Voir la version complète : Tamazight: Langue phonétique ou langue Phonologique ?
Azul fellawen s-umata
Avant de commencer la description de Tamaziγt, j'aimerais porter à votre connaissance certaines définitions usuelles tirées du jargon des linguistes et grammairiens.
Le Larousse nous apprend ceci :
PHONETIQUE: n.f. Qui concerne les sons du langage. Ecriture phonétique: ou' les signes graphiques correspondent à des sons du langage.
PHONOLOGIQUE: N.f. Qui concerne les "systèmes de sons" ou règles qui les déterminent dans telle ou telle langue naturelle.
PHONEME: Ling. Elément sonore de telle ou telle langue se définissant pas ses propriétés distinctives.
MORPHEME: Ling. Le pus petit élément significatif réalisé dans un énoncé.
ACCENT TONIQUE: Prononciation particulière.
PARADIGME: N.m. Ling. Ensemble des formes diverses appartenant au même mot. Ensemble des unités qui peuvent être substituées les unes aux autres dans un contexte donné
Faut préciser une remarque importante: Il m'est arrivé de parler de Tamaziγt comme étant une "langue phonétiques", je m'excuse auprès de nos amis. Il n'y a pas longtemps , à l'université de Tizi-ouzou, département de langue et culture Amaziγ, j'ai pu récupérer nombre de documents relatifs à la grammaire Amaziγ.
A la lecture d'une contribution de M.RABHI de béjaïa, j'ai maintenant compris mieux les motivations de ce linguiste appelé : Lahsène BAHBOUH.
M. RABHI, a donc apporté sa contribution matérialisée sous forme d'une critique d'un Dictionnaire que venait de publier TAGUEMOUNT.A. Ce dernier qui n'est ni linguiste ni grammairien reprit, implicitement, les règles grammaticales mises au point par LAHSENE.
Donc le débat tourne actuellement sur le pourquoi du choix du latin et les critiques dont il est cible. Avant d'aller plus loin, j'aimerai vous faire savoir que garces au travail gigantesque de S.CHAKER dans ce domaine et qui constitue une continuation de celui de M.MAAMMERI, la transcription de Tamaziγt est passée de celle de PHONETIQUE à celle de PHONOLOGIQUE (la différence est de taille)
Nous considérons Tamaziγt comme étant phonétique par référence à BOULIFA qui fût le premier à avoir écrit en Kabyle. Faute de grammaire adéquate, il dût servir de la phonétique pour s'y prendre. Pour illustre ce fait, nous pouvons lire dans l'un de ses écrits : "AKHAM BBAGHZEN" (la maison du monstre), plus tard, cette transcription évolua, nous en sommes arrivés, grâce à Mammeri, à écrire : AXXAM N WAγZEN.
Dans une illustre contribution paru dans "IZEN AMAZIγ"**, Mr: RABHI.A. qui est un enseignant de Linguistiques Amaziγ à l'université de Béjaïa, concernant la transcription moderne de Tamaziγt il nous apprend ceci, je cites:
La notation usuelle en vigueur actuellement, qui fait consensus dans les milieux universitaires et associatifs est, à quelques cas rares prés, PHONOLOGIQUE.
Il n'est as inutiles de rappeler que, par opposition à la phonétique qui est "l'inventaire exhaustif" des sons émis dans le cadre de la parole (étude acoustique), la Phonologie, elle est l'examen des "Phonèmes", ceux-ci étant les sons qui jouent un rôle dans la langue, les sons fonctionnels, c.-à-d. ceux qui définissent les paires minimales d'opposition. Je ne rentrerai pas dans les détails du système phonologique Amaziγ; mais je dirai d'emblée que , contrairement à ce qui se passe dans certaines langues, l'accent tonique n'est pas pertinent en Tamaziγt.
La "labialisation", la "spirantisation" et "l'affrication" sont des phénomènes évolutifs de certains phonèmes dans beaucoup de parlers Amazi.Mais ces phénomènes sont sans aucune incidence sur le sens des mots et n'affectent donc pas la compréhension : ce sont des phénomènes phonétiques.
Je reviendrai en détail sur ces particules grammaticales.
A quelle famille appartient Tamaziγt??
M. BAHBOUH, dans le site ISEGH.COM définit la langue Amaziγ comme apparentant à la famille des langues "Germaniques".
Quelle erreur !! Il induit en erreur bon nombres de lecteurs, sans donner des preuves de ce qu'il avance ou ce que j'appelle "grossièreté grammaticale".
