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Voir la version complète : La première fois, souvenirs de Bélaïd Aït-Ali


Ali SAYAD
17/11/2002, 15h45
Belaïd Aït-Ali, son nom d’état civil Belaïd IZARAR, fut le premier écrivain kabyle d’expression kabyle. Il mourut le 12 mai 1950 dans le pavillon des incurables d’un hôpital en Oranie, loin de son pays natal. Ses « Cahiers » sont l’œuvre posthume de cet inconnu qui naquit en 1909 à Azrou-ou-Kellal (Azr’ uqellal). Ses errances, - elles avaient commencé tôt, au gré des affectations de sa mère, première institutrice kabyle - l’ayant ramené au pays, Belaïd fréquenta l’école publique d’Azrou mais n’y obtint pas le CEP (certificat d’études primaires), n‘ayant pas été « présenté ». A quinze ans, le voilà lancé dans la vie. On le marie contre son gré et, peu de temps après, la jeune femme bien plus âgée que lui fut renvoyée. Dans l’extrait qui suit, c’est cette expérience malheureuse qu’il décrit, il traduit, de manière magistrale, sans rien cacher et avec franchise, les relations hommes-femmes en Kabylie. La traduction française, on la doit aux Révérends Pères J.-M. Dallet et J.-L. Degezelle. C’est ce dernier qui poussa Béla à l’écriture kabyles pour raconter « les innombrables Timouchouha » [contes] de son pays. La parole est à Belaïd :

« (…)
« Ma première femme, Fadhma Aït-S… était d’un village tout proche, la pauvre !… Quand je repense à tout ça !… Eh oui, la pauvre, car, maintenant, son souvenir me fait mal : j’ai comme un regret de m’être conduit envers elle comme je l’ai fait : depuis ce temps-là - vingt ans ont passé, à partir du jour où j’épousai cette femme que je devrai répudier, - j’ai compris ce que c’est que le mariage et combien d’amertume il peut comporter. Aussi, je crois que, si c’était possible, je lui demanderai pardon. Remarquez bien d’ailleurs que, en toute conscience, ce n’est pas que je lui en voulais : non, je n’en voulais pas. Je ne l’aimais pas et penser à elle m’était insupportable : je ne pouvais plus la voir.

« C’est ma mère qui avait fait les démarches coutumières : fiançailles, contrat et noces. Je ne l’avais pour ainsi dire jamais vue avant qu’elle n’arrivât chez nous; elle était bien plus âgée que moi : elle devait avoir vingt-cinq à trente ans alors que j’en avais sans doute quinze ou seize, mais ce n’est pas cela qui aurait pu faire obstacle. Alors était-ce le fait qu’elle ronflait, ou son aspect physique, ou autre chose, je finis par avoir d’elle une sorte de peur. Aussi, après la semaine qu’on dit de "la jeune épousée", je déclarais tout net aux miens : Que le plus décidé d’entre vous vienne donc me dire d’aller coucher avec elle !… Ah ! Quand je m’en souvient !…

«C’est comme si j’y étais encore : quand venait l’heure d’aller se coucher, mon frère Lounès et sa femme se retiraient dans la "petite chambre"; ma mère et le reste de la tribu occupaient la pièce principale de la maison, et tout le monde fermait toutes les portes. La pauvre Fadhma montait m’attendre, dans la chambrette de la "vieille soupente" et moi, puisqu‘on m‘avait mis dehors, je venais m‘étendre ici, sur la banquette de terre [de l‘ "asqif"].

« Ce régime dura longtemps, jusqu‘au jour où ma mère se douta de quelque chose : elle sortit donc une nuit et me trouva couché ici, tandis que "l‘autre" ronflait là-haut. Elle ne me dit rien, peut-être par pudibonderie, mais, le lendemain, elle mettait au courant ma sœur aînée Fatima. (Ma mère savait que nous obéissions à Fatima bien mieux qu‘à elle-même : c‘était notre aînée à tous et, quand nous étions petits, c‘est elle qui nous administrait les corrections. Plus tard, quand nous eûmes grandi, notre attitude à son égard resta empreinte de crainte respectueuse, de timidité. Et puis, elle se comportait avec nous comme l’aurait fait une Française : quand elle avait quelque chose à nous reprocher, elle le disait : elle ne se laissait pas retenir par ces scrupules de pruderie qu’une femme kabyle éprouve toujours à l’égard de ses frères, même s’ils sont beaucoup plus jeunes qu’elle.)

