Omar Kerdja est professeur d’Histoire au collège de Larbâa N-At Yirathen, passionné de sa matière et de sa langue maternelle, il est l’auteur de plusieurs livres et recherches dans ces deux domaines, on citera entre autres : « La Conquête Française du Djurdjura » (Tome 1 paru aux Éditions Le Savoir, suivront Tomes 2, 3 et 4) et « Amawal Amectuh n Tussniwin n Ugama » (Petit Lexique des Sciences de la Nature), aux Éditions du HCA.
Kabyle.com : Commençons par une présentation de vous-même ?
Kerdja Omar : Kerdja Omar, professeur d’Histoire et de Géographie à Larbâa N-At Yirathen.
Vous êtes l’auteur d’une trilogie, à paraitre intitulée : « La Conquête Française du Djurdjura », pouvez-vous nous en parler ?
Avant de parler de l’ouvrage en question, je tiens à préciser qu’en vérité je n’ai pas fait de ça ma vocation et avant d’en arriver à ce résultat, je n’ai jamais pensé pouvoir écrire de livre et encore moins d’en éditer un jour. C’est le fait d’abord d’être, si je puis oser le mot, du domaine. C’est-à-dire de formation dans le domaine de l’histoire que je préfère d’ailleurs à l’autre matière que j’enseigne.
Ensuite, il y a cette passion que je ne peux décrire, mais qui me permet d’avancer, même lentement. Mais ma patience m’a permis de glaner, plutôt happer des éléments insoupçonnés de notre histoire auprès de personnes que d’autres auront négligées puisqu’on ne prend en compte que ce qui est contenu dans des documents écrits, comme si ces documents sont totalement fiables par leur contenu et dénués de tout parti pris flagrant de leurs auteurs.
J’ajouterai le fait que des ouvrages dans ce domaine et qui renvoient à cette période d’agression font outrageusement défaut sur les étalages des librairies à travers le pays. Il y a certainement des vérités à reformuler, à relever, à recentrer dans cet imbroglio d’informations. Mais il faut surtout donner parole à la mémoire collective léguée par les générations passées et qui miraculeusement arrive jusqu’à nous-mêmes si c’est en lambeaux, les tout derniers.
Vous me parlez de trilogie. Je tiens à souligner, même s’il faut me répéter, que je n’ai jamais cherché à en faire une. C’est les circonstances qui m’ont amené à cette situation. Imaginez un peu l’ouvrage en un seul volume ou même deux, il fera fuir par sa masse et serait vu par nombre de gens comme étant chose insurmontable à lire.
L’expérience quotidienne nous montre de nos jours qu’à l’exception d’un article ou deux dans un domaine bien précis pour chacun, rares sont les personnes qui se donnent la peine de lire même un journal ou une revue. Ce n’est nullement une critique étant donné la conjoncture socioculturelle et socioéconomique actuelles. En bref, les raisons sont multiples.
Pour revenir à mon livre intitulé « La conquête française du Djurdjura », j’ai voulu apporter à ma façon une pierre à l’édifice de la réécriture de l’Histoire de notre pays. Une Histoire qui remonte à plusieurs siècles en arrière ; une Histoire riche en évènements jusqu’à l’époque contemporaine. Mais il est difficile de cerner tous ses contours, ses tenants et aboutissants. Chacun peut choisir un créneau pour reconstituer ce puzzle. Que ce soit avec une vue globale, c’est-à-dire relater les évènements vécus par notre peuple, chaque génération les siens ou tout au moins pour chaque région.
Justement, me concernant, j’ai écrit sur la conquête française du Djurdjura, comme j’aurai aimé écrire sur une autre ou d’autres région(s) du pays afin de satisfaire ma curiosité et peut-être aider à éclairer un tant soit peu les gens assoiffés de leur Histoire, partie intégrante de l’Histoire nationale et ce, qu’elle que soit l’époque ou la région.
Mon choix du sujet limité à l’époque de la conquête française et que j’ai cernée au Djurdjura est dicté par plusieurs facteurs, entre autres : absence de moyens et difficultés d’opérer en dehors de cette région.
Il y a aussi le fait que moi-même je suis issu de la région où l’essentiel des évènements s’était déroulé, ce qui me facilita, si on peut parler ainsi, la recherche et la collecte par la happe de renseignements à l’état d’effilochage très avancé. Il y a aussi la maigre documentation compulsée, mais que je trouve très insuffisante pour le sujet choisi. Pour résumer ce point, j’ai essayé de fixer un certain nombre de pratiques du vécue et de la préparation de la résistance à une agression.
Nous avons été frappés par les détails contenus dans le tome I « Du débarquement de 1830 à la veille de l’offensive de 1857 ». Comment avez-vous pu amasser autant de données ?
Avant tout, lorsque je me suis intéressé au sujet traité, il me fallait aller à la rencontre de gens de différents horizons, d’âges et de sexes notamment dans la région des At Yiraten. La quête de renseignements l’exige pour les confondre d’abord, voir et repérer la suite et pourquoi pas les confondre avec ce qu’il y a comme sources documentaires écrites. Par nature, je n’aime pas me contenter de quelques éléments. Au contraire, j’essaye toujours d’avoir le maximum d’éléments de réponse à mes questions pour satisfaire ma curiosité à moi, d’abord. Des éléments que je n’ai pas trouvés dans les ouvrages compulsés. Des ouvrages jugés assez fournis par le nombre, mais pour moi, ils ne le sont pas assez pour ce qui est des détails.
