Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Egypte).
Introduction :
La crise qui a précédé et suivi la proclamation de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, a révélé au grand jour les luttes que se livraient les différentes factions du Front de libération nationale (FLN) et de l’Armée de libération nationale (ALN) pour le pouvoir. Outre l’ambition de mettre la main sur les rouages du futur Etat, des divergences quant au devenir de ce dernier opposaient les principaux acteurs de cette crise qui allait hypothéquer l’avenir démocratique du pays.
Les origines de celle-ci datent du premier congrès du FLN et de l’ALN qui s’est tenu à Ifri, petit village de Kabylie situé sur les hauteurs de la vallée de la Soummam, le 20 août 1956. Organisées à l’initiative de Ramdane ABANE, ces premières assises répondaient à l’impérieuse nécessité d’unifier les structures politiques et militaires du mouvement insurrectionnel, les expériences acquises en matière de guérilla depuis vingt-deux mois. Les principaux rédacteurs de la plate-forme politique du congrès à savoir Ramdane ABANE, Benyoucef BEN KHEDDA, Saâd DAHLAB et Amar OUZEGANE avaient pour souci de combler les insuffisances de la déclaration du Ier novembre 1954 qui avait occulté les questions de centralisation et de fonctionnement qui ne manqueraient pas de se poser d’autant plus que chacune des six wilayas était autonome par rapport aux autres.
Dans cette perspective, le congrès avait créé une direction collégiale comprenant deux organismes : le Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) comprenant 34 membres appelé à jouer le rôle de parlement et le Comité de coordination et d’exécution (CCE) composé de 5 membres celui de l’exécutif. Deux principes lourds de conséquences furent également adoptés : la primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur. Ces deux décisions remettaient en cause l’hégémonie que la délégation extérieure installée au Caire voulait exercer sur le mouvement. Enfin sur le plan politique, le congrès de la Soummam entendait affirmer le caractère laïc du futur Etat algérien alors que la déclaration du Ier novembre pour se démarquer du système colonial stipulait « la restauration de l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». Ces premières assises furent contestées essentiellement par Ahmed BEN BELLA qui pour de multiples raisons liées à la fois aux conditions clandestines du moment, du timing et de l’organisation n’avait pu prendre part. Pourtant, ABANE voulait associer pleinement ses camarades du Caire aux travaux du Congrès. Dans un courrier du 11 juin 1956, il écrit : « Votre présence est indispensable, nous avons décidé d’élargir la réunion en un véritable congrès des cadres. » Il leur suggéra même d’envoyer de préférence Ahmed BEN BELLA et Mohammed KHIDER.
L’absence des ces derniers ne peut donc s’expliquer que par des dysfonctionnements organisationnels, des retards au niveau des liaisons et à leur manque d’initiative. Le 22 juin, accompagné de BEN M’HIDI, ABANE quitte « Alger pour se rendre au congrès qui se tiendra en wilaya III (Kabylie) sans précision de date ni de lieu » fait remarquer Mabrouk BELHOCINE dans une note page 185 et c’est Benyoucef BEN KHEDDA qui assura l’intérim.
Derrière la contestation du congrès de la Soummam menée par BEN BELLA se profile en réalité la lutte pour la direction du mouvement insurrectionnel, la rivalité de deux hommes aux conceptions politiques diamétralement opposées. Attaché à l’idéologie arabo-islamiste, influencé par le chef de l’Etat égyptien, le colonel Nasser et par son chef des services spéciaux, Fathi AL DIB, chargé du dossier algérien, BEN BELLA refusa de voir ABANE, kabyle et laïc de surcroît, accéder aux fonctions de leader et ce au moment où les premiers pourparlers avec le gouvernement étaient engagés. Devant la perspective d’un éventuel cessez-le-feu, il avait radicalisé ses positions. Ce qui ne l’empêchera pas de déclarer opportunément, en 1964, que le congrès de la Soummam « apporta à la révolution des structures, une hiérarchie, une organisation qui lui manquaient ». L’assassinat de Ramdane ABANE le 27 décembre 1957 par Abdelhafid BOUSSOUF et ses hommes au Maroc mit un terme à cette rivalité. BEN BELLA est l’un des rares à se réjouir de ce meurtre. Il l’exprime dans une lettre du 26 avril 1958 destinée à KRIM, BENTOBBAL et BOUSSOUF. « Il est, en effet, impensable qu’une révolution telle la nôtre, puisse se laisser égarer par une ou plusieurs personnes quand ces dernières sont animées d’un esprit malsain, partout intéressé et partout malfaisant.
Nous ne pouvons donc que vous encourager dans cette voie de l’assainissement. Il est de notre devoir à tous, si nous tenons à sauver la révolution et l’Algérie de demain, de nous montrer intraitables sur ce chapitre de l’épuration, aussi faut-il juste et aller jusqu’au fond des choses, autrement nous ne ferons que pallier au plus urgent en laissant le mal continuer ses ravages…. » Quarante-six ans plus tard, BEN BELLA nourrit toujours la même haine à l’égard de son adversaire. C’est ce qui ressort d’une série d’entretiens enregistrés en février et mars 2002 par la chaîne Al Jazira et diffusés le 1er novembre de la même année.
N’ayant pu s’exprimer pendant la guerre, si ce n’est par des liquidations physiques comme celle de ABANE, ces antagonismes vont ressurgir et se cristalliser dans la lutte pour le pouvoir au moment de l’indépendance. Au cours de cette période décisive qui va de mars à septembre 1962, nous allons voir se constituer des alliances pour le moins inattendues. Ainsi le soutien de Ferhat ABBAS et de ses amis, produits de l’école française, démocrates, habitués aux débats contradictoires à des hommes tels BEN BELLA, BOUMEDIENE et KHIDER, attachés tous les trois à l’idéologie arabo-islamique a fait basculer l’Algérie dans un régime totalitaire du parti unique pendant trois décennies. A cette complicité du premier président du GPRA, est venue s’ajouter l’attentisme de Hocine AIT AHMED qui refuse de se déterminer dans la crise en cours en renonçant à ses responsabilités le 17 juillet entrainant avec lui la démission de nombreux cadres et intellectuels. Au moment où la lutte devient sanglante entre les frères ennemis, il entreprend une longue tournée en Europe. Ces attitudes, faites de renoncements et d’expectatives, ont ouvert la voie au triumvirat ci-dessus qui représentait la faction la plus conservatrice du FLN. Leurs slogans démagogiques ne pouvaient tromper que ceux qui le voulaient. Dès l’indépendance, les vainqueurs de la crise de l’été 1962 avaient fait peu de cas du peuple algérien. Ils lui avaient imposé des hommes et des institutions qu’il n’avait pas choisis en toute liberté.
Le FFS est le fruit amer de ces conflits, de ces haines qui n’ont pas pu s’exprimer politiquement et pacifiquement. En cela, il porte les tares de ses origines : celles du néo-FLN dont il est issu. Sans sous-estimer la responsabilité du pouvoir benbelliste dans la dégradation du climat politique, le FFS a été le premier à renouer avec la violence en prenant les armes le 29 septembre 1963 mais surtout en passant aux actes à partir de février 1964 et ce contrairement aux affirmations de son leader charismatique. Depuis qu’il a vu le jour, il n’a cessé de régresser même si parfois il a connu quelques poussées sporadiques comme en 1990. Son influence réelle n’a jamais dépassé les frontières de la Kabylie y compris depuis la reconnaissance du « pluralisme politique » en février 1989. Toutes les tentatives entreprises pour l’implanter à l’échelle nationale ont échoué ; sur un autre plan, tous les dirigeants et cadres qui ont pris part à sa création, hormis son inamovible chef, l’ont quitté soit volontairement soit exclus au cours de multiples crises qui l’ont miné. Pour comprendre cette longue histoire mouvementée, parfois dramatique, il convient de rappeler aux nouvelles générations de militants les principales périodes, souvent méconnues, de leur parti.
I – Septembre-novembre 1963 : Une naissance aux forceps.
Le Front des Forces Socialistes (FFS) aurait dû être proclamé le 3 septembre 1963 avant le plébiscite de la Constitution rédigée sous l’autorité de BEN BELLA et non « imposée par l’armée » comme l’a affirmé récemment l’actuel 1er secrétaire, Karim Tabbou. Mais pour des raisons non encore élucidées, liées sans doute à des divergences politiques, sa création officielle n’interviendra que le 29 lors du meeting organisé à Tizi Ouzou sous la protection des anciens combattants de l’ex-wilaya III, la Kabylie, devenue la 7ème région militaire. C’est dans la confusion et après bien d’obscures tractations que ce parti a vu le jour.
Ses débuts ont été pour le moins chaotiques et incertains. Toute l’histoire du FFS sera marquée par l’indécision dans les domaines politique, économique et idéologique. L’inexistence d’un programme consensuel avec des objectifs clairs a ruiné ses chances de réussir. Ni ses chefs politiques - Hocine AIT AHMED, Abdenour ALI YAHIA, Mourad OUSSEDIK – ni ses responsables militaires, le colonel Mokrane BELHADJ plus connu sous le nom de Mohand OUL HADJ ou le colonel DEHILES Slimane (Si Sadek) et leurs officiers n’étaient suffisamment unis et déterminés à vaincre contrairement à leurs ennemis du moment notamment Ahmed BEN BELLA, chef du gouvernement et Houari BOUMEDIENE, son ministre de la défense.
En moins de deux mois, le FFS connaît sa première grande crise. Pendant que Hocine AIT AHMED et ses partisans s’étaient retirés dans les villages de Kabylie, des incidents se produisent à la frontière sud-ouest du pays. Des unités de l’armée marocaines attaquent dès le 14 octobre 1963 les poste de Hassi Beida et de Tinjoub. Cette guerre des « sables » qui allait durer deux semaines fut une occasion à la fois pour BEN BELLA et HASSAN II en bute au mécontentement de leur peuple qui se traduisait par de manifestations populaires. Ce conflit a permis aux deux protagonistes de canaliser la colère des laissés-pour -compte des indépendances vers l’ennemi supposé de l’extérieur. Le premier a su l’exploiter avec beaucoup d’habileté pour accentuer les divisions au sein du FFS et rallier à son gouvernement la composante militaire de la dissidence.
Sous prétexte de voler au secours de la patrie en danger, le colonel Mohand OUL HADJ, sans doute agacé par le comportement autoritaire de Hocine AIT AHMED qui venait de fermer les portes du FFS à Belkacem KRIM peu motivé d’entamer une nouvelle vie au maquis, descend avec une partie de ses hommes des crêtes du Djurdjura pour rejoindre les dunes de la frontières algéro-marocaine. Lourde de conséquences, cette décision fut prise par l’ancien chef de la wilaya kabyle sur les suggestions de son principal conseiller politique, Abdenour ALI YAHIA. Les manœuvres menées par Ahmed BEN BELLA ont partiellement réussi. La tendance militaire du FFS se désolidarise de Hocine AIT AHMED. Elle entraîne dans son sillage la composante algéroise du Front représentée par Lakhdar BOUREGAA qui abandonne à son tour le bateau en perdition.
Le vieux Mohand OUL HADJ est récompensé en retrouvant son commandement tandis que son conseiller politique A. ALI YAHIA réintègre le néo-FLN dont il devient membre du comité central. Ainsi s’achève le premier acte d’une mauvaise pièce et de surcroît mal interprétée.
II- Février 1964-juin 1965 : Hocine AIT AHMED opte pour la violence
Loin de chercher une issue politique à la révolte qu’il a déclenchée et d’éviter les pièges tendus par son ennemi BEN BELLA, le chef du FFS persiste au contraire dans sa dangereuse aventure qui allait plonger la Kabylie dans le malheur. Malgré les nombreuses défections qui ont affaibli considérablement le mouvement, il maintient sa stratégie. En effet, après quatre mois de tergiversation, il décide de renouer avec les embuscades et des actions terroristes en s’attaquant à des lampistes du FLN. Pourtant, le patron du FFS se targue d’avoir lu et assimilé les leçons du théoricien de la guerre, l’Autrichien, Carl von Clausewitz . La guérilla ne constitue nullement un moyen de mobiliser la population. Elle est l’aboutissement d’un long travail de politisation et de préparation.