« Une fois donc, alors que tout le monde était couché, Grande Sœur Titi [Nana Titi], -c’était ainsi que nous l‘appelions,- descendit à pas feutrés l‘ecalier de l‘étage et me trouva couché ici, dans ce passage. Elle me secoua :

« - Que fais-tu ici ? (Et pour que Fadhma Aït-S… là-haut, qui sûrement, ne dormait pas, ne puisse pas nous comprendre, elle ajouta en français : ) Monte te coucher !
« - Non !
« - Allons, monte, voyons !

« Mais baste ! Elle eut beau y aller de supplications et de bonnes paroles, je ne bougeais pas. Je savais qu‘elle ne me frapperait pas : j‘étais trop grand pour redouter des coups qui ne me feraient pas mal et elle le savait aussi.

« Je la laissais donc se fatiguer à me sermonner sans résultat. Elle monta chez elle et redescendit bientôt avec, plié dans le creux de sa main… un billet de vingt francs ! A cette époque, je n‘avais pas encore commencé à boire, mais j‘avais tout de même besoin d‘argent : je fréquentais quelques joyeux lurons, allais au café, achetais des livres; bref, il me fallait de l‘argent de poche. Ma bonne vieille Titi l‘avait remarqué : depuis ce temps-là, ce fut comme un accord tacite entre nous : quand je faisais la grimace pour aller coucher à l’étage, il me tombait dix ou vingt francs, toujours à pic ! Reste à savoir si Dieu, qui aura tant à me pardonner, laisserait aussi passer cette fourberie ?… O souvenirs !…

« Malgré tout, je finis par trouver le moyen d’éviter d’aller dormir avec Fadhma. Il y avait alors chez nous une petite Nouara Aït-H…, une fille de ma sœur Fadhma et qu’elle avait eu d’un premier mariage. Elle avait deux ou trois ans et m’aimais beaucoup. Moi, à coup de bonbons, je lui apprenais sa leçon : au moment d’aller dormir, elle se mettait à pleurer et à rugir : Rien à faire, je veux aller dormir avec mon oncle Bélaïd et pas ailleurs ! Alors, je l’emportais dans la "vieille soupente" et la couchais entre Fadhma et moi. Fadhma alors, comprenait qu‘elle passerait une nuit de plus à se morfondre, se mettait à pleurer.

« On dit bien : c‘est ce qu‘on a semé que l‘on récolte ! Depuis ce temps-là, vingt ans, exactement, ont passé. Nous n‘étions pas mariés depuis un an que je la répudiais. Après quoi, j‘aillais faire mon service militaire, puis m‘embarquai pour la France où je restais longtemps. A mon retour, je me remariai. Qui fait pleurer une femme, une femme le fera pleurer : encore une sentance inéluctable, paraît-il. Eh bien, Dieu sait si j‘ai payé !

« La semaine dernière, comme je rentrais du Djemaa où je travaille, à l‘embranchement du Chemmakh, je rencontrai par hasard cette pauvre Fadhma qui prenait la direction des Aït-M… Elle avait avec elle une gamine de dix ans ou onze ans. Je savais depuis longtemps qu‘elle s‘était remariée avec quelque‘un des Aït-M… et qu‘elle avait eu une fille. Je les reconnus toutes deux et elle aussi me reconnut; la petite fille ne savait pas qui j‘étais. En arrivant à ma hauteur, la femme me vit et baissa les yeux Je ne me sentais pas obligé à tant de retenue et la regardais franchement, à grands yeux, car vraiment, il m‘avait tardé de la revoir; si ç‘avait été possible, je crois que je l‘aurais arrêtée, lui aurais adressé la parole pour lui demander, au moins de ses nouvelles, je l‘aurais fait parler d‘elle; j‘aurais embrassé cette petite qui faisait vraiment plaisir à voir, j‘aurais dit à sa mère un peu de ce qui m‘était arrivé… Mais, pour nous Kabyles, c‘eût été tellement contraire aux convenances !… Elle et sa fille passèrent devant moi sans s‘arrêter : je fis de même. Quand nous fûmes un peu éloignés les uns des autres, je regardai en arrière et je vis que toutes deux s‘étaient retournées un moment : elle avait dû dire quelque chose à sa fille … … »