L’ouvrage de référence de nos jours ayant trait au sujet traité ici, c’est-à-dire sur les évènements de 1854 est certainement celui écrit M. C. Robin repris dans « Revue Africaine », développé sur plusieurs numéros. Il y a aussi et surtout M. Emile Carrey (auteur qui se déclare être lui-même témoin de la grande offensive de 1857 contre le massif kabyle du Djurdjura et auquel M. C. Robin nous renvoie au sujet des évènements relatifs à l’expédition de 1857) et qui est une référence pour beaucoup d’auteurs qui se sont penchés sur le sujet. J’ai pris connaissance de ces deux œuvres qui m’ont certes aidé pour comprendre les évènements, leur contexte, leur chronologie et certains personnages de part et d’autre des belligérants. Mais j’ai trouvé qu’ils pêchent en beaucoup de détails qui, certainement, sont éludés intentionnellement ou se présentaient insignifiants pour leurs auteurs. Par contre, pour nous, ils sont importants. De plus, leur vue sur l’ensemble des évènements était une vue de l’extérieur en plus de l’empreinte politique de colonialiste à l’égard de celui qu’on vient sortir de sa « barbarie ».
Pour illustrer cette vue extérieure et étroite des yeux qui ont suivi cette campagne, je me limiterai à ne citer que M. Carrey. Quand celui-ci parle dans « Récits de Kabylie » des résistants kabyles, il dit seulement un « burnous blanc » ou une « silhouette » entre les figuiers, entre les oliviers. Par contre moi, j’ai essayé de décrire de l’intérieur en donnant une image de ce qui s’était passé et rendant un peu plus passionnant le sujet. Si c’est pour me rabattre uniquement sur ce que les auteurs de l’époque avaient écrit, je trouve que ça ne servira à rien puisqu’il n’y aura rien d’autre à dire en dehors de ce qu’ils écrivirent.
Il y a cet aspect que je dois signaler au sujet de mon entreprise, autrement de mon écrit. Quand j’ai parlé tout à l’heure d’un imbroglio, souvent mes témoins confondent entre ce qui s’était passé en 1857 et les évènements de 1871. Bien sûr, celui qui ne discerne pas entre les deux dates et ce qui s’est passé dans l’un comme dans l’autre péripétie, il ne pourra avancer dans sa quête et enquête. Et même comme ça, il faut avancer prudemment pour plusieurs considérations notamment cette perversion dont ont été victimes notre patrimoine et notre Histoire depuis toujours.
Jusqu’à quel point pouvez-vous assurer de la véracité de vos sources ?
Écoutez, ce n’est pas moi qui ai choisi cette situation, celle de ne pas compulser une documentation assez fournie. Je voudrais croire à l’existence de livres en très grand nombre dans ce registre et qui font référence au sujet en question. Mais pour moi, il n’en est rien et je me suis limité qu’à ce que j’avais sous la main. Il faut encore que cette même documentation soit convaincante et fiable dans sa totalité.
Maintenant, je vous retourne votre question. Sans prétention aucune et je souligne que je n’ai pas rejeté systématiquement la documentation existante, celle que j’avais pu réunir pour le sujet traité. D’ailleurs, à mesure du contenu mon ouvrage, le lecteur rencontrera des passages qui renvoient à des phases de cette conquête et que j’ai pris ça et là. Mais, pouvons-nous être assurés que tout ce qui a été écrit « en son temps » soit une vérité absolue ?
Seul M. Emile Carrey et quelques officiers de l’expédition ont été témoins des évènements. Si l’on compare entre ce qu’a écrit chacun d’eux, énormément d’écarts et de contradictions sont à relever, à commencer par le chiffre des pertes humaines déjà, rien que dans le camp de l’assaillant. Pour ne pas se retrouver en complète contradiction entre eux, il y eut ceux qui ont copié quelques extraits sur leurs prédécesseurs et sur les pionniers parmi leurs compatriotes qui avaient le réflexe d’écrire sur le sujet. Alors définissez-moi si l’on peut se fier pour nous contenter de leurs seuls ouvrages écrits à l’époque de la colonisation ?
Autre chose. Qui d’entre ces auteurs s’était soucié, encore pouvaient-ils tous le faire et se retrouver à voir de près les populations enfiévrées par l’agression qui se préparait imminente sur leurs repères jamais soumis, ne serait-ce que du sort réservé aux populations agressées, notamment les enfants qui ont péri sous le pilonnage de l’artillerie qui envoyait à l’aveuglette des obus ; qui d’entre eux a dénoncé les viols sur les femmes rattrapées. Certes, de petites bribes de ce qui s’est passé ont été lâchées pour donner l’impression que tout est vérité et rien que la vérité dans ces ouvrages.
Donc, pour revenir à votre question, je pense que la véracité de mes sources est quelque part un peu au même titre que le contenu des ouvrages rédigés à l’époque des évènements. Il y a un mérite certes que leurs auteurs ont laissée trace de ce qui s’est passé. Mais la vérité n’a été qu’effleurée quand on regarde l’ensemble de cette documentation. Il y a un phénomène chez nous qui consiste à ne pas accorder la moindre importance à l’oralité. Et pourtant, il y a des éléments qui ne trompent pas.