Faisant fi des données objectives qui prévalaient en Kabylie, région durement touchée par les sept années et demie de guerre, le mouvement insurrectionnel initié par AIT AHMED ne pouvait aboutir qu’à un échec cuisant. Dès le début, il était miné non seulement par le ralliement de Mohand OUL HADJ et d’Abdenour ALI YAHIA, mais dénoncé par plusieurs autres personnalités d’origine Kabyle notamment Bachir BOUMAZA, ministre de BEN BELLA et par un groupe de « députés » dont Mabrouk BELHOCINE. Peu connu des nouvelles générations de militants, cet épisode que Hocine AIT AHMED n’aime guère rappeler constitue le premier affrontement armé post indépendance. Il a entraîné 382 morts selon Abdelhafid YAHA et 450 si l’on en croit Karim TABBOU.
Détenant les archives de cette période sur lesquelles il exerce une censure impitoyable, Hocine AIT AHMED n’a jamais publié la liste de ceux qui ont été sacrifiés dans le cadre de ce conflit. Par contre, il ne cesse d’exploiter la mort de Belaïd AIT MEDRI qui, blessé lors d’une embuscade, fut achevé par les hommes de l’ANP comme le sera trois ans plus tard CHE GUEVARA par l’armée bolivienne.
En dépit de cette brutale réalité, il arrive parfois à Hocine AIT AHMED de vouloir la renier ou de tenter de la faire endosser à d’autres. Ainsi, à la question du journaliste Hanafi TAGOUEMOUT « était-ce cet autoritarisme [celui du pouvoir] qui vous a conduit à prendre les armes contre le régime de BEN BELLA ? ». Il a eu cette stupéfiante réponse : « non, je n’ai jamais pris les armes contre ce régime. En fait, aussi longtemps que j’avais eu la possibilité de m’exprimer dans l’Assemblée, je l’ai fait…J’ai quitté l’Assemblée pour aller en Kabylie et tenter de créer un mouvement politique. Je n’ai pas pris le maquis, j’ai créé le Front des Forces socialistes en 1963…Et j’ai tout fait pour qu’il n’y ait pas de heurts. Et comme le FFS avait une formidable assise populaire, les véritables stratèges du parti unique, du totalitarisme algérien ne voulaient pas que ce parti puisse s’implanter. Ils ont envoyé l’armée et procédé à une large répression… » Or le mensuel Croissance des jeunes nations du mois de mai 1965 publie une photo du chef politico-militaire du FFS en battle-dress, un pistolet-mitrailleur en mains avec à ses côtés probablement un de ses adjoints, Abdelhafid YAHA.
Le 17 octobre 1964, le chef du FFS est cueilli en douceur dans sa planque au village Aït Zellal, en Kabylie. C’est la fin de sa mésaventure. « Lorsque le chef de l’unité qui devait procéder à l’arrestation fit les sommations d’usage, il répondit : « ne tirez pas, je suis Hocine AIT AHMED, je me rends ». En fait, dans le refuge, il y avait avec lui six personnes, toutes armées, (et non trois comme il le dit) dont Ali MECILI » écrit Abdallah BEN HAMZA chef du service action de la Sécurité militaire dirigée par Abdallah KHALEF, alias Kasdi MERBAH Rappelons qu’au moment de cette capture qui avait entraîné des centaines d’arrestations, MECILI était à la fois membre de la direction du FFS et officier de cette même Sécurité militaire, la police politique du régime.
III – La reddition du FFS et le fameux « accord du 16 juin 1965 »
Pourchassés en Kabylie et dans l’Algérois, les rares maquisards et militants qui avaient réussi à échapper à la terrible répression qui suivit l’arrestation du zaïm se terraient dans leurs cachettes ou cherchaient désespérément à gagner l’étranger. En mai 1965, nous étions, mon frère et moi, parmi les derniers à tomber entre les mains de la police benbelliste dirigée par HAMADACHE et à faire connaissance avec les geôles du pouvoir. Face au néo-FLN triomphant présidé par un BEN BELLA arrogant et sûr de lui, le FFS totalement décapité ne pouvait formuler aucune exigence. Par conséquent, « l’accord » en question traduisait en réalité un arrangement destiné à déguiser la reddition de ce dernier. Cette défaite, Hocine AIT AHMED cherche à la transformer à postériori en victoire. Mais en histoire, seuls, les faits comptent. Cependant, à tous ceux qui souhaitent se forger leur propre opinion, je les invite d’ores et déjà à relire la presse de l’époque
IV – 1966-1968 : réactiver une organisation moribonde
Du coup d’Etat jusqu’à « l’évasion » de Hocine AIT AHMED dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1966 de la prison d’El Harrach (ex-maison Carrée), le FFS a connu une période de flottement et de confusion. Certains de ses anciens cadres ont rejoint le pouvoir, d’autres comme Mohand Akli BENYOUNES (alias Daniel) se sont convertis en affairistes. Quant à André Ali MECILI, arrêté en même temps que le leader, il sera libéré courant septembre 1965 et s’installe dans le sud-est de la France. Après quelques mois d’activité, il prend ses distances à l’égard de l’organisation et s’inscrit à la faculté de droit d’Aix-en-Provence. Tout en se consacrant à ses études, il garde cependant des liens étroits avec Hocine AIT AHMED. Quelques années plus tard, il s’inscrit au barreau de Paris après avoir effectué son stage d’avocat au cabinet de Mourad OUSSEDIK. Ayant pignon sur rue, il réapparaît publiquement aux côtés du leader au moment de la crise de mars 1976. Devenu le numéro 2 du FFS, il évince définitivement Abdelhafid YAHA, le fidèle serviteur qui depuis septembre 1966 n’a cessé de jouer le rôle de missi dominici du chef.
Après leur libération en juillet-août 1965, d’autres militants et responsables du Front dont M’barek REDJALA, restés fidèles à leur idéal reprennent du collier tant en Algérie qu’au sein de l’émigration, essentiellement kabyle. Professeur de littérature arabe à la faculté des lettres d’Alger, principal dirigeant du FFS à l’intérieur, il est à l’origine de la relance du parti et de la création du mouvement des « Etudiants Démocrates de l’Université » (EDU).
S’agissant de la revendication berbère, son statut d’intellectuel et sa triple culture – kabyle, arabe et française – amènent M’barek REDJALA à s’interroger sur le devenir de sa langue maternelle, le kabyle, sérieusement menacée. A l’écoute de la société kabyle, il percevait déjà les prémices d’une prise de conscience et pressentait la lame de fond qui allait faire irruption en avril 1980 sapant ainsi les fondements du régime du parti unique. Il avait alerté Hocine AIT AHMED dès le 7 juillet 1967. Dans une lettre, il suggérait à son correspondant d’intégrer cette donnée dans la stratégie du FFS. « Je signale à l’intention de tous que l’idée d’une réhabilitation de la culture et de la langue berbères fait du chemin en Algérie, et que tout parti qui n’en tiendrait pas compte ne saurait bénéficier des masses de la Kabylie. Les plus avancés songent même à la création d’une nation berbère. Les jeunes intellectuels berbères y voient la seule issue à la longue et douloureuse tragédie que nous vivons. Nous sommes obligés de les freiner dans leur zèle de vouloir dès maintenant poser le problème de la nation berbère. Ils expliquent leur attitude par la crainte qu’ils ressentent de voir l’arabe éliminer les dialectes berbères. L’argument est de valeur. Quoi qu’il en soit, ce problème doit nous préoccuper si nous voulons canaliser, impulser au lieu de suivre lorsqu’il sera trop tard. »
Ces paroles prémonitoires laissèrent indifférent le « marabout » de Lausanne qui n’a jamais su gérer cette revendication. Pendant douze ans, il restera sourd à cette question linguistique et culturelle et lorsqu’il prendra timidement position, il le fera sous la pression des évènements et de quelques jeunes berbéristes qui avaient rejoint son parti.
V – La répression du 15 mars 1968
Les formes d’organisation en vigueur, la gestion personnelle et autoritaire du parti héritées du populisme dont AIT AHMED constitue encore l’archétype a permis à la police politique du régime, la Sécurité militaire, d’infiltrer largement le FFS.
Vendredi 15 mars 1968, vers 18 heures, cinq agents de la Sécurité militaire se présentent au domicile de M’barek REDJALA, situé 4 rue Ballay à deux pas de la Grande Poste d’Alger où une importante réunion des cadres du parti devait se tenir dans la soirée. Pendant que les hommes de Kasdi MERBAH et de son adjoint, Noureddine ZERHOUNI, l’actuel ministre de l’Intérieur, procédaient à une fouille minutieuse et systématique de son appartement, il profita d’une fraction de seconde de leur inattention pour enjamber le balcon et du 1er étage sauta dans la rue qui, par chance à cette heure de la journée grouillait de monde. Il s’en tira avec une double fracture : une au pied et l’autre à l’unique main qui lui restait ayant perdu la deuxième dans un accident de travail. Il disparut ainsi dans la foule compacte et put gagner un lieu sûr.
Ayant déjà connu les geôles du pouvoir de mai à août 1965, il ne tenait pas à revivre la même expérience et encore moins à se retrouver face à ses anciens tortionnaires. Pendant qu’il était en cavale, la peur au ventre, les barbouzes de MERBAH avaient transformé son appartement en une véritable souricière.
Commence alors pour le fugitif une longue traque menée par le chef de la sécurité militaire qui avait lancé toutes les polices du régime sur les trousses de celui qui coordonnait les activités du FFS en Algérie et se trouvait par conséquent au carrefour de tous les contacts avec les principaux dirigeants de l’intérieur. Grâce à l’aide désintéressée de plusieurs dont des coopérants de gauche qui avaient pris de grands risques, M’barek REDJALA quitta son refuge d’Alger pour se rapprocher de la frontière ouest du pays. Après moult péripéties, il débarque le 5 juillet 1968 à Orly, enfin libre après quatre mois de calvaire durant lesquels il a perdu quelques-unes de ses illusions. Cette nouvelle répression avait une fois de plus décapité totalement le FFS. Environ 200 cadres et militants furent arrêtés, torturés, emprisonnés. Le coup porté par Kasdi MERBAH qui supervisait les séances de torture a été très rude.
Au sein de l’émigration, le FFS était confronté à plusieurs rivaux dont le PRS, l’ORP, mais surtout l’Académie berbère et le MDRA qui chassaient sur le même terrain que lui. N’étant pas en mesure de faire face à une conjoncture qui s’annonçait difficile, Hocine AIT AHMED qui avait peur d’être débordé décida de suspendre l’organisation.
VI – 1969-1979 : Une décennie d’hibernation
Pendant toute cette période, les débris du FFS vont graviter autour du chef en vase clos. Le parti en tant que structure ne se manifeste plus. En attendant des jours meilleurs et pour occuper ses loisirs, Hocine AIT AHMED s’inscrit à la faculté de droit de Nancy. Quelques années plus tard, il soutient une thèse de 3ème cycle sur les droits de l’homme en Afrique tandis que son ami MECILI termine son droit et ouvre un cabinet rue du faubourg Saint Martin.
Le FFS en tant que structure réapparaît timidement sur la scène politique à la faveur de la déclaration du 16 mars 1976 de quatre vieux chevaux de retour : Ferhat ABBAS, Benyoucef BEN KHEDDA, Mohammed KHEIREDINE et Hocine LAHOUEL. Après des années d’attentisme, ces anciens dirigeants rompent leur silence pour dénoncer les orientations du colonel BOUMEDIENE qui s’apprêtait à lancer le fameux « débat » sur la Charte dite nationale. En prenant position publiquement à partir d’Alger, leur déclaration a eu un grand retentissement international. Seul Paul BALTA, correspondant du quotidien Le Monde à Alger, partisan inconditionnel de BOUMEDIENE, avait minimisé son impact. Ses lecteurs algériens qui n’étaient pas dupes avaient surnommé « El Mondedjahid ». En tout cas, elle avait fourni du grain à moudre aux nombreux opposants installés à l’étranger.
Au FFS, le duo formé par l’inamovible leader et l’ex-officier de la Sécurité militaire MECILI s’est reconstitué. Ce dernier devient le numéro 2 du parti au détriment d’Abdelhafid YAHA définitivement évincé. Dès lors, il ne cessera de jouer un rôle de premier plan jusqu’à son assassinat le 7 avril 1987 à Paris.
