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Voir la version complète : Le vocabulaire et ses mystères


ben
26/11/2002, 20h56
Faut-il être pour ou contre la féminisation des noms ? Quand on voit l'usage qui est en est fait, on peut se poser la question...


Un gars:c'est un jeune homme
Une garce:c'est une ****


Un courtisan:c'est un proche du roi
Une courtisane:c'est une ****


Un masseur:c'est un kiné
Une masseuse:c'est un ****


Un coureur:c'est un joggeur
Une coureuse:c'est une ****


Un rouleur:c'est un cycliste
Une rouleuse :c'est une ****


Un professionnel:c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle:c'est une ****


Un homme sans moralité:c'est un politicien
Une femme sans moralité:c'est une ****


Un entraineur:c'est un homme qui entraine une équipe sportive
Une entraîneuse:c'est une ****


Un homme à femmes:c'est un séducteur
Une femme à hommes :c'est une ****


Un homme public:c'est un homme connu
Une femme publique:c'est une ****


Un homme facile:c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile:c'est une ****



Un homme qui fait le trottoir:c'est un paveur
Une femme qui fait le trottoir:c'est une ****


Nokta de Ben: Les hommes sont peut-être des rustres, mais au moins, la langue française est de leur côté!

ben
26/11/2002, 20h59
Detruit

ben
26/11/2002, 21h13
MADAME DE POMPADOURhttp://www.harissa.com/D_Souvenirs/images/abd_gueche_8.jpg
ROSES DU DESERT EMOTIONNELhttp://www.harissa.com/D_Souvenirs/images/abd_gueche_16.jpg

Lisebeth
26/11/2002, 21h46
Provient du message de ben
Faut-il être pour ou contre la féminisation des noms ? Quand on voit l'usage qui est en est fait, on peut se poser la question...


Un gars:c'est un jeune homme
Une garce:c'est une ****


Un courtisan:c'est un proche du roi
Une courtisane:c'est une ****


Un masseur:c'est un kiné
Une masseuse:c'est un ****


Un coureur:c'est un joggeur
Une coureuse:c'est une ****


Un rouleur:c'est un cycliste
Une rouleuse :c'est une ****


Un professionnel:c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle:c'est une ****


Un homme sans moralité:c'est un politicien
Une femme sans moralité:c'est une ****


Un entraineur:c'est un homme qui entraine une équipe sportive
Une entraîneuse:c'est une ****


Un homme à femmes:c'est un séducteur
Une femme à hommes :c'est une ****


Un homme public:c'est un homme connu
Une femme publique:c'est une ****


Un homme facile:c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile:c'est une ****



Un homme qui fait le trottoir:c'est un paveur
Une femme qui fait le trottoir:c'est une ****


Nokta de Ben: Les hommes sont peut-être des rustres, mais au moins, la langue française est de leur côté!


On a souvent mis en évidence le parrallélisme qui existe entre toutes formes d'oppression (homme/ femme), classe dominante/classe dominée, blancs/ hommes de couleur, peuple colonisateur/peuple colonisé, etc..
Ces rapports se reflètent dans une langue (sexisme est formé sur racisme avec la même orientaion à sens unique), non seulement dans l'usage differentiel de celle -ci, mais encore surtout dans sa structure meme et singulièrement dans le domaine lexical.

C'est la structuration du domaine lexical qui sert à qualifier les femmes et à les denigrer, et qui fait d'elles et de leurs corps, métaphoriquement, la source inépuisable ses injures et des jurons

La péjoration de la femme est omnipresente dans la langue, à tous les niveaux et dans tous les registres.

Dès l'enfance, chacun apprend que certains mots sont porteurs de prestige alors que les autres évoquent le ridicule ,la faiblesse, la honte. Le petit garçon se sent conforté , soutenu, approuvé dans ses aspirations de petit coq. La fille se sent vite coincée dans le rôle de poule : poule mouillée, poulette, poule mere caquetante, cocotte, poupoule, poule de luxe, mère-poule ou poule pondeuse, à moins qu'elle ne soit une bécasse(becassine) , une oie blanche, une dinde(bref, toute la basse cour y passe)

Le dictionnaire est une création idéologique. Il reflète la société et l'idéologie domi,ante. En tant qu'autorité indiscutable en tant qu'outil culturel, le dictionnaire joue un rôle de fixation et de conservation, non seulement dans la langue mais aussi des mentalités et de l'idéologie.