Ces éléments, on les trouve confortés par des stigmates encore existants sur les lieux de leur déroulement quand on prend la peine de s’y rendre. Je cite dans le tas des noms de lieudits comme Anzaten (Tighilt el-Hadj Ali -Afensou). Ce toponyme dont le singulier est Anza et qui signifie : les preuves, dérive du verbe « anazaâ » (gémissements). C’est un phénomène de la mythologie kabyle qui, à chaque anniversaire du forfait, à l’endroit où le sang a coulé, laisse percevoir les cris des suppliciés exactement comme au moment de mourir.
Un endroit où une bataille au corps à corps fut engagée et donc témoigne de la férocité des combats. Il y a aussi Tighilt Ousalas (Belias élévation d’où on roulait des objets sur les assaillants. Amadagh T’âessast (Adeni), Tighilt Oumekhroudh (Aguemoun Izem) qui signifient respectivement : le boqueteau de la garde, la petite crête de la tranchée… Il y a aussi l’ancien tracé de la première piste carrossable en montagne, les tranchées ou ce qui en reste de celles creusées autour d’Icherriden ou encore d’autres endroits témoins tout au long des parcours suivis par les trois divisions commandées par le chef de toutes les armées françaises d’Algérie.
D’autres traces comme les poèmes, les proverbes, les maximes nous renvoyant à la même époque sont encore là pour nous révéler des vérités qu’il faut savoir déceler. Ils ont été composés par ceux-là mêmes qui avaient vécu intensément la conquête depuis ses débuts jusqu’à la fin. Si on doit rejeter rien que ça déjà, laissons-nous alors guider par les témoignages des autres, seules sources de vérité !
Depuis quand avez-vous entamé votre travail ?
J’ai ouvert, si je puis dire, plusieurs chantiers. Donc au départ, je ne faisais que prendre note par-ci, par-là, rien que pour satisfaire ma curiosité et élargir mes connaissances. Car tout ce qui a trait au passé est intéressant pour moi, car j’estime qu’il y a des repères qui jalonnent l’existence d’un peuple, d’une nation qu’il ne faut pas perdre, autrement nous allons nous perdre dans le présent et nous aurons perdu l’avenir dès à présent.
Alors si l’on peut estimer le nombre d’années pour mettre au propre toutes ces données, je peux dire qu’il y a au moins une décennie et demie. Heureusement peut-être, car, dans leur majorité, ces « bibliothèques vivantes » que sont mes témoins ont trépassé.
Ce sont souvent de petites gens que ceux qui s’intéressent au domaine de l’Histoire ou autre n’ont quasiment jamais approchés parce qu’on leur reprocha d’être « analphabètes », donc des personnes considérées comme ignorantes (De quoi ?!). Et l’erreur est fatalement là. Il fallait les dénicher d’abord, les découvrir en discutant, savoir s’y prendre avec eux, on découvrira ô combien ce sont des êtres sensés et encore plus sages dans leur raisonnement.
C’est justement ceux-là même qui m’ont fait l’honneur de m’accorder des entrevues et répondre aux questions posées. Ils m’ont fourni un nombre non négligeable d’indices et d’éléments. Il ne me restait qu’à les replacer en temps et lieu pour chacun. Je ne parle pas de ces personnes qui parlent rien que pour le plaisir de se donner auditoire. Mais c’est aussi une des natures de l’humanité parmi les autres.
Pour récapituler, chronologiquement j’ai commencé mon sondage qui a abouti à ce résultat d’abord au sein de ma famille, de mon entourage, de ma communauté et enfin j’ai compulsé la documentation que j’ai pu me procurer.
De nos jours, peut-on affirmer qu’il est encore possible de reconstituer l’Histoire de notre région à travers les mémoires des vieilles personnes ?
Même si j’ai répondu en partie à cette question dans la précédente réplique, je peux dire qu’en terme de témoins encore vivants à qui on a légué l’Histoire, même s’il en reste, on peut les compter sur les doigts d’une seule main. Qui s’intéresse à eux ? Et même si on le fait, on n’a jamais pensé prendre note quand c’est possible.
J’ouvre la parenthèse. Quand j’ai voulu faire des enregistrements, on refusa même de me recevoir et par la suite j’ai évité d’en parler ne prenant que des notes sur mon calepin ou sur une feuille volante et bien sûr un petit peu avec ma mémoire. La parenthèse est fermée.
Quant à la reconstitution, le tamis est bien une invention de chez nous, non ? Il faut donc en tenir compte et prévoir son utilisation à chaque tournant, à chaque information pour approcher la véritable qualité de ce qu’on veut faire.
Néanmoins, j’ajoute pour conclure ici que l’oralité est une des innombrables sources qui a sa place dans un travail d’investigation comme celui-ci, mais elle reste insuffisante. Pour preuve, je me suis rabattu, comme je viens de le dire, sur des documents écrits relatifs aux évènements retracés. Des documents m’ont été d’un grand apport notamment dans la chronologie des évènements.
Il s’agit là d’une des rares œuvres historiques écrite par un autochtone en se basant sur de telles pistes !
Je suis flatté par le mot « autochtone » et je suis tout autant fier de l’être que je me suis mis à écrire pour consigner des bribes de l’Histoire de ma région, les recoller, les remettre dans leur contexte et place. Je crois l’avoir dit. Je pouvais garder pour moi les informations recueillies, reconstituer pour moi toujours l’essentiel et laisser le tout dans mon tiroir.
