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Voir la version complète : Pour quel vrai motif l'aurait-on tué. Crime à Tiaret (Oranie)


Ali SAYAD
26/12/2002, 03h41
Un employé suisse rentre de sa banque. Il demande à son épouse, femme au foyer, s'il n'y a rien de spécial durant la journée. Elle répond :
- justement si chéri.
- Quoi donc ?
- Ce matin après ton départ, un monsieur a sonné à la porte, quand je lui ai ouvert, je lui ai demandé ce qu'il voulait.
- Alors qu'est ce qu'il voulait ?
- Il m'a entraînée ensuite dans la chambre, il m'a déshabillée, il m'a pénétrée...
- Il ne t'as pas dit ce qu'il voulait ?
- Ensuite, il est parti sans dire un mot.
- On ne saura jamais ce qu'il voulait.

A Tiaret, pour savoir ce que voulait ce visiteur, on l'aurait d'abord assommé, puis torturé à mort, pour lui demander le motif de sa visite, qui, d'après les accusés, serait une laison entre le visiteur et leur fille. On y va pas de main morte en Oranie.

Dans El Watan, du 26.12.2002.


Ils torturent à mort un indu visiteur
La salle du tribunal de Tiaret est archicomble en cette journée du lundi 16 décembre 2002. La foule, venue nombreuse, est impatiente de connaître le sort des deux assassins au regard fuyant et hagard…
Le juge a d’ailleurs du mal à instaurer le calme… Le verdict tombe enfin tel un couperet sous des cris qui fusent de partout : Rahim N. est condamné à mort pour meutre, alors que son épouse, Malika M., écope de 10 ans de prison pour complicité…L’affaire remonte au mois de mai 2002. Le village de Aïn Essafah, dans la commune de Sidi Bekhti (Tiaret), est réputé pour le calme qui y règne. Ici, pas question de crimes, ni d’affaires houleuses susceptibles de perturber les foyers… Tout le monde ou presque y est pieux et en bonne santé morale… Pourtant, dans l’une des petites maisons de ce calme village, une nuit cauchemardesque va se dérouler chez les M. en cette fin de mai 2002… Ils sont trois, le père, la mère et leur fille unique… Il est près d’une heure et ils dorment paisiblement par cette nuit de fine chaleur. Des coups frappés à la porte d’entrée résonnent légèrement dans la maison. Malika M. hésite avant d’aller ouvrir. Et si c’était un malfaiteur ? Et puis non, le village est trop paisible pour cacher un voleur. Rassurée, M. ouvre la porte et se retrouve face à un inconnu qui la scrute dans la pénombre avant de l’étouffer de ses grosses mains, en la poussant vers le salon. A ce moment-là, Rahim M. surgit muni d’une hache et assène un coup violent à la nuque du «prétendu» imposteur… Il aurait pu s’arrêter là, l’attacher et appeler la gendarmerie, il aurait peut-être bénéficié de circonstances atténuantes. Malheureusement, ce n’est pas le cas… Voyant l’imposteur tomber à même le sol, Rahim M. lui assène encore un coup de hache à la nuque et un autre sur l’épaule gauche. Dans un semi-coma, «le visiteur de la nuit» agonisait. Cette fois-ci, c’est au tour de son épouse et de leur fille unique de prendre la relève. Armés de bâtons, les trois tortionnaires rouent de coups celui qui a osé s’en prendre à leur mère, lui ordonnant d’avouer la raison de sa visite et de livrer son identité. Or, dans un état comateux, le torturé ne pouvait articuler ne serait-ce qu’un mot. Non satisfaits de l’état de la pauvre victime, les M. continuent de le torturer en l’aspergeant d’huile bouillante sur le visage et le corps… «dans le but de le faire parler», diront-ils au cours du jugement. Jusqu'à 6 h, la victime «bénéficie» de tortures indescriptibles et rend l’âme dans un dernier souffle désespéré. Rahim M. se rend alors à la gendarmerie de Sidi Yahia et avoue son crime, parlant d’un imposteur venu les importuner lui et sa petite famille.
- Mais pourquoi avez-vous torturé cet homme tout au long de la nuit ?
- Monsieur le président, nous voulions connaître le motif de sa visite.
- Mais cela ne vous donnait aucunement le droit de vous acharner sur lui… Que lui reprochiez-vous ?
- Je crois qu’il y avait une relation entre lui et notre fille… Après délibération, Rahim M. est condamné à mort, tandis que son épouse écope de 10 ans de prison ferme pour complicité.