VII – L’alliance avec les nouveaux « berbéristes »
En Kabylie, l’hostilité au régime dictatorial du colonel BOUMEDIENE n’a jamais cessé de s’exprimer malgré la répression. Parmi les différentes tendances berbéristes actives sur le terrain, il convient de signaler l’Académie berbère dirigée par Mohand-Arab BESSAOUD en 1967, le Front uni de l’Algérie algérienne (FUAA) de Rachid ALI YAHIA apparu en 1976, le groupe de jeunes étudiants constitué autour de Mouloud MAMMERI qui dirigeait à partir de 1969 le Centre de recherches anthropologique, préhistoriques et ethnographiques et enfin les nouveaux venus notamment les frères Saïd et Hocine (dit Hend) Sadi, Ferhat MEHENNI, Mokrane AIT LARBI… Le lourd contentieux qui oppose le leader du FFS aux deux premiers exclut tout rapprochement avec eux. L’alliance ne pouvait donc se faire qu’avec une partie de ces derniers. Les contacts engagés aboutissement à l’élaboration d’un nouveau projet de plate-forme rendu public en mars 1979. Pour sauver son parti, Hocine AIT AHMED a fait une concession de taille : pour la première fois, il intègre la revendication berbère dans son programme.
Ce mariage de raison entre une partie de la mouvance berbère et le vieux briscard de l’opposition ne résiste pas à l’épreuve des faits. N’étant pas dupes, ceux qu’on appelait les « culturalistes » débusquent rapidement le comportement autoritaire et paternaliste du zaïm qui n’entend rien lâcher de son pouvoir mais au contraire continuer à régir le Front comme il l’entend de son confortable exil lausannois.
La révolte kabyle du 20 avril 1980 constitue le point d’arrivée de plusieurs décennies d’incubation durant lesquelles Hocine AIT HAMED a été plus spectateur qu’acteur a différé momentanément la rupture. Les causes de celle-ci seraient à la fois d’ordre idéologique et politique. Dans une brochure intitulée « Contribution à la connaissance de l’histoire du FFS » diffusée en juillet 1989 ses auteurs, membres du parti, reprochent aux frères SADI et à leurs amis de faire du « problème berbère » l’élément mobilisateur principal. Par conséquent, « la ligne idéologique devrait-elle être centrée prioritairement sur cette question. L’approche de l’explication de la problématique se fera de façon moins politique, tandis que sa promotion s’appuiera sur une nébuleuse plurielle mais non structurée.
A l’inverse, la direction, soutenue par d’autres secteurs, maintient intact sa position initiale fondée sur l’option démocratique… La ligne « culturaliste » qui ne se voulait ni ouvertement politique ni totalement scientifique portait en germes des contradictions majeures et quelques dangers ; d’abord le repli sur la Kabylie exclusivement, ensuite le risque d’une compromission avec le pouvoir sur la base de la promesse de l’officialisation de la langue berbère expurgée de son sous-bassement politique, enfin la déliquescence du combat démocratique par l’usure s’il n’y a pas satisfaction des revendications linguistiques. Le syndrome minoritaire, induit par la variante culturaliste milita, dans quelques cercles, en faveur du despotisme éclairé. Dès lors la rupture était inévitable. Elle fut consommée organiquement le printemps de l’année 1982 sans qu’elle ait été rendu publique. » pp 7 et 8. En clair, la direction du FFS laisse entendre que les frères SADI veulent sacrifier la démocratie au profit de la reconnaissance de la langue et de la culture berbères quitte à se rapprocher d’une des sphères du pouvoir.
VIII – 1982-1988 : L’alliance des ennemis d’hier
Abandonné par les « culturalistes » qui avaient permis sa relance en 1979, le FFS connut de nouveau une période de stagnation. Il se contenta d’exploiter le mécontentement quasi permanent de la Kabylie, les explosions populaires d’Oran en 1983, de la Casbah en 1985 et de l’est du pays en 1986 en dénonçant la politique répressive du régime.
Entre temps, des contacts discrets sont noués avec BEN BELLA grâce à l’entregent de MECILI. Libéré par CHADLI Bendjedid, le premier chef de l’Etat algérien s’est provisoirement installé à Paris où il a vite retrouvé ses habitudes activistes et conspiratrices. Doté d’une fortune apparemment inépuisable, il cherche à prendre sa revanche sur ceux qui l’ont évincé du pouvoir un certain 19 juin 1965. Grâce à cette aisance financière, il crée de bric et de broc un parti encadré par un corps de permanents et se dote d’une presse pour soutenir sa politique. On aurait tort de négliger le côté sonnants et trébuchants dans le rapprochement des deux hommes qui se sont détestés et affrontés au point de faire couler le sang algérien. Qu’on le veuille ou non, leur attitude antagonique durant les premières années de l’indépendance n’est pas tout à fait étrangère à la situation actuelle de l’Algérie. Si leurs ambitions demeurent toujours intactes et rivales, dans la conjoncture des années 80, BEN BELLA avait besoin de la complicité de Hocine AIT AHMED et réciproquement.
La première apparition publique des deux anciens ennemis a eu lieu le 19 septembre 1981 à Paris lors de la Conférence internationale islamique au Palais de l’UNESCO. Présidée par Salem AZZAM secrétaire général du Conseil islamique, elle avait pour thème « les droits de l’homme dans l’Islam ». Mal perçu par une partie de la base, ce rapprochement dont André Ali MECILI a été la cheville ouvrière va se poursuivre et se concrétiser par la conférence de presse commune organisée dans un grand hôtel londonien le 16 décembre 1985 en présence de nombreux médias. Responsables du sang versé, de la torture et des emprisonnements de février 1964 à juin 1965, les deux hommes se rabibochent sur le dos du pouvoir et du peuple militant. Dans son préambule, Hocine AIT AHMED déclare : « Ahmed [BEN BELLA] a eu son itinéraire, j’ai eu mon itinéraire mais ce qui nous a séparés n’est rien au regard de ce qui nous unis, au regard de ce qui nous condamne à nous unir. Non pas d’une manière conjoncturelle mais d’une manière sérieuse. » Les anciens suppliciés des centres de torture installés sur les hauteurs d’Alger apprécieront.
Décidée à l’insu des militants, cette alliance est jugée immorale et contre productive par certains dont Abdelhafid YAHA qui fut longtemps fidèle parmi les fidèles. En désaccord avec cette initiative qu’il soupçonne cacher des buts inavoués, il entre en dissidence d’autant plus qu’il a perdu son statut de numéro 2 au détriment de MECILI. Le FFS va donc connaître de sourds remous internes longtemps étouffés. Les conséquences ne seront connues que quelques années plus tard en raison des conditions clandestines de l’époque et dont le zaïm a toujours su faire un allié.
En vieux routier de la politique, AIT AHMED laisse son ex-lieutenant s’agiter. Il sait que le temps joue en sa faveur puisqu’il détient tous les pouvoirs en particulier les finances, l’information et l’organisation. Les affaires du FFS connaissent même un moment de prospérité. Avec des fonds dont la provenance reste encore aujourd’hui opaque, André Ali MECILI fonde en 1986 le mensuel « Libre Algérie » Celui-ci concentre ses attaques sur le régime et sa politique. Embarrassé par cette alliance inattendue, les gouvernants d’Alger décident de la briser en supprimant tout simplement celui qui en a été l’artisan et l’animateur.
Ne pouvant agir directement sur le sol français afin de ne pas reproduire une affaire BEN BARKA bis, la sécurité militaire algérienne met à prix la tête de MECILI dans le « milieu » algérien de Paris. Le 7 avril 1987, soit seize mois après la conférence de Londres, il est abattu de trois balles dans la tête dans le hall de son immeuble situé au 74 boulevard Saint Michel. C’est un coup dur pour Hocine AIT AHMED qui paie ainsi son rapprochement avec Ahmed BEN BELLA, homme imprévisible et prêt à toutes les aventures pour retrouver le pouvoir. Les commanditaires de l’exécution de MECILI ne se sont pas trompés. La disparition de ce dernier mit fin à la coalition des deux ennemis d’hier.
IX – 1989-1991 : La fin de la clandestinité et les luttes pour l’officialisation du Front
Le passage de la clandestinité à la légalité a été pour le moins mal géré. Il a donné lieu à une grave crise au sein du FFS. Feutrées et discrètes jusque là, les divergences et rivalités qui opposaient les deux principaux dirigeants, Hocine AIT AHMED et Abdelhafid YAHA, sont portées sur la place publique. Ancien officier de l’ALN, membre fondateur du FFS historique et responsable militaire après l’arrestation de Hocine AIT AHMED, le second a été longtemps proche compagnon et confident du premier. Ils ont donc partagé moult secrets. Officieusement, leur rupture date du 16 décembre 1985 au moment de la conférence de Londres. Interrogé sur ce point, A. YAHA déclare à l’hebdomadaire Algérie actualité du 13-07-1989 : « Ce n’est pas le parti qui a décidé de s’allier à BEN BELLA. Hocine AIT AHMED a agi individuellement lorsqu’il a été à Londres en compagnie du chef du MDA. Je suis mal placé pour expliquer le pourquoi de cette alliance conjoncturelle. Beaucoup de militants n’ont pas compris, moi-même je n’ai pas été consulté. Hocine a peut-être pensé que ça pouvait être positif, il aurait fallu qu’on en discute tous. Il s’est précipité ; c’est dommage mais le parti n’est pas mort de cette rencontre, tout de même. »
En l’absence de débat et de consultation, le fossé entre le zaïm et l’ex numéro 2 n’a cessé de se creuser. L’ouverture démocratique amorcée en février 1989 décide A. YAHA à mettre fin à 24 années d’exil. Le 10 mai, il regagne seul Alger « pour prendre ses responsabilités ». Dès son arrivée, il relance les activités du FFS et renoue avec les anciens dirigeants. Tout en mettant en place de nouvelles structures transparentes dont la constitution le 30 juin d’un conseil national provisoire (CNP) de 51 membres, il dépêche le 11 août une délégation de trois militants : Ali N’DAHMANE, Si Mouloud et Mouh N’ZEKRI auprès de Hocine AIT AHMED afin de lui transmettre un rapport sur les initiatives en cours. Evoquant le conseil national provisoire, il écrit : « Cet organe consultatif et délibérant à la fois s’est donné pour mission la gestion des affaires courantes jusqu’à la tenue de ses assises. » Au sein de celui-ci, un comité exécutif de 16 membres « dont la coprésidence est confiée à Si El Hocine et Si Hafid » est mis sur pied. Dans le même rapport, il dénonce le « travail fractionnel et déviationniste orchestré par des éléments enclins à la course au pouvoir et au mépris de l’autre. » A la tête de ces « fractionnistes » se trouvait, Hachemi Naït Djoudi, le nouvel homme de confiance « Si El Hocine ». Sur ordre de ce dernier, il avait organisé à Alger un groupe dont le rôle consistait à contrer l’influence de A. YAHA. Cette attitude a entraîné son exclusion « du parti par décision unanime, prise le vendredi 4 août 1989 par les membres du conseil national provisoire réunis à Boukhalfa. »
Ce rapport a sans doute fait frémir de rage l’indétrônable patron du FFS. De Lausanne où il réside depuis plusieurs décennies, il manœuvre cependant avec beaucoup d’habilité son principal rival. Afin de gagner du temps, il a fait poireauter les trois émissaires pendant des semaines avant de leur communiquer sa réponse. Pendant ce temps, Hachemi NAIT DJOUDI s’active à préparer le dossier d’agrément et à faire évoluer le rapport de force en faveur du leader.
Dans sa réponse, ce dernier conteste d’abord la légitimité du conseil national provisoire et du comité exécutif. Il accuse ensuite Abdelhafid YAHA de s’être laissé manipuler par Makhlouf AOULI, dit Guétari qu’il soupçonne d’appartenir aux services spéciaux. « Cet individu est connu par son activité dans les rangs du FLN jusqu’aux évènements d’octobre 1988. Depuis quelques années, il se signala par son rôle occulte à Paris auprès des mouvements d’opposition et particulièrement dans notre organisation. Il se retrouve aujourd’hui membre du comité exécutif du FFS. » écrit-il. Puis il dénonce la mesure d’exclusion prise à l’encontre de NAIT DJOUDI. « Personne ne peut exclure personne au sein du FFS en l’absence de légitimité et de base statutaire sauf à renier les principes démocratiques qui sont la raison d’être de notre mouvement et qui sont sacralisés par le sacrifice suprême des meilleurs d’entre nous. » Curieuse attitude que celle de Hocine AIT AHMED qui, usant et abusant d’une « légitimité » qu’il s’est attribuée ad vitam aeternam s’érige en donneur de leçons alors qu’il n’hésite pas à fouler aux pieds les règles qu’il a pourtant lui-même édictées. Il suffit de constater le nombre de militants et dirigeants exclus depuis seulement le 31 août 2006.