Je ne me vante pas d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel, mais avoir la force de caractère durant cette conjoncture et mettre ses propres moyens, et Dieu seul sait les sacrifices consentis par toute ma famille, peut me valoir au moins le mérite d’avoir recueilli et sauvé de l’oubli énormément de choses ; des valeurs sur lesquelles on peut redémarrer si on veut arriver à quelque chose de positif.
Que ceux qui considèrent une telle piste, comprendre celle de l’oralité, non crédible nous donnent des éléments de réponses plus fournis sur les évènements ayant accompagnés les étapes retracées dans l’ouvrage.
Durant mon enquête, j’ai rencontré des gens humbles et respectueux de la mémoire qui leur fut léguée d’une génération à l’autre en dépit de tous les aléas de la vie quotidienne de tout temps et des évènements qui suivirent, même si ce ne fut que des fragments et autres indices. Il ne me restait qu’à les exploiter adroitement.
Enfin, je crois que je n’ai commis aucun impair en écrivant ce document encore moins de crime en le mettant sur le marché ; un corpus que je n’ai, au départ, nullement envisagé d’éditer. Mais comme je me suis dit que la quantité d’informations recueillies n’est désormais plus à moi, il me fallait la vulgariser. Et mon autre motivation est de tenter un tant soit peu une contribution pour replacer sur rails quelques étapes avec leurs acteurs ainsi que les actions qui les accompagnent en leur (s) contexte (s) et lieux. Je suis tout à fait conscient de la critique qui suivra. Pourvu qu’elle soit constructive. Moi-même, je suis contre la perversion de l’Histoire.
L’on apprend en lisant votre ouvrage qu’il a fallu, à la France coloniale, trois fois plus de soldats et de moyens pour conquérir la Kabylie que pour prendre Alger, comment cela a été possible ?
Au débarquement de 1830, De Bourmont était à la tête de 37 000 hommes contre 25 000 janissaires et 25 000 volontaires algériens quasi tous de la région de Kabylie partis défendre la patrie attaquée par un ennemi venu de l’Occident.
Clauzel et Bugeaud qui s’étaient particulièrement frottés aux Kabyles en savaient quelque chose. On ne peut les combattre dans leur repère encore moins les battre. Hautpoul, Pélissier puis Randon, chacun laissait consigne pour l’autre et il fallait abattre l’orgueil kabyle dont les enfants de cette région étaient mêlés à tous les combats qui se déroulaient presque partout dans le pays. Au moins de la Mitidja, jusqu’au Djidjeli. 14 expéditions ont été tentées et quasiment toutes s’étaient brisées devant la majestueuse montagne kabyle. Dans le bas pays ou ailleurs dans cette même région de Kabylie, même si une région se soumet, elle ne le fait que parce qu’il lui faut échapper au massacre et au pillage. Dès que les soldats se retirent la même région soumise s’insurge de nouveau.
La confédération d’At Yiraten –pour laquelle toutes les régions de Kabylie vouent un profond respect et considération à ce jour encore– avec elle celle des Igawawen, est sans doute la plus en vue en terme d’insubordination puisqu’elle n’avait jamais abdiqué ni reconnu l’autorité du conquérant. On la voyait même pousser les tribus soumises à l’insurrection.
En analysant toutes les données passées et celles que Randon lui-même a vécues, il a jugé le point par lequel il fallait attaquer et les moyens à mettre pour la réussite totale et définitive de l’offensive et la réduction du Djurdjura. Bien sûr, il faut parler des hommes et des femmes qui ont mené ce combat jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la soumission totale de la Kabylie du Djurdjura.
Dans ce premier volume, j’ai mis l’accent surtout sur un homme méconnu du grand public et qui, à lui seul, a eu le mérite de mener le combat, impulsant la dynamique de résistance à toute la population d’At Yiraten et au-delà. Mais surtout de tenir tête à Randon particulièrement. Lui qui a tant de fois essayé de le soudoyer. Il s’agit de Cheikh Seddik Arab II.
L’amour de sa patrie, l’amour de la terre dépassent l’amour pour l’honneur. Il serait le père de la maxime : « A nerrez wala n eknu » (Plutôt brisé que se prosterner) reprise par Si Mohand Ou M’hand dans un de ses nombreux poèmes.
Pour rappel, ce dernier, adolescent qu’il était à l’époque de ces évènements, a vécu la tragédie au même titre que ses contemporains. Plus encore, son village natal Icharîouène fut inclus dans le périmètre de la nouvelle cité décidée en montagne d’At Yiraten et ses habitants furent déplacés vers l’emplacement actuel du flanc de montagne qui surplomb Tizi Rached.
Vous conviendrez qu’il faille un minimum d’organisation pour résister 27 ans à une armée structurée, malgré le fait qu’elle n’ait pas été un « État » à proprement dit, l’on peut raisonnablement affirmé que c’était, à l’époque et certainement bien avant, un « ensemble spécifique et homogène » ?
Ça n’avait pas été fait sans heurts et ni incidents. Et même comme ça, c’était toujours une paix précaire entre tribus arrangée par des hommes de bon sens courant d’un bout à l’autre pour amener toutes les parties à souscrire à la paix qui leur est proposée, jetant même parfois l’anathème sur toute personne qui en sera responsable d’une quelconque raison de trouble.
Historiquement parler la Kabylie était une région assez morcelée. Mais elle constituait aussi un ensemble qui a une entité qui s’appelle indépendance et liberté. C’est justement la crainte de les perdre qui l’a fait souvent réagir contre volonté de mainmise et je crois qu’il en reste encore de ce sentiment jusqu’à nous. Pour le reste, chaque agglomération, chaque tribu à l’époque gérait ses propres affaires de la même manière depuis des siècles.
