Procès du séisme de Boumerdés 6e jour



Passionnants arguments et contre-arguments

Six jours de débat, de nombreux accusés, des terrains et des experts se sont succédé à la barre. Les dossiers OPGI et EPLF sont passés en revue par le tribunal pénal près la cour de Boumerdès où les travaux se poursuivent de façon ininterrompue.

Hier, dans la matinée deux dossiers ont été traités, la résidence universitaire de Corso et du promoteur immobilier Derriche du 11-Décembre.

Mme Yahiaoui Karima, experte judiciaire, a révélé que le fort séisme est la principale cause des dégâts enregistrés au niveau de la cité universitaire qui n’a connu aucune perte humaine. Les éléments mis à la disposition de l’expert indiquent que le projet est réalisé suivant les règles parasismiques algériennes de 1988,

rappelant que les travaux ont débuté en septembre 2001 pour s’achever le 9 mai 2002. Le suivi régulier des travaux, l’étude de génie civil et le dossier technique présentés plaident en faveur du maître de l’ouvrage.

Ghazi Hacène Achour, ingénieur chargé du suivi du projet, a déclaré au tribunal que la mission consiste en l’application de données établies par le bureau d’études et le CTC, ajoutant que les ingénieurs du CTC sont toujours sur le site. «A une question du procureur celui-ci a répondu : «Je ne suis pas habitué à remettre en cause les études déjà entreprises. La qualité des travaux, les délais et le coût figurent dans mes prérogatives».

Le deuxième dossier est celui du promoteur Derriche. Un bloc d’habitations de 32 logements effondrés lors du séisme a causé la mort de 11 personnes dont l’entrepreneur du projet implanté sur le site du quartier du 11-Décembre. Les experts, pour éclairer le tribunal, ont déclaré que les travaux ont débuté avant même l’étude du sol suivant les normes des RPA de 1988. Intervenant, Maldhi Chafik, expert, a déclaré : «Je n’ai trouvé aucun document ayant trait au projet Derriche. L’entrepreneur avait en sa possession tous les plans et les documents. Ce dernier, il faut le rappeler, figure parmi les victimes de la catastrophe ; il n’avait aucune convention avec la DUCH pour un éventuel retrait d’un duplicata des plans et études».

La société civile, représentée par Kadi Youcef, au cours de son audition, a affirmé que le promoteur a été interpellé pour les travaux d’étanchéité qui n’ont à aucun moment été respectés. Ce sont eux qui sont les causes de l’effondrement de l’immeuble. Le coût de l’appartement est estimé à 350 millions de centimes.

Le dossier Derriche est louche, a conclu Kadi Youcef de la société civile devant le tribunal.

Le dernier et ultime dossier avant les grandes plaidoiries des robes noires, le projet des 60 logements SNCF. L’expert, Benana Ahmed membre de la commission ministérielle, a conclu que des anomalies ont été constatées dans l’implantation même du projet, situé sur une superficie de remblai à proximité de la voie ferrée, à une quinzaine de mètres de la RN 24. Cette dernière subit des vibrations au passage des véhicules lourds et des engins automobiles.

L’expertise démontre que les fondations à 2 mètres de profondeur ne reflètent pas l’étude déjà réalisée.

La surface du sol est constituée de remblai d’une épaisseur de 1,30 m. Pour contrecarrer ces vibrations, les services du CTC ont exigé du maître de l’ouvrage la réalisation d’un mur de soutènement entre la voie ferrée, les blocs et la route nationale. Selon Belghanem Farid, les réserves n’ont à aucun moment été prises en considération par le maître de l’ouvrage, arguant que ces murs ne sont pas repris sur les plans de fondation et de terrassement.

Journal: 
Le Jour d'Algérie
Journaliste: 
A. Kichni
Edition du: 
14 juill. 2008
Advertising

Contributions

Utilisateurs en ligne

Il y a actuellement 0 utilisateur et 68 visiteurs en ligne.

Connexion utilisateur

Vos réactions

Les nouveaux

  • Portrait de lily
    lily
    vrhnika
  • Portrait de TIZIRIS
    TIZIRIS
    FRANCE
  • Portrait de kabyle liegeois
    kabyle liegeois
    liege
  • Portrait de hoho
    hoho
    manchester

Syndication

Syndiquer le contenu