BELAÏD AÏT-ALI : Les cahiers de Bélaïd ou la Kabylie d‘antan, FDB, Fort-National (Algérie), 1964, traduct. de J.-M. Dallet et J.-L. Degezelle.

Je suis en possession de la vieille édition, et en cours de mes pérégrinations internationales, j'ai perdu en chemin le texte kabyle. Il semblerait que Tamazra se trouverait en possession d'un exemplaire. Elle pourait donc donner assurer le texte kabyle de cet extrait des Cahiers de Bélaïd.

tafat
18/11/2002, 10h14
Provient du message de Ali SAYAD
[B]Belaïd Aït-Ali, son nom d’état civil Belaïd IZARAR, fut le premier écrivain kabyle d’expression kabyle. Il mourut le 12 mai 1950 dans le pavillon des incurables d’un hôpital en Oranie, loin de son pays natal. Ses « Cahiers » sont l’œuvre posthume de cet inconnu qui naquit en 1909 à Azrou-ou-Kellal (Azr’ uqellal). Ses errances, - elles avaient commencé tôt, au gré des affectations de sa mère, première institutrice kabyle - l’ayant ramené au pays, Belaïd fréquenta l’école publique d’Azrou mais n’y obtint pas le CEP (certificat d’études primaires), n‘ayant pas été « présenté ». A quinze ans, le voilà lancé dans la vie. On le marie contre son gré et, peu de temps après, la jeune femme bien plus âgée que lui fut renvoyée. Dans l’extrait qui suit, c’est cette expérience malheureuse qu’il décrit, il traduit, de manière magistrale, sans rien cacher et avec franchise, les relations hommes-femmes en Kabylie. La traduction française, on la doit aux Révérends Pères J.-M. Dallet et J.-L. Degezelle. C’est ce dernier qui poussa Béla à l’écriture kabyles pour raconter « les innombrables Timouchouha » [contes] de son pays. La parole est à Belaïd :[...]




C'est un superbe témoignage des moeurs et traditions kabyles. Il y a beaucoup de "non dit "dans notre société qui occultent les rapports hommes- femmes. Ce genre de témoignage nous éclaire sur le poids des traditions.
BIZ:)

Kal
18/11/2002, 14h13
Ce texte m'a beaucoup plu ....

Les témoignages de cette époque sont rares et précieux. Ils rendent au paysan Kabyle l'humanité qu'il avait perdu aux yeux de certains ....

L'histoire m'a bien fait rigoler et m'a rappellé quelques souvenirs : je revois par exemple ma cousine engueuler ses freres et soeurs en Français :D

Encore merci pour le texte !

bonos

Aferkiw
18/11/2002, 19h27
Est ec que ce texte est tombé dans le domaine publique ?