Toute révolution devrait s'accompagner d'une reforme du dictionnaire comme disait Hugo

Cordialement

ben
26/11/2002, 22h22
LISEBETH, je crois que tu es une martienne et je pense que je suis un martien , les rapports humains sont trop complicqués pour moi , apres tout dans la solitude il y a du positif ( je donne peut etre l'impression de negativer mais au contraire je positive ) mais tout de meme j'ai du mal a comprendre le comportement de mes semblables et je n'ai ni l'envie ni le pouvoir de changer les choses , je constate une fois de plus une certaine lethargie.

Lisebeth
27/11/2002, 08h37
Provient du message de ben
LISEBETH, je crois que tu es une martienne et je pense que je suis un martien , les rapports humains sont trop complicqués pour moi , apres tout dans la solitude il y a du positif ( je donne peut etre l'impression de negativer mais au contraire je positive ) mais tout de meme j'ai du mal a comprendre le comportement de mes semblables et je n'ai ni l'envie ni le pouvoir de changer les choses , je constate une fois de plus une certaine lethargie.


Suite

Les injures à caractère sexuel signalent le mépris de la femme , mais plus pronfodement, elles sont dues à la peur de la femme plutot peur de l'impuissance, dont la femme est juge et témoin; doù la nécessité de l'homme, d'attaquer le premier. La femme n'est qu'une p***e, ou bien elle est frigide, ou bien encore mal-b****e, ce qui consistue l'injure suprême surtout nevers les feministes ou celles qui osent remettrent en cause l'ordre pallocratique.
C'est un fait bien connu qu'une femme qui dépose plainte pour viol est automatiquement traitée de p***** ou autre terme semblabe. En effet, si elle excite le desir de l'homme, c'est qu'elle veut bien se vendre ou se laisser prendre. On ne peut pas à la fois avoir l'aspect de la marchandise et refuser de se vendre.

Il existe un echantillon du repertoire des injures s'adressant aux femmes

Cordialement

Lisebeth
27/11/2002, 08h51
Provient du message de ben
Faut-il être pour ou contre la féminisation des noms ? Quand on voit l'usage qui est en est fait, on peut se poser la question...


Un gars:c'est un jeune homme
Une garce:c'est une ****


Un courtisan:c'est un proche du roi
Une courtisane:c'est une ****


Un masseur:c'est un kiné
Une masseuse:c'est un ****


Un coureur:c'est un joggeur
Une coureuse:c'est une ****


Un rouleur:c'est un cycliste
Une rouleuse :c'est une ****


Un professionnel:c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle:c'est une ****


Un homme sans moralité:c'est un politicien
Une femme sans moralité:c'est une ****


Un entraineur:c'est un homme qui entraine une équipe sportive
Une entraîneuse:c'est une ****


Un homme à femmes:c'est un séducteur
Une femme à hommes :c'est une ****


Un homme public:c'est un homme connu
Une femme publique:c'est une ****


Un homme facile:c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile:c'est une ****



Un homme qui fait le trottoir:c'est un paveur
Une femme qui fait le trottoir:c'est une ****


Nokta de Ben: Les hommes sont peut-être des rustres, mais au moins, la langue française est de leur côté!


Quelques alternatives théoriques possibles:

-boulanger/ boulangère, cuisinier /: cuisinière: seule le cuisinier a le droit au titre de chef

-couturier/ couturière; il est à peu près certain que la formation est inversée. Le masculin venant du féminin

-policier/ policière : mais femme flic, finquesse, fliquette, termes de dérision

-soldat/soldate ne peut pas être employée sérieusement, aussi prefère t'-on femme soldat

-clocharde et poivrote s'imposent sans aucune diffilcutés. La langue populaire a m^meme formé dans quelques cas, sur ce modèle des féminins comportant un d ou t parasite pour faire jouer l'analogie

cordialement

Azrem
27/11/2002, 14h23
Tous les noms de catastrophes sont féminins!
Les tornades, les cyclones...

leeli
27/11/2002, 14h34
on dit UN cyclone !!! ....un seisme, un déluge, un ouragan, un typhon..