Par Amel B.

LAREBELLE
29/12/2002, 20h50
tu sais bien qu'en Algérie, la raison qui est source de tous nos malheurs :

L'AMOUR. L'AMOUR PAR SON MANQUE TUE

Le père qui n'aime pas sa fille, tue l'amour
La mère qui n'aime pas son fils, tue l'amour
L'oncle qui n'aime pas sa nièce, tue l'amour
La tante qui n'aime pas son neveu, tue l'amour.

Sommes nous coupables de ne pas avoir appris à aimer correctement? Cela va de génération en génération.
Notre culture est basée sur le NIF, celui-là même qui empêche un père de dire à sa fille : ma fille parce que je t'aime je veux te voir heureuse, va que Dieu vous benisse.......
Ce NIF, qui empêche une mère de laisser son fils se choisir sa compagne afin de vivre une vie de couple dont nous rêvons tous.
D'amour, de joie, de partage, de soutien.

Oui, Dada-3li, L'AMOUR est la source de tous nos maux.
Dans ta triste histoire, ce jeune homme est mort par AMOUR et pour L'AMOUR, celui de ne pas avoir été compris.

Mon Dieu que c'est triste.

Ali SAYAD
29/12/2002, 21h29
Ma très chère LAREBELLE, les grands esprits ne peuvent que se rejoindrent.

Voilà la réponse que je faisais il y a quelques instant sur le forum "Pour ou contre". Le "nnif" est une invention des hommes pour les hommes afin de contrôler le ventre de leur(s) épouse(s), soeur(s), fille(s), les plaçant dans le domaine du "haram", l'interdit, d'où le harem, lieu clos où sont cloitrées les femmes. Tant que ce mur de Berlin, qui relève plus du psychologique que de mur véritable, n'est pas abattu, la femme restera citoyenne de seconde zone, c'est-à-dire qu'elle continuera à ne pas exister juridiquement, quelle restera toujours sous la tutelle d'un père, d'un frère, d'un époux, d'un avorton de fils pas plus haut que trois pommes.
La femme doit devenir SEULE actrice de son sort, de son destin, de son avenir, de son devenir. Elle doit se libérer de tous les jougs en comptant sur elle même. L'homme (peut importe le lien qui les unit), s'il est suffisamment intelligent doit participer à cette libération dont il sera le premier bénéficière, car qu'attendre d'une femme esclave ? Elle ne peut reproduire que des esclaves. Tandis qu'une femme libre, elle enfante des hommes et des femmes libres.


Soyons acteurs de notre époque et de la société où nous vivons

Le mariage n'est pas une fin en soi.

Les religions sont apparues durant les grandes disettes. Pour limiter les naissances, la seule solution, le mariage, mieux la polygamie qui donne aux plus riches mais moins vigoureux sexuellement plusieurs épouses, laissant les plus démunis sans partenaires. C'est quand la gérontocratie règne.

Au lendemain des guerres (les deux guerres mondiales 14-18, 39-45, la guerre indépendantiste en Algérie 54-62) on va encourager les naissances par des mariages (un homme = une femme) sociales pour reconstituer le cheptel masculin en déséquilibre. Les femmes sont conscientes de cette situation et elles s'y prêtent à la reproduction de la gent masculine.

Dans certaines sociétés, au pied du Mont Everest, il existe encore une société, les Bouthous, qui pratique la polyandrie, c'est à dire plusieurs hommes pour une seule femme. Ca se passe en famille, c'est l'aînée de la fratrie qui est l'époux officiel, en son absence il est remplacé par le frère cadet auprès de l'épouse.