Et il y a le mastodonte qui se montre maintenant et il fallait mettre (au moins de façade) de côté les divergences pour s’atteler à l’essentiel : sauvegarder l’indépendance millénaire avec elle l’honneur et le patrimoine concrètement menacé cette fois-ci. Sinon on peut parler d’une organisation micro pyramidale (village) pas si homogène que ça. Elle était pour l’essentiel imprégnée de l’amour de la terre.
Vos écrits font ressortir un personnage méconnu jusqu’à présent, il s’agit d’un certain Cheikh Arab que vous présentez comme étant « la tête et les bras des At Yiraten », qu’en est-il ?
Avant tout, il y a lieu de préciser que c’était Randon qui en avait rendu ce jugement sachant que Cheikh Arab commandait non seulement aux At Yiraten, mais avait aussi une influence assez marquée même sur les autres confédérations et tribus de la Kabylie du Djurdjura.
Je viens de parler de Cheikh Arab aux At Yiraten lequel sera sans nul doute une découverte pour bon nombre de gens qui liront l’ouvrage. Je vous fais cette confidence : énormément de monde confond par exemple entre l’incursion de 1854 et celle de 1857 en croyant que l’Armée française avait accaparé Souk Larbâa en arrivant par Icherriden. D’autres parlent de la route d’Iâbouden (un semblant de tracé de piste à l’époque que celle empruntée par une partie des colonnes du général Lallemant).
Plus inquiétant encore : 98% des personnes, rien que chez les At Yiraten qu’il a pourtant mené aux combats, et là je n’exagère pas ce pourcentage, ignorent jusqu’à l’existence de ce personnage et le rôle prépondérant qu’il a joué durant la résistance opposée à l’envahisseur lors de la campagne de 1854 puis celle de 1857. Et pourtant, s’il n’avait pas été là, il y aurait certainement éclatement avant terme dans les rangs de ceux qui s’apprêtaient à défendre leur montagne tellement les vues s’affrontaient entre les parties composant sa population… Il est vrai qu’il était un tout : un exemple de moralité, un guide spirituel et un chef militaire invétéré et perspicace à l’occasion. Et je préfère laisser le lecteur le découvrir à mesure d’avancer dans le récit. Avant lui, il y avait pour la région kabyle Ben Zaamoum, Ben Salem, Belkacem Oukaci, Si El Djoudi…
La résistance à l’offensive de 1857 a été minutieusement préparée, n’était-ce pas là le signe d’une réelle maturité politique ? Ceci sans parler des 30 000 combattants kabyles qui ont affronté les soldats français à leur débarquement en 1830.
À l’époque, la résistance à une agression, c’est comme aller ramasser les olives ou les figues, c’est un devoir de les ramasser, c’est tout. Quant à la maturité politique, les Kabyles n’en faisaient pas cas. Ils vivaient de leur terre, ils n’ont que leur terre. Et le mérite revient aux hommes dotés du bon sens. Au moment où les combattants, avec eux la population, se trouvaient désemparés, les chefs que chaque village s’était donnés menant les contingents au combat, avaient tout un grand mérite. En haut de la pyramide, on retrouve, comme je viens de le souligner, un groupe de meneurs d’hommes au combat qui mit en avant l’intérêt supérieur de la région défendue reléguant loin derrière toutes autres considérations, tribales ou personnelles.
L’été dernier, une timide célébration du 150e anniversaire de la résistance de 1857 a eu lieu, que faut-il faire pour redonner sa vraie place à cette partie de notre histoire pleine d’enseignements ?
Très timide. On a été même traité de « vendus ». Pour ma part, je suis fier d’avoir participé pleinement et dans le recueillement à cette célébration, représentant l’association culturelle « Tawinest » que je préside, en dépit de tous les manques qu’on peut relever.
S’agissant de la façon de redonner place, la vraie, à cette phase de notre Histoire qui ne manque pas d’enseignements, je vous réponds naturellement que c’est aux militants jaloux de leur Histoire qu’il reste de mener le combat jusqu’à la réhabilitation de cette science qui ne manque pas d’importance et d’intérêt en tous points de vue, et pour nous et pour les générations à venir.
Pensez-vous qu’il soit nécessaire d’utiliser des mots « détestables » comme : INDIGÈNE, BENI… dans votre récit ? Chose qui fait que l’on se place, sans le vouloir, du côté des colonisateurs, car les autochtones, eux, ne les ont jamais demandés ni revendiqués.
Quand on écrit sur un sujet qui a trait à l’Histoire, je crois qu’il faut se repositionner dans l’époque qu’on veut décrire et mettre en évidence toutes les choses qui accompagnent les personnes qui en font usage. Ce n’est pas le mot « indigène » en lui-même qui est moche, car il est synonyme à ce que je suppose d’autochtone. Mais c’est la tournure qu’il a prise, car ceux qui l’utilisaient lui avaient donné un sens péjoratif jusqu’à confondre parfois le mot « indigène » avec la multitude d’autres mots dégradants et moqueurs dont le colon n’avait pas fini d’affubler les colonisés, les leur collant à tout bout de champ. Encore que la compilation, comme on la rencontre, est faite à partir d’écrits, pour leur quasi-totalité, coloniaux.
