Les cerises, les absentes de la fête à Larbâa n-At Yiraten

jeu, 2010-06-03 15:03 -- Ajqas

Comme à chaque année, les cerises sont les éternelles absentes de cette fête qui leur est pourtant consacrée, le visiteur remarquera de prime à bord cela dès qu'il pénétrera l'enceinte de la salle d'exposition où tout un fouillis de produits  sont (mal !) exposés : miel, gâteaux, couscous, portraits, robes, tapis, matériel de secourisme, bijoux, plantes et même des animaux embaumés mais point de cerises à l'horizon, même pas en photos.

Selon les organisateurs, il fallait arriver tôt le matin pour pouvoir en… voir (n'espérez pas en avoir !), la municipalité ayant mis la main à la poche, s'est offerte trois caisses du précieux fruit afin de mettre plein les yeux aux " officiels " venus inaugurer l'édition de cette année - et ils en sont repartis avec une bonne partie de la marchandise - les visiteurs venus après n'y ont pas eu droit, le fruit n'était même pas proposé à l'achat.

Pourtant, selon des statistiques publiées à l'occasion de cette fête, l'on apprend que " la " ceriserai " de Tizi-Ouzou représente 42% du verger national et occupe la première place à l'échelle nationale ", les variétés qui y sont cultivés sont : bigarreau burlat, bigarreau napoléan et bigarreau heldenfinger.

Il y est aussi noté que les principales contraintes au développement de la culture de la cerise sont : l'absence du soutien de l'Etat pour le greffage sur place, l'absence de production du porte-greffon (merisier) et l'absence d'une véritable lutte conte le " capnode " (le ravageur le plus redoutable du cerisier).

Si une volonté de sauvegarder et de développer la culture de la cerise dans la région existait vraiment, au lieu de se contenter de cette fête " patchwork " censée la célébrer, surtout que les contraintes principales sont maintenant identifiées, les organisateurs de la fête de la cerise devraient mettre en place un plan de travail en collaboration avec les cultivateurs et les autorités qui couvrirait toutes les étapes nécessaires - de la greffe à la cueillette - pour avoir une bonne récolte (à exposer et à vendre !), et ainsi sortir du folklorisme d'une " fête de la cerise sans… cerises ".

PS : Finalement, les cerises que l'on cherchait étaient chez l'épicier du coin, elles étaient cédées à 800 dinars le kilogramme mais il a quand même pu se les procurer (pour les vendre !) et nous a aimablement autorisé à les photographier tout en nous certifiant qu'il s'agissait d'une production locale.

Kabylie, 03/06/2010
Par : Ajqas

Géolocalisation Kabylie: 
haut
9 utilisateurs ont voté.

Commentaires

Soumis par tayda (non vérifié) le

Il n'y a rien à attendre de cet état prédateur . ils ont démontré leur incompétence,avec plus de 200 000 morts,et la clochardisation de la société algérienne . A cette allure là,même les figues,les olives,les agrumes vont disparaître . tayda .

Soumis par d.messaoudi le

Je crois que les gens sont aussi découragées de maintenir un verger de cerise pour en fin de compte ne rien récolter en raison des bandes de voleurs de cerises qui n'attendent que la période de maturité de ce fruit pour s'en servir en toute impunité, car aucune force publique n'existe et si elle existe (gendarmerie, police) elle n'intervient tout simplement pas!

 Ici à Takerboust, on en souffre beaucoup et le pire est que les gens semblent avoir peur ne serait-ce que de dénoncer ces voleurs même quand ils les saisissent en flagrant délit dans leurs propres champs, car alors s'il y a eu vengeance, aucune autorité ne viendrait à ton aide. Moi-même j'était victime il y a une semaine de celà; toutes mes cerises de cette période (car il y a deux variétés, l'une arrive à maturité en cette période et l'autre dans près de deux mois) ont été volées probablement pendant la nuit.

Photo de mon verger:

http://www.facebook.com/home.php?#!/photo.php?pid=918777&id=1612946188

*************************************

Dda Lmulud irẓa asalu, nekkni deg-s ad neddu

Soumis par Anonyme (non vérifié) le

  " Les principales contraintes au developpement de la culture de la cerise " sont le refus de travailler la terre, le mépris éhonté affiché à l'égard de ceux qui travaillent la terre, et les retraites et pensions de nos vieux travailleurs immigrés qui subviennent a plusieurs estomacs.

  Je suis originaire de la région de la fête des cerises et vous parle en connaissance de cause. Des cerisiers burlat, napoléon, coeur de pigeon sont laissés a l'abandon par leur propriétaire exilés et sont envahis et cernés de ronces de muriers infranchissables ; d'autres sont délaissés par leurs propriétaires par crainte d'être mal vu ou passer pour  pauvres sans ressources s'ils venaient a travailler leurs terres préférant taper le domino du matin au soir au café du village que de subir la suspiscion et les ragots de la communauté.

