Vernissage le 22 mars à 18H
Il y a trois ans, lorsqu'elle revoit son petit fils Lounès, maintenant à l'école primaire, Fatima se remet à dessiner avec lui pour le plus grand bonheur de son entourage. A 69 ans, cette dame kabyle qui vit à Terrasson dans le Périgord, reprend les feutres, le papier et la gouache. A partir de ce mode d'expression et de communication avec son petit-fils, se détâche alors un univers jusqu'ici inconnu de sa personne. Certes, ce sont ses dessins, ses personnages féériques et nombreux bonhommes qui ont sans doute donné envie à sa fille Zahia Teraha de devenir artiste et enseignante en arts plastiques, mais cette fois ci l'heure est venue de les recueillir, d'autant qu'ils traduisent un captivant destin. En parcourant son monde, fait de motifs minutieux, qui prennent souvent des longues heures à être réalisés, nous sommes en relation avec une forme cinglante de l'art brut, celui réalisé par les personnes indemnes de culture artistique.
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Fatima de son nom de jeune fille AGOUMIMELCHA est née en 1939 en Haute Kabylie. Peu avant la fin de la guerre d'Algérie, elle avait été forcée de s'exiler en laissant tout derrière elle. On se rend rapidement compte que ses dessins sont un bond dans cette dimension d'isolement, qu'ils sont autant d'auto-portraits qui se rattachent à l'histoire de l'exil. La vingtaine de dessins mis sous cadre et sélectionnés par l'oeil avisé de sa fille, en deviennent des témoignages rares et éclatants, quasi anatomiques de son être sous la forme d'une écriture symbolique, la plus parfaite et la plus universelle à fois, celle du dessin d'enfant, qui parle à tout le monde.
"On se demande si ce n'est pas parfois son corps, sa colonne vertébrale qui disparaît dans les motifs, perdus dans l'espace. J'y perçois un travail du corps caché, des dessins abstraits. C'est pour l'encourager à continuer que nous allons exposer ses oeuvres. Nous lui envoyons régulièrement de quoi dessiner, car nous savons que c'est son seul vrai mode d'expression. Elle a toujours dessiné. Elle nous montrait comment procéder. Elle nous expliquait les choses avec ses dessins. Je regrette d'ailleurs de ne les avoir pas recueillis plus tôt. " nous explique Zahia Teraha.
Stéphane MERABET ARRAMI pour Kabyle.com
Electro-son Art's6, rue Saint Alexandre 69005 LYON