Quand penser vous éditer ce trésor historique et pourquoi pas essayer d’en faire des films ?
Éditer c’est déjà beaucoup d’histoires et de difficultés. Je vous invite seulement à imaginer ce que cela me prend comme efforts et temps, sans parler des frais supplémentaires inutiles en me mettant à courir par-ci par-là rien que pour le faire sortir en livres. Et même en tombant sur un éditeur qui accepte, il vous fait courir. Des promesses, ça ne manque pas et il ne faut faire que ça, c’est-à-dire courir, attendre indéfiniment. Je ne sais pas si c’est le cas partout, mais les gens expérimentés dans ce domaine disent que ce genre de pratiques ne se passe que chez nous où on voit un auteur faire tout. Il doit accepter tous les sacrifices possibles et lui seul doit supporter tout le poids sur ses épaules. Et même au moment d’éditer, si on lui accepte son œuvre, on lui demande d’autres sacrifices encore, comme je viens de le dire.
On évoque à chaque fois le caractère commercial de l’édition avant même d’avoir jugé du contenu du livre présenté. Quant à la deuxième tranche de votre question je vous réponds sans hésiter que je ne suis pas cinéaste pour m’occuper de ce sujet, en dépit d’avoir réécrit et augmenté un scénario d’un film qui m’a été présenté récemment. Mais là dans un autre contexte.
Vous êtes aussi coauteur, avec M. Amar Meghnem, d’un précieux « Amawal Amectuh n Tussniwin n Ugama » (Petit Lexique des Sciences de la Nature), encore des centaines de mots, et pas des moindres, sauvés du danger de l’oubli ?
Oui. Ça a permis de fixer un nombre de vécus. Et puis, ça était ma première expérience dans le monde de l’édition bien que ce soit le H.C.A. qui a pris en charge l’édition de l’ouvrage. Mais dans tout ça, il y a lieu de souligner que je n’ai tiré qu’une satisfaction morale, celle d’avoir contribué un tant soit peu à la sauvegarde d’un lexique du terroir qui, dans sa majeure partie, a disparu de l’expression pour diverses raisons.
Sans oublier que vous êtes sur un travail de recherche au sujet des noms patronymiques kabyles…
C’est un travail fini, l’éditer est un autre problème comme je viens de le dire (Rires).
Pouvez-vous nous donner vos conclusions, leurs origines, leurs déformations à travers le temps, les différentes manipulations idéologiques et politiques les entourant… ?
C’est l’objet même de l’écrit. Je laisse le temps à la découverte à mesure de sa lecture.
Mis à part tout ce dont on vient de parler, avez-vous d’autres projets cachés ?
Des projets, ce n’est pas ce qui manque. J’en ai fait et terminé quantité d’autres ouvrages. Je cite entre autres celui que j’ai remis au H.C.A., le second intitulé : « La débrouille rationnelle dans la famille kabyle traditionnelle » relatif à un certain nombre de plantes, parfois endémiques à la région de Kabylie ; des plantes culinaires, fourragères et médicinales utilisées autrefois pour faire face aux fâcheuses situations et à celles idoines.
Il y a aussi un autre ouvrage intitulé : « Arbres, Arbustes et Arbrisseaux d’Algérie » dans lequel je fais ressortir tous les aspects pour chaque essence recensée : scientifique, économique, culturel et linguistique de l’espèce. De même que j’ai terminé un autre que j’ai titré : « Identifications et Administrations des Algériens (des origines à nos jours) » composé de deux parties : 1) État civil, 2) Administration.
Comme j’ai d’autres ouvrages en chantier et d’autres projets en tête. Mais je vous fais cette confidence : cette situation commence franchement à peser lourd et avoir raison de ma bonne volonté !
À vous l’honneur de conclure !
Écrire pour moi, c’est mener un combat et un combat quel que soit sa nature est toujours difficile.
Du temps, des moyens et beaucoup de convictions. Mais quand on a qu’un petit espace pour tenter d’avancer, on ne peut manœuvrer d’une manière convenable. Pis encore, c’est l’asphyxie.
Entretien réalisé pour Kabyle.com par : Djamel BEGGAZ
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Commentaires
quel plaisir de lire tout ça et sincerement tres beau travail de recherche car juste à l'idee de remonter a 1954 necessite beaucoup de temps, chapeau à toi omar et il en faut des gens comme toi car je considere ça comme un sacrifice et un courage d'ecrire l'histoire . BRAVO
M.YAMI DE MONTREAL
- répondre
Soumis par Anonyme le 9 mai, 2008 - 02:09.Cher Omar,
Je te salue et te félicite pour cette belle passion que tu fait vivre par ta production : l'Histoire ; la Mémoire ; la dignité d'un peuple. Je n'ai pas encore accès à ton ouvrage. Mais d'emblée, merci de rappeler, grâce à ton livre, à ce beau et vieux peuple qu'il a répondu présent aux rendez-vous de l'Histoire , qu'il a été digne et brave. Aujourd'hui, les temps sont dûrs, je le sais. Mais, il est toujours utile de regarder son passé avec fierté.
Merci encore Omar, tu es de ceux qui donnent de l'oxygène à nos esprits.