  Si tous les "intellectuels". ancien bergers ou fils de berger et les immigrés qui jouent les américains en donnant l'exemple en consentant à redescendre du piédestal sur lequel ils sont perchés pour s'adonner quelques heures par jour de leur temps de vacances à travailler la terre -disons plutot à jardiner pour ne trop les rabaisser - comme le font beaucoup d'européen même très fortunés, la cerise, la figue et nombreux fruits seraient une corne d'abondance pour de nombreuses familles.

  La faute a une cause extérieure inhérente a la culture et à la mentalité algérienne est toujours mise en avant chez nous. Lorsque nous ne voulons pas faire quelque chose , au lieu de chercher un moyen nous préférons la solution de facilité consistant à  trouver sans peine une excuse. Pour la cerise c'est dû a la carence de l 'Etat providence qui ne greffe pas (comme si c'était le role de l'Etat que de greffer, planter, cueillir  et pourquoi pas les mâcher pour que n'ayons plus qu'à les avaler ) , ne subventionne pas et la maladie du "capnode"qui ne sévit que sur les terres du pays sous-développé appelé Algérie alors que ce "capnode" est étranger à l'Espagne, au Maroc et même au Brésil et à l'Argentine producteur de ce même fruit. On serait même tenté de croire que ce  "capnode" est purement local, typiquement algérien et plus particilièrement kabyle . ailleurs dans le monde imls ont des ceriseraies , nous par contre n'avons que la maladie du cerisier. Il suffit de franchir le pas en accusant  les anciens d'avoir emporté  la baraka dans leur dernière demeure.

   Quoi ! moi habillé en jean's diesel china, basket Nike china, polo Lacoste china avec trois crocodiles pour faire plus vrai que les faux, lunettes de soleil , les cheveux gominés au point que tu peux  voir ton image sur ma crinière, le portable dernier cri, la voiture rutilante payée avec la retraite du vieux con de mon père , aller me salir les mains pour quelques malheureuses cerises ? Mais tu es fou ! je préfère ne pas en manger ou alors on va demander a la mairie ou l'état de s'occuper de tout ça. Moi mon frère de toute façon je n'aime pas les cerises sauf quand elles sont déjà cueillies et lavées. Si toi tu en veux vas voir le maire et demande lui la greffe , la  plante, la bêche et  la cueillette. De toute façon c'est pas la peine parce que les chinois ils dioivent la fabriquent pour pas chèr et on va l'importer. Hamdoullah , il manque rien chez nous. on est même les seuls a avoir le capnode.

Soumis par d.messaoudi le

Merci à toi, il y a bcp de vérité dans tes propos et surtout aussi de l'ironie et de l'humour. 

Les vieilles générations agonisant, les nouvelles générations ligotées par les pensions à papa ou attirées par le gain facile - le vol, le trafique -, nos terres sont de plus en plus abandonnées, condition qui nous pousse vers de plus en plus de dépendance de l'import. 

Parfois, je prie Dieu qu'Il fasse s'abattre sur nous une crise qui fermerait toutes les frontières autour de nous pour que l'Algérien / le Kabyle se rende compte de la valeur de la terre et du travail, car comme on dit "Di ẓẓmik i d-ittban urgaz".

*************************************

Dda Lmulud irẓa asalu, nekkni deg-s ad neddu

Soumis par franchement le

Voilà un constat fort clair.

Sauf pour l'importation. Les chinois vont les cultiver sur place !

Franchement

Soumis par Anonyme (non vérifié) le

  Ne cherchez pas les cerises à Larvaa nath irathen.  Elles se sont  toutes éparpillées en kabylie, cette année,  pour se poser sur le gateau de l'autonomie  dans chaque foyer de chaque village de kabylie. C'est pour cette raison que vous n'en trouvez pas en vente à Larvaa nath irathen.

Soumis par Anonyme (non vérifié) le

 SEUL HOCINE LOUNIS, LE" MAIRE DIT QUE", DE SA VERITABLE PROFESSION AGENT DES SERVICES SECRETS ALGERIENS,TUEUR A L'OCCASION, ET AUX ORDRES DES ARABES,  PEUT OGANISER UNE FETE DES CERISES SANS SERISES. D'AILLEUR,  DEPUIS QUAND EST CE QUE QUELQUE CHOSES POUSSE  LA OU LES ARABES (ET LEURS SUPOTS)  PASSENT?

Pages

Ajouter un commentaire