Ainsi, pendant qu’il fourbissait ses armes à partir de Lausanne, ses adversaires attendaient patiemment sa réponse. Lorsque celle-ci leur parviendra, son nouvel homme lige, Hachemi NAIT DJOUDI, nanti d’une procuration notariale stipulant qu’il agit au nom du chef avait déjà ficelé le dossier d’agrément. Le 24 septembre 1989, il le dépose au ministère de l’Intérieur prenant ainsi de court Abdelhafid YAHA qui s’épuisait dans une agitation stérile.
Se sentant flouer, ce dernier et ses amis adressent une « lettre ouverte à Monsieur Hocine AIT AHMED » dans laquelle ils expriment toute leur colère. Ils l’accusent non seulement d’avoir fait du FFS sa « propriété privée, sa société anonyme » mais aussi d’avoir donné « procuration à un parvenu [NAIT DJOUDI] pour soi-disant effectuer des démarches administratives » en vue de légaliser le parti.
Après ces échanges épistolaires peu amènes entre les deux clans, les ponts sont définitivement coupés entre le leader et son ancien lieutenant. La bataille juridique engagée autour du sigle et de l’officialisation du Front se termine en faveur de M. AIT AHMED.
X – Premier congrès du FFS : continuité sans changement
L’année 1991 s’annonce comme étant celle du congrès du parti, le premier depuis sa proclamation à Tizi Ouzou le 29 septembre 1963. Ainsi, pendant près de 28 ans, Hocine AIT AHMED l’a dirigé sans interruption, sans partage et sans se soumettre au suffrage des militants. Ce qui ne l’empêche pas de donner des leçons de démocratie à tout le monde. Pour justifier ce fonctionnement quasi stalinien, il se réfugie derrière le commode argument de la clandestinité.
Prévu pour le mois de janvier 1991, il n’aura lieu que les 13, 14 et 15 mars. Les dissidents, regroupés au sein du « Conseil national provisoire de coordination pour la sauvegarde du FFS » contestent l’organisation de ce 1er congrès. Dans un communiqué, ils déclarent : « Nous, membres fondateurs, cadres et militants du FFS toutes générations confondues, dénonçons la préparation et la tenue prochaine d’un congrès préfabriqué non représentatif du FFS. » La veille même de l’ouverture de ces premières assises, ils organisent une manifestation devant le siège du parti. Afin de ne pas affronter ces anciens militants des années difficiles, le vieux briscard de la politique algérienne s’éclipsa subrepticement en compagnie de Hachemi NAIT DJOUDI.
Conscient de la crise qui plombe son parti, AIT AHMED ne tient nullement à se mettre à dos ses concurrents de l’opposition. Par tactique, il fait des ouvertures en s’engageant à « soutenir toutes les forces démocratiques en prévision des échéances électorales. » Présent dans la salle parmi les nombreux invités, Ferhat MEHENNI, alors secrétaire national à la culture du RCD lui répond en promettant à son tour, au nom de son parti de travailler dans le même sens. « Il nous appartient d’être digne du sacrifice de la jeunesse… Nous sommes disposés à étudier toute proposition qui permettra aux démocrates de vaincre le péril totalitaire de quelque bord qu’il soit. » Une photo des deux dirigeants - bras dessus, bras dessous - immortalise ce moment sous les applaudissements nourris de la salle.
Au terme de trois jours de discours et de palabres, les 2 286 congressistes confirment Hocine AIT AHMED à la tête du FFS avec cette fois le titre officiel de secrétaire général. Deux structures font leur apparition : un conseil national de 261 membres et un bureau exécutif de 17 titulaires. La liste des membres de ces deux instances publiée par « Libre Algérie », organe officieux du FFS fait «état de 235 pour le conseil national et de 31 pour le bureau exécutif ». A la surprise générale, le n°2 du parti, Hachemi NAIT DJOUDI, disparaît du noyau dirigeant. Après avoir été manipulé pour contrer la tendance Abdelhafid YAHA, celui qui déposa le dossier d’agrément et auteur du rapport moral au congrès est poussé vers la sortie.
Six mois après son exclusion en douceur, il réagit en publiant dans le quotidien El Watan un manifeste intitulé : « Pour le respect des principes démocratiques. » Signé par une dizaine de cadres, ce document destiné à l’origine aux membres de la direction fut finalement rendu public. Ses auteurs commencent par « relever un certain nombre de défaillances et insuffisances qui ont altéré les résultats des travaux du congrès risquant de compromettre, l’action et l’avenir du Parti, certaines irrégularités sciemment commises lors de la préparation, pendant son déroulement et après le congrès. » Parmi les nombreuses irrégularités signalées, il y a les « conditions confuses de désignation de la commission de préparation, l’existence de mandats de complaisance, les pressions et manœuvres autour des commissions et du bureau dans le but de les influencer, la manipulation du dépouillement pour truquer les résultats au profit de certains candidats notamment [ceux] d’Alger, les commissions de discipline et de contrôle des finances n’ont pas été mises en place. De ce fait, les rapports financiers et disciplinaires n’ont pas été examinés. »
Après la clôture de ces premières assises, d’importantes décisions jugées illégales par NAIT DJOUDI et ses camarades ont été prises. Ainsi, « les statuts adoptés en séance plénière du congrès ont été modifiés dans la forme et dans l’esprit, violant ainsi la souveraineté du congrès. La désignation du comité exécutif et le refus de la soumettre à l’approbation du conseil national conformément à l’amendement, constitue une violation de la souveraineté de ce conseil, instance suprême entre deux congrès…
La composition de cet exécutif qui comprend des éléments non congressistes, non élus voire, non FFS, viole le principe fondamental du retour à l’élection de tous les organes du Parti. En outre, la présence dans ce comité d’éléments connus pour avoir appartenu récemment encore au FLN choque les militants et introduit des incertitudes et des interrogations sur l’orientation et le fonctionnement du Parti. »
Ce réquisitoire contre les méthodes autoritaires de Hocine AIT AHMED n’émanent pas de ses adversaires ou de ses ennemis mais de ceux qui, il y a moins de six mois, constituaient sa garde rapprochée.
XI – Les dégâts collatéraux du contrat de Rome
Plus proche des islamo-intégristes que de la hiérarchie militaire avec laquelle il entretient un vieux et lourd contentieux, le leader du FFS devient la cheville ouvrière, à l’insu des cadres du parti, d’un rassemblement politique hétéroclite. Or, ce n’est pas la première fois qu’il noue des alliances au sommet sans lendemain. Rappelons pour mémoire celle de juillet 1964 (CNDR), de mars 1967 à la suite de l’assassinat de Mohammed KHIDER avec Mohammed BOUDIAF et Mohammed. LEBJAOUI et enfin celle de décembre 1985 avec son ancien ennemi devenu ami Ahmed BEN BELLA.
Au moment où les islamo-intégristes de l’ex-FIS avaient le vent en poupe et assassinaient à tour de bras ; où le régime traversait une phase difficile, le chef du FFS choisit de se rapprocher des premiers. Organisé sous l’égide de la communauté San’ Egidio, une association proche du Vatican, le « colloque » de Rome des 21 et 22 novembre 1994 s’inscrit dans ce contexte politique : contrer le projet de Liamine Zeroual qui voulait relancer un semblant de vie institutionnelle. Sceptique sur l’issue de ce premier rendez-vous, le porte-parole de la communauté catholique, Mario Marazziti, prévient : « Ce qui va se passer à Rome ne sera pas le début d’une médiation de notre part. Nous espérons que cette réunion permettra d’établir une méthode de dialogue qui puisse permettre, le plus vite possible l’ouverture d’une négociation. Mais nous savons qu’une telle perspective n’est pas proche. » Après deux jours de débats, les participants se quittèrent avec la promesse de se revoir.
En effet, dimanche le 8 janvier 1995, Hocine AIT AHMED et ses nouveaux amis se retrouvent à Rome. Les tractations engagées entre les différents partenaires notamment l’ex-FIS et la tendance mehriste du FLN aboutissent à la signature, le 13 janvier, d’un texte de quatre feuillets pompeusement intitulé « Plate-forme pour une solution politique et pacifique de la crise algérienne. » Catalogue de vagues propositions, ce document condamne la politique du régime et fait une part belle à l’ex-FIS. La stratégie à courte vue du leader du FFS consistait à réintégrer le parti islamo-intégriste dans le jeu politique algérien afin d’en faire un allié dans sa lutte contre le pouvoir.
Décidé à l’insu de l’encadrement et de la base, ce choix est rapidement dénoncé par des militants de sa propre formation. Sous le titre « Prise d’otage du FFS », Slimane MRABET, Ali SADOUK et Djamal TAZAÏRT signent une libre opinion dans laquelle ils s’élèvent contre cette collusions avec l’ex-FIS. « Les militants sincères, nombreux et courageux refusent de voir leur parti impliqué dans la conclusion d’un pacte antinational qui légitime l’intégrisme et le terrorisme et donne à une bande d’égorgeurs,… le statut d’un mouvement de libération nationale. » écrivent-ils. Trois semaines plus tard, intervenant sur les ondes de Méditerranée 1, Hocine AIT AHMED persiste et signe. « La plate-forme de Rome est au centre des débats en Algérie et au niveau de l’Union européenne. Elle continue à recueillir l’adhésion et l’enthousiasme surtout dans les quartiers populaires des grandes villes et auprès de la jeunesse sans perspectives, celle qui représente les trois quarts de la population. »
Le n°2 du FFS de l’époque, Saïd KHELIL, considérait pour sa part cette initiative contre-productive et qu’il ne fallait pas voler au secours de l’ex-FIS. « Lors des accords de Rome, j’assurais l’intérim en l’absence d’AIT AHMED. J’ai appris que nous avons signé en suivant la télévision française. Les bases du texte offraient peu de garanties. Nous avons douté, j’ai claqué la porte deux mois plus tard, car nous pensions que le FFS venait de perdre son âme. » En désaccord avec les pratiques antidémocratiques du chef, Saïd KHELIL finit par démissionner entraînant avec lui des dizaines de militants.
XII – 1995-1996 : Le deuxième congrès contesté
Programmé pour le premier trimestre 1995, puis en novembre de la même année, le deuxième congrès du FFS n’aura lieu que les 13, 14 et 15 mars 1996 en raison de la crise née de la signature du contrat de Rome. Le conflit qui oppose Hocine AIT AHMED à ses nouveaux contestataires qui, il n’y a pas si longtemps, formaient l’ossature du parti révèle une fois de plus son fonctionnement archaïque et autoritaire. Comme toujours dans ce genre de bras de fer, le rapport de force évolue en faveur de celui qui contrôle l’appareil et le nerf de la guerre, les finances. Le Zaïm a la haute main sur l’un et sur l’autre.
Mais cette fois les intérimaires se rebiffent et le font savoir. Aux divergences politiques sont venues s’ajouter des irrégularités qui ont terni la préparation du congrès. Des manœuvres dignes d’un parti stalinien furent de nouveau utilisées pour contrer les dissidents. A Bouïra : « On n’a même pas retrouvé les formulaires à remplir pour la participation, alors qu’au pré-congrès, on a imposé des candidats non élus par la base. »
Malgré ces pratiques bureaucratiques, pendant plusieurs mois, quatre membres influents du conseil national, Rachid HALET, Saïd HAMDANI, Saïd KHELIL et Hamid LOUNAOUCI, tous anciens secrétaires généraux entre 1992 et 1994, ont tenté vainement d’instaurer un débat à l’intérieur du parti. Dévoués, ces dirigeants avaient le souci, du moins dans un premier temps, de ne rien entreprendre qui puisse prêter le flanc à des critiques venues de l’extérieur. En agissant ainsi, ils espéraient convaincre leur chef d’accepter le débat sur les grandes orientations du Front. Or tout en ayant constamment le mot démocratie à la bouche, Hocine AIT AHMED entend gérer son parti selon son bon vouloir.