Azrem
27/11/2002, 14h41
Provient du message de leeli
on dit UN cyclone !!! ....un seisme, un déluge, un ouragan, un typhon..

Certes on dit UN cyclone, mais quand il s'agit de nommer ces cyclones qu'est ce qu'on choisit comme prénom?
voici un petit extrait:

NOM DES CYCLONES DE L'HÉMISPHÈRE SUD (remerciements à Heming Julien, Jack Beven, Gary Padgett, Frank Woodcock et Lamelle Jon.)
Sud-Ouest de l'Océan Indien (ouest du 90E)

96-97 97-98 98-99 99-2000
Antoinette Aimay Alda Astride
Bordella Bibianne Birenda Babiola
Chantelle Cindy Chikita Connie
Daniella Donaline Davina Damienne
Elvina Elsie Evrina Eline
Fabriola Fiona Francine Felicia
Gretlle Gemma Genila Gloria
Helinda Hillary Helvetia Hudah
Iletta Ireland Irina Innocente
Josie Judith Jocyntha Jonna
Karlette Kimmy Kristina Kenetha
Lisette Lynn Lina Lisanne
Maryse Monique Marsia Maizy
Nelda Nicole Naomie Nella
Ocline Olivette Orace Ortensia
Phyllis Prisca Patricia Priscilla
Rolina Renette Rita Rebecca
Sheryl Sarah Shirley Sophia
Thelma Tania Tina Terrence
Venyda Valencia Veronique Victorine
Wiltna Wanicky Wilvenia Wilna
Yolette Yandah Yatride Yanselma

(désolé pour la mise en page)

leeli
27/11/2002, 15h00
Provient du message de Azrem


Certes on dit UN cyclone, mais quand il s'agit de nommer ces cyclones qu'est ce qu'on choisit comme prénom?


merci pour ton petit extrait mais faut que tu saches ces noms se suivent par ordre alphabétique, et on alterne un prénom féminin avec un prénom masculin....un gars...une fille...un gars..une fille.

Azrem
27/11/2002, 15h07
Provient du message de leeli


merci pour ton petit extrait mais faut que tu saches ces noms se suivent par ordre alphabétique, et on alterne un prénom féminin avec un prénom masculin....un gars...une fille...un gars..une fille.

Daniella Donaline Davina Damienne
Elvina Elsie Evrina Eline
Fabriola Fiona Francine Felicia
Gretlle Gemma Genila Gloria

où tu vois un prénom féminin la dessus??

leeli
27/11/2002, 15h23
Provient du message de Azrem


Daniella Donaline Davina Damienne
Elvina Elsie Evrina Eline
Fabriola Fiona Francine Felicia
Gretlle Gemma Genila Gloria

où tu vois un prénom féminin la dessus??

azrael,
dans ta liste, ils sont tous feminin, tu voulais surement dire masculin,
j'ai pas le temps de scruter le site de météo France, pour te sortir la liste des noms masculins mais le cyclone Hugo, est bien connu...:)

ben
28/11/2002, 05h32
Intervention divine, c’est la lecture d’une poésie qui mêle la guerre, la paix, le rêve, la tristesse et l’amour.

---------------------http://www.lorient-lejour.com.lb/aujourdhui/images/art32811.jpg

La scène qui se démarque des autres, peut-être de par son côté plus violent, est celle de la Palestinienne-ninja. Ce n’en est pas moins un moment symbolique où la Palestine prend la forme d’une femme invincible vêtue d’une keffieh et qui multiplie des contorsions corporelles extraordinaires tout en lançant des bombes sur des soldats israéliens. Là, le spectateur se trouve face à ''l’espace poétique''.
Intervention divine, c’est la lecture d’une poésie qui mêle la guerre, la paix, le rêve, la tristesse et l’amour.

leeli
28/11/2002, 10h10
Je conseille vivement d'aller voir le film.....