Tout ça c'est pour le contrôle des naissances, et c'est la seule méthode socialement admise pour planifier le venue des enfants.

Dans l'Arabie, avant l'islam, on sacrifiait les filles, moins de bouches à nourrire, à l'avantage des garçons pour aller pratiquer les razzias.

Nous sommes arrivés à l'âge d'abondance. Quand il y a meilleures distribution des richesses, de manière plus équitable, plus équilibrée, plus libre, le mariage tend à diminuer, même dans les familles les plus aristocrates et / traditionnelles. Et quant il est conclus il tend à se relacher jusqu'à se dissoudre, laissant place aux unions libres.

De plus, maintenant, et dans toutes les sociétés civilisées, la femme a acquis son autonomie économique et corporelle, elle devient de plus en plus maîtresse de son corps, maitrise mieux les naissances grâce aux méthodes modernes contre les conceptions non souhaitées et / ou accidentelles.

Si nous voulons être de notre époque, libérons les femmes. Plus elles sont libres, plus elles sont meilleures partenaires de / pour l'homme. C'est Aragon (chanté par Jean Ferrat) qui dit dans un de ses poèmes : "La femme est l'avenir de l'homme".

Ne ratons pas la rencontre avec l'Histoire. Tout le reste, les histoires d'honneur, de famille, c'était valable au 19e siècle et ce, dans toutes les sociétés. Aujourd'hui, on donne à l'enfant les deux noms, celui de la mère et celui de son père, et il demeure le seul juge du choix du nom (l'un ou l'autre, ou les deux) à sa majorité. Nous sommes arrivés dans l'ère du libre arbitre.

Ilaq aneddu d yimir negh wamma winna l-lejdud yezzer. (il nous faut être de notre siècle, celui de nos ancêtre est de l'histoire ancienne). Soyons acteurs de notre époque et de la société où nous vivons. Ali SAYAD


Amicalement LAREBELLE et te prie de présenter mes compliments pour la qualité de ses interventions à L'ALGEROISE et vous présente mes meilleurs voeux à toutes les deux, que 2003 soit un bon cru pour vous et les être qui vous sont chers... Ainsi qu'à l'Algérie pays martyr.

Tassadit1
01/01/2003, 18h27
< ...Pour quel vrai motif l'aurait-on tué. Crime à Tiaret (Oranie). ..>

Je ne comprend pas, la victim est un homme , la femme est la coupable ici . mais vous parlez de "..liberer la femme.."

Le VRAI problem c'est notre 'inabilite de penser objectivement. A chaque fois en pense subjectivement, avec nos emotions, et on essay toujour de categoriser les gens pour s'associer a la victim. La femme, les kabyles, les pauvres, les noirs etc.... a chaque fois qu'on a l'impression qu'on est pas bien apprecie, on essai d'associe ca a notre identite, handicap, sex, race, religion etc....


par le temp on devien tellement obsédé par ca qu'on ne sait meme pas l'aborder au moment qu'il faut. Ya des gens qui sont des vrai victims. mais ya plus de faux victim qu'on arrive pas a donner l'importance au vrai victim et au vrai causes

L'ALGEROISE
12/01/2003, 16h29
Provient du message de Tassadit1
< ...Pour quel vrai motif l'aurait-on tué. Crime à Tiaret (Oranie). ..>

Je ne comprend pas, la victim est un homme , la femme est la coupable ici . mais vous parlez de "..liberer la femme.."

Le VRAI problem c'est notre 'inabilite de penser objectivement. A chaque fois en pense subjectivement, avec nos emotions, et on essay toujour de categoriser les gens pour s'associer a la victim. La femme, les kabyles, les pauvres, les noirs etc.... a chaque fois qu'on a l'impression qu'on est pas bien apprecie, on essai d'associe ca a notre identite, handicap, sex, race, religion etc....


par le temp on devien tellement obsédé par ca qu'on ne sait meme pas l'aborder au moment qu'il faut. Ya des gens qui sont des vrai victims. mais ya plus de faux victim qu'on arrive pas a donner l'importance au vrai victim et au vrai causes

Dans cette histoire, la femme n'est coupable que par son existence.
Il n'ya pas de vrais ou de faux victimes.
On est victime. POINT.