Mohand Arezki
- répondre
Soumis par Anonyme le 1 mai, 2008 - 21:05.Je te salue de ma part et te remercie pour tes encouragements. Je n'arrive pas à te reconnaître par ton seul prénom. Je te donne mon adresse e-mail (itij88@yahoo.fr). Et comme tu viens de dire, il est utile de donner importance à notre passé car c'est de lui que peut jaillir la lumière qui nous éclairera sur nos errements d'aujourd'hui pour les éviter demain. De plus, dans le passé, il y a toujours quelque chose de positif, il suffit de possitiver les choses. Que demande l'aveugle, c'est la lumière. En attendant cette même lumière qui doit la voir? Je te salue une fois de plus et atend de te lire souvent. Merci
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Soumis par Anonyme le 10 mai, 2008 - 18:09.Enfin un autre regard sur l'histoire denué de toute arriére pensée... On apprend énormément en lisant Mr KERDJA. Je suis admiratif de cette production ! Merci et bonne continuation sur cette voie de la vérité. M.A
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Soumis par Anonyme le 1 mai, 2008 - 10:08.Et surtout vue de l'interieur. Merci pour votre analyse, j'en suis flatté car c'est la vérit". J'ai puisé énormément d'éléments auprès d'humbles gens qui ne sont imprégnées d'aucune orientation de quelque nature qu'elle soit ou culture aurtre que celle ancestrale, autrement restée à l'état pur. Omar Kerdja
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Soumis par Anonyme le 2 mai, 2008 - 21:06.je me suis toujours pose la question:pourquoi,partout en algerie,les at iraten sont aussi respectés et aussi celebres!j'ai trouvé la reponse en lisant ce premier ouvrage;au fait c'est pour quand la suite ?le premier tome est disponible chez le libraire sis devant la maison de la culture Mouloud at m3amer .merci mr Kerdja.
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 13:12.Je vous remercie pour la lecture que vous avez fait pour mon ouvrage. Vous evez remarquer des lacunes techniques ans sa conception et qui ne dépendent que de l'éditeur. Quant à votre impatiente de prendre connaissance de la suite, croyez-moi que je suis plus pressé de mettre le reste de l'oeuvre à disposition du public que je sais qu'il va apprécier. Mais, comme vous devez le savoir, je viens e écouvrir le monde de l'édition, ce n'est pas du tout facile à faire. Si vous avez un créneau pour le faire, je suis tout à votre écoute. Merci mille fois.
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Soumis par Anonyme le 30 avril, 2008 - 15:52.Ni les francais ni les turcs ni les byzantins ni les vandales , niu les romains (IRUIMYEN) ni meme les pheniciens existent encore en Tamazgha, mais bel et bien les arabes, tristement d'aileurs!
A quand des Etudes serieuses sur l'occupation arabe de Tamazgha?
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Soumis par belajout le 29 avril, 2008 - 01:55.On s'en fout de tout ça,le passé on le connait depuis les Faraons Berbères et plus loin encor,ce qui nous intéresse aujourd'huit c'est la reconquête des territoires Berbères par les Berbères,soit nous recupérons nos terres et nos richesses ou alors nous resterons définitivement des berbères de service, des sujets,des esclaves de ces spoliateurs et subir leur asservissement en tout temps que nous viverons;(berbères ou pas berbères?)pour tout le reste des états d'ame ce n'est que du PIPO,c'est a dire du VENT,RIEN,OULACHE.
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 18:18.« La Conquête Française du Djurdjura »
Du débarquement de 1830 à la veille de l’offensive de 1857
je réponds à cette énergumène maladif qui a besoin de soin qui ne sait même pas distinguer la différence entre un sujet régional et qui traite d'une période bien précise 1830-1857 et de l'histoire de l'algérie;dont un livre est en voie de sortie.Identifications et Administrations des Algériens (des origines à nos jours).
Quant aux études sérieuses en attend les tiennes, inculte..momo
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 12:06.oui monsieur,tamazgha est bel et bien occopee par les arabo-musulmans.permettez moi d'exposer mon point de vue sur ce sujet : l'occupation arabo -musulmane c'est comme une pieuvre qui nous etrangle avec plusieurs tentacules en meme temps. la premiere tentacule:la duree de ces sauterelles sur notre terre ,ca fait longtemps qu'ils ont battu le record detenu jusque la par les romains,imagivez vous 1300 ans qu'ils sont la.deuxieme tentacule:leur nombre,je ne connais pas le % exact ,mais je sais par exemple qu'en algerie leur nombre est nettement superieur,3 eme tentacule:la superficie ils sont eparpilles de l'est a l'ouest du nord au sud.et la kabylie est carrement encerclee. la 4 eme c'est leur maudite religion encore pratiquee par des kabyles memes.je trouve ca honteux de voir un amazigh pratiquer la religion de ses colonisateurs.sans savoir que c'est cette soit disant religion qui est la source de tous ses malheurs,c'est pour propager les idees d'un sanguinaire.pedophile,misogyne mais polygame ce qui est la preuve que c'etait un sado-masochiste en plus d'un dedoublement de la personnalite...que ces sales gueules sont venus chez nous...la 5 eme: le pouvoir de tous les pays d'afrique du nord est entre les mains d'arabes bien que dans leur tete ils ne se considerent pas comme des colonisateurs et ne considerent pas le peuple amazigh colonise.ils parlent plutot de nationalite.boutef parle d'algerie et d'algeriens.mohamed 6 parle du maroc et marocains etc... c'est seulement quand il ya un soulevement.que peut etre cette idee d'arabe versus amazigh leur revient vaguement,alors tout de suite ils parlent de traitres,de manipules etc...nous en tout cas on est des imazighens donc on reflechit et on ressent les choses en tant que tels...on ne sait pas comment un arabe reflechit et surtout ce qu'il ressent...il y avait des fois ou on a aborde ce sujet avec des arabes tout de suite ils renient toute l'histoire.et ils disent que les arabes ont apporte l'islam et les amazigh l'ont accepte avec joie.ils disent meme que les amazighs sont originaires du yemen de habasha d'egypte n'importe qoi.et bien sur tout de suite ils accusent la france d'avoir implante cette idee dans la tete des kabyles ,le fameux adage diviser pour regner...donc pour resoudre tout ce probleme ca va prendre du temps , je pense que le peuple amazigh est debout .et la marche a deja commence.il faut serrer les rangs,et surtout avoir de bons guides...une chose personnelle : l'abondon total de leur religion maudite parceque, qui s'islamise s'arabise...azul fellawen
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Soumis par casanova le 29 avril, 2008 - 09:28.Que vous le vouliez ou non .
