuls Kabyles ou Chaouis qui sont au Japon sont des étudiants en haute technologie comme la robotique, l'architecture ou l'électronique, et le temps qu'ils consacrent à leur travail ne permet pas de faire aussi de la culture.

Peut-on nous parler de votre style de musique?
 
Les Japonais appellent ma musique "easy listening" facile à écouter, mais sans instruments traditionnels ce n'est pas roots, c'est de la chanson avec du verbe kabyle et de l'émotion.

Comment jugez-vous la chanson kabyle actuellement?

La chanson kabyle actuelle est entrain de se réveiller, elle cherche à s'affirmer malgré les difficultés de la production et de la promotion. La jeunesse a profondément souffert, et si on lui donne les moyens, elle produira des spectacles de haute facture. Mais tant que le problème identitaire reste posé, nous allons perdre du temps.

Vous êtes du genre très attaché aux racines, nostalgique, à l’ancienne comme on dit…!

J'aime l'enfant que j'étais, j'aime ma culture et son histoire extraordinaire, j'aime ces grands hommes qui ont fait de moi un être fier de ses origines, et je lutte à ma façon pour sauvegarder ce qu'il y a de meilleurs et avancer avec l'humanité.

Pour conclure, c'est quoi votre dernier mot?

Je pense que la culture amazighe a besoin de production constante et de qualité dans tous les domaines. Pendant longtemps on l'a revendiqué, maintenant il faudra que nous produisions du théâtre, du cinéma, de la littérature, de la chanson, de la poésie, de la culture dans tous les sens du terme, etc…, et je profite de saluer le site Kabyle.com qui un fait un travaille formidable, pour notre culture !

Mokrane NEDDAF

Rachid Azzouz _ Eǧǧ-iyi [official]

YENNAYER _ Ali Amran & Rachid Azzouz (extraits)

Rachid Azzouz _ full concert in Paris [1/4]

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