Les problèmes vécus par la Kabylie sont d’une telle ampleur et d’une telle fréquence que certains dysfonctionnements de notre société ne sont même plus relevés. C’est particulièrement le cas lorsque leurs conséquences ne sont pas immédiates ou difficiles à identifier.

Photographie Madjid SERRAH Kabyle.com Tous droits réservés.
La qualité de l’activité préscolaire correspond précisément à l’un des domaines qui inquiètent le moins nos politiciens et même nos compatriotes. La recherche psycho-cognitive a pourtant démontré que c’est pendant les des premières années de la vie que se développe la personnalité. La créativité, la structure et le sens de l’initiative seraient largement stimulées ou inhibées en fonction de l’attention pédagogique rencontrée dans la petite enfance. Sur le plan collectif, c’est durant cette période que les enfants se sociabilisent, c'est-à-dire qu’ils deviennent des individus capables de coexister, d’interagir et de composer avec leur entourage. Et c’est aussi dans la petite enfance que l’enfant hérite de son identité culturelle collective. La performance de l’activité pédagogique préscolaire devrait être un domaine prioritaire pour la société.
Or la situation dans les crèches de Tizi est loin d’être reluisante. Les tatas sensées encadrer le délicat processus de développement mental des enfants n’ont le plus souvent pas de formation pédagogique. Les crèches étant des initiatives strictement privées, c’est la recherche du profit maximal qui anime l’activité. Du coup les classes sont souvent surchargées, les tatas mal payées, les frais -repas, loyer- minimisés. Le paradoxe est que les frais mensuels sont exorbitants pour les parents, allant jusqu’à 4 500 DA par enfant gardé. Les locaux qui servent de cadre pour l’activité sont presque toujours inappropriés, les enfants sont confinés dans des appartements, sans accès à un jardin ni à un parc. L’activité physique est absente de la quasi-totalité des crèches ; et lorsque l’on dispose d’une terrasse, on préfère encore minimiser les efforts et laisser les enfants devant la télé. Quand au processus d’alphabétisation des enfants, il se fait strictement dans des langues étrangères –arabe ou francais-. Nous les kabyles vivons depuis très petits une discontinuité identitaire, les crèches transmettent des cultures –des langues, chansons, coutumes et références- qui nous sont étrangères. D’ailleurs, La frénésie de faire des enfants des bilingues ou des trilingues dés l’âge de trois ans relèverait plutôt du complexe que d’une ambition aux bénéfices pédagogiques constatés. Les premières années de la vie de l’individu sont les années de construction de la personnalité par l’assimilation de sa culture (à travers les outils culturels tels que la langue). Ce n’est pas l’introduction aux cultures étrangères qui est à l’ordre du jour. Il se pourrait bien que l’interférence de ces cultures soit plutôt perturbatrice et contre-productive du point de vue du développement personnel pour nos enfants. En d’autres mots, les enfants qui parlent trois langues très tôt jouiront des bénéfices cognitifs certains du trilinguisme précoce. Mais sur le plan identitaire, et donc personnel, ils seront probablement moins bien définis que les enfants qui ont élevé exclusivement dans la kabylité linguistique et culturelle.
Si nous voulons former des individus qui dès leur jeune âge sont surs d’eux, curieux, capables et critiques, bien définis sur le plan culturel et identitaire, c’est donc une toute autre crèche que nous devons construire: une crèche où l’on renforce la langue maternelle kabyle, où tout le patrimoine kabyle sert de support au processus du développement mental. Une crèche dont la qualité de la pédagogie préscolaire sera améliorée par le fait qu’une tata gardera cinq enfants au lieu de quinze, où elle gagnera 25 000 DA au lieu de 12 000 DA. Une crèche où ne clouera pas les enfants devant la télé « pour qu’ils cessent de bouger » et qui au contraire stimulera l’activité physique que les petits recherchent tant, eux qui n’ont même pas accès à un parc de jeux dans la ville de Tizi. C’est le développement physique et moteur qui précède le développement psychologique. Ce qu’il faut aux enfants c’est une crèche où ils vivront leur enfance, où ils pourront sauter, courir, se rouler, s’enivrer sur la balançoire, glisser sur le toboggan, grimper, bref, où ils se dépenseront physiquement pendant des années. Leur équilibre ne sera garanti que dans une crèche qui leur donnera la liberté de faire d’abord cela.
On nous prendra surement pour des rêveurs ou des utopistes, mais c’est toujours ainsi que le changement commence: en identifiant les problèmes et en leur imaginant des solutions. C’est d’ailleurs uniquement ainsi que l’on pourra former des individus capables et libres, pour construire la Kabylie émancipée de demain.
Samia Ait Tahar


Commentaires
Quelle crèche pour une Kabylie émancipée?
Impossible a repondre a cette question quand les Kabyles ne controllent ni leur present, ni leur espace de vie, ni leur destination and consequemment leur memoire collective, Enfin, Jusqu'a ce moment les meilleurs creches sont celles des enceintes familiales
logique ,rien à attendre sous le pouvoir arabo-izanique
Tant qu'un état kabyle n'existera pas .inutile de blablater...
La Kabylie vit sous occupation...toutes les dérives ne tariront pas de si tôt.
Aux kabyles de prendre leurr destin en mains s'il veulent voire un jour se réaliser leur idéaux.
DIASPORA
J'ai toujours dit que tant que la dispora Kabyle ne joue pas son, la Kabylité et la kabylie cesseront d'exister dans un avenir tres proche. Il faut un fonds d'aide pour la Kabylie auquel la dispora kabyle contribuera, ceci permettra justement de répondre à ce genre de besoin. L'état algérien est entrain de tout faire pour detruire cette région et il est temps pour nous d'assumer nos responsabilités. L'histoire nous jugera...
Excusez moi, mais c'est quoi
Excusez moi, mais c'est quoi cette phrase: c'est tout petit, déjà, qu'on devient kabyle?!!! Comment ça ? Parles-tu des enfants arabophones ou francophones? Ou quoi ? On ne le devient pas quand on est né kabyle mon cher ami. Pour Lounès: être combattant c’est le fait de naitre kabyle. Donc même combattant on ne le devient pas. La kabylité et le combat, se sont des choses qui naissent en nous et qui grandisse avec nous. Amzighement votre. <?xml:namespace prefix = o />
Ughalet-d sabrid a tarwa n tkellax !
Nous ne ce comps ne comprenons pas votrre phrase monsieur le redacteur de cet article. Je partage le point de vu de notre compatriote . Pourquoi ce mot petit parcequr qu'on est pas arabe? C'est celon le nombre d'habitant que compte le pays. Regardez Israel, sont-ils plus nombreux que les millions de bedoins arabophones? Les Juifs minoritaire dans un océan d arabes, ils brillent de milles feux. Et vous vous attendez qu'ils vous rejoignent tles assimileés aux bédoins tous ces rénégats, ces dégénées, qui ont perdu leur personnalité et vendu leur âme au diable, pour un e place au paradis des arabe?
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