ben
24/11/2002, 01h23
Nos dévotions terminées, il serait peut-être opportun de jeter un regard sur la condition de la femme en Algérie, sans encourir, toutefois, le courroux des gardiens de l’orthodoxie sécuritaire.
Je viens, simplement, de lire dans la presse une information selon laquelle le Bahreïn vient de nommer à son Conseil consultatif, six femmes sur 40 membres, une proportion de 15%. Faut-il rappeler qu’il existe un fort contingent de femmes députées et ministres en Chine, au Japon, en Corée, au Vietnam. Mieux encore, plusieurs Etats de ce continent ont mis des femmes à leur tête: le Pakistan, l’Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh, l’Indonésie, les Philippines. Les mâles dans ces pays ne se sont pas senti diminués pour autant. Pourquoi donc nos “néandertals” locaux doivent-ils considérer le “phénomène” comme portant atteinte à leur dignité, voire à leur virilité?
Bien entendu, il serait inutile de perdre le temps en digressions pour évoquer la parité (hommes, femmes) telle qu’elle est en train d’être appliquée en Union européenne. A titre d’exemple, elle serait actuellement de 50% pour la Suède, 35% pour l’Allemagne, 34,5% pour la France, 22% pour la Grande-Bretagne. Cependant, cela ne semble nullement satisfaire les Françaises dont l’une des plus célèbres, Françoise Giroud, a laissé tomber: “Les femmes seront égales aux hommes lorsque l’on nommera à un poste important une femme incompétente”.
Mais, arrêtons de parler politique. Parlons plutôt de démocratie sociale. Ne sommes-nous pas à la pointe de l’évolution dans ce domaine? Ainsi, chez nous autres avant-gardistes du progrès, les femmes ont parfaitement le droit de montrer leurs cuisses, d’exhiber leurs ****** (béni soit l’inventeur du string), de déverser leurs seins à propos et hors de propos sur tout ce qui bouge, mais pas de donner leur nationalité à leur mari et à leurs enfants.
En Algérie, un Algérien marié à une étrangère a le droit de donner sa nationalité à ses enfants et à sa femme, l'Algérienne non. Il existe un nouveau projet de loi dans ce domaine, encore plus scandaleux, qui octroie à une étrangère, devenue lalgérienne par le mariage, divorcée du mari algérien et remariée à un étranger, le droit de donner la nationalité algérienne aux enfants de ce second mariage si le mari vient de décéder. Faut-il dans ce cas, pour obtenir justice, mettre de l’arsenic dans l’assiette des maris? :)
La femme adultère. Ce n’est pas bien joli, c’est même assez moche. Mais il faut deux pour danser le tango. Ce n’est pourtant pas là l’avis du législateur, car une femme qui commet l’adultère est passible de lourdes peines, alors que l’homme, lui, n’est pénalisé que pour la forme et à condition que l’acte ait lieu au domicile conjugal.
Les crimes d’honneur. Si un homme soupçonne sa sœur, sa femme, sa fille ou sa mère de mauvaise conduite et entreprend de la ou de les massacrer, il bénéficiera, lors de son procès, de circonstances atténuantes sinon d’excuse absolutoire. Alors que la femme qui surprend son mari en flagrant délit est jugée pour assassinat.
Où est la notion d’égalité? A cette question, un autre sexiste, mais sympathique celui-là, Sacha Guitry répondait jadis par une boutade: “Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures, si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales”. C’était il y a longtemps, il est vrai, mais cela conforte l’ego démesuré de nos artabans locaux et fait écho à leur devise favorite: “Sois belle et tais-toi”.
Reste à savoir, au constat des dégâts que ces messieurs ont accumulés sur leurs pas et de l’impasse où ils ont menés les femmes, s’il y a vraiment là de quoi être fiers.
Je viens, simplement, de lire dans la presse une information selon laquelle le Bahreïn vient de nommer à son Conseil consultatif, six femmes sur 40 membres, une proportion de 15%. Faut-il rappeler qu’il existe un fort contingent de femmes députées et ministres en Chine, au Japon, en Corée, au Vietnam. Mieux encore, plusieurs Etats de ce continent ont mis des femmes à leur tête: le Pakistan, l’Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh, l’Indonésie, les Philippines. Les mâles dans ces pays ne se sont pas senti diminués pour autant. Pourquoi donc nos “néandertals” locaux doivent-ils considérer le “phénomène” comme portant atteinte à leur dignité, voire à leur virilité?
Bien entendu, il serait inutile de perdre le temps en digressions pour évoquer la parité (hommes, femmes) telle qu’elle est en train d’être appliquée en Union européenne. A titre d’exemple, elle serait actuellement de 50% pour la Suède, 35% pour l’Allemagne, 34,5% pour la France, 22% pour la Grande-Bretagne. Cependant, cela ne semble nullement satisfaire les Françaises dont l’une des plus célèbres, Françoise Giroud, a laissé tomber: “Les femmes seront égales aux hommes lorsque l’on nommera à un poste important une femme incompétente”.
Mais, arrêtons de parler politique. Parlons plutôt de démocratie sociale. Ne sommes-nous pas à la pointe de l’évolution dans ce domaine? Ainsi, chez nous autres avant-gardistes du progrès, les femmes ont parfaitement le droit de montrer leurs cuisses, d’exhiber leurs ****** (béni soit l’inventeur du string), de déverser leurs seins à propos et hors de propos sur tout ce qui bouge, mais pas de donner leur nationalité à leur mari et à leurs enfants.
En Algérie, un Algérien marié à une étrangère a le droit de donner sa nationalité à ses enfants et à sa femme, l'Algérienne non. Il existe un nouveau projet de loi dans ce domaine, encore plus scandaleux, qui octroie à une étrangère, devenue lalgérienne par le mariage, divorcée du mari algérien et remariée à un étranger, le droit de donner la nationalité algérienne aux enfants de ce second mariage si le mari vient de décéder. Faut-il dans ce cas, pour obtenir justice, mettre de l’arsenic dans l’assiette des maris? :)
La femme adultère. Ce n’est pas bien joli, c’est même assez moche. Mais il faut deux pour danser le tango. Ce n’est pourtant pas là l’avis du législateur, car une femme qui commet l’adultère est passible de lourdes peines, alors que l’homme, lui, n’est pénalisé que pour la forme et à condition que l’acte ait lieu au domicile conjugal.
Les crimes d’honneur. Si un homme soupçonne sa sœur, sa femme, sa fille ou sa mère de mauvaise conduite et entreprend de la ou de les massacrer, il bénéficiera, lors de son procès, de circonstances atténuantes sinon d’excuse absolutoire. Alors que la femme qui surprend son mari en flagrant délit est jugée pour assassinat.
Où est la notion d’égalité? A cette question, un autre sexiste, mais sympathique celui-là, Sacha Guitry répondait jadis par une boutade: “Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures, si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales”. C’était il y a longtemps, il est vrai, mais cela conforte l’ego démesuré de nos artabans locaux et fait écho à leur devise favorite: “Sois belle et tais-toi”.
Reste à savoir, au constat des dégâts que ces messieurs ont accumulés sur leurs pas et de l’impasse où ils ont menés les femmes, s’il y a vraiment là de quoi être fiers.