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Interview de Saïd ATEK, Président de l'association Tafsut Normandie

Dans cette interview Said ATEK, président de l'association Tafsut Normandie, revient sur le Festival Tilelli que le centre André Malraux de Rouen accueille du 06 janvier au 28 janvier 2017. Il aborde avec nous plusieurs points en relation avec son association et la communauté amazighophone en France.

Kabyle.com: azul et merci d'avoir accepté cette interview. Pouvez-vous nous faire une présentation de votre association "Tafsut Normandie"?

Said ATEK : Merci à vous pour la  diffusion de nos "actions" et de votre soutien. Tafsut est née en 2008 à Rouen. Elle a pour but de "réhabiliter" la culture amazighe dans l'espace culturel et artistique en donnant la parole et l'expression aux compétences. Nous essayons d'être exigeants au niveau de nos choix, en invitant des persinnalités connues ou pas dont le discours ou la création sont sans complaisance avec les clichés et les conventions. Donc une création libre contemporaine. Nous ne négligeons pas l'Histoire, l'identité ou les problématiques inhérentes à notre civilisation.

Vous organisez durant tout ce mois de janvier, un événement culturel de grande importance, festival Tilelli, comment vous est venue l'idée ?

Le festival Tilelli est une proposition du centre André Malraux de Rouen, suite aux succés de nos événements précédents , Yennayer et le 20 avril ainsi que les cours de langue amazighe. les responsables de ce centre nous ont confié les lieux pour dédier tout ce mois de janvier à la culture berbère.

Saïd ATEK

A votre avis, quel rôle doit jouer d'une association amazigh en France ou dans un autre pays étranger ?

Le rôle d'une association amazigh en France doit se centrer dans la valorisation de la culture auprès des jeunes issues de l'immigration. Remplir le vide ou repondre aux questions qu'ils se posent sur l'identité et leur place dans la société. Il faut bien entendu mettre à leur disposition des interlocuteurs de qualité, des ateliers pédagoqigues contemporains en adéquation avec leur environnement. Encore une fois mettre à disposition du public amazigh ou autre des moyens humains et des materiels de qualité.

La communauté kabyle et amazighe de France vous paraît-elle est vraiment attirée par le travail associatif et fascinée par la sphère culturelle. Est-elle réellement désintéressée ?

À part les concerts musicaux, notre public amazighophone est globalement un non consommateur de biens culturels. Ils sont rares ceux qui fréquentent les cours de tamazight, même à un prix symbolique. Le public amazighophone n'assiste pas en masse aux conférences et ne visite pour ainsi dire pas les expositions que nous organisons.  Nos activités sont considérées comme élitistes! Le plus étonnant, c'est que notre public est à majorité européen!

Un dernier mot pour conclure ?

Solidarité, vigilance, exigeance et cohérence envers notre société et "notre" culture.

Entretien réalisé par: Amar BENHAMOUCHE

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