Parce qu’ils ont été poussés vers la sortie, les quatre responsables, appelés aussi groupe de Tizi Ouzou, publient dans le quotidien Liberté du 12 mars 1996 un texte dans lequel ils dénoncent les manœuvres de la direction qui après les avoir marginalisés cherche à les exclure : « Tout cela pour permettre un exercice solitaire du pouvoir de décision. »
Après le groupe de Tizi Ouzou, ce sont dix dirigeants du FFS dont l’ancien bras droit du leader Hachemi NAIT DJOUDI, qui publient un nouveau document dans lequel ils regrettent « la dérive du 1er congrès et les entraves qui ont été faites aux statuts et règlement intérieur particulièrement leur falsification et la désignation de certains membres de l’exécutif en dehors du parti. » Pour les auteurs de ce texte, la responsabilité de Hocine AIT AHMED « est toute particulière » dans les nombreux déchirements qu’a connus le parti. « Le refus d’un débat démocratique a conduit tout droit à une impasse stratégique, à la marginalisation et à l’exclusion de militants authentiques. » De même, estimant que « les conditions de préparation et d’organisation de ce congrès ne paraissent pas offrir un cadre véritable d’expression libre et d’affirmation de la légitimité des uns et des autres. » les contestataires refusent d’y participer.
Contrôlées du début jusqu’à la fin, les deuxièmes assises se sont déroulées sans aucun dérapage. Sans l’intervention des délégués de l’émigration, le cas des dissidents ne serait même pas évoqué. Le FFS reste entre les mains de son propriétaire qui accentue un peu plus son emprise. Une nouvelle fonction est même créée pour lui : celle de président… à vie. Le poste de secrétaire général par intérim est officialisé mais comme toujours c’est le chef qui nomme et qui dégomme !
XIII / 1997-2000 : le virage politique du chef
Alors qu’il pouvait se rendre librement à Alger, c’est à Marrakech que Hocine AIT AHMED avait convoqué les membres du secrétariat national, le 22 mars 1997. Contre toute attente, c’est également à partir de cette ville marocaine qu’il met fin à plusieurs semaines de suspens en annonçant la participation de son parti aux législatives du 5 juin. Pour justifier ce choix qui apparaît comme un changement de stratégie, il déclare sur les ondes de Méditerranée I qu’ « il s’agit d’un sursaut de survie. Notre base penche d’une manière unanime vers la participation. » Or, cette dernière n’a jamais pu influer sur la ligne politique et encore moins sur des changements aussi brutaux. Au FFS, toutes les décisions sont prises dans un cercle fermé qui ressemble étrangement au cabinet noir des décideurs du régime.
Quelles sont donc les raisons qui ont poussé le chef du FFS à changer d’attitude et à cautionner les mascarades électorales du pouvoir ? Elles son au nombre de quatre. La première, sans doute la plus importante, réside dans l’échec cuisant de son alliance hasardeuse avec les islamo-intégristes de l’ex-FIS et la tendance mehriste du FLN car les autres partenaires du contrat de Rome n’avaient que peu d’influence sur la scène politique algérienne. Cette décision personnelle a provoqué une véritable hémorragie dans les rangs de son parti.
La deuxième est liée à l’action qu’exerçaient certains nouveaux dirigeants issus de l’administration et qui avaient rejoint le Front dans les années 1990. C’est le cas de Abdesselam ALI RACHEDI ou de Mohand Amokrane CHERIFI, tous les deux anciens ministres. Leur but : rompre avec la mentalité d’opposant et transformer le FFS en un parti de gouvernement. Pour cela, il doit s’impliquer dans les luttes que se livrent les différents clans du régime.
La troisième raison s’explique par l’existence et la présence du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) en Kabylie. Hocine AIT AHMED craint sérieusement de voir son parti évincé de la scène politique régionale par son rival. Or, malgré ses prétentions d’apparaître comme un parti national, sans le socle kabyle qui ne cesse d’ailleurs de s’effriter régulièrement, le FFS n’existerait plus.
Enfin, la dernière, aussi importante que les précédentes concerne l’aspect financier. Pour Hocine Aït Ahmed, plus le nombre de députés et de conseillers municipaux sera important moins la charge financière pèsera sur le parti.
Toutes ces raisons l’ont donc amené à cautionner des « élections » toujours truquées, toujours manipulées et toujours aussi malpropres que les précédentes. En guise de récompense, l’éternel opposant a reçu un quota de 20 députés sur les 380 que compte une Assemblée à la solde du pouvoir. Quant à Saïd SADI, il se voit gratifier du même nombre de parlementaires. Liamine ZEROUAL a maintenu l’équilibre entre les deux rivaux. Après avoir longtemps boudé les institutions qu’il n’avait cessé de critiquer à juste titre car anti démocratiques et corrompues, le FFS a fini par siéger au sein d’une Assemblée croupion.
XIV / Rivalités pour une hypothétique succession
Victime d’un sérieux malaise cardiaque en pleine campagne électorale, Hocine AIT AHMED est rapidement évacué ver le centre hospitalo-universitaire de Vaud en Suisse. Au même môment, son directeur de campagne, le député d’Akbou, Djamel ZENATI, se trouve projeté sur le devant de la scène. Ce qui n’a pas manqué de susciter jalousies et rivalités. Dans son édition du 20 avril 1999, le quotidien Le Matin révèle que certains « responsables du FFS n’auraient pas apprécié la désignation de Djamel ZENATI comme directeur de campagne et intérimaire de Hocine AIT AHMED pendant l’absence de ce dernier. Des dissensions mineraient actuellement la direction du parti et l’on parle déjà du départ du député et ancien ministre sous le gouvernement HAMROUCHE, M. ALI-RACHEDI. » Le premier secrétaire par intérim dément ces informations ». « Il n’y a pas de guerre de succession au FFS. AIT AHMED va rentrer et continuer le combat avec nous. »
Cependant, la lente et longue convalescence du leader aiguise et accélère au contraire la lutte entre les seconds couteaux. Malgré ce démenti, la mise à l’écart de certains dirigeants, le changement de fonction pour d’autres au sein de l’appareil du FFS révèlent l’existence d’un profond malaise. Ainsi Abdesselam ALI-RACHEDI est déchargé de ses responsabilités tandis que Samir BOUAKOUIR quitte le poste sensible de porte-parole pour celui de la formation.
Proposées par le chef, ces décisions sont entérinées par un conseil national sans murmure. Derrière une apparence démocratique se profile en réalité un homme qui, malgré son affaiblissement physique se comporte en véritable autocrate. Il entend rappeler à chaque occasion « être le seul maître à bord du bateau FFS. Celui qui nomme et dégomme. Qui fait, défait et refait les programmes. Qui octroie les prérogatives et définit les limites. » écrit fort justement Lyès BENDAOUD.
Hocine AIT AHMED a toujours agi de la sorte. N’est-il pas un des héritiers de Messali HADJ, ce père du populisme algérien ? A ce patrimoine politique s’ajoute les attitudes maraboutiques léguées par ses aïeux. Nous tenons là deux raisons qui expliquent le fonctionnement archaïque du FFS.
Les dissensions révélées par le Matin s’avèrent donc exactes et s’étalent sur la place publique. Dans un document de 14 pages intitulé : « Pour une modernisation du FFS » adressé à la direction du parti, un groupe de huit députés sur vingt s’inquiètent de la situation dans laquelle se trouve leur parti. Le constat qu’ils en font est sans complaisance. Parce qu’ils sont « animés par le devoir de vérité, de lucidité et de pédagogie », ils affirment « que le FFS va mal. » Les signataires déplorent l’absence d’une vision à long terme et l’inexistence d’un projet. « C’est parce que le FFS n’a pas de stratégie claire que les actions qu’il avait initiées durant les trois dernières années portent la marque de l’improvisation, de la navigation à vue quand il ne s’agit pas de simples réactions aux initiatives du pouvoir. » Les huit députés s’interrogent ensuite sur les positions floues de leur mouvement et son manque de perspectives. « Un parti qui n’a ni programme ni stratégie n’a évidemment pas de position claire sur les différentes questions d’intérêt national. Quelle est la position du FFS sur le foncier, sur les retraites, sur la crise du logement, sur la manière de lutter contre le chômage et sur le statut personnel ? »
Deux raisons expliquent cette carence :
1 – L’élaboration d’un projet de société suppose l’existence d’un libre débat, une confrontation de points de vue. Celui-ci a toujours fait défaut au sein du Front comme le révèle la nouvelle crise qui s’installe.
2 – Il suppose aussi la présence d’acteurs pour animer ce débat notamment des intellectuels bien sûr mais également des militants, cadres et dirigeants issus des différentes classes du peuple algérien. Or, AIT AHMED qui dirige ce parti depuis… 45 ans s’est montré incapable de constituer et de pérenniser une direction digne de ce nom. Il a écarté tous ceux qui pouvaient lui faire de l’ombre.
En effet, au lieu de prendre acte du texte signé par huit députés sur vingt du parti et engager un débat salutaire, l’inamovible zaïm réagit en le verrouillant. Dans un message au conseil national, il décrète que le FFS « ne reconnaît ni la sensibilité ni la stratégie de groupe. »
Abondant dans le même sens, le secrétaire général par intérim, Ahmed Djeddaï condamne à son tour l’initiative des huit qu’il assimile à des « manœuvres de déstabilisation et des tentatives d’intimidation pour détourner le FFS de son objectif. » Une fois de plus, on a recours aux mêmes procédés mais toujours efficaces. Pour faire face à une contestation qui s’annonce difficile à juguler, la direction agite des accusations sans fondement. Mais les temps de la clandestinité où le chef pouvait manipuler dans l’ombre sont révolus. Aujourd’hui, les contestataires ont accès aux médias, peuvent faire connaître leurs divergences et leurs critiques.
Toutes les propositions avancées par les huit députés afin d’instaurer un dialogue sincère se heurtent à un fin de non-recevoir. Au moment même où Hocine AIT AHMED incite à un « redéploiement politique du FFS dans la société pour rassembler [sic] les individualités, associations et partis… », Ali RACHEDI et ses compagnons reçoivent individuellement la notification de leur exclusion. Dans un communiqué du 14 mars 2000, ils dénoncent cette mesure jugée comme une « dérive totalitaire » et s’interrogent sur une « coïncidence » pour le moins troublante.
En effet, le jour même de la radiation des huit députés, l’Assemblée nationale a bricolé son règlement intérieur afin de permettre au FFS de sauvegarder son groupe parlementaire et les avantages y afférents. Ainsi, le nombre de députés pour former un groupe est ramené à dix au lieu de vingt. Les exclus y voient une collusion entre la direction du parti et les gouvernants. « Aujourd’hui, les masques sont tombés. La trahison des idéaux du FFS, voire la compromission avec des cercles du pouvoir disqualifie définitivement les éradicateurs de l’appareil. » déclare Ali RACHEDI .
Comme les précédentes, cette crise va laisser des traces et provoquer une autre hémorragie. A la seule fédération de Tizi Ouzou, cinquante militants ont démissionné collectivement.
XV – Le FFS : un parti en déclin
Empêtrée dans une grave crise qui a duré plus d’une année, le soulèvement Kabyle du 18 avril 2001a une fois encore surpris la direction du Front. Préoccupée par ses alliances aventureuses avec les islamo intégristes de l’ex-FIS et la tendance mehriste du FLN, elle subit comme toujours les évènements au lieu de les devancer. Quant à Hocine AIT AHMED, loin du pays réel et de ses difficultés quotidiennes, il continue imperturbablement à peser sur le destin de son parti à partir de son confortable exil helvétique. Il n’est pas facile de troquer les calmes rivages du lac Léman pour les rues « grouillantes » d’Alger. Evoquant le refus de Rachid MIMOUNI de quitter son domicile malgré les menaces de mort des terroristes de l’ex-FIS, Christine CLERC écrit : « Il ne veut pas faire comme BEN BELLA et AIT AHMED, les deux « chefs historiques de la révolution », qui, deux ans après leur retour au pays, ont regagné leurs belles villas en Suisse où les attendaient (ici, c’est moi [Christine Clerc] qui parle et de ce que j’ai vu, pour les avoir tous deux accompagnés) vestes en cachemire, Lancia ou Mercedes avec chauffeur et gardes du corps… »
Dans ces conditions, le chef du FFS ne pouvait pressentir la colère de toute une région brimée et humiliée qui lui a pourtant sauvé la vie lors de sa condamnation à mort en mai 1965. Cette rupture physique entre le zaïm et le pays réel explique le décalage constant entre la Kabylie et le FFS qui, quoiqu’on en dise, n’a pas de véritable existence en dehors d’elle.