Provient du message de Ali SAYAD
Belaïd Aït-Ali, son nom d’état civil Belaïd IZARAR, fut le premier écrivain kabyle d’expression kabyle. Il mourut le 12 mai 1950 dans le pavillon des incurables d’un hôpital en Oranie, loin de son pays natal. Ses « Cahiers » sont l’œuvre posthume de cet inconnu qui naquit en 1909 à Azrou-ou-Kellal (Azr’ uqellal). Ses errances, - elles avaient commencé tôt, au gré des affectations de sa mère, première institutrice kabyle - l’ayant ramené au pays, Belaïd fréquenta l’école publique d’Azrou mais n’y obtint pas le CEP (certificat d’études primaires), n‘ayant pas été « présenté ». A quinze ans, le voilà lancé dans la vie. On le marie contre son gré et, peu de temps après, la jeune femme bien plus âgée que lui fut renvoyée. Dans l’extrait qui suit, c’est cette expérience malheureuse qu’il décrit, il traduit, de manière magistrale, sans rien cacher et avec franchise, les relations hommes-femmes en Kabylie. La traduction française, on la doit aux Révérends Pères J.-M. Dallet et J.-L. Degezelle. C’est ce dernier qui poussa Béla à l’écriture kabyles pour raconter « les innombrables Timouchouha » [contes] de son pays. La parole est à Belaïd :

« (…)
« Ma première femme, Fadhma Aït-S… était d’un village tout proche, la pauvre !… Quand je repense à tout ça !… Eh oui, la pauvre, car, maintenant, son souvenir me fait mal : j’ai comme un regret de m’être conduit envers elle comme je l’ai fait : depuis ce temps-là - vingt ans ont passé, à partir du jour où j’épousai cette femme que je devrai répudier, - j’ai compris ce que c’est que le mariage et combien d’amertume il peut comporter. Aussi, je crois que, si c’était possible, je lui demanderai pardon. Remarquez bien d’ailleurs que, en toute conscience, ce n’est pas que je lui en voulais : non, je n’en voulais pas. Je ne l’aimais pas et penser à elle m’était insupportable : je ne pouvais plus la voir.

« C’est ma mère qui avait fait les démarches coutumières : fiançailles, contrat et noces. Je ne l’avais pour ainsi dire jamais vue avant qu’elle n’arrivât chez nous; elle était bien plus âgée que moi : elle devait avoir vingt-cinq à trente ans alors que j’en avais sans doute quinze ou seize, mais ce n’est pas cela qui aurait pu faire obstacle. Alors était-ce le fait qu’elle ronflait, ou son aspect physique, ou autre chose, je finis par avoir d’elle une sorte de peur. Aussi, après la semaine qu’on dit de "la jeune épousée", je déclarais tout net aux miens : Que le plus décidé d’entre vous vienne donc me dire d’aller coucher avec elle !… Ah ! Quand je m’en souvient !…

«C’est comme si j’y étais encore : quand venait l’heure d’aller se coucher, mon frère Lounès et sa femme se retiraient dans la "petite chambre"; ma mère et le reste de la tribu occupaient la pièce principale de la maison, et tout le monde fermait toutes les portes. La pauvre Fadhma montait m’attendre, dans la chambrette de la "vieille soupente" et moi, puisqu‘on m‘avait mis dehors, je venais m‘étendre ici, sur la banquette de terre [de l‘ "asqif"].

« Ce régime dura longtemps, jusqu‘au jour où ma mère se douta de quelque chose : elle sortit donc une nuit et me trouva couché ici, tandis que "l‘autre" ronflait là-haut. Elle ne me dit rien, peut-être par pudibonderie, mais, le lendemain, elle mettait au courant ma sœur aînée Fatima. (Ma mère savait que nous obéissions à Fatima bien mieux qu‘à elle-même : c‘était notre aînée à tous et, quand nous étions petits, c‘est elle qui nous administrait les corrections. Plus tard, quand nous eûmes grandi, notre attitude à son égard resta empreinte de crainte respectueuse, de timidité. Et puis, elle se comportait avec nous comme l’aurait fait une Française : quand elle avait quelque chose à nous reprocher, elle le disait : elle ne se laissait pas retenir par ces scrupules de pruderie qu’une femme kabyle éprouve toujours à l’égard de ses frères, même s’ils sont beaucoup plus jeunes qu’elle.)