Dans le cas présent, il n'y a pas catégorisation, juste une histoire d'amour qui aurait pu se terminer par une alliance. Malheureusement, ce jeune homme maladroitement s'est présentée à la porte de sa dulcinée au "mauvais moment".
Mais vraiment, en Algérie, y a t il de bons ou de mauvais moments pour déclarer sa flamme. NON?
L'interdit existe au quotidien, le droit d'aimer est pratiquement "une honte"; c'est un sentiment impure, tu dois te cacher, tricher, voler des instants de semblants de bonheur. Purée quelle vie de chien!!! En Europe, les chiens ont plus d'amour et de droit d'aimer que nos frères et soeurs au pays.

J'ai eu la chance d'avoir un père démonstratif, extravertis, qui n'a jamais hésité à nous montrer combien il nous aimait.

Amicalement vôtre

Tassadit1
07/02/2003, 12h13
Tu parle de tes propre experiences, ou d'apres ce qu'on dit?. J'ai jamais eu honte d'aimer. mais c'est peut etre votre facon d'aimer, ou autre actions que vous voulez associer a l'amour. Cela tombe bien, parceque nous les algeriens on adore les faux problem au fait , et on adore en faire des faux debats.

Si tu ne pense pas que c'est une honte, tu ne dois pas avoir honte.

Le problem est loin de ce qu'il parait. on aiment bien ce victiminiser pour ne pas faire face au vrai problems. On aime bier precher la Haine au non de l'amour, de la democratie, de la culture , de la religion, de la patrie, etc...
On aime bien opprimer les autres en se montrant
rebelle, pour faire tromper nos conscience et les gens.

ce qu'il ne faut c'est d'apprendre a aimer comme il faut. En commencons par nous meme. et de tolerer les autres. Je sais que c'est trop facille a le dire, et que le plus quand le dire le moins qu'on l'appliquent. INCHALLAH un jour

Tassadit1
07/02/2003, 15h07
reponse a
Ali SAYAD et LAREBELLE.




Je suis dacord. il faut apprendre a aimer. mais je ne suis pas dacord que vous sous-estimer, les algeriens et la femme algerienne en particulier.

Je pense que c'est ce que les etranges veulent nous faire croire; qu’on est que 'Des Bonne a rien', que chez nous y a pas de democratie, la femme est esclave, on est violent, etc.. etc..
Alors que si vous analyser bien la situation et l'histoire c'est bien le contraire.

on nous mentre que la femme algerienne et le peuple algerien est misquine opprimer par tous le monde etc.

alors que la democratie (ou les principes de la democratie) a exister en algerie depuis Massinissa, la femme algerienne est refleter par les personnage tel que Kahina, Fatma n'ssoumer et hassiba ben bouali .

alors que les femmes etrangeres qui veulent nous apprendre les droits et la vie , n'avaient meme pas le droit au Suffrage, donc n’etait pas Citoyenne au vrai sense du mot.
Y a de quoi le movement / montalite feminist exist chez eux, . Mais chez nous, je pense que c’est une insulte a la femme algerienne. La femme qui a pu se sacrifier pour elever ses enfants, pour leur bien et le bien de la societe, elle a pu s’imposer dans tous les domain de la societe, dans la science, politique, se sacrifier pour sa patrie.

Nous avons pas besoin de femmes issue d’une societe corrumpu moralement pour nous precher

zombretto
07/02/2003, 16h48
... on condamne a mort un bonhomme a qui on a appris toute sa vie a defendre son honneur. Et quand il defend ce qu'il pense etre sa dignite on va le tuer.
... dire que les flics tabassent des mecs uniquement parce qu'ils se balladent avec une condisciple.
... je pense que la victime etait membre de la famille revolutionnaire pour se voir absoute du delit d'agression caracterisee de violation de domicile et de tentative de viol.
:)

Ali SAYAD
07/02/2003, 23h42
J'aime ton message, Zombretto,
Il est direct, net, précis, concis. De plus, tu introduis ton courriel par le mot de Combronne pour exprimer ta révolte d'écorché vif.