M. RABHI nous apprend que le détachement de la langue Amaziγ est très ancien et est antérieur à la formations des branches "Germaniques" et "Chamito-sémitique". Cette derniére (chamito-sémitique) a donné naissance à des langues comme le phénicien, l'araméen, l'hébreu et l'arabe.
L'hypothèse de l'apparentement de la langue Amaziγ à la grande famille des langues Chamito-sémitiques n'est pas fortuite et n'est nullement fondée sur le lexique: Elle est fondée sur la grammaire, c-à-d sur ce qu'on appelle les "Paradigmes fermés" (monèmes grammaticaux). Et à ce sujet, je renvoie le lecteur aux travaux de CHAKER et COHEN.
Bibliographie:
1/Achab, R. La néologie lexicale berbère (1945-1995). 1996
2/Achab, R. Langue berbère: introduction à la notation usuelle en caractères latins. 1998.
3/Achab, R. Langue berbère: introduction à la notation usuelle en caractères latins.
3/Chaker, S. Linguistique berbère. Etudes de syntaxe et de diachronie. 1995
4/Chaker, S. Manuel de linguistique berbère I. 1990
5/Chaker, S. Manuel de linguistique berbère II. 1990
6/Chaker, S. Manuel de linguistique berbère: II-Syntaxe et diachronie. 1996.
7/Cohen, D. Etudes de linguistique sémitique et arabe. 1970 .
8/Cohen, D. L'aspect verbal. 1989 .
6/Cohen, D. La phrase nominale et l'évolution du système verbal en sémitique. Etudes de syntaxe historique. 1984 .
Azul tikelt nnid'en
GRAMMAIRE: N.f. Etude d'une langue, du point de vue de la morphologie et de la syntaxe.
LINGUISTIQUE: N.f. Science qui étudie le langage et les langues. Adj. Qui concerne la langue comme moyen de communication.
Grammairien, Linguiste: nos amis y voient une différence de taille!. Certains les décrivent comme étant antinomique.
Il est e notoriété publique de parler et d'évoquer nos Linguistes, cela n'exclut pas le fait qu'il peuvent être Grammairiens. Je me demande ou peut se situer le problème entre linguiste et grammairien?
A défaut de grammairiens Kabyles, les linguistes sont tout à fait habiletés pour nous parler de la syntaxe et de la grammaire en général. Ce sont des spécialistes dans la langue après tout. Je ne spéculerai pas sur les qualités et les aptitudes des uns et des autres, c'est à leur pairs de les juger.
S.CHAKER pour ne parler que de celui là est Linguiste, si ce n'est le plus grand d'entre les Amaziγ qui a entreprit la plus grande entreprise pour moderniser la grammaire Amaziγ et la sortir de son ghetto de " langue phonétique".
Mes amis, n'y voyez pas une contradiction je vous dis que le linguiste est parfaitement habileté pour ce domaine. Nous n'allons pas balayer d'un revers de mains l'immense travail effectué (grammaire amaziγ).
Pour une fois , nous avons la fierté pour nous targuer de notre langue. Eh oui ! Tamaziγt est une langue, grâce au formidable "élan militant" de nos frères et sœurs.
Cette grammaire et par ricochet le système de transcription Amaziγ fait l'unanimité: voir publication journalistiques, revue, livres et autre manuels de grammaire. On a enfin un système de transcription fiable que seuls quelques réfractaires "linguistes" refusent d'y appliquer.
A l'image de M.BAHBOUH et quelques disciples.
PALATALE: Adj. et n.f. se dit d'une voyelle ou d'une consonne dont le point d'articulation est dans la région du palais (Anat.).
DENTALE: Adj. et n.f. Se dit des consonnes (d,t) qui se prononcent en claquant la langue contre la langue.
Dans sa contribution parue dans ISEGH.COM, M. BAHBOUH nous a pondu un système et une grammaire très complexe. Il a surchargé son texte de notations aussi variées qu'incohérentes.
La critique de M.Rabhi concernant le dictionnaire de TAGUEMOUNT m'a permis de mieux saisir ce, su quoi, BAHBOUH a chanté dans son simulacre de système grammatical. RABHI a fait référence à BAHBOUH.
M. RABHI a écrit:
A/Accent tonique: l'auteur, tout comme Bahbouh, surcharge inutilement la notation par un accent matérialisé.
B/Labialisation : concerne les palatales G>GW et K>KW et les vélaires γ>γw, X>XW et G>GW alors que la labialisation est un "durcissement" de la semi-voyelle W>BW, PW ou GW. Le phonème étant ici une palatalisation. Aucune de ses évolutions n'est attestée dans le parler de l'auteur (et de Bahbouh). Mais on peut trouver à la page XI (ndlr: dictionnaire Kabyle): Ta borth w oukhame pour tabburt n wexxam.
