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Octobre 88, espoir et désolation !

Les émeutes du mois d’octobre 1988, ont donné l'espérance d'une vie meilleure, une révolution populaire qui servirait à une justice sociale. A l’époque la majorité, d'entre-nous, ne dépassait pas les 24 à 25 ans. Nés après l’indépendance de l‘Algérie, nous avions grandi avec un manque énorme de produits de première nécessité. Nous passions notre temps dans les queues devant le portail de les galeries, les Souk-elfelahs ( Franprix), mais toutes ces carences étaient voulues par un État dictateur, rien que pour nous faire occuper.  Il ne se doutait pas que ces longues files nous serviraient de lieux de réunions, de conférences-débat à ciel ouvert. Pour y voir clair, le chômage battait déjà son plein, la mal vie des jeunes ne pouvait être davantage escamotée, le piston était plus que jamais à tous les niveaux, sans parler de la répression ! Certaines personnes d'un âge avancé qui avaient vécu la guerre d'Algérie puis surtout la guerre civile de 1963 nous donnaient naturellement des informations pour nous donner du courage et nous prévenir.

Le 05 octobre 1988, les rues d’Alger sont dévastées. Les jeunes  de 12 ans à 16 ans brisent les vitrines, incendiaient les bâtiments public, le ministère de l’Éducation de la culture et la formation. Je les revoie qui renversent les voitures et tout ce qui symbolisait l’État : des jeunes munis de pierres face à des militaires armés jusqu'aux dents. Mais la réaction des autorités, ne s'est pas faite attendre. Des blindés se sont posté devant les bâtiments officiels, les points les plus stratégiques, tels que le Parlement, le port et la télévision, etc…

Des coups de feu ont plaqué la foule en centre d’Alger. On comptait plusieurs morts et des blessés par balles. L’état de siège était décrété pour la première  fois depuis l’indépendance du pays, toutes les autorités civiles administratives et de sécurité étaient placées sous le commandement militaire.

L'armée était jugée responsable de l’état de siège, avait interdit toutes manifestations ou autre groupement. Le 05 octobre 1988, de violentes émeutes à travers le pays ont mis fin à la politique et au système du parti unique, Front de libération National (FLN) de l'époque qui sont basées principalement sur la police politique. Une semaine après les émeutes, un bilan provisoire faisait état de 650 morts dans le pays (dont 350 à 400 à Alger) et des milliers de blessés et  d’arrestations un peu en partout en Algérie. Les revendications portent sur la nécessité de réformes profondes du système politique, la fin du parti unique, garantissent des libertés démocratiques. Les émeutes ont marqué la fin d’une époque.

Le séisme politique est tel que s’organise rapidement le passage au multipartisme. Les nouveaux médias se créent, des opposants politiques longtemps interdits réapparaissent. Les activistes islamistes ont montré leur importance dans la mobilisation populaires, ils sont là, le rêve se transforme en cauchemar!

L'Algérie va s’enfoncer dans l’engrenage tragique de la violence : près de 200 000 morts durant les années 90.  Certains hommes politiques et culturels, pensent que les événements d'octobre 1988 n'ont été qu’un vaste complot destiné à «ravaler» le système, à en finir avec certains membres du FLN au profit d’autres clans !  Les débats politiques se sont poursuivis après les émeutes, avant d’être emportés dans la tourmente, lorsqu’un parti, de type totalitaire, a voulu remplacer un système par une dictature religieuse. Le régime n a pas voulu  de changement véritable et il continue de régner avec la même politique de l’époque et les mêmes pensées totalitaires.

Mokrane NEDDAF

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Commentaires

Pour une fois de leur vie, ils se sont soulevés, mais en faite c'est pour porter le fasisme vert au pouvoir. Leur préparation était faite depuis longtemps. Pendant que nous kabyles nous nous acharnons a changer de model de société de type démocratique et sociale, le reste de l'Algérie attendait son heure pour venir s'accapérer le pouvoir une fois le fruit est mur. On dirait que l'histoire se répéte a chaque fois. En 1962, les planqués du clan d Oujda avait fait de même. 

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