Effectivement la justice en Algérie est à deux vitesse. L'une expéditive pour les hommes du peuple qui sont doublement condamnés : par le juge et par l'opinion. Leur seul crime est d'avoir appliqué tout ce que le système a fait d'eux durant leur misérable vie : le sens de l'honneur, le hallal, le haram, la ridjla, toutes ces notions qui leur font croire qu'ils sont "des" hommes. On a besoin d'un bouc émissaire pour donner l'avertissement dans le non-dit. Il y a un code pour tout, pour dire, pour taire, pour l'honneur, pour le civil et le pénal, pour le travail et la santé... La sentence est connue d'avance, le jury est là seulement parce qu'il doit être là, pour la forme, pour faire de la figuration et faire crire qu'il existe une justice. Tout est fait pour la façade, mais le crépis est en train de tomber. La plaidoierie est seulement de circonstance, c'est un rituel. Elle n'apporte ni n'enlève rien à une décision prise déjà par la chancellerie.

L'autre justice intéresse les hommes du système, qui produisent le système. Ils sont défendus par l'avocat, le juge, le procureur, le jury, la presse qui fait l'opinion. En inversant les rôles, un homme du système sera non seulement absout de son crime, il aurait reçu les félicitations de la société toute entière parce qu'il aurait lavé son honneur (on lave l'honneur toujours dans le sang, jamais dans l'eau de rinçage). La victime a commis une violation de domicile (el le domicile est sacré), une tentative de viol (même s'il n'y a pas de preuve, les preuves se fabriquent tout comme les faux témoins) sur la personne d'une jeune fille qui porte en son sexe tout le poids de l'honneur familial (l'honneur éclabousse les générations passées et celles à venir). Là aussi on a besoin d'un plaidoyer bien mené émanant de la part de toutes les autorités du tribunal (le juge bien sentencieux, l'avocat général qui fait pleurer les paysannes dans leur gourbi, la partie civile qui défent l'honneur du client baffoué). La aussi, la décision est prise par la chancellerie est bien entendu, elle est dicté mais pas écrite, il n'y a aucune trace, l'honneur de la justice est sauf, la justice est indépendante.

Au plaisir de trinquer ensemble, mais pas avec le tord boyaux de zombretto.

Ali SAYAD
08/02/2003, 00h01
Tassadit,

Je ne sais pas si tu as vécu en Algérie et si tu connais le système à travers les dits et les non-dits (les silences, il faut savoir les lire). Une simple visite vacancière, où tu es fêtée et célébrée parce que tu viens de France, ne te favorise pas pour faire et voir du pays. Elle te donne une vision superficielle qui ne te permet pas d'analyser de manière rigoureuse, c'est à dire sans parti pris ou sentiment nationaliste. La rigueur est froide, c'est une école. Elle n'a pas de pays, ou de nationalité, sa seule résidence est dans la science. Dès qu'on commence à percevoir cette main des "étrangers qui veulent nous faire croire...", on adhère au système, on est pris dans le tourbillon nationaliste qui règne depuis l'indépendance du pays.

Ni la rebelle, ni moi ne sous-estimions les Algériens et les Algériennes, ni elle ni moi ne réduisons les hommes et les femmes d'Algérie. Bien au contraire. Nous ne pensons pas mais décrivons et des faits et données vus ou vécus, observés et réfléchis, sans a-priori ou jugement de valeur afin de mieux saisir une situation parmi d'autres. C'est le service que nous voulons rendre à nos frères et à nos soeurs.

Quant à la démocratie depuis Massinissa, il y a une contre vérité. Massinissa était un grand aguellid, mais pour arriver à cette taille royale (la personne, le pouvoir et le royaume de la Numidie), il est passé sur bien des cadavres. On ne peut pas être à la fois roi et démocrate. Sa vision de la femme est bien machiste. Sophonibe, quand Carthage a été brûlée par Rome, a préféré se tuer que de l'épouser, elle le trouvait bien rustre et mal dégrossi pour en faire un époux policé.