C/La spirantisation : qui est un affaiblissement qui affecte la bi-labiale sonore B, les dentales D et T et les palatales G et K, n'est pas pertinente. En ****équence, elle n'est pas prise en compte dans la notation usuelle. Bahbouh, surcharge ces lettres par l'ajout d'un C pour CK---->aCKal (la terre).
D/L'affrication : qui affecte la dentale sonore occlusive (tendue ou contextuelle) T>Ţ, n'est attestée que dans les parlers Kabyles (la majorité de ceux-ci). Ailleurs, elle est réalisée T. Bahbouh la note TTT dans ce qu'il qualifie de transcription Phonétique et TTTS dans ce qu'il appelle "Orthographe" !!! (Netttsène pour Netta). Le système de Bahbouh est d'une incohérence totale et d'une complexité déroutante.
De la grammaire:
Le raisonnement de RABHI sied également à M.Bahbouh.
La notation que préconise Bahbouh est ici un retour à la transcription "Française" du siécle dernier, avec en plus, une nouvelle voyelle "è" (amrère, i murère (cordes)) et une apostrophe en guise d'accent.
Je relèverai par contre, systématiquement et dans l'ordre d'apparition , des incohérences dans la définition des unités grammaticales, qui sont aussi multiples que variées.
1/L'article indéfini/défini, en termes de rapport, n'existe pas en Tamaziγt. Des indices vont dans le sens de corroborer l'hypothèse de son existence à une époque lointaine mais à l'état actuel de la langue, il s'est "Morphologisé" pour n'etre plus qu'une simple voyelle initiale. A partir de ce moment, sa séparation d'avec le radical est une pure vue d'esprit et l'influence de la langue "FRANCAISE" n'est pas à écarter.
2/Le pronom est un monème grammatical qui se substitue au nominal. L'indice de personne n'est pas un pronom du fait qu'il accompagne toujours le radical verbal et ne se substitue jamais à un nom.
Dans "TEDDA TESLIT", l'indice de personne T est toujours présent. De ce fait, l'indice de personne assure toujours la fonction de sujet quelle que soit l'explication lexicale (expansion référentielle). Il est amalgamé au radical verbal dans la notation usuelle. Bahbouh, invente un article de modalité féminin TA c'est une aberration grossiére !!!!
"Ta mghart" au lieu de "Tamγart" .
L'auteur invente un "pronom préfixe" E pour les personnes (pronoms personnels) 1, 3P (Plur.),3 PF(Femin.) . Il rejoint pour cela MM. BAHBOUH et CHERADI. Et un "pronom suffixe" A pour les pronoms personnels 3SM, 3SF et 1F. "I" pour les pronoms personnels 2P, 2PF. "è" pour les pronoms 3P et 3PF.
Tout ses prétendus préfixe n'existent pas alors que les prétendus Suffixes ne sont en fait que les marques de préterite de certains verbes: Ens/nsa, nsi (veuiller) Fru/fra, fri (résoudre).
3/Le pronom possessif n'existe pas en lui même en Tamaziγt. pour le rendre, on utilise le nominal "Ayla (agla)" suivi du pronom affixe du nom:
Ayla-w--->axxam-iw ou le pronom démonstratif d'évocation suivi du même affixe du nom : Win-nsen---->axxam-nsen.
4/
a/"A" après un nom n'est pas un pronom mais un adjectif démonstratif (modalité déictique).
b/ il n'existe pas de pronom interrogatif "wa?" "wara?" il y a un problème de coupe (segmentation).
c/ "SA" n'existe pas comme proposition. Il y a aussi un problème de segmentation : S-axxam> sa xxam..
d/ "ma" est un subordonnant (conjonction de subordination "hypothèse")et non une préposition.
e/ "hata", hataya" ne sont pas des prépositions mais des "prédicats présentatifs".
5/il n'y a qu'une seule préposition de possession (et non d'appartenance) comme mentionné par M.Bahbouh. "N" est un auxiliaire de prédication nominale non spécifique. "W" est la marque d'état d'annexion Tabburt n wexxam> ta burt w wexxam.
6/Le féminin est obtenu par l'adjonction au masculin d'un "T" préfixe et affixe (monème discontinu) T--T> TH---TS (comme pour Bahbouh).
Mr Bahbouh, de par cet artifice qui consiste à surcharger son texte avec des particules multiples ne fait que leurrer le lecteur non-averti.
