26 Mai 2012
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Décès de Cherif Kheddam, le dernier grand maître de la chanson kabyle

lun, 2012-01-23 16:46 -- Stéphane Arrami

Nous avons appris avec une grande tristesse le décès du compositeur et poète kabyle Cherif KHEDDAM, ce lundi 23 janvier 2012.

Cherif KHEDDAM s'est éteint à l'âge de 85 ans à Paris des suites d'une longue maladie.

La rédaction de Kabyle.com présente ses sincères condoléances à la famille du dernier grand maître de la chanson kabyle.

Biographie

L’auteur, compositeur et interprète est né le 1er janvier 1927 à Ath Bou Messaoud, un village situé à Ferhounène dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Son père l’envoie d’abord à l’école française qui se trouve à 17 km de son village puis chez Cheikh Oubelkacem de la zaouïa de Boudjelil à Tazmalt dans la wilaya de Béjaia où il suit son cours coranique jusqu’en 1942.

Il regagne Alger pour y travailler comme journalier à l’âge de 12 ans pendant trois ans puis part en France en 1947 et s’installe à Saint-Denis puis à Epinay.

Il travaille dans une fonderie puis dans une entreprise de peinture de 1947 à 1961 en prenant en parallèle des cours de solfège. Il apprend les bases de la musique orientale avec Mohamed Jamoussi et développe sa technique musicale grâce aux cours du professeur Fernand Lamy.

Il commence à jouer au sein d’une troupe de musiciens dans des cafés dès 1954 en tant que chanteur.

Il enregistre sa première chanson « A Yellis N’tmurtiw » qu’il compose en 1955 qui connait un certain succès grâce la diffusion du disque par la Radio-Télévision Française (RTF) et signe un contrat avec la maison Pathé-Marconi EMI en 1956. Chérif Kheddam enregistre durant l’année 1958 ses plus belles chansons comme Nadia, Djurdjura et Khir Ajellav n’Tmurtiw.

Il chante la femme kabyle, l’exil, les montagnes de Djurdjura, l’indépendance et l’amour dans une poésie subtile et sensible tout en affirmant que pour lui la musique reste plus importante que les paroles.

Il compose « Alemri », un bijou musical et poétique qui devient l’une de ses célèbres œuvres éternelles. Il rentre en Algérie en 1963 et rejoint la radio Chaîne II où il anime plusieurs émissions notamment Ighennayen Uzekka dans laquelle il déniche les nouveaux talents de la chanson kabyle en les conseillant et encourageant dans le choix de leur voix artistique comme Lounis Aït Menguelet, Idir, Ferhat Mehenni (Imazighen Imula) et le groupe Yougourten.

Il est derrière la création de la chorale du lycée Fatma-N’soumer et la célèbre chanteuse kabyle Malika Domrane fait partie de l’une des chorales lycéennes qui ont reprit cette idée.

Chérif Kheddam prend sa retraite administrative en 1988 et s’installe dans la ville de Rouiba.

En 1995, Chérif Kheddam revient en France.

En 2010 il fête ses 50 ans de carrière et sort deux CD et un DVD se produit en concert à la Coupole et au Zénith.

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