

Le coup d’envoi de l’édition de cette année a été donné dimanche 11 janvier en soirée, la cérémonie d’ouverture a été marquée de manière outrance par un « hommage à Ghaza et à sa population » qui faisaient l’objet de bombardement de la part d’Israël, chose qui a complètement fait oublié que nous étions à l’ouverture d’un festival dédié au cinéma amazigh.
Les journées suivantes ne seront guère meilleures tant une certaine déprogrammation planait sur tout le programme de la manifestation, ajouter à cela les interférences du conflit israélo-palestinien teinté de l’excès de panarabisme de certaines personnes qui se disent « proches » du Festival au point de vouloir en faire « une festival du cinéma tout court », comprendre l’amputé du mot « amazigh » qui la gène apparemment.
Ceci dit, à côté de cela, le public a quand même eu droit à de belles projections et à de bons films, certains en compétition et d’autres projetés en hors compétition dans de sortes de panoramas. Le cinéma iranien, pays invité d’honneur de l’édition de cette année, a eu une part belle du programme, au grand bonheur du public qui a salué le professionnalisme atteint par ce dernier.
Après visionnage, le jury présidé par le réalisateur Ali Mouzaoui, auquel ont pris part : Djouher Amhis, Kader Kada, Nedim Gürsel, Safy Boutella, Slimane Hachi, Omar Fetmouche et Jean-Paul Garcia, a décerné les Oliviers d’Or : à Ifaz Matoub (prix du film d’animation pour « Trésor d’une autre planète » ; à Alloui Amhazi (prix du meilleur court-métrage de fiction pour « Izoran » ; à Rabah Bouberas (prix du meilleur film documentaire pour « Tamurt Idourar » ; à Hafid Aït Braham (prix spécial du jury court-métrage pour « La Tour d’argent ») et enfin à Abdelkader Abdaoui (prix spécial du jury pour la musique de film « Khouya Tarek ».
A noter que le jury a décidé de ne pas décerner l’Olivier d’Or pour la catégorie long-métrage, et ce, argumente le président du jury, « dans le but d’inciter les réalisateurs de cette section à mieux s’investir dans la création cinématographique. » Le même jury n’a pas jugé utile de pénaliser et a même récompensé la diffusion du film d’animation « Trésor d’une autre planète » dans la version arabe, argumentant que le cinéma dépassait la barrière des langues et avançant que la copie en Tamazight était endommagée. Nous aurions aimé voir la réaction des membres du jury du Festival du Film Arabe d’Oran devant un film diffusé en Tamazight !
Au-delà de l’aspect compétiteur du festival, la manifestation fut surtout un espace de rencontre, d’échange, de convivialité et d’immersion dans la culture cinématographique. Il y a eu des tables rondes spécialisées (littérature et cinéma ; musique et cinéma et critique et cinéma) ; regard sur le cinéma iranien en présence de dix réalisateurs iraniens ; regard sur les films en Tamazight de l’ENTV (doublés ou réalisés) ; panorama du cinéma amazigh ; Florilège poétique multilingue en hommage à Aït Menguellet et à Kateb Yacine ; hommage à quatre grande figures féminines du cinéma Djamila Bachène, Hadjira Oulbachir, Djamila Amzal et Aicha Adjouri ; Films par le biais des cinés bus et un concours de scénarios.
Le festival a surtout été rehaussé par la participation de grands noms et de personnalité de différents horizons à l’image de Azzouz Beggag, Mohamed Bedjaoui, Nedim Guersel, Katayoon Shahabi, Jean-Pierre Garcia, Salma Chafii (Maroc), Safy Boutella, Lounis Aït Menguellet, Kamal Hamadi, Mohamed Bensalah, Rachid Bouksim.
Dans un communiqué rendu public à la fin du festival, le Commissarait du Festival annonce que « la prochaine escale, la 10ème du genre, sera la capitale du Hoggar. Le virage amorcé à Sétif, confirmé à Bel Abbès, sera sans nul doute décisif à Tamanrasset. Gageons que la prochaine édition, sera riche en films, algériens en général et d’expression amazigh en particulier, car il n’y a pas de festival sans sa raison d’être : les films. »
Kabyle.com / Synthèse