Il est vrai que la langue Amaziγ sous ses multiples variantes, est sujette à d'innombrables théories, parfois fantaisistes, malgré le gigantesque travail qui y a été fait afin de la moderniser.
Mais, je veux rester, pour paraphraser Yidir Ahmed ZAID (autre grand linguiste de l'université de Tiz-ouzou) sur cette question de l'apprentissage de la langue Amaziγ dans ses contextes lexical et social.
Un étranger qui veut apprendre la langue est tenu ,de ce fait, de se plier à ses règles grammaticales et son "alphabet". La valeur de chaque lettre doit être respéctée.
"Ayen nesselmad, wa yettu-t wa yettazu-t" ……>Ccix Moh'end U lh'usin.
Aselmed n tutlayt deg tira-s:
Win iran ad yelmed kra n tutlayt yessefk-as ad yisin ad t-yaru i lmend n ilugan n tejerrumt-is. Dimi almad n tjerrumt, aken tra tili tarrayt ara nessexdem.
D yiwet n tgejdit deg welmad n tutlayt. Ilugan n tjerrumt ad
as-fken i wnelmad ifadden i-yess ara yessefru d ismilen d wawalen akw i-d-yattaru yiles-is.
Yal awal ad yefru talγa-s, ad iz'err amek i-tettbeddil i lmend n twuri-s di twinest, ....atg.
Win yessnen ilugan n tjerrumt n tutlayt-is, yessen tus'ka-s, yessen amek ara tt-yaru yessen amek yaru-yess.
Aselmed n tutlayt deg wawl-is:
Win iran ad yelmed kra n tutlayt akken tra tili , yessefk-as ad yyissin ad tt-yaru akken ad tt-yessexdam di yal tagwnit'.
D tin i-wini qqaren "TAYWALT". Akken ad tuγal tmaziγt γer wemd'iq-is di tmetti-nneγ, tewwi-d ad issinen warraw-nneγ deg welmud alamma tuγall d tameslayt n tussna.
Aselmed n tutlayt deg wawal-is yezmer ad d-yekk seg wexxam akw d uγerbaz. Maca ayen ad ad-yasen seg uγerbaz ad issegem ugar awal i-γef yuγ tannumi wegrud deg wexxam.
S-umata agrud yeh'wağ ad yelmed tezdeg deg wawal-is.
.
In. IZEN AMAZIΓ, ut't'un wis 6, 1996.
"Izen amaziγ (message amaziγ) d yiwet n yidles id-yessufuγ "wegraw adelsan amaziγ deg ugerzu n tizi-wezzu"
I wumi !
16/01/2003, 05h28
Je comprends tes préoccupations mais je pense que les pratiquants et amoureux de la langue Tamaziγt doivent plutôt plaider la cause de la langue elle-même pour qu'elle puisse se moderniser et non pas la cause des linguistes, orthographistes, grammairiens et leurs multiples théories. Cependant, il faut rappeller que notre langue n'arrive pas à décoller faute de certaines difficultés d'ordre scientifiques et techniques, par exemple l'absence de dictionnaires et de lexiques en kabyle (pas de traduction comme celui de dallet). Tu peux imaginer une seule seconde le sort de la langue française sans dictionnaires? Ou de n'importe quelle langue? La nôtre va devoir vivre un bout de temps encore sans cette condition sine qua non à l'accession d'une langue à la modernité!!! C'est pas joli ça! Et le premier pépin réside dans sa transcription actuelle ( phonologique). Quand on écrit : Aqcic yuli, on peut facilement mettre dans un lexique ou dictionnaire les deux mots, mais quand on intervertit( le sens change) Yuli weqcic, devrions-nous répertorier weqcic dans le dictionnaire? Ou il faut être Mme Soleil pour savoir que c'est Aqcic qu'il faut chercher? Et on rencontre cette situation dans toutes les phrases de notre langue et les linguistes l'appelle l'État d'annexion. Cette état n'est qu'une preuve que c'est la transcription phonologique qui est retenue par nos Doc'. Cet État existe dans les autres langues, française par exemple (j'ai choisi le français car tous les forumistes pratiqent cette langue) sauf que eux il l'appelle la liaison. Ex: Les Hommes, on lit Lèzom, et si les Français ont opté pour la transcr' phono' ils auraient écrit : lèzom, Lèzabeye(les abeilles)etc... Vient en second l'affaire des majuscules et des abréviations, j'écris par exemple: J'ai lu Izuran(le journal) γriγ Izuran et je mets le I en majuscule. Mais si je dis j'ai lu dans Izuran: γriγ deg Zuran, faut-il mettre Z en majuscule ou non ? Si c'est oui comment expliquer cette majus' qui se balade et si c'est non personne comment deviner que zuran c'esr un journal et non pas des racines!