Ses positions frileuses sur la question berbère et ses échecs répétés depuis 45 ans ont permis l’émergence de nouvelles forces politiques. Outre le RCD apparu en février 1989, il y a eu surtout le puissant mouvement populaire des archs de 2001 qui a ébranlé le régime bouteflikien comme le Printemps berbère d’avril 1980 avait sapé les fondements du régime du parti unique. Après de vaines tentatives de récupération, le « marabout » de Lausanne a fini par choisir son camp. Il a fait du mouvement des archs son principal adversaire voire son ennemi et du pouvoir son allié objectif. Tel est le sens de la participation du FFS à la mascarade électorale du 10 octobre 2002 à un moment où la Kabylie contestait ouvertement mais pacifiquement le régime de BOUTEFLIKA. En cassant la dynamique unitaire de la région, Hocine AIT AHMED a commis une faute politique. Celle-ci a naturellement accentué la défiance des Kabyles à son égard ainsi qu’envers son parti qui connaît un recul historique dans cette région où il avait pourtant exercé un quasi monopole politique pendant des décennies.
XVI- 2004-2006 : La démission de Mustapha BOUHADEF
Dans son message au conseil national réuni les 24 et 25 juin 2004, Hocine AIT AHMED demande à son parti de « jouer un rôle moteur pour l’instauration de la 2ème République qui doit concrétiser les idéaux et les promesses historiques. C’est dans cette perspective que nous devons préparer les 4èmes assises du parti… C’est en fonction de cette échéance également que j’ai réfléchi [sic] à l’alternance statutaire concernant le Premier Secrétaire : conformément aux articles 8.4 et 8.5 des statuts du FFS, je désigne le camarade Mustapha BOUHADEF comme, Premier Secrétaire. Il constituera son équipe en consultation avec le président. »
Ayant déjà exercé cette fonction à deux reprises, en 1995 et 2000, Mustapha BOUHADEF se montre quelque peu circonspect. Cette fois, le promu entend bien choisir ses collaborateurs ou tout au moins avoir un droit de regard. Or la liste du nouveau secrétariat national qu’il soumet au zaïm est rejetée en dépit de sa volonté de choisir des noms consensuels. Usant et abusant de son pouvoir, le chef du FFS décide arbitrairement de reconduire dans la quasi-totalité la direction précédente qui s’est pourtant illustrée par son inefficacité et sa gestion calamiteuse de la révolte kabyle.
Estimant qu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour assurer pleinement ses responsabilités et refusant cette fois de se laisser manipuler, Mustapha BOUHADEF remet fin juillet sa démission « par le biais d’un tierce personne via Paris ». Une autre crise, certes moins importante que la précédente, secoue le Front. Quelques mois plus tard, ce dirigeant qui a toujours assumé d’importantes responsabilités au sein du Front démissionne après 17 années de bons et loyaux services. Sous peine de perdre son âme et sa dignité, il a fini par rompre avec le parti qu’il a servi avec abnégation et auquel il est attaché. La raison de ce divorce ? L’autoritarisme excessif du chef qui a mené le FFS « là où il est loin des idéaux pour lesquels, pourtant, des milliers de militants continuent toujours de se battre. » selon Mustapha BOUHADEF.
XVII – 2006-2008 : Une direction contestée
A un mois de la célébration du 43ème anniversaire de la proclamation du FFS, des militants, cadres et personnalités influentes de ce parti projettent d’organiser un rassemblement contestataire à Alger afin de « déloger le premier secrétaire, Ali LASKRI, et tous les membres de la direction nationale accusés d’avoir fait plonger le parti dans la léthargie. » Inquiets de voir leur parti filer en quenouille, soucieux de recentrer ses activités et de resserrer les liens entre la base et le sommet, ils ont rédigé un mémorandum dans lequel ils ont exprimé leurs préoccupations. Afin de « sauver » leur mouvement, ils demandent d’infléchir la ligne politique et de corriger les dysfonctionnements internes. A deux reprises, leur texte est ignoré, jeté à la poubelle. Il est vrai qu’ils exigent le renvoi d’une direction jugée inopérante et incapable de reprendre le terrain perdu.
Indignés par le sort réservé à leur document, ses auteurs décident de se faire entendre bruyamment en manifestant jeudi le 31 août 2006 devant le siège du parti à Alger. Cinq membres du conseil national ; Larbi HANAFI Vice-président de l’APW d’Alger, Abdelkader IBRAHIM, Mohammed IKHENOUSSEN, Belkacem MESSAOUDI vice-président de l’APW de Bouïra et Youcef SID ALI participent à ce rassemblement. En se rendant rue Souidani Boudjemaâ, les protestataires n’avaient nullement l’intention d’engager un bras de fer avec la direction mais d’amener celle-ci à sortir de son indifférence et à débattre de leurs propositions. L’un d’eux témoigne : « Nous étions près de 230 militants, nous nous sommes regroupés dans l’enceinte même du siège national pour rencontrer les membres de la direction et pour porter à leur connaissance les préoccupations de la base, mais en l’absence de ces derniers, nous avons fait lecture de notre déclaration qui s’adressait à Si l’Hocine, sans vouloir semer l’agitation. » Dès lors, ce qui n’aurait dû être qu’une confrontation politique, s’est transformée en une grave crise qui perdure depuis plus de deux ans et dont l’issue reste encore incertaine.
N’ayant pas été entendus, les protestataires des sept importantes fédérations : Alger, Béjaïa, Bordj Bou Arreidj, Boumerdès, Bouïra, Setif et Tizi-Ouzou se réunissent le 3 septembre à Alger. Au terme de cette rencontre, les participants ont décidé de se rassembler de nouveau le 14 devant le siège du parti. Ils demandent à la direction de prendre en considération quelques-unes de leurs propositions notamment « la non-participation aux élections législatives du mois de mai 2007, le lancement d’une école du parti, la convocation d’une conférence nationale des cadres en prévision de la tenue d’un congrès extraordinaire. »
En vieux routier de la politique, plus de 60 ans de pratique derrière lui, Hocine AIT AHMED observe de loin le développement de ce malaise. Il se contente dans un premier temps de désigner « un émissaire aux fins de lui dresser un tableau exhaustif de l’état des lieux, des tenants et aboutissants de ce qui se trame. » Mais, pour briser la contestation, il est amené à réagir car il ne peut accepter que l’on puisse remettre en cause une direction dont il a personnellement choisi les membres en octobre 2004. Avant même de connaître les conclusions de son envoyé, il avait déjà arrêté son verdict. Dans un courrier adressé au secrétariat national, il écrit : « Je note que l’apparition, en ce moment, d’un groupe de contestataires n’est pas innocente. Elle vise à détourner cette ouverture [celle du parti] vers la société, à empêcher la capitalisation de notre proximité avec les mouvements sociaux et nous éloigner de nos sympathisants et de nos partenaires.
Elle vise aussi… à entretenir les doutes, semer toujours plus de confusion et fausser les représentations politiques, en particulier en Kabylie. Elle vise surtout à prendre en otage les 4èmes assises de notre parti. Les meneurs de cette opération de renversement de notre ligne politique, ne désespèrent pas de faire de nos structures un appareil squelettique, coupé des préoccupations de nos concitoyens au service d’une ambition : leur propre avenir politique et électoral.
Nous ne devons pas perdre notre boussole politique en nous laissant entraîner dans le gestion d’une nouvelle « crise » Le traitement de ce nouveau feuilleton destiné à aligner le parti sur une logique de banalisation et de dépolitisation doit être exemplaire.(…). »
Le couperet vient de tomber. Ce sera l’exclusion sans autre forme de procès. Prêter tant de pouvoir de nuisance à des cadres et militants, dont certains activent depuis 1963 semble-t-il, revient à douter de leur engagement. Comment croire que celles et ceux qui ont courageusement contribué, parfois au dépens de leur liberté, à maintenir leur parti en vie deviennent soudainement, comme l’affirme le zaïm ses détracteurs, ses fossoyeurs ? Au lieu de s’interroger sur ses vieilles méthodes obsolètes, ses vieux réflexes populistes, Hocine AIT AHMED accuse ceux qui cherchent à dynamiser leur parti d’être à la solde du régime. Trop facile.
En vérité, comme les précédentes crises, celle apparue le 31 août 2006 révèle tout simplement qu’il est impossible d’instituer un débat libre et contradictoire au sein du FFS. C’est un risque que le leader ne veut en aucun cas prendre.
Dès lors, il ne reste plus qu’à officialiser la sanction. Ali LASKRI et Karim TABBOU s’exécutent lors de leur conférence de presse en qualifiant les contestataires de « groupe en dehors des instances du parti, dont la méthode utilisée nous rappelle celle des fascistes des archs. » Considérées comme arbitraires et illégales, ces mesures sont vécues la mort dans l’âme par les exclus. Belkacem MESSAOUDI, secrétaire de la fédération de Bouïra et vice-président de l’APW de la même ville ne désespère pas de les faire annuler. « Nous n’avons pas l’intention de nuire au parti, nous allons introduire un recours auprès du secrétariat des règlements des conflits. » déclare-t-il
Le 14 septembre, les protestataires se rassemblent pour une troisième fois devant le siège du parti. Venus de huit Wilayas, ils sont plus de cinq cents à scander « vive le FFS, vive Si L’HOCINE, LASKRI et TABBOU, Barra (dehors). » Le n°2 du FFS réagit à son tour et accuse les dissidents d’être manipulés par la police politique. « On aurait aimé que les services de sécurité s’occupent d’autre chose en servant le pays au lieu de passer leur temps à casser des structures politiques et sociales qui bénéficient d’une autonomie totale. » rapporte La Tribune. « S’il y a manipulation dans notre action, alors, c’est toute la base du FFS qui est manipulée. » rétorquent les contestataires qui continuent à faire confiance à leur leader. « Nous nous rassemblons pour dénoncer les pratiques du secrétariat national tout en réitérant notre fidélité à notre président. » Dans leur naïveté, ils espéraient que ce dernier pourrait désavouer une direction qu’il a choisie sans se discréditer lui-même. Or, non seulement il la soutient mais au fur et à mesure que la crise perdure et se durcit, HOCINE AIT AHMED fait état de son exaspération. « De ma vie, je n’ai vécu une situation aussi rocambolesque et insensée au sein du FFS. »
Scandalisé par l’attitude des dissidents qui refusent d’accepter leur exclusion, il ajoute : «jamais le FFS… n’a connu de telles pratiques de truands dont la police politique a toujours usé et abusé pour contrôler les franges en colère de la société, y compris les clubs sportifs. » Après les avoir copieusement calomniés, il cherche à les manipuler pour mieux les diviser. « Mais ne perdons pas de vue que certains sont récupérables et c’est ce que je recommande à DA ALI [LASKRI] de faire. » écrit-il.
Surpris et choqués par la violence de ces propos, de nombreux militants ont même douté de leur authenticité. Depuis, ils ont dû se rendre à l’évidence et admettre qu’ils émanent de leur chef. Plus de deux ans après, la crise du 31 août 2006 continue à faire des ravages au sein du FFS. Ainsi à l’occasion du 45ème anniversaire de ce dernier, 33 cadres et militants publient un document dans lequel, ils rêvent d’un «rôle majeur » pour leur parti. Pour cela, la direction doit manifester sa «volonté de changement en annulant toutes les décisions illégales portant radiation des militants. La réhabilitation des nombreux cadres dont les noms ont été jetés en pâture sans qu’aucune notification d’exclusion ne leur soit parvenue est une nécessité absolue. L’ouverture d’un débat militant dans le cadre d’un processus politique d’évaluation de la situation organique et politique du parti permettra de redynamiser la vie interne du notre parti. » Comme les précédentes, cette nouvelle démarche se heurte à une fin de non-recevoir. Aucun débat ne peut se dérouler à l’initiative des dissidents.
