Sur les décombres de la plage familiale naguère réputée pour être une perle côtière de la contrée balnéaire de Tigzirt s/mer, se dresse désormais un bijou d’une rare beauté architecturale. Ce bijou nommé communément « le port » s’impose comme une oasis grouillante au milieu d’un désert à vous faire oublier le massacre causé à dame nature. Désormais ce lieu unique en son genre en Algérie, si ce n’est dans tout le Maghreb, attire les foules en été comme en hivers. De nuit comme de jour. Ce lieu destiné au début à la plaisance et la pêche est devenu une destination touristique de choix. C’est une opportunité inattendue pour le développement du tourisme au niveau local.

Port de Tigzirt - Août 2011 Benamghar Rabah - Kabyle.com D.R.
Les quelques voix qui se sont élevées pour bloquer la réalisation de ce projet ont fini par accepter, la mort dans l’âme, l’arrivée de ce beau bébé « écologico-touristique ». La région a besoin de ce poumon touristique pour éviter son étouffement. Il était grand temps.
Il est vrai que tigzirt souffre de l’absence de lieux de détente, c’est pourquoi cette structure arrive comme une bouffée d’oxygène tant la ville est ravagée par le béton et ces constructions anarchiques qui ont bouffés tout les espaces vitaux. Le spectacle est moche. La ville suffoque.
Durant les nuits ramadhanesques, l’espace ne désemplit pas. En effet sitôt la nuit tombée et le jeûne rompu, des familles entières prennent d’assaut ce havre lumineux où les exhalations de la mer se frottent à la fraicheur de la forêt voisine du « MIZRANA »pour former une symbiose d’arômes enivrants qui ne tolèrent pas l’indifférence. Cette structure est désormais un lieu de pèlerinage privilégié où vieux et jeunes, femmes et hommes se rencontrent dans une ambiance quasi familiale pour d’interminables palabres et causeries en tous genres. Les commérages durent jusqu’à l’heure du « s’hour ». Conjuguées au brouhaha des noctambules, le clapotement de ressacs incessants, fouettant les digues en béton, ressemble à des sérénades envoutantes. La lumière florissante donne l’image d’un kaléidoscope en folie. De nuit, cet ensemble panoramique ressemble à une constellation d’étoiles lumineuses.
La sérénité et la sécurité sont assurées par des agents de l’EGPP ainsi que les services de la police locale avec une discrétion remarquée comme pour ne pas gâcher l’atmosphère festive qui y règne. Il faut dire qu’il n’y a pas de comportements de nature à perturber la quiétude des gens nécessitant l’intervention des agents de l’ordre. Il y a comme un code d’honneur et de bonne conduite acceptés par tous. C’est vrai que pendant ce mois du ramadhan, les gens qui viennent des autres régions sont presque tous rentrés chez eux. Carême oblige. C’est tout naturellement que les autochtones se retrouvent chez eux. C’est avec un grand plaisir qu’ils se réapproprient cet espace submergé par des vacanciers de tout horizon. Des bagarres souvent juvéniles sporadiques sont signalées de temps à autres. ca reste dans les limites de l’acceptable.
Les petits enfants font de ce jardin artificiel féerique une destination préférée. Les vacances scolaires étant là, Les parents n’osent plus contrarier les demandes pressantes des bambins pour des veillées familiales. En plus de s’adonner à des activités ludiques au milieu d’un espace aménagé à cet effet, les enfants se font prendre en photo avec un fantastique poney tirant une calèche soyeuse. Entte temps, les parents prennent plaisir, attablés en plein air, à siroter des boissons fraiches servies dans l’unique cafeteria érigée au milieu de l’édifice comme une œuvre d’art. À l’image du locataire, le sourire ne quitte jamais les serveurs de cette buvette.
Des familles s’y attablent pour longtemps savourant pleinement la beauté du site. Elles « tombent facilement amoureuses » de ce lieu que des muses poétiques survolent inlassablement pour mieux inspirer les amoureux du verbe.
Durant toute l’année, on peut dire que le port de Tigzirt a ravi la vedette aux ruines romaines. C’est devenu la carte postale fétiche de cette coquette ville qui a failli sombrer dans la monotonie et le vide vital. Tigzirt d’antan était devenue méconnaissable.
Là où vous vous y rendez dans la petite ville, vous êtes pratiquement sur de voir accrocher au mur la photo -comme une icône-de cet ouvrage romantique. Grace au génie de ces concepteurs, en l’occurrence le bureau d’études et d’architecture du jeune prodige « Acherfouche Mohammed » la ville respire mieux. Elle a réussi à se donner une chance d’exister sur le plan touristique et économique.
Le seul point noir qui doit d’être signaler est l’absence de l’ombre. Pendant les journées ensoleillées, les pauses se font sous un soleil de plomb. La plantation d’arbres ornementaux capables de pousser dans cette zone maritime est plus que nécessaire. Aussi pourrons- nous signaler cette année une gestion plus calme des entrées et sorties à ce lieu. L’entrée devient payante. Du coup les gardiens du temple sont plus aimables. Durant les années précédentes pour pénétrer a l’intérieur du port, il fallait avoir les bonnes grâces de certains préposés à l’entrée. On pouvait même les accuser de « délit de faciès » au risque d’égratigner la sensibilité d’une majorité d’entre eux qui étaient vraiment aimables et chaleureux. La barrière montait selon le visage au volant. Pourquoi un parking spacieux, une cafeteria et des étals de poissonniers si l’accès n’était ni toléré ni interdit, c’est selon…, aux automobilistes visiteurs de ce site paradisiaque. Combien de fois n’avait-t-on pas entendu des gens dire : « pourquoi laisser ma voiture dehors alors que le parking est vide et en plus c’est pour dépenser de l’argent ». Nous nous permettons de dire aux responsables concernés que le développement du tourisme doit être une affaire de professionnels, sinon la destruction de la sublimissime plage familiale n’aura servi à rien. nous tenons à rappeler que le port de Tigzirt, malgré sa destination initiale est devenu un édifice touristique.
C’est pour cette raison qu’une formation doit être dispensée aux agents qui sont en contact permanent avec le public. C’est à ce prix que tigzirt sortira de la morosité. EGPP doit être partie prenante. Tant pis pour les entrées payantes si cela permettra à tout un chacun d’accéder au parc sans sélection.
Benamghar Rabah



Port de Tigzirt - Août 2011 Benamghar Rabah - Kabyle.com D.R.


Commentaires
on peut dire que le port de
on peut dire que le port de Tigzirt a ravi la vedette aux ruines romaines.
Pages
Ajouter un commentaire