« Une fois donc, alors que tout le monde était couché, Grande Sœur Titi [Nana Titi], -c’était ainsi que nous l‘appelions,- descendit à pas feutrés l‘ecalier de l‘étage et me trouva couché ici, dans ce passage. Elle me secoua :

« - Que fais-tu ici ? (Et pour que Fadhma Aït-S… là-haut, qui sûrement, ne dormait pas, ne puisse pas nous comprendre, elle ajouta en français : ) Monte te coucher !
« - Non !
« - Allons, monte, voyons !

« Mais baste ! Elle eut beau y aller de supplications et de bonnes paroles, je ne bougeais pas. Je savais qu‘elle ne me frapperait pas : j‘étais trop grand pour redouter des coups qui ne me feraient pas mal et elle le savait aussi.

« Je la laissais donc se fatiguer à me sermonner sans résultat. Elle monta chez elle et redescendit bientôt avec, plié dans le creux de sa main… un billet de vingt francs ! A cette époque, je n‘avais pas encore commencé à boire, mais j‘avais tout de même besoin d‘argent : je fréquentais quelques joyeux lurons, allais au café, achetais des livres; bref, il me fallait de l‘argent de poche. Ma bonne vieille Titi l‘avait remarqué : depuis ce temps-là, ce fut comme un accord tacite entre nous : quand je faisais la grimace pour aller coucher à l’étage, il me tombait dix ou vingt francs, toujours à pic ! Reste à savoir si Dieu, qui aura tant à me pardonner, laisserait aussi passer cette fourberie ?… O souvenirs !…

« Malgré tout, je finis par trouver le moyen d’éviter d’aller dormir avec Fadhma. Il y avait alors chez nous une petite Nouara Aït-H…, une fille de ma sœur Fadhma et qu’elle avait eu d’un premier mariage. Elle avait deux ou trois ans et m’aimais beaucoup. Moi, à coup de bonbons, je lui apprenais sa leçon : au moment d’aller dormir, elle se mettait à pleurer et à rugir : Rien à faire, je veux aller dormir avec mon oncle Bélaïd et pas ailleurs ! Alors, je l’emportais dans la "vieille soupente" et la couchais entre Fadhma et moi. Fadhma alors, comprenait qu‘elle passerait une nuit de plus à se morfondre, se mettait à pleurer.

« On dit bien : c‘est ce qu‘on a semé que l‘on récolte ! Depuis ce temps-là, vingt ans, exactement, ont passé. Nous n‘étions pas mariés depuis un an que je la répudiais. Après quoi, j‘aillais faire mon service militaire, puis m‘embarquai pour la France où je restais longtemps. A mon retour, je me remariai. Qui fait pleurer une femme, une femme le fera pleurer : encore une sentance inéluctable, paraît-il. Eh bien, Dieu sait si j‘ai payé !

« La semaine dernière, comme je rentrais du Djemaa où je travaille, à l‘embranchement du Chemmakh, je rencontrai par hasard cette pauvre Fadhma qui prenait la direction des Aït-M… Elle avait avec elle une gamine de dix ans ou onze ans. Je savais depuis longtemps qu‘elle s‘était remariée avec quelque‘un des Aït-M… et qu‘elle avait eu une fille. Je les reconnus toutes deux et elle aussi me reconnut; la petite fille ne savait pas qui j‘étais. En arrivant à ma hauteur, la femme me vit et baissa les yeux Je ne me sentais pas obligé à tant de retenue et la regardais franchement, à grands yeux, car vraiment, il m‘avait tardé de la revoir; si ç‘avait été possible, je crois que je l‘aurais arrêtée, lui aurais adressé la parole pour lui demander, au moins de ses nouvelles, je l‘aurais fait parler d‘elle; j‘aurais embrassé cette petite qui faisait vraiment plaisir à voir, j‘aurais dit à sa mère un peu de ce qui m‘était arrivé… Mais, pour nous Kabyles, c‘eût été tellement contraire aux convenances !… Elle et sa fille passèrent devant moi sans s‘arrêter : je fis de même. Quand nous fûmes un peu éloignés les uns des autres, je regardai en arrière et je vis que toutes deux s‘étaient retournées un moment : elle avait dû dire quelque chose à sa fille … … »


BELAÏD AÏT-ALI : Les cahiers de Bélaïd ou la Kabylie d‘antan, FDB, Fort-National (Algérie), 1964, traduct. de J.-M. Dallet et J.-L. Degezelle.