Les abréviations comme les logos d'entreprises ou de parti politique ou encore d'associations culturelles sont presque impossibles puisque on se retrouve avec une langue dont tous les mots commencent soi par A,U,I ou T !!!!!!
I wumi !
16/01/2003, 05h52
3/Le pronom possessif n'existe pas en lui même en Tamaziγt. pour le rendre, on utilise le nominal "Ayla (agla)" suivi du pronom affixe du nom:
Ayla-w--->axxam-iw ou le pronom démonstratif d'évocation suivi du même affixe du nom : Win-nsen---->axxam-nsen.
Et Inu, c'est pas un pronom? Pourtant n'importe quel Kabyle dira que Ayla-w = Inu. Axxam-iw --_> d ayla-w --> inu.
Pourquoi écrire Win-nsen puisque Win et Nsen sont des particules indépendantes et elles se suffisent à elles-mêmes! Et pourtant c'est une règle de nos Doc linguistes : On ne met de tiret que lorsque les particules ne se suffisent pas (sémantiquement) à elles mêmes. Mais ils se sont butés à un problème: comment écrire Iman-nsen, la particule Nsen se suffit à elle même mais pas Iman (car tout seul il n'a aucun sens).
Comment cet auteur a osé parlé d'une existance antérieure d'un article qui s'est morphologisé sans nous donner d'explications. Mais puisque Ta n'est pas un article féminin, comment berbériser un mot étranger si on voulait l'adopter? Prenons le mot stratégie qui est presque international , on dira alors stratiji ou Ta stratijit (tastratijit). Un autre mot? Taxi, on dira taksi, a taksi (ataksi), pourtant le mot d'origine Taxi est étranger à notre langue et le A initial ne doit pas lui asseoir sur mesure comme un gant, mais constitue le substantif. Il me semble que nous avons un article que nous nous bornions à coller au substantif afin de donner un aspect sémitique à la langue!!
Je ne suis d'accord ni avec les phonétistes ni Bahbouh, je suis avec la langue Tamaziγt.Plusieurs profs et pratiquants à qui j'ai posé beaucoup de questions avouent qu'il y a encore des choses à faire pour achever les travaux akken iwulem, alors cessons de prendre Salem Chaker pour un Agellid n tmeslayt, récemment il a proposé un dictionnaire des personnalités alors la langue qu'il tient pour acquise n'en a pas encore !!! Mais le ridicule ne fait plus mal!!
I wumi! azul fellak s tussda.
Dgha deg wayen iccuden gher yesteqsiyen-nek, bghigh kan ad gregh tamawt ghef kra n tektiwin:
Concernant la transcription phonologique, cela va dans le bon sens de la "normalisation" de notre langue. Quelles sont les évolutions par rapport à la transcription "Phonétique":
L'exemple le plus éloquent c'est sans conteste TAMSERTIT, ou ce qu'on appelle les "cas d'assimilation".
Dans l'ancien système nous écrivions: "Taddart ttilemt", sans tenir compte de variations des parlers Kabyles "sous variantes", cette locution sea incomprise à Bgayet ou on a plutôt tendance à ne pas prononcer TT=TS.
La regle de Tamsertit, de ce fait nous offre une règle générale;maintenant nous écrivons: "TADDART D TILEMT" à chacun sa prononciation spécifique.
Tajjerid't n tuqqna (le tiret d'union) pose toujours quelques problème. En fait, il n'y a pas longtemps de ça; on attachait systèmatiquement Tizelghiwin (les particules) "D" et les pronoms possessif lorsque "un mot ou un verbe" ne se suffit pas. Dans la revue que j'ai évoqué "Izen amazigh", c'est ce système qui était en place. Il s'est trouvé que le texte se surchargeait avec les "tirets d'unions" et que, pas une seule phrase, pratiquement, ne contenait pas moins de 3 tirets.
Alors, la nouvelle règle, plus astucieuse et moins encombrante, réside dans l'ajout du "Tiret d'union" uniquement dans le cas de noms et leurs "pronoms possessif", la particule de "direction "tazelgha n tnila" D: comme dans Yusa-d (gher da, ici). Note l'évolution, avant on écrivait : Argaz d-tmettut, waki
d-argaz....atg, maintenant la règle du tiret d'union est circonscrite aux cas que je viens d'évoquer ci-haut.
