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Qu’inscriront leurs martyrs sur le mur avec leur sang en rendant l’âme ?

sam, 2011-10-22 13:15 -- Samia Ait Tahar
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Le peuple algérien veut-il le changement ? se demandait mon collègue Rabar Benamghar dans le précédent éditorial. Bien entendu, devant les difficultés de la vie du citoyen algérien au quotidien, un appareil bureaucratique concu pour rendre sa vie infernale, les inégalités honteuses qui caractérisent le pays et l’insupportable arrogance avec laquelle s’affiche le régime algérien, nous sommes tentés de répondre par l’affirmative. C’est malgré la population qu’il gouverne que le pouvoir sévit, peut-on penser intuitivement. Elle, se sent opprimée et trahie par lui et le rejette, naturellement. Ce discours est en particulier celui des partis progressistes classiques ; la dernière occasion où il a encore été ressassé est celle des tentatives de manifestations de la CNDC.

Le peuple algérien veut-il le changement ? se demandait mon collègue Rabar Benamghar dans le précédent éditorial. Bien entendu, devant les difficultés de la vie du citoyen algérien au quotidien, un appareil bureaucratique concu pour rendre sa vie infernale, les inégalités honteuses qui caractérisent le pays et l’insupportable arrogance avec laquelle s’affiche le régime algérien, nous sommes tentés de répondre par l’affirmative. C’est malgré la population qu’il gouverne que le pouvoir sévit, peut-on penser intuitivement. Elle, se sent opprimée et trahie par lui et le rejette, naturellement. Ce discours est en particulier celui des partis progressistes classiques ; la dernière occasion où il a encore été ressassé est celle des tentatives de manifestations de la CNDC.

Pourtant, force est de constater que notre bon sens s’écrase sur une réalité qui le fait voler en mille morceaux.  L’Histoire est toujours faite par son peuple, et c’est aussi vrai dans le sens du changement que dans le sens de la stagnation. Lorsqu’un peuple veut le changement, le changement vient, quelque soit le degré de difficulté de la situation affrontée. On a vu l’Algérie déclarer et gagner une guerre contre la France, les vietnamiens donner une raclée à l’armée américaine, les sandinistes déloger Somoza, Cuba faire plier bagage à Batista, les français couper la tête d’Henri XVI. Plus récemment, les tunisiens en ont fini avec Ben Ali et les égyptiens avec l’un des tyrans les mieux protégés des pays arabes. Si la population algérienne dans sa globalité voulait le changement, on voit difficilement pourquoi et comment le régime aurait survécu à « tous les bouleversements qui ont secoué la planète », pour encore reprendre Rabah.

Si les exemplifications ci-dessus ne suffisent pas à convaincre que la population algérienne soutient le régime, on peut tenter l’exercice suivant : écrire une liste de tous les soulèvements algériens depuis 1962. Hors mis Octobre 88, qui portait la revendication de cesse du parti unique, et qui en réalité n’a été que qu’une réplique des révoltes kabyles de 80 et de 85, la population algérienne n’a à son actif aucune expression de refus du système. Refus du système, car c’est de cela qu’il s’agit -dans une analyse sérieuse- et non pas d’émeutes provoquées par la cherté de la semoule ou l’injustice dans la répartition des logements sociaux.

Dans leur aliénation identitaire et culturelle, le seul changement que les algériens globalement ont su formuler, est celui de l’islamisme. La première fois qu’ils l’ont exprimé, en votant massivement pour le FIS en 91, le régime a été bousculé pendant quelques années. Mais rapidement, il a su neutraliser le danger-ennemi islamiste et transformer cette « alternative » en l’un de ses piliers. Dès lors, les arabisés ne veulent pas de changement, puisque le pouvoir incarne très bien les valeurs islamo-obscurantistes qui les intéressent. Même si un jour les islamistes arrivent à revenir sur l’échiquier politique comme alternative, c'est-à-dire un projet politique d’opposition, l’islamisme reste l’unique changement que les algériens veulent, le seul pour lequel ils peuvent se battre et mourir. Et en rendant l’âme, il n’est pas sur que ce soit « Liberté » que nos compatriotes inscriront avec leur sang sur le mur, mais peut-être « allah akbar», référence faite au martyre de 2001 tombé à Yakourène bien entendu. Dans tous les cas, c’est leur choix et il doit être respecté.

Le Peuple Kabyle se démarque encore de ce contexte. Jusqu’en 2001, nous n’avons cessé de clamer notre refus du système, au prix de la torture, la prison et la persécution. Et c’était un désir de changement réel qui nous animait. Depuis Adef et  les FOB, aux MCBs, en passant par le RCD et le FFS, nous des dizaines d’organisations ont travaillé sans répit pour une lutte nationale qui en terminerait avec ce régime. Mais la population algérienne nous a posé un lapin pour tous ces rendez-vous. L’occasion manquée la plus décevante et la plus blessante, mais aussi la plus claire, est le rejet des algérois de la gigantesque manif du 14 juin 2001. Là a été peut-être notre plus grave erreur : projeter nos désirs de liberté de dignité sur les autres Algériens au lieu de modestement les observer et comprendre ce qui les anime.

Mais finalement, le changement que veut la Kabylie, et elle seule, le projet d’une société républicaine, égalitaire, laïque, qu’elle a défendu comme une lionne depuis 1963, le veut-elle encore ? L’incompétence de son leadership ou sa trahison, en 2001, avec l’essoufflement  qu’il a provoqué chez nous, laissera-t-il place à un renouveau contestataire bientôt ? Et dans le cas où l’affrontement kabyle reprendra avec le régime, quelle forme notre combat devra-t-il prendre ?

