Sur le chemin qui mène au centre culturel de la commune des iflissen et avant même l’arrivée sur le lieu, on se rend compte que quelque chose de festif et convivial nous attend. En effet une procession humaine interminable se dirige vers ce lieu. De jeunes filles, de vieilles femmes, toutes vêtues de très belles robes kabyles aux couleurs vives, armées de mines joviales, hâtent le pas pour arriver vers ce lieu afin de célébrer Yennayer. Comme chaque année et à travers toute la Kabylie, ce jour du 12 janvier, coïncidant avec le jour de l’an amazigh est sacré et y fêté de la plus belle manière. Sur les lieux, un ballet de va-et- vient de jeunes anime les abords du centre culturel. Une équipe de Mizrana- production est déjà sur place, elle s’affaire à immortaliser l’événement par l’image.
Pour satisfaire les visiteurs, la dynamique équipe qui gère l’établissement a concocté un riche programme digne de cet événement que la Kabylie tente d’imposer au pouvoir central comme un repère historique et culturel indissociable de la nation algérienne. D’ailleurs les amazighs ne comprennent pas pourquoi le jour de l’an Hégire et le jour de l’an universel sont reconnus, chômés et payés alors que Yennayer ne l’est pas à ce jour.
Pour Mr Aouine Mohand, responsable du centre culturel, la date est doublement symbolique : « politiquement elle donne vie à une culture qui plonge dans les abysses de l’histoire jusqu'à l’aube des temps anciens. Cette date nous rappelle que l’amazigh « chachnaq » a régné sur l’Egypte des pharaons. Sur le plan culturel, la date sert de lien aux générations actuelles avec l’histoire »
Malgré ce déni identitaire, la Kabylie rebelle et récalcitrante ne travaille pas ce jour depuis des lustres. En effet, en ce premier jour de l’an amazigh, avec un temps printanier inattendu, la quasi-totalité des administrations publiques et les écoles ont baissé rideaux.
« Pour les tenants de « l’unicisme » et du jacobinisme, Yennayer est une preuve cinglante de la résistance plusieurs fois millénaire de notre culture » nous dit en substance Mr Ança Salah. Et d’ajouter : « Yennayer a survécu à trente siècles d’occupations multiples, il ne peut disparaitre aujourd’hui. Nous ne devons pas renoncer à sa réappropriation »
A la conférence sur la date symbolique de Yennayer qui s’était passée la veille (11/01/2012) animée par le responsable du centre Mr Aouine Mohand et Mr Salah Ança, infatigables animateurs d’événements culturels, s’ajoutent des expositions en tous genres. La veille, les deux conférenciers ont tenté chacun de son coté de transmettre le message de yennayer à des collégiens venus spécialement du collège qui jouxte le centre cultuel.
La robe kabyle y occupe la part du lion dans les stands. A la question de connaitre la signification de la robe kabyle pour les exposantes, Madame Amirouche Samia et Melle Tiza nous disent : « la robe kabyle n’est pas seulement un habit traditionnel mais une identité qui nous différencie des autres tenues vestimentaires du monde entier. La robe kabyle nous vêtit, nous rend belles et nous procure respect et considération des autres cultures. Elle n’existe nulle part ailleurs ; nous en sommes fières »
Benamghar Rabah

Photographie Rabah BENAMGHAR Kabyle.com D.R.

Ajouter un commentaire