La règle"3" en fait viens seulement faciliter l'accés du locuteur aux pronoms possessif. Parfois, entre le parler et l'écrit, l'absence ou la présence du pronom possessif pose des problème. Exemple:
Ayla-w ou ayla-iw? dans ma région, nous utilisons la deuxiéme proposition, ce qui n'est pas le cas de nombres d'autres régions.La règle , permet seulement de "rendre" sur écrit ce pronom.
L'article morphologisé; ça je n'en sais pas autant que toi cher ami, je viens d'acquerir un livre de Cohen . Etudes de linguistique sémitique et arabe. 1970 . Il s'est longtemps penché sur ce cas, j'apporterai amples précisions, quant je l'aurais lu.
-"Ta" peut-il être un article "de modalité féminin"?
Tabburt, d-awal unti (féminin), il porte ce "prétendu" article, sinous nous référons à cette règle , alors nous devrons écrire
Ta bburt Bburt, se trouve être un non-sens dans le lexique amazigh!!!. Dans l'actuel système de syntaxe, nous pouvons obtenir la modalité féminin, par l'ajout d'un indice de personnel , comme affixe et également préfixe. t-----t.
Ta mghar t , cela étant "mghar" a qui on a oté le "A" devient non-sens.
Il ya aussi les noms féminins comme Tislit et non Taslit, comment un article siera à ce nom? TA SLIT?......atg.
Quant à S.Chaker, il n'est ni dieu ni maitre, j'apprécies beaucoup son travail. Je dis ça , car je me souviens avoir assisté un jour à une conference qu'il animait. Le type parlait avec assurance. Cela, sans oublier de parler de Remdane.ACHAb, A.ABDESLAM, K.NAIT ZERRAD.........atg. ils font des efforts.
Tu sais quoi l'ami, tamazight est resté à son etat "larvaire" car, elle manquait et manque toujours d'utilisateurs.Même ses propres fils l'ont voué aux gémonies. Eh oui, le constat est triste, il fait trés mal.
Il est vrai,comme tu l'a dit , que cette question de grammaire, fait toujours des hauts et des bas.
Mais, ce qu'il ya aujourdh'ui, c'est le fait que ce nouveau système fait grandement l'unanimité.. Tu imagines comme cela est joli!.
Les améliorations seront toujours là, c'est la régle du plomb suspendue sur chaque langue. Des améliorations qui vont dans le sens de la "fortification" et non ""Un retour vers le passé", comme Behbouh.
Ar tufat
tanemmirt s-tussda i wed'ris-ik.
Nessaram kan as-nernu ifaden i tutlayt nnegh
Ighalen n yal yiwen d yal yiwet deg negh, nezmer ad t-nessawed' ar wegni n TATRARA (modernité).
I wumi !
16/01/2003, 19h28
Tes arguments ne sont pas sans importance!!!
J'avoue que sur Tislit ou Ta slit je ne sais pas quoi répondre (même si le mot slit on l'a peut-être juste perdu comme le pluriel de Tafunast, tifunasin au lieu de tisita, ou le singulier de Tulas, tallest et non pas taqcict, ou encore le pluriel de Tahdayt...) et je suis sûr que les questions que j'ai posées plus haut n'ont pas de réponses toutes faites non plus puisque un dîplomé à qui je les ai posées aussi n'en avait pas !
De là, je dirai sans crainte de me tromper que nos Doc' et Bahbouh font fausse route. Les uns avancent la sémiticité de la langue et travail à partir de là (au fait ils continuent les travaux déjà entrepris par les scientifiques français, qui ont élaboré la théorie chamito-sémiticité de notre langue) et Bahbouh, lui, préfère la germanicité et fait des recherches (importantes aussi) dans ce sens.
Alors cessons de nous attacher à l'Orient ou à l'Europe et étudions notre langue comme une langue singulière, différente et originale. Faisons des recherches dans ce sens et disons aux glandeurs qui nous conseille de ne pas hésiter à prendre des mots de la langue arabe, langue soeur: Basta, les Bocchus et allez lécher les bottes sur une autre colline! Au fait ce mec c'est Muhand Uyidir At Amran, ça me fait mal au coeur mais l'accoucheur de KKer a mmis Umaziγ a déraillé et Khelifati Muhand Ameqqran n'avait pas fait autant en devenant ambassadeur? C'est de la berbèrétude, comme dirait le feu président Senghor!
Azul tikelt nnid'en a mass I WUMI!
La germanicité de tamaziγt!?
Au fait, cette théorie ne repose sur aucun argument grammaticale, ni syntaxique, ni léxicale. Bahbouh a balancé la théorie sans soucis. Personnellement , je crois qu'il a des raisons personnels et non scientifique.