La Kahina a mené son peuple au dénuement et à la misère en faisant une politique de terre brûlée. Pire qu'Attila ou les bombes au napalm, elle a incendié sur ses pas tout ce qui pousse. A ce jour, les Aurès souffrent de ce déboisement. Parce que prophétesse, d'où son surnom de Kahina (son vrai nom est Dihia ou Damia, ça dépend des auteurs et chroniqueurs arabes, car c'est à eux que nous devons son histoire et sa légende), quand elle a vu sa tête coupée et offerte en trophée au khalife de Baghdad, elle a recommandé ses deux fils à son amant arabe, Khaled, pour perpétuer le sang : ils sont devenus généraux et ont porté l'islam et la langue arabe très loin.

La maraboute Lalla Fadhma n Soummer, comme toutes les femmes berbères, elle a encouragé les hommes au combat en lançant des youyous. Quand quelqu'un par peur, lâcheté ou tactique, reculait, les femmes l'habillaient en femme et le renvoyait dans ses foyers pour porter sa honte. Lalla Fadhma n'a rien fait de plus, on en a fait un mythe. Mais si le mythe peut faire vivre, alors vive le mythe. Son seul miracle, en sa qualité de maraboute, elle a osé sortir, elle a rompu les tabous. Bravo Fadhma.

Hassiba Ben Bouali, militante FLN, a servi son pays comme Djamila Boupacha, Djamila Bouired, Louisette Ighilahriz, Zohra Drif, etc... (la liste est trop longue pour les citer toutes). Hassiba Ben Bouali, "heureux les martyrs qui n'ont rien vu" (pour reprendre le titre du livre de Bessaoud Mohand-Arab), est morte au champs d'honneur, elle a eu la chance de ne pas voir ce qu'est devenue l'Algérie pour laquelle elle s'est sacrifiée. Mais de celles qui sont restées en vie, que sont-elles devenues ? Des femmes au foyer, juste bonnes à servir de carpette au mari. Il en est une, Louisette Ighilahriz, arrêtée, torturée et violée par les para de Bigeard, a eut le courage, d'abord dans le quotidien Le Monde puis dans un livre, dire ce qu'elle a subi et traîner ses tortionnaires devant la justice. Je rends, ici, hommage à sa bravoure de militante, à son courage de DIRE ce que les autres ont tû, à la continuité de son combat.

La liberté ne se donne pas, elle s'arrache.

Si tu fais allusion à la femme française qui n'a eu ses droits de vote qu'en 1945, quand le général de Gaulle, "sauveur de la nation", voulait renforcer son électorat en donnant aux Françaises la participation aux urnes, je te fais savoir que c'est ce même général qui a donné les mêmes droits aux Algériennes, encore Françaises en 1958, pour les mêmes motifs : favoriser l'émergeance de l'électorat féminin pour l'amener à voter pour lui. Sans cette mesure, jamais l'Algérie indépendante n'aurait accordé le droit de vote aux femmes. Même promues électrices, c'est toujours l'homme qui va voter pour elles, avec la complicité et la bénédiction du pouvoir et du régime algériens qui n'a pas changé depuis 1962, malgré les coups d'Etat de salons.

Depuis 1945, les femmes françaises n'ont pas cessé le combat pour l'égalité des droits et elle a donné l'égalité des chances à ses filles et ses garçons. Ceci ne veut pas dire qu'elle réduit l'homme, bien au contraire, elle en a fait, il est devenu son partenaire, son complice au travail et à la maison (et aussi au lit). Quel mal y a t-il à prendre de la graine quand elle bonne, quand par l'histoire sociale elle a fait et donné des preuves.

Quant à la corruption, nous savons où elle règne et quel bois l'alimente : celui du faux prêche et des faux prophètes et des faux dévots.