Je suis en possession de la vieille édition, et en cours de mes pérégrinations internationales, j'ai perdu en chemin le texte kabyle. Il semblerait que Tamazra se trouverait en possession d'un exemplaire. Elle pourait donc donner assurer le texte kabyle de cet extrait des Cahiers de Bélaïd.

Ali SAYAD
18/11/2002, 19h49
Le FDB a disparu depuis que Boumédienne a mis sous scellés les archives. Deux travaux monographiques ont été publiés par S. CHAKER à l'INALCO. Mais Salem a pris cette initiative pour encourager la publication du fichier an Algérie. Autrefois il y avait le R.P. Lanfry, mais depuis sa mort, il faudrait peut-être s'adresser à la Mission des Pères Blancs. Côté de l'auteur, il y a encore la famille, mais très lointaine qui ignore la mort de Belaid et se fout complétement de lui, comme elle ne sait pas ses écrits.

Amicalement.

L'ALGEROISE
19/11/2002, 16h42
nous serons toutes, toute ouïe, votre toute, toute première fois.
Certains de mes cousins m'ont confiée qu'ils étaient allés aux P****s à Blida. Ils se sont donnes le mot, et d'aucun d'entre eux ne sait que je sais sur l'autre. Je suis une véritable tombe.
C'est vrai que comme àa publiquement ca fait un peu osé mais bon, vous avez des pseudos.

Amicalement vôtre

ARZZAZ
21/11/2002, 13h27
que ta kestion aurait mérité un sujet à lui seul ...mais après tout il est mieux gardé ici à l ombre de Belaïd ki a trouvé le courage d écrire sur sa propre cruauté...et pas pour une fois celle des autres !!!

qd me petits cousins sont revenus du sce militaire..je savais lequel avait grandit ...!! :) les ayant tous connus et torchés bébé, ils avaient avec moi les conversations rougissantes kil n auraient eu avec aucune autre !!

Meme si j en doute... si certains d entre vous dépassent l orgueil pour dire ......vous avez d avance droit à toute mon admiration !!

vu tlufa
22/11/2002, 10h22
.....ça compte? c'est aussi une premiere fois :D

vu tlufa
22/11/2002, 10h23
......de la brablette masculine et fiminine :D

vu tlufa
22/11/2002, 10h25
branlette voilà ce que je voulais dire :D

ARZZAZ
22/11/2002, 10h34
on t as tjrs dis...pas snass thlufa en meme tps !!!! :)

vu tlufa
22/11/2002, 10h37
...à defaut de parler de la premiere fois, parlons en de la derniere fois :D

amis du samedi soir bonsoir, c'etait quand votre dernier coup de reins?


ps: j'ai dit coup de reins pas coup de main :D

L'ALGEROISE
22/11/2002, 11h17
qui n'est pas si innocente que ça,
combien d'entre vous auraient véritablement
"le courage" de parler de sa première relation sexuelle
et non de branlette comme ça à l'air de dériver.

L'intérêt de ma question avait pour but
de déterminer sans faire de statisque pour ça
le nombre de mes frères réellement évolués dans leur tête.

Je sais que pour certains votre pudeur vous empêche
de vous exprimer, mais quand même, j'avais espérer
quelque part que vous ferez un petit effort.

Amicalement vôtre :-0 :-0

ARZZAZ
22/11/2002, 11h34
..nos frères réellement évolués !!

tu as ta réponse ma soeur !!!

ps : sincèrement j adore tes questions !!!

avehri
22/11/2002, 11h42
Provient du message de L'ALGEROISE
qui n'est pas si innocente que ça,
combien d'entre vous auraient véritablement
"le courage" de parler de sa première relation sexuelle
et non de branlette comme ça à l'air de dériver.