Son premier souci c'était d'éloigner tamaziγt de la grande famille Chamito-sémitique. Mais ou peut bien se situer le problème dans l'appartenance ou non de tamaziγt à cette famille??
Avons-nous tellement horreur de ça?
Puisqu'il est précisé que notre langue est beaucoup plus vieille que toutes langue connus à ce jours. L'apparentement fait à la famille chamito-sémitique ne repose nullement sur le lexique ni sur le vocabulaire. Il s'agit uniquement " d'aléas grammaticaux" et pas plus!!!
Moi même, j'ai bien appris la langue allemande (qui appartient à la famille des langues germaniques), je l'ai utilisé avec des allemands. J'ai relevé quelques similitudes, mais sans aller jusqu'à déclarer que tamaziγt appartient à ladite famille.
Il s'agit notamment de la "modalité pluriel". en effet, dans la langue allemande, comme dans tamaziγt, la modalité "pluriel" s'abtient par l'adjonction d'un "EN" comme "désinences" ou terminaisons. ex. mensch/ menschen (homme/hommes)--->allemand, ou axxam------>Ixxamen .
Ajouté à celà, le son "palatale" K akal (terre), ce son est récurrent dans la langue allemande: I[/B] ch , di[B] ch , lieblich .......atg.
S'agissant du lexique, rares, si ce n'est aucuns, sont les mots qui se ressemblent entre les 2 langues.
Je vois mal, un point de comparaison entre les 2 langues.
Cher ami, en parlant de notre langue, j'ai envoyé un article en Kabyle au journal Iz'z'uran(qui n'est pas encore publié), traitant de ce point. Les grandes lignes de cet article sont surtout un questionnement sur la non-utilisation de notre langue par nos rois. Massensen, yuba2 (aguellid akli---roi esclave)........atg. Tamaziγt a été délaissée par ses propres enfants. Massensen instaura le phénicien et le grèc comme langues "officiels" de la numidie, tandis que ce "yuba2", lèche-botte des romains, a réalisé nombres d'écrits historiques et romantiques en "latin ou grèc" mais jamais en TAMAZIΓ, tu imagines ça!!!!!
Mais, en résumé, notre langue plusieurs fois millénaires, demeure la langue amaziγ dans toute ces dimensions. L'apparentement dont elle fait l'objet, n'enlève en rien son originalité millénaire.
Comme tu l'as si bien précisé, quoi qu'en disent les historiens ou les linguistes, elle demeurera toujours TAMAZIΓT
Je ne suis pas un linguiste et je n'ai pas une formation litteraire, mais je constate que toutes les langues que j'ai apprises different entre l'écris et le parler. Beaucoup de recherches sont necessaire pour arriver à une ecriture standardisée de l'amazigh.
Mais ayant lu Bahbouh, je trouve sa contribution trés positive et son ecriture de l'amazigh plus comprehensive que celle utilisée actuellement "Mammeri" du coté de la grammaire et de l'utilisation des articles.
Je trouve beaucoup de difficulté à lire et à écrire avec l'écriture utilisée actuellement.
En optant pour le caractere latin, c'est l'ortographe et la grammaire qui prime sur le parler (la phonétique) alors que pour les caractéres arabes, c'est la phonétique qui prime puisqu'on ne transcris que les consonnes, et je ne peux lire correctement un mot en arabe qu'en comprenant le sens de la phrase.
En ce qui concerne quelques que j'ai lu ici, dans ma region on utilise ces termes:
ISLI pour le masculin (le fiancé)
TISLIT pour le feminin.
TAWURT (TABURT, TAPURT) nom ne possedant pas de masculin et dont le pluriel est TIWURA. Ce nom est etranger à la langue amazigh, c'est la transcription amazigh du mot en français "LA PORTE".
A ce que j'ai lu et compris, le présent n'existe pas en amazigh, et pourtant, on dit :
LA TS-ARUGH (ARU) qui veut dire je suis en train d'écrire.
LA TH-ETSAGH (ETCH) qui veut dire je suis en train de manger.
I wumi !
18/01/2003, 18h13
Tanemmirt ay Inijjel γef wawal i d-arnid. Ma d awal Tawurt( taburt, tapurt) ur d-yussi ara si Tefransist maca d awal amaziγ. Tawurt: azar-is d WR et cette racine forme les mots reliés au mouvement.
Moi aussi, je suis d'avis de passer à l'écriture orthographique de notre langue. Je ne prêche aucunement les thèses de Bahbouh mais il n'y a que de cette façon qui assurera à Tamaziγt le succès.