C'est Cheikh Mohand-ou-Lhoucine qui a dit, parlant de l'école française inspirée par Jules Ferry, "ecc-as lheb, ejj-as alim" (prend sa graine et laisse lui l'ivraie).

P.S. : Une petite question. Toi qui a choisi ce pseudonyme, pourquoi dans l'imagerie populaire, Tassadit (de l'arabe saâada, signifie la bienheureuse) est toujours présentée comme la bonniche de son dieu et maître, son mari ? Est-ce seulement là son rôle, le servir et lui faire une progéniture nombreuse (des garçons surtout), lui obéire au doigt et à l'oeil ?

Sioux
08/02/2003, 00h40
Provient du message de L'ALGEROISE


J'ai eu la chance d'avoir un père démonstratif, extravertis, qui n'a jamais hésité à nous montrer combien il nous aimait.

Amicalement vôtre


Je suis d'accord avec toi mais concernant l' aspect demonstratif
je suis plus nuancé.

En effet , assez souvent en Algerie ,on n' est pas trop demonstratif , on manifeste pas trop l' affection.

Personnellement je suis issu d'une famille à la fois communicante et peu demonstrative à fortiori avec les personnes exterieures à la famille .

J' ai été très heureux, aimé demonstrativement quand j' etais gamin ( avec des manifestations surtout Mère , grande soeur, et père).
Après l' enfance , l' habitude chez nous globalement (surtout le père ) c'est un amour pas trop demonstratif .
D' une maniere generale , dans la famille pas d'embrassades accolades à l' exces, à répetition.

En fait ça bavarde (des manifestations d'affection enfants/parents ) mais pour l' ensemble de la famille la pudeur est importante.
Je ne dis pas c'est bien ou pas mais ça influence .
En fait c'est un avantage ( pour se former aux rapports en société) et un inconvenient.

Y a longtemps, j' ai perçu les inconvenients de certaines habitudes .
On peut facilement passer pour "froid" et tout le monde n' a pas vecu dans le même type de famille, alors faut faire attention .

Et puis on evolue,
Aujourd'hui je suis un chaleureux ,communicant mais me livrant peu personnellement, ( bavard selectif)

Au fil de mes voyages , je me suis aussi rendu compte que les d'origine Algerienne n' etaient pas les seuls dans ce cas.
Toi qui as vecu en Allemagne je crois , tu es peut être allée te promener dans des montagnes en Autriche ou Suisse et dans ces coins y a aussi un peu de cette tendance à la faible demonstration du sentiment.
C'est kif kif dans plein de coins en Europe , idem chez les "anciens" dans des régions plus rurales de France

C'est vrai,
Cette pudeur des sentiments à l' excès alliée aux archaïsmes, lourdeurs , visions dejantées du religieux, pressions sociales que tu as soulignées ça fait des degats terribles en Algerie.
la sphère privé de l' individu devient un cachot, un champs de mines .


.

Sioux
08/02/2003, 01h28
[QUOTE]Provient du message de Ali SAYAD
[B]Tassadit,

Je ne sais pas si tu as vécu en Algérie et si tu connais le système à travers les dits et les non-dits (les silences, il faut savoir les lire). "


D'accord avec toi Ali et j' ajoute même que sans aller en Algerie , il suffisait de voir en France dans les années 1980 certains raisonnements, agissements et paroles dans des familles d'immigrés algeriens des années 50/60 pour imaginer ce que ça devait être dans l' Algerie des campagnes , des ptites villes et des grandes villes au quotidien.

sans parler des comptes rendus du cousin en visite periodique en France

zombretto
08/02/2003, 11h12
... si tu veux trinquer au champagne j'en ai du bon aussi.
... pour revenir a cette histoire je trouve que les nomenklaturistes font ce qu'ils veulent la bas et jugent comme il veulent en contradiction meme avec ceux qu'ils apprennent aux gamins a l'ecole et ce qu'ils surinent a la tele . Et ce, quand ca les arrangent.
... mieux vaut en rire si ce n'est ce pauvre malheureux qui va se faire guillotiner.
:)