"C'est dans le village que les mélodies (tughwac) constitutivent du répertoire traditionnel naissent... La réalité musicale kabyle demeurerait impénétrable sans la connaissance de la réalité sociale. Le musique traditionnelle kabyle est essentiellement vocale."*
On reconnait à la musique villageoise plusieurs genres :
- Talalit ; naissance d'un enfant
- ZzwaÄŸ : mariage
- Tayri : l'évocation amoureuse
- Ameεeẓber : joute chantée
- Assgan b-bwegrud : Endormissement d'un enfant
- Aselεeb : amusement du bébé
- Lmut : la mort
- Lgirra : chants de guerre
Les chants de fêtes (timeghriwin) se répartissent en plusieurs genres :
- chants de louange : acekker, aghenni, izlan, asbughwer, tibugharin
- chants liés à la mort : cris mortualires (agejdur, amendub, ashisef, taaeggat) veillées funèbres (asensi l-lmerhum accompagnés de chants religieux de type adekker
- chants amoureux : apanage des femmes (ahiha, acewweq)
- chants de joute : ameezber, arekkex, ccna
- chants religieux : appel à la prière (ladan), cantillation de cersets coraniques (akerrer, ajewwed), récits épiques et panégiryques (tiqsidin) départ et arrivée de pélerinage (asewwef), réveil du jeûneur pour la prise du repas la nuit (ahellel)
- chants patriotiques : macidat
- chants d'endormissement du bébé : ahuzu, ashullu, azuzzen
Lors de ma fête (tameghra) de la naissance s'organise une séance de jeu musical appelée urar qui dure jusqu'à 2 ou 3 heures du matin.
Il subsiste en Kabylie la musique des tambourinaires idhebbalen, dont la formation musicale se compose de deux hautbois de type ghayta (lghida) et de deux tambours à membranes (ttbel et abendayer). Leur répertoire, composé de lerkwan et de nnubat n'est jamais repris par les musiciens pratiquant d'autres genres musicaux.
La chanson kabyle moderne prend son essor dans un courant collectif initié à Paris dans les années 1940.
A l'arrivée de jeunes chanteurs dans les années 70 motivés par des questions de revendication identitaire, la chanson kabyle prend une nouvelle tournure.
La chanson A vava i nouva écrite par Ben Mohammed et interprété par Idir fait connaître la culture kabyle au monde entier.
Beaucoup d'autres chanteurs réinterrogent le patrimoine musical de Kabylie parmi eux : Djamel Allam, Lounis Aït Menguellet, Ferhat Mehenni et son groupe Imazighen Imoula ...
L'exil (lghreba) tient une part importante parmi les thèmes de la chanson kabyle. Les chants de Slimane Azem évoquent au mieux les rudes conditions de vie des travailleurs immigrés enclins à la nostalgie du pays.
Enfin, Lounès MATOUB est de tous les artistes kabyles le plus connu. Assassiné le 5 juin 1998, la mémoire du chanteur libertaire est omniprésente partout, sur chacune des montagnes de Kabylie.
* sources :
M. MAHFOUFI, Le répertoire musical d'un village berbère d'Algérie, 1997
T. YACINE-TITOUH, L'izli où l'amour chanté en kabyle, Ed. de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1988
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