Hocine AIT AHMED : faux démocrate ou vrai autocrate ?
Politiquement et idéologiquement, le patron du FFS appartient au courant nationaliste et populiste où le libre débat n’avait pas sa place. Le rejet de toute confrontation politique et idéologique, même pacifique à l’intérieur de son parti, s’explique par la culture autoritaire qu’il a héritée du messalisme. Jamais, il n’a réussi à s’en défaire. Toutes les fractures vécues par le FFS découlent des mêmes causes : le refus de la démocratie interne et la pratique du culte du chef qui a toujours raison depuis plus de … 45 ans !
Au FFS, la contestation est nourrie par une gestion autocratique du zaïm. De tout temps, il a procédé à l’élagage systématique des têtes susceptibles de le concurrencer. Craignant pour son pouvoir qu’il exerce sans partage et sans interruption depuis 1963, ce faux démocrate mais redoutable manipulateur est en passe de détenir le record mondial de longévité à la tête d’un parti. A plus de 82 ans, il refuse toujours de passer la main. D’où une consommation effrénée de secrétaires généraux par intérim. Plus de 15 de ces derniers furent carbonisés en moins de deux décennies. Conséquence de cette attitude suicidaire : son parti est déserté par tous les cadres et intellectuels qui, à un moment ou un autre, ont fait le choix de le rejoindre. Tant que Hocine AIT AHMED maintiendra sa bride sur le FFS, ce parti est condamné au déclin. Et sans verser dans l’art divinatoire, il ne lui survivra pas.
Ramdane REDJALA
Site officiel du Front des Forces Socialites



Commentaires
Marqué à vie par MESSALI.
L'analyse de Ramdan REDJALA sur le plus vieux parti d'opposition (FFS) est somptueuse. Les jeunes générations doivent s'imprégner de ce précieux document et tirer toutes les leçons qui s'imposent. Agé de 73 ans et ayant toujours soutenu le FFS, j'ai pris mes distances avec ce parti depuis San Egidio. Ait Ahmed aussi respectable soit il vit hors du temps. Le déclin de son parti est une réalité palapable.Redjala a raison de conclure que le FFS ne survivra pas à la disparition de son "leader".MERCI MR REDJALA D'AVOIR ECLAIRE LA JEUNESSE;
AZUL; tout à fait d'accord
AZUL; tout à fait d'accord avec cette intervention de REDJALA que je salue au passage ceçi fait ; sur le devenir du FFS et des autres partis de même qui sont déserter par les kabyles enfin on commençe à voir d'autres horizons plus prometteurs que nos partis décadents qui faisaient le jeu du pouvoir arabos-bâathistes rasciste anti amzigh et surtout kabyles de puis 1962 les raisons nous les connnaissons tous inutile de revenir ladessus voyant à présent avec le MAK et c'est bien vu au 20 avril en kabylie à TIZI à VOUZGUENE; TAKERVOUST;TUVIRETS etc..... les manifs tout le monde aurait vu les vidéos et toujours visibles qui font fois et une grande joieimmençe pour l'autonomie et le soutient au MAK.Gloire au peuple amazigh à la kabylie libre et autonome;ar-tufat MUHEND;
FRANCHEMENT. DES QU ON ESSAIE
FRANCHEMENT. DES QU ON ESSAIE DE PARLER DES VRAIS HOMMES POLITIQUES, DE LEUR PASSE GLORIEUX, VOUS ARRIVEZ TOUJOURS A METTRE VOTRE GRAIN DE MERDE SUR VOTRE AUTO NEMMI QUI N AURA (SACHEZ LE) AUCUNE CHANCE D EXISTER. ALORS DE GRACE ECOUTER, APPRENEZ A FAIRE DE LA POLITIQUE AUTREMENT AU LIEU D EXPOSER VOS FRERES AUX NOUVEAUX GENOCIDES.
tu dois en connaitres des
tu dois en connaitres des bouts des autos-nemmis des autres toi.tu as raison tu dois en savoirs des choses,que nous les autonomistes kabyles ignorants.et , sache quel'autonomie de la kabylie est une realite que ton ignorance ne pourra pas voire.et au prochain commentaire evite les gros mots.qui inévitablement te reviendront sur la figure.
winn"da
AZUL.. PARLE DE TES HOMMES
AZUL.. PARLE DE TES HOMMES POLITIQUES ON A VU TOI TU N'AS MËME PAS LE COURAGE DE SIGNER TON COMMENTAIRE. QUI CEUX-LA? DES VRAIS CEUX QUI CAUTIONNENT LE POUVOIR ARABOS-MAFFIEUX PAR-CE-QUE LES VRAIS POUR MOI SONT MORTS OU EN EXILS LES AUTRES MAFFIEUX DU POUVOIR DANS LES SALONS DE L'ALLETI OU DE L'OCCIDENT QUI SE PAVANENT AU FRAIS DE CE PAYS QUE L'ON RUINENT AU NOM DES POUVOIRS ARABOS-ISLAMOS- BÂATHISTES TU AS TOUT LE FORUM FAIS0NS AUTANT OU BIEN DES KDS DES LEçONS J'EN AUTANT A TON SERVICE;:NOUS JUGES PAS D' APRES TOI.C'est ton opignon pas la nôtre quand à nous nous irons vers nôtre autonomie par la volonte du peuple kabyle qui prend conscience que c'est la seule alternative on a pas le c hoix c'est ca où rester arabos-bâthistes et faire le jeu du pouvoir qui s'incruste depuis 1962 comme le fait nôtre SI AHMED et SAADI et autres raîs arabes pouvoirs absolu jusqu'à mort s'ensiiuve etc......tous des KDS OUYAHYIA en tête.LA seule chance d'exister c'est par nôtre Autonomie voir l'indendançe ce qui parait aujourdhui impossible pour toi le sera possible pour nous demain j'y crois dur comme fer celui d'acier SUEDOIS comme j'avais cru à l'independance de ce pays en 1956 j'avais vingts ans en KABYLIE pas dans les AURES.GLOIRE au peu)ple Amazigh au peuple kabyle vive la kabylie libre et autonome voir plus.Ar-tufat.MUHEND.
On est plus qu'assassiné déjà??
Depuis 62 nous subissons le génocide ,que pouvons-nous risquer?
Il ne faudrait peut-êrte pas inverser les choses..
Ce que tu appelles merde nous l'appelons liberté libre à toi de ne pas y souscrire..
Les vrais hommes ne sont pas ceux qui subissent mais qui se battent avec une victoire une bout...
Si t'en connais depuis un responsable de parti éclaire nous..
Vive l'autonomie,seul voie salvatrice...mr
Que pése aujourd'hui le ffs?
Une kabylie plus que jamais divisée...La faute à qui?
Mes interrogations :
Comment Aît ahmed après 47 ans au commande du ffs, ce parti n'est que l'ombre de lui même?
Un démocrate qui occupe un poste 47 ans?
Quel bilan après tout ce temps ,de quelle stratégie peut-on parler?
Il m'arrive de douter sur les vrais intentions de se parti tellement il y a de quetions à se poser au vue du résultat de ces 47 ans de combat ou pseudo combat pour occuper une si petite place dans l'échiquier politique.......
Je constate un échec au regard de se sa politique et un manque flagrant de volonté et de strtaégie pour rassembler les démocrates qui avaient cru un moment donné en ce parti ....
Pourquoi en est -il là?
Vue l'état de ce parti et de la kabylie ,je ne peux que dénoner la faillite de sa politique irresponsable
Un parti qui cultive l'échec est condamné à se renouveller pour ne pas de disparaître.........ms
poids du parti
Nek ag dinigh aya karu bwaghyul pourquoi le ffs ne pèse pas lourd. Et bien c'est simple. Le ffs n'a pas de poids parce que c'est un parti fondé par des kabyles. un point c'est tout.
chiche d'argumenter..
Au lieu d'invectiver bourrique apprend à argumenter..
C'est mon droit absolu de poser la question que je souhaite et ce n'est certainement pas un petit minable insultant dictateur qui me fera taire..
je t'invite à débattre avec moi sur la question..
la guerre des sables n'a été
la guerre des sables n'a été créé que pour liquider le potentiel militaire de la kabylie,avec bien sur la complicité d'ait ahmed et des autorites marocaine qui craignait un répétita bis de la guerre du rif .si,non, comment expliquer l'amitié voir la fratérnité qu'a liée ait ahmed a ben bella et qui dure a nos jours.
winn"da
SI vous voulez l'histoire de
SI vous voulez l'histoire de l'Afrique du Nord nos rois nos reines nos papes nos ëveques etc......où celui de cette ALGERIE nouvelle devenue arabos-bâathistes 'guerre d'algérie) allez sur GOOGLE c'est un vrai magicien il connait toutes nos histoires passées et présente vous saurez plus et même sur nos partis kabyle leurs biographies FFS RCD PRS; ÂRAACH etc.....bonne lecture vive GOOGLE et la KABYLIE LIBRE.
Tuer son ego avant de faire la preuve par 9
Ce tableau montre aussi a tel point nous sommes ignorants (moins pejoratif qu'incultres). IL est vra que nous n'avons pas de temps a perdre mais il se trouve que si l'on fait un analyse paralelle entre iaraben du golfe et nos kabyles richissimes, il se trouve qu'un epiognee de milliardaires du glolfe parviennent ou tentent a influencer des Etats jusqu'a les corrompre ....par leur influence petrodollaresque. Par contre nous, les kabyles de la diospora, plusieurs sont riches mais ne parviennet pas a s'asseoir autour d'une table et travailler la main dans la main.............
Regardons autour de vous pour remarquer a tel point tagmats ert malade........ la gerrison nous incombe................et pourtnat c'et trs simple comme formule. Mais vant d'y arriver il faut d'abord TUER son ego, voila notre probleme!
bien dit
bien dit
Les riches en Algerie n'ont
Les riches en Algerie n'ont pas de coeur!
Desolé!
Non! les riches algeriens de qui vous parlez? s'ils ont bien un coeur ou un foie?!
Tout ce que je sais c'est que ls riches Kabyles existent un peu partout, mais n'arrivent pas encore a se reconnaitre entre freres et mettre sur pieds un projet commun salvateur de la Kabylie. Je suis convaincu que si un groupe commence ce sera mettre la machine en marche anous tirer du bourbier arabo-islamiste...je sais tres bien que l'on est de champions, par notre jalousie, a immiter aussi bien les bonnes que les mauvaises manieres. Je propose et compte sur les bonnes cette fois-ci!
A' partir du moment que
A' partir du moment que l'on a accépté l'idee d'un nationalisme arabo-islamque on a contribué à la mort du pays. Aujourd'hui l'Algerie réelle est dans les reserves: voir l'apartheid que subissent la kabylie et le M'zab pendant que les arabophones ont pour référence ou les moufti de l'Egypte oubien Sadam Hussein. Les intellectuels fuient le pays meme les chomeurs preferent mourir hors de ce pays, reste le FLN à crier victoire!
L'ambiguité que comportait l'unicité par la langue la religion comme pseudo-armementaire ideologique du nationalisme algerien n'a en fait rien fait d'autre que créer une disfonction entre la realité du pays et le model -chimere- à suivre! L'Arabetisation conduite cyniquement ne mènera qu'a' ruiner un peu plus le pays: on veut à present arabiser les produits de l'import/import. Attannehnah Awer thabbi! Orgeuil mal placé...................
FFS ou pas il faut imperativement un gouvernement d'union nationale où l'on doit faire les obsecques de l'ancien régime pour créer les bases fondantes d'un vraix compromis inter-regionale et inter-culturel du pays.
Sans quoi , la confiance ne reviendra pas et le pays succombera à coup de déceptions successifs.
La kabylie est disponible mais n'accepte pas de paternalisme ni de fait accomplis!
kaci
Un Refrain deja chanté.(40ans de tourisme politique).
