La 4e édition du Festival de la chanson kabyle a débuté par un concert grandiose d’Aït Menguellet et une prestation remarquable de Djamel Allam. Des artistes de renom ont également assisté à ce coup d’envoi, dont Kamel Hamadi et Adelwahab Abjaoui, vedette des années trente, mais qui garde toujours bon pied bon œil, et dont la seule présence a imprimé un cachet nostalgique à la séance d’ouverture. L’empreinte de la douceur et de la nostalgie ont, en effet, marqué la séance solennelle d’inauguration, lors du passage de la chorale de cheikh Belhaddad de Seddouk, auréolée de ses nombreux titres et qui a littéralement envoûté l’auditoire. Avec un style qui emprunte à l’opéra, la troupe a donné généreusement de l'émotion, notamment dans sa reprise du grand titre du poète de la Révolution Farid Ali A yemma uretrugh !(Ma mère ne pleure pas !), qui a réussi, discrètement, à faire couler beaucoup de larmes. Le cas a valu aussi pour le titre à succès de Idir, Avava Inouva, présenté dans une nouvelle version, proche de la complainte et qui, visiblement, a suscité beaucoup d’effet. Djamel Allam, accompagné de la troupe de musiciens du théâtre, conduite par son directeur artistique, a pris le relais en égrenant quelquesunes de ses chansons fétiches, tout en restant dans le registre de l’émotion pure, d’abord en évoquant les moments de partage avec Abdelwahab et Saddek Abdjaoui au conservatoire de Béjaïa, ensuite en interprétant quelques titres coup de cœur qui ont marqué le répertoire national d’avant l’indépendance mais qui gardent encore intact leur succès. C’est le cas de A bel yazitou Elbabor, une complainte sur l’exil, chantée à l’origine par Rachid Maouche. Le moment fut très poignant et a permis à l’auditoire de redécouvrir de douces sonorités, de bons textes et un répertoire ancien qui n’a pas pris une seule ride. C’est sur l’esplanade de la maison de la Culture, dans le quartier d’Amriou, que Aït- Menguellet a prolongé cette ambiance. Devant des milliers de spectateurs, dont la plupart était debout, le poète a décliné ses titres les plus en vue, au grand bonheur de ses fans, qui le lui ont rendu par d’interminables ovations. Le festival, qualificatif au Festival de la chanson amazighe, prévu à Tamanrasset en décembre prochain, est une compétition ouverte aux jeunes talents, qui durant cinq jours vont pouvoir donner libre cours à leur talent, mais aussi trouver l’opportunité de se produire devant un large public et de grands noms, voire des stars de la chanson. Un plateau de plus de 100 artistes y est regroupé, répartis sur près d’une vingtaine d’espaces d’animation à travers la wilaya. En marge du festival, sont programmés un colloque sur la chanson théâtralisée, des expositions et des conférences de presse en présence de vedettes sur des thèmes précis, parmi lesquelles figurent Malika Domrane, El- Ghazi, Kaci Boussad, Madjid Soula, Djamel Allam, Tagrawla et Brahim Tayeb. Plusieurs wilayas participent à cette rencontre : Alger, Tizi-Ouzou, Boumerdès, Jijel, Bouira, Béjaïa, Sétif et Bordj-Bou- Arréridj.