Samia Ait Tahar.

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Commentaires

Soumis par Amoqran (non vérifié) le

Comme par le passé, les mouvements de protestation commencent dans les Universités. C’est là que la fronde «révolutionnaire» doit être organisée pour l’arrimer aux exemples Tunisiens, Egyptiens, Syriens… pour renverser la DICTAURE MILITAIRE au pouvoir depuis 50 ans. Car chaque pays a ses traditions de lutte, d’organisation de la contestation, donc les endroits précis, les symboliques respectives, les sloganations porteuses, les mots d’ordre rassembleurs, les dynamiques unitaires, la mécanique catalysatrice, etc. Comme chaque pays a son «imaginaire national» construit au fil de l’histoire longue …..

Les peuples ci-haut cités étaient unis contre l’ ENNEMI COMMUN: le Régime militaire. Chez nous, les Maitres du DRS ont réussi la «division totale», la preuve est que ça ne bouge pas bien que le SEUIL d’INTOLERABLE est dépassé en tous points: les Généraux ont perpétré toutes sortes de crimes, massacres, assassinats, kidnappings, rapts, et infligé plus de 250 000 morts, 20 000 disparus, 40 000 veuves, 35000 orphelins, 900 000 exilés, XXX 000 de dégâts matériels, etc., etc.

Bien sur, il n’y a rien à attendre des alliés des Généraux, de même des extrémistes de tous bords. On l’a bien vu avec le fiasco des manifestations d’Alger. Donc, d’abord faire en sorte que les extrémistes et alliés du Régime militaro-mafieux soient isolés, car ils exercent un «effet repoussoir, dissuasif», la population ne les suivra pas. Nous avons eu la preuve le 12 , 19 & 26 Février! La population ne suivra pas les faux-opposants et pseudos-démocrates dont les micro-partis sont nés « avant termes » dans les Laboratoires du DRS, alias la Gestapo locale. Ces ponce-pilâtes sont « allés très loin dans la compromission avec le Pouvoir militaire » qui les ont sponsorisés, propulsés et mis au devant de la scène politique et médiatique…

Il faut absolument que l’Opposition oppositionnelle organise une rencontre (à l’étranger s’il le faut), au plus vite, pour sauver le pays, donc enclencher le « mouvement révolutionnaire » pour parvenir à la chute des Généraux criminels et sanguinaires qui règnent sans partage, par la force répressive, les manipulations, les provocations, les massacres de masse , les assassinats politiques et autres crimes contre l’humanité…..

Il faut faire un appel ici même, trouver la formule appropriée, le déclic, le déclencheur.

Alors, trouvons quelque chose qui pourra nous unir pour déclencher ensemble le mouvement tant attendu. Il y’a une telle frustration aux sein des masses que ça ne peut durer…. Marches, sit-in, meetings, rencontres, toutes les formes de luttes nécessaires. Une pression internationale pour obtenir le “gel des avoirs des Généraux”, l’interdiction de voyager, l’embargo sur les armes et les survols aériens, etc.,etc., mettre la pression maximale sur les Généraux harkis et traitres qui tuent le pays et sa population pendant des décennies déjà.

Le Pouvoir repose sur un «trépied» : la Police politique, l’Armée de régime, les Clans rivaux. C’est tout ça qui doit dégager . Le Régime en général et en particulier, la face apparente (Présidence-Gouvernement) et la face cachée (Police politique), l’ex-MALG(Boutef-Zerhouni) et le néo-MALG/DRS (Mediène-Djebbar ), les Organes de répression en général, tous les Clans…

Soumis par Anonyme (non vérifié) le

Voilà où ira l'Algérie..

Il faut être franchement naïf pour croire qu’un parti se référant ouvertement à la religion se présente aux élections, seulement pour gouverner et non pour appliquer ses idées de nature religieuse.

Quel serait son intérêt ?

Sur le statut de la femme, par exemple, aucun de ces partis ne prône ni dans son programme ni dans le discours le renoncement à la polygamie ou le renoncement à la répudiation. La femme reste fondamentalement une non-citoyenne. La démocratie à laquelle les islamistes maghrébins et arabes se réfèrent n’en est pas une car elle comportera nécessairement des limites aux libertés individuelles et, partant, ouvrira grand le champ politique aux religieux les plus extrémistes.

Qui plus est, l’Occident, que certains démocrates ne cessent d’interpeller, acceptera au nom du droit à la différence culturelle, voire au nom à la différence de civilisation, ce concept fumeux inventé pour faire avaler n’importe quoi aux peuples dominés, l’arrivée au pouvoir de partis islamistes dit modérés ! En vérité, à défaut de modèle turc, ce sera plutôt un modèle fondamentalement réactionnaire et conservateur, celui inspiré et porté par la mouvance des Frères musulmans, un modèle éloigné seulement dans la forme du wahhabisme salafiste. A ceux qui ont oublié le discours du Caire deBarack Obama en juin 2009, rappelons que le projet islamiste, comme alternative aux régimes en place, est inscrit dans la stratégie américaine.

C’est cela que préconisent les Etats-Unis pour les pays arabes et maghrébins parce que selon les stratèges de Washington, grâce à l’appui politico-financier des monarchies du Golfe, des régimes arabes stabilisés par des islamistes dociles, sachant concilier l’Islam et les affaires, sauront préserver l’équilibre régional nécessaire à la sécurité d’Israël. Formulé ainsi, cela paraît énorme, mais c’est malheureusement vrai. Sinon comment interpréter cette soudaine sympathie envers l’islam politique, défendu publiquement par le chef de la diplomatie française Alain Juppé ?
H. Z.

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