L'intérêt de ma question avait pour but
de déterminer sans faire de statisque pour ça
le nombre de mes frères réellement évolués dans leur tête.

Je sais que pour certains votre pudeur vous empêche
de vous exprimer, mais quand même, j'avais espérer
quelque part que vous ferez un petit effort.

Amicalement vôtre :-0 :-0 Je decris pas comment j'ai tiré mon premier coup. Par contre je peux te dire que c'etait en hiver, il faisait froid, c'etait vers 1h du matin.
Pas un seul detail de plus et c'est pas de la pudeur mais ça ne te regarde pas tt simplement :D

vu tlufa
22/11/2002, 11h49
...ça risque d'être un peu hard, je demande d'abord la permission

ARZZAZ
22/11/2002, 12h13
de nous décrire toute les positions du kamasoutra que vous croyez connaitre...ya déjà des publications sur le sujet et vous seriez tentés de vous vanter !!!

c est plutôt le souvenir, les regrets ou les conditions ds lesquelles ça s est passé !!

une approche romantique !!!!

vous croyez que vous pouvez faire ça ?? !!

tafat
22/11/2002, 18h51
Provient du message de ARZZAZ
de nous décrire toute les positions du kamasoutra que vous croyez connaitre...ya déjà des publications sur le sujet et vous seriez tentés de vous vanter !!!

c est plutôt le souvenir, les regrets ou les conditions ds lesquelles ça s est passé !!

une approche romantique !!!!

vous croyez que vous pouvez faire ça ?? !!


Les hommes n'aiment pas dévoiler leurs sentiments, en se racontant ils avoueront leur sensibilité, leurs maladresses qui les rendraient touchants:ils veulent garder cette illusion qu'ils sont maîtres en toute situation........:D :p

LAREBELLE
22/11/2002, 21h30
Tafat

Les hommes n'aiment pas dévoiler leurs sentiments, en se racontant ils avoueront leur sensibilité, leurs maladresses qui les rendraient touchants:ils veulent garder cette illusion qu'ils sont maîtres en toute situation........

Je te trouve bien indulgeante envers ces messieurs qui ont besoin d'être sensibilisé sur les autres plutôt que sur eux.
Tu appelles maladresse, s'ils se racontent? Et ils seraient
touchants s'ils laissaient apparaître un peu de vrai, de ce qu'ils ont d'humain.....................

Les Maîtres du monde nous ont fait connaître, la guerre, le désastre, l'horreur. Cela n'ont jamais ni parlé, ni connu l'amour.
Les Maîtres tout court, ceux que l'on rencontre dans la rue, à savoir monsieur tout le monde, sont parfois des Maîtresses dans l'intimité. Qu'ils portent ou non les bijoux de famille sur eux ou qu'ils les offrent au voisin.

;-> ;-> ;->

L'ALGEROISE
25/11/2002, 15h49
je n'ose pas poser la question qui risquerait de me mettre à la touche voire même me faire incendier par certains forumistes.

Je la pose quand même, ne la prenait au 1er degré:p

Etes vous devenus des femmes pour garder à ce point le silence?
J'espère pas; personnellement j'ai un faible pour les hommes qui assument ce qu'ils ont, ce qu'ils font et ce qu'ils disent.

A vous lire bientôt j'espère. L'espoir fait vivre, alors vivons.

Amicalement vôtre

LAREBELLE
27/11/2002, 15h13
je vais demander à mon mari de te raconter "sa 1ère fois".
C'est pas triste.


Histoire marrante pour vous faire sourir Messieurs
vous encourager à vous raconter.

Alors qu'ils sont en voyage de noces, une jeune mariée
demande à son mari :
-que va dire la femme de chambre de l'hôtel
en voyant que ma nuisette reste, non utilisée, dans l'armoire?

-elle doit penser que tu es soigneuse
et que tu ne veux pas riquer de l'user.
L'ennui, c'est que, le jour où je tenterai
de la draguer, dans un couloir
elle risque de se mettre en tête
que tu veux m'économiser aussi.:D :cool: :p