L'algerie est ARABO-BERBERE et MUSULMANNE
et rien n'y changera , ni demain ni aprés demain.
vive l' algerie musulmane ........................En attendons contunuez a chanter vos louanges a l'occident.....et surtout restez-y .......................
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 10:56.L'Irak aussi!
Belajout
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 15:21.arrêtez votre pollution le thème est bien clair réagissez par rapport à celui-ci nous n'avons pas besoin des ignorants qui s'ignorent et des derviches tourneurs..
Allez vous faire soigner.
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 12:13.Avant tout a Omar Azul
Je suis tres ravi de decouvrir cette vocation qui dormait en toi mais cela ne m'etonne pas j'aavais tout le temps remarqué cette curiosité de decouvrir en toi je savais que tot ou tard la surprise viendra.
je t'encourrage vraiment à continuer d'enrrichir nos bibliotheques maigres en ce genre d'aouvres.
ton exe collègue du metier.
akli.OUMSALEM
oumsalem.akli@free.fr
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 00:23.c'est encourageant,est ce qu'on peut nous donner l'adresse ou on peut acheter ces titres .merci d'avance.
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Soumis par Anonyme le 28 avril, 2008 - 17:52.je vous remercie pour vos encouragements. J'estime que c'est un devoir pour chacun de nous de sauvegarder la mémoire collective même s'il faut écrire une ligne. quant à l'ouvrage, il est disponible au niveau de la plupart des librairie de Tizi-Ouzou.
Omar Kerdja
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Soumis par Anonyme le 2 mai, 2008 - 20:50.milles fois merçi ......a quand votre ouvrage içi a bejaia
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Soumis par Anonyme le 4 mai, 2008 - 19:04.un livre à lire sans tarder ,telle m'inspire cette interview.
Je remercie au passage cet autochtone pour la partage de son travail laborieux.
Votre fierté c'est celle de vos semblables...
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Soumis par Anonyme le 28 avril, 2008 - 17:41.En ayant à lire un message de celui qui vous dit qu'il est votre semblable, cela prouve qu'il y a encore espoir d'avancer. Je tiens avant tout à vous remercier pour votre interêt. Je me fais un devoir de partager ce que j'ai pu fixer comme informations et événenements dans mon modeste ouvrage que je souhaite sérvira de repère aux travaux futurs de réappropriation de notre patrimoine et histoire. Omar Kerdja
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Soumis par Anonyme le 2 mai, 2008 - 20:57.Je connais Omar Kerdja et l'ai vu à l'oeuvre à l'occasion de la commémoration du 15Oème anniversaire de la résistance kabyle de 1871. J'ai découvert alors un ferru d'histoire. Celle de la Kabylie le passionne particulièrement. Ses recherches et ses travaux gagneraient à être connus par le grand public pour une meilleure connaissance de notre passé. Je lui adresse mes encouragements et mon amitié.
Ali Mammeri.
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Soumis par Anonyme le 28 avril, 2008 - 16:17.je suis très content de lire ton commentaire sur mon ouvrage. Je suis même honnoré de recevoir tes encouragements, ce qui me donne la force de continuer. Je te demande de me communiquer ton é-mail et cela me fera énormément plaisir de rester en contact.
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Soumis par Anonyme le 2 mai, 2008 - 20:14.Azul à Omar.
Je réside en Bretagne depuis bientôt six mois. Voici mon mail : mammeriali@hotmail.fr
Je te renouvelle mon amitié et mes encouragements. Ar timlilit. Daali.
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Soumis par Anonyme le 5 mai, 2008 - 15:14.Bravo cher Omar pour cette initiative qui en appellera d'autres certainement. J'espère surtout que vous n'omettrez pas de signaler le rôle des Iraten berceau de la revendication berbère contemporaine avec ses figures pionnières et intellectuelles comme Boulifa, Abès et Lechani . Tanemmirt Akli
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Soumis par Anonyme le 28 avril, 2008 - 15:14.Azul ;
Voilà des actions concrètes !
si tout un chacun faisait la même chose dans sa région, nous pourrions sauver des pans entiers de l'oublis !
AHAW SAN YIBBAS !
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Soumis par Anonyme le 28 avril, 2008 - 09:12.lukan in hammel tamazight tili yes ara netmeslay di l internet .
yil yiwen si tamaynes
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 04:32.adyaouidh elwaqtis agma.Tanemirt
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Soumis par Anonyme le 29 avril, 2008 - 16:15.