Au fait, Bahbouh a solutionné certains problèmes et a rajouté d'autres mais il reste qu'il a ouvert la porte et a incité les Kabyles(compétants dans le domaine) à une recherche scientifique dans un cadre nouveau, dans une optique renouvellée avec des objectifs qu'il faut atteindre!
Il appartient à nous tous de faire quelque chose, ne serait ce que la sensibilisatioon des jeunes à aller étudier Tamaziγt!
Azul fellawen
Inijjel
L'arabe est tout a fait l'exemple type de ce qu'on appelle une "langue phonètique", c'est à dire entre le parler et l'écrit n'existent pas de grandes différences ou aucunes.
Tamaziγt ne présente pas le meme cas: Elle l'était avant, et BEHBOUH, implicitement, nous invite à revenir à l'écriture phonètique.
Le système de MAMMERI est plutot PHONOLOGIQUE, avec des règles grammaticales strictes et précises.
tawwurt (tabburt) d-awal unti(féminin) yesεa isem amalay-is(masculin): nukni neqqar:
AWWUR (grande porte, portail..)
tawwurt comme expliqué par I WUMI! a pour racine verbale:"WR".
C'est un nom original amaziγ.
Toutefois, la prononciation de TAPPURT qui est utilisé dans certaines régions de la Kabylie, existe. Mais si on se fie aux résultat de BEHBOUH, qui associe ce soi-disant article de modalité féminini nous aurons , pour porte; TA PPURT . remarquez bien: "Ppurt" peut trés bien etre assimilé au mot français PORTE, ce qui est complétement FAUX.
Le présent existe seulement sous sa forme à "l'impératif":
dans ton exemple:
ttaruγ est conjugué à ce qu'on appelle : URMIR USSID: ou l'aoriste. Remarquez également que ce verbe peut etre utilisé au passé comme au futur.
Lliγ ttaruγ tabratt (une action dans le passé)
aqlin ttaruγ tabratt (une action dans le présent qui reste inachevée)-----> peut s'assimiler au futur.
Revenons au présent (ou sa forme impérative): il s'applique uniquement au pronom: Kec', Kunwi, Kunemti (pour le féminin).
C'est dans notre parler, et non une invention de grammairiens.
Donc le présent est rattrapé dans la TASEFTIT (conjugaison Kabyle) par URMIR USSID.
L'autre temps qui existe est URMIR (futur): ad edduγ (j'irai).
Mais il est utile de te rappeler qu'il ne faut jamais faire de comparaison avec le Français. Il ne faut jamais transposer ces règles au français.
Nb: Si t'es arrivé à assimiler le "modèle" grammatical de BAHBOUH, alors, je suis sur qu'il te sera moins facile de se mettre à celle de Mammeri.
Azul Amenay2 ak I WUMI.
Merci pour les explications que vous avez donné. Actuellement, je suis les cours Amazigh donné sur BRTV, et c'est en lisant dans ces forums de KABYLECOM que j'ai trouvé le site de la contribution de BAHBOUH.
Si l'amazigh de BAHBOUH m'a séduis, c'est parce qu'il m'a fait découvrir les articles, et je n'arrive pas à savoir la raison de MAMMERI qui ignore les articles, d'ou peut être la difficulté de creer un dictionnaire amazigh.
Je trouve tres pratique d'avoir un nom neutre comme FUNAS et de lui donner un nom masculin A FUNAS ou un nom feminin TA FUNAST et de porter ce nom neutre dans le dictionnaire.
Pour l'exemple TAWWURT, elle aura WUR comme nom neutre, et si un autre nom WUR existe et a une autre signification, on peut modifier son orthographe en écrivant WURE, WURR, WEUR, WUER comme la langue française qui utilise plusieurs ortographes pour un même son (ain, in, aim, im, ein, eim).
Je trouve la critique dans l'utilisation des prepositions comme (D, I, N) dans l'écriture methode MAMMERI fondée. Leurs utilisations comme ça complique la comprehension d'une phrase pour un non-kabyle. Le texte devient pleins de lettres isolés et de traits d'unions.
C'est vrai aussi que BAHBOUH a compliqué et surchargée son alphabet. Les consonnes qui se suivent (DTTT) ainsi que les voyelles (ÛEEE) pour former un mot le rendent impronençable.
Voila pourquoi je pense qu'utiliser l'ortographe et la grammaire pour l'amazigh est plus fiable. Bien sur, on peut toujours etudier l'amazigh de MAMMERI dans l'attente d'une ecriture plus evoluée, plus simple et plus pratique.
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