En tant que democrate et vrai kabyle, je vous invite tous (y compris Mr Randane radjala) a bien regarder de nouveau la photo et d essayer de distinguer les beaux bracelets (menottes), que portait ce groupe d hommes historiques qui ont defié la France puissance mondiale.Ce Mr Redjala (deja ce nom lui va tres mal a mon sens), qu a t il fait? peut t il nous montrer une photo de lui avec ce genre de bracelets? Lui qui a soit disant milité durant toutes ces années (inconnu a ce jour par le grand public) et intellect qu il est (????), pourquoi a t il perdu tout son temps au sein de ce parti à militer a coté d un homme qu il considerait incapable de gerer son parti?
NON!!! ARRETEZ L INTOX SVP, dites que vous avez tous une dent contre ce monsieur AIT AHMED,qui vous a ouvert les yeux sur votre existance meme en tant que tels et vous a donne (lui et ses camarades de guerre) un territoire et un drapeau.
En réalité VOUS ETES TOUS DES AIT AHMED BIS. Ce refrain de zaimisme, nous l avons deja entendu de plusieurs bouches de nos dirrigeants politiques. Les Said Saadi, Ferhat, Khalida Messaoudi, et autres, nous ont tous chanté ce refrain de 40 ans de tourisme politique.On constate malheureusement qu eux meme font pareil sinon pire.
Saadia SADI n a jamais voulu quitté son poste de président du RCD depuis sa création,Ferhat ejecté de partout prépare un génocide sans précedent,Khalida est au pouvoir en ce moment, ET CE Mr REDJALA QUE VISE T IL AU JUSTE????
mauvais berger
45 ans de militantisme pour rien. pauvre kabyles
pendand ces 45 ans de militantisme si on avaient une bonne direction un leader qui partage notre aspiration on aurait pu changer la face du monde.
Malheureusement le troupeau a choisi des le debut un mauvais berger.
numide
OUVREZ VOS YEUX !
"Il n y'a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et pire sourd que celui qui ne veut pas entendre" Votre disours ressemble à celui que nous sert le système en place en Algérie depuis 1962.Agé presentement de 73 ans, j'ai toujours suivi les consignes du FFS jusqu'à ce que Dda Lhoucine, figure historique de la révolution, (ON NE POURRA JAMAIS LUI ENLEVER CELA° se fourvoie avec l'Islamisme dans le fameux contrat de Rome. Il faut aussi rappeler que Dda Lhoucine a été responsable de la première tragedie qu'a subie la Kabylie au lendemain de l'indépendance.Il a exposé toute une région qui venait de sortir d'une guerre éprouvante à de nouveaux drames Dans mon village trois jeunes survivants de la guerre de libération, ont sacrifié leur vie pour je ne sais quelle cause..? S'agissant de l'engagement de Dda Lhoucine pour la défense de notre langue et de notre culture, IL A PRIS LE TRAIN EN MARCHE et contre son gré. Des témoins reveleront un jour, l'échange qu'il a eu avec Mouloud Mammeri en Mars 198O. VOUS TOMBEREZ DU CIEL? SI VOUS PARTAGEZ, bien entendu, cette cause que je considère pour ma part comme sacrée.
Au lendemain de l'ouverture démocratique de 1989, Dda LHOUCINE aurait pu être la LOCOMOTIVE d'un vaste courant démocratique qui aurait complètement changé le rapport des forces en Algérie . La Kabylie blessée continue à payer un lourd tribut aux errements de Dda Lhoucine qui a fait fuir du FFS toute une génération de militants découragés par la politique du Zaimisme. Je peux aussi témoigner que REDJALA fait partie de ceux ci.
Un ancien militant du FFS désabusé..
QUELLE révolution? celle
QUELLE révolution? celle d'avoir remis sur un plateau en or massif cette indépendançe aux arabophonnes ceux d'OUJDA où sont nos HOMMES ? dans l'opposition négative depuis 1962 un record mondial hormis CASTRO qui a trasformer son CUBA sans bretelles en véritable prison vivent avec le tourisme séxuel pour QUELQUES DOLLARS et dans le dénuement total alors qu'enfaçe à 50km LES USA c'est l'oppulençe et la démocratie etc...D'ALHOUCINE à choisit la SUISSE pour des raisons de simillitudes à la KABYLIE sans le pouvoir et les arabes bien vu.
Azul Evitons les luttes
Azul
Evitons les luttes stériles. Essayons de faire avancer notre cause
Au monsieur qui s'en prend à Ferhat vous êtes pathétique....Qui se bat aujourd'hu pour la kabylie?
Le génocide c'est Elbachir et ses frères islamistes algériens au pouvoir en costume, en tenue militaire ou en kamis pas Ferhat
Mais vous êtres de la frange qui n'ontrien à foutre du berbère
Si le ridicule tuait beaucoup ne sraient plus de ce monde
Mokrane
Je suis d'accord! C'est des
Je suis d'accord! C'est des etapes de notre parcour.
kaci
Comment expliqué cet échec...?
Avec recule et la situation catastrophique de la kabylie,nous sommes en droit savoir la vérité sur le jeux et enjeux de ce parti..
Une question me turlipine....
Comment se fait-il le clan d'oujda à éléiminé des oppsant qu'ils ont buté à l'étranger alors que Aît amed prisonnier à été libéré?
Y a-t-il eu un deal?
L'homme ne présentait-il aucun danger pour le pouvoir?
Le zaïm devait-il jouer un rôle inavoué? .
L'histoire retiendra la mort de plus de 45o personnes pour rien..
A la lecture du livre sur "ait ahmed se confesse" on peut dire qu'il y a eu trahison...
il serait l'homme qui a fait changer le destin de l'algerie post indépendante..
Rien n'est dû au hasard....
insulte son maitre est passible de chatimnets les plus severes
MR REDJALA tu as mal fait de nous chanter cette vieille melodie araeborasciste inculte tu viens d oter ton masque et nous montrer tes dents de cabot indomptable affame a la reccherche de proie Mr redjala sans radjela ton message est bien saisi et ta priere sera exossee par le monstre FLN et prochainement tu auras ta place a l enfere des plus grand traitres Mr redjala pourquoi apres 40ans de silence et inconnu du publique tu nous as livre ton acharnement sur la personne de Ait ahmed ton maitre qui a tant donne et souffert pour arracher l indepondance de notre chere pays a un age tres precoce de 16ans, est ce que tu as perdu raison ou bien on ta fait l appel a la priere au fond de tes oreilles, a la limite tu devrais faire preuve de sagesse et de respect pour la personne amblematique, historique, moudjahed respectable et respectuex , ne pas passer tes frustrations sur ton maitre si ta envie de retouner ta veste tu n es pas le premier et tu n est pas le dernier nous avons deja une si longue liste. Da l hocine il a les mains propre et un coeur saint.
AMALGAME
Comme l'a relevé par ailleurs, un internaute, il n'est nullement question deremettre en cause l'intégrité morale et l'honneteté de Hocine Ait Ahmed qui restera éternellement une figure historique de la révolution Algerienne. Ceci dit, force est de constater qu'il a raté tous ls rendez vous de l'histoire à commencer par sa responsabilité écrasante en plongeant la Kabylie dans un bain de sang au moment où cette région sortait d'une guerre de libération dont elle a supporté tout le poids.
Le deuxième rendez vous raté par Hocine Ait Ahmed , se situe au lendemain de l'ouverture démocratique intervenue après les évènements de 1988. L'algerie aurait connu un autre destin s'il avait pris la tête d'un vaste courant démocratique qui aurait fondamentalement changé la face de l'Algerie. Il a fait un autre choix en s'alliant avec les Islamistes et les conservateurs du FLN dont BEN BELLA avec qui il a scellé une alliance en 1985 à Londres...Ce Ben Bella qui a semé la désolution en Kabylie en 1964.....
Je vous rappellerai aussi que la fine fleur du FFS l'a quitté. Je connais des dizaines de cadres de ce parti qu'il a poussé à la sortie. Des centaines de militants se sont aussi résolus à quitter un bateau dont le Commandant perd la boussole.
Les faits sont têtus et Mr Rdjala que je connais bien fait partie de cette fine fleur. Il a restitué de façon magistrale le long cheminement du FFS. .
il est evident que dans le
il est evident que dans le ffs les methodes staliniennes ont prévalut et perdurent encore.
le rcd ne fait pas mieux .
helas! dayen i dezzeg tfunast.
si lhucin à milité à 90% pour lui et 18% pour l'algerie et 2% pour l'identité kabyle. Said Saadi n'à pas fait mieux 90% pour lui 15%pour l'algerie et 5% pour la kabylie.
pendant 18 ans le ffs et le rcd luttent pour instaurer la democratie en algerie sans résultat mais maintenant que nous savons que c'est impossible ce n'est plus notre souci majeur.
ce qui me me préocupe par contre c'est notre dentité notre langue et le devenir de de notre peuple.
Dans cinquante ans la kabylie serat-elle autonome prospere laique ou sera t-elle aquise à l'integrisme ou les kabyles s'egorgeront ente eux au non de l'islam!?.
Le mak est le seul mouvement qui defend reelement la kabylie et qui veut la conduir vers la liberté et le progrés humain.
son leader ferhat s'est toujours battu à 1000% pour la kabylie c'est le yugurten de notre epoque.
soyons tous avec lui comme un seul homme pour defendre notre dignité sans oublier que le ffs et le rcd resteront toujours des notres et nos freres et alliés.
Dans un proche avenir ils auront l'honorable tache de promouvoir l'idéologie et la civilisation amazigh à travers toute l'algerie.
tanemmirt s gul
aâvri
Ait Ahmed, l'ultra-démocrate
Monsieur Redjala, tu t'es trompé sur toute la ligne. Si Hocine Ait Ahmed avait accepté de fleurter avec le pouvoir, il serait milliardaire. Tu dis qu'à partir de 1997, le FFS a fait un virage politique. Il a le droit de participer aux législatives comme ton ex-parti qui t'a fait élire à la même époque. Si tu reproches au FFS d'avoir participé aux législatives de 1997, dis-moi pourquoi toi-même as-tu participé, en tant que candidat du RCD, aux mêmes élections. Dans le résumé que je viens de lire, tu reproches à Hocine Ait Ahmed d'être stalinien. Tu n'as décrit que ce qui te parait à travers un prisme déformant. Pourquoi n'as-tu pas parlé de ses interventions musclées quand il était député à la constituante? C'était le seul qui a dénoncé vigoureusement l'interdiction du Parti Communiste Algérien. C'était le seul à l'époque qui a appelé la presse internationale pour dénoncer le détention de Boudiaf par la police politique de Benbella. Je te conseille de lire le livre de Boudiaf (Où va l'Algérie) et celui de Ferhat Abbas (l'autopsie d'une guerre). Eux, je les crois car ils étaient de stémoins et des acteurs. Dans ces deux ouvrages, tu apprendras davantage sur le courage de cette personne qui ne recule devant rien pour dénoncer l'injustice et la Hogra.
Ait Mellikeche
Comment peut u affirmer qu'il
Comment peut u affirmer qu'il n'est pas milliardaire?et le secret bancaire?J la question n'est pas là où tu veux la situer? vivre à LAUSANE avec un RMI ce n'est pas possible n'est ce pas,;personne ne parle de miliiards pourquoi vouloir occulter le vrai probléme celui des partis kabyles le pour qui et le pourquoi tous ceux qui ces politiciens kabyles qui pactisent avec le pouvoir maffieu corronpu sans aucun résultat probant pour les kabyles et cedlà dans tous les domaines.ce çi dit, dis moi qui tu fréquentes je te dirais qui tu es.Ar tufat.MUHEND.
azul
Pour moi ait ahmed est resté un homme propre avec des valeurs qui sont tt de meme rares chez d autres polotiçiens soit disons oppossants sauf que là au il as niqué la situation c est conte il as fait alliançze avec les islamiste sur le contart de rome et qu il as ouvert les portes aux islamistes a pénétré la kabylie et faire leurs breches islamiste et ça ait ahmed l accosioné depuit Rome c est dommage si non le reste c est le jour au il seras mort qu on lui rendras un grand hommage et oui ça c est l histoire des kabyles vive l autonomie avent et aprés tout .
Iln'y a eu jamais d'alliance
Il n'y a eu jamais d'alliance du FFS avec qui que soit. Le contrat de Rome n'a jamais été une alliance.
Cette pseudo-alliance n'existe que dans les esprits de gens malintentionnés ou qui ne comprennent rien à la politique et à la lutte pour une démocratie véritable.
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