Comment parler de poésie......... sans évoquer la scene ou un ballon de baudruche Arafat est lancé au dessus de Jérusalem.........par deux amants....... qui se retrouvent chaque jour dans leur voiture .............pour tenter de vivre leur histoire d'amour ..... se regarder dans les yeux tout en se caressant les mains.....devant un post frontalier juif. :)

cinéphilement,
leeli.

ben
28/11/2002, 13h02
Il existe des réalisateurs dont la vie est tellement riche d’évènements et de vécus que l’on se doit de les signaler afin de mieux comprendre leurs œuvres. Élia Suleiman en fait partie.
Il est né en 1960, à Nazareth, de parents arabes. Comme certains Palestiniens, il détient des papiers d’identité israéliens. Ce passeport de l’État hébreu lui permet ainsi de quitter pour les États-Unis. En 1982, il débarque à New York où il fait la rencontre, déterminante, avec le scénariste John Berger qui devient son père spirituel. Suleiman réalise d’abord des courts-métrages dont Introduction to the End of an Argument, qui montre la représentation des Arabes à la télévision et au cinéma hollywoodien. En 1996, Suleiman quitte les États-Unis et tente de s’installer à Ramallah. Son premier long-métrage, Chronique d’une disparition, qui traite de l’identité palestinienne, obtient le prix du meilleur premier film à Venise. En 1999, il s’installe à Paris, multiplie les allers-retours à Nazareth et Ramallah, et passe beaucoup de temps au Liban. En 2001, son moyen-métrage Cyber Palestine est présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Un an plus tard, toujours à Cannes, Intervention divine obtient le prix spécial du jury.
Voilà donc le résumé simplifié d’une vie marquée par une rapide ascension professionnelle, par des exils et des voyages continus. «D’avoir vécu une vie nomade est au fond mon privilège. Ce qui reste à l’image est le mélange de ces mondes, des sensations et des éléments de pensée qu’ils m’ont inspiré. Une complexité inédite se déploie, dont on ne peut pas définir la provenance. Elle ouvre sur un monde nouveau: celui dans lequel nous vivons.» Nous l’aurons compris, Intervention divine est totalement imprégné du vécu de Suleiman.
La beauté du film réside dans le fait que les personnages gagnent en poids et en présence non par leurs mots, mais par leur simple corps. Ils existent dans l’espace et on les sent bien présents sur «leur» terre. Ce film quasi muet renforce cette idée grâce aux plans fixes et frontaux que le réalisateur utilise afin de bien encadrer la présence des personnages.
Dans Intervention divine, ne vous attendez pas à voir une profusion d’armes à feux. En effet, il existe une arme bien plus dangereuse qu’une mitraillette, qu’un cocktail Molotov ou qu’un M16… c’est l’arme du regard. Tout dans ce film passe par le regard, que ce soit la mélancolie, la tristesse, l’énervement ou l’amertume. Le regard, c’est également la seule arme capable de faire chuter le «check point» qui sépare Jérusalem de Ramallah.
On fait la guerre en utilisant un regard, on fait l’amour en se tenant par la main… le corps, toujours le corps qui est mis en valeur et qui nous emmène dans un voyage poétique, fantastique, spirituel, plus que dans un voyage de guerre et de paix.

Là, le spectateur se trouve face à ce que Élia Suleiman appelle «l’espace poétique»; en d’autres termes, à chacun la liberté d’interpréter la scène. Cependant, on s’accordera tous à affirmer que l’imagination, le rêve et la poésie sont utilisés au service du malheur palestinien.
Même l’humour, très présent dans le film, trahit le désespoir et la mélancolie de ce peuple. Intervention divine, c’est la lecture d’une poésie qui mêle la guerre, la paix, le rêve, la tristesse et l’amour.
«Si je fais des films, c’est pour créer une réalité potentielle meilleure. C’est pour abattre des barrières et pas pour en créer. C’est pour nous libérer de toutes les règles et les règlements imposés à nous par les structures au pouvoir; pour avoir du plaisir et chercher le désir, et les manques du présent. Aussi intensément que possible.»