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Voir la version complète : Un peu sur la vie de Si Mohand u mhand


Avendou
19/06/2007, 23h38
Biographie de Si Mohand
D’après Mouloud Feraoun

Il est en Kabylie un nom que tout le monde connaît, un poète dont tout le monde vénère la légende : Si Mohand ou Mehand des Ath-Irathen : Cette popularité est d’autant plus remarquable que l’œuvre de Si Mohand n’a été véhiculée, chez un peuple alors illettré et dans la langue ne s’écrit pas, que par la parole ou le chant.
On peut aussi se demander comment un poète profane a pu devenir l’incarnation d’un peuple dont la réserve n’est pas la moindre vertu et qui considère comme immorale la musique chantant l’amour. Lorsque l’on appelle le musicien afin d’animer une fête,c’est pour qu’il crée cette atmosphère facile des jours de liesses,un moment de détente ou il est permis de lâcher bride ; la fête terminée,on lui paie le prix convenu et on se hâte de l’oublier.
Si Mohand n’a pas souffert de cette réprobation. C’est qu’il ne cherche à intéresser personne, n’attend rien de personne : ce qu’il dit de lui, il le dit à lui-même.
Un jour, raconte-t-on, un ange se présenta à lui et lui fit cette proposition : « rime et je parlerai, ou bien alors parle et je rimerai. » Si Mohand choisit de parler. voila pourquoi des rimes divines ont pu servir à des paroles profanes,car le fantasque poète,nanti du précieux cadeau,se soucia moins de glorifier les anges que de traduire ses propres tourments.
Le nombre de vers que Si Mohand jeta, en tout lieu, en toute circonstance, au cours de sa vie vagabonde, serait, dit-on, incalculable. Mais il a éparpillé ses isfra, ses poèmes, comme fait le semeur dans son champ, et la graine a poussé pour donner naissance à d’autre graines : une foison d’épi, pleins ou vides, ou nous moissonnons un peu au hasard, sans trop savoir bien souvent déceler le grain de l’ivraie. Tels poèmes qu’on donne pour authentiques ne sont peut être pas de lui ; combien d’autres véritables, par contre, sont oubliés !
Que, dès le début, des admirateurs de Si Mohand, et sans doute lui-même, aient songé à en fixer certain, cela est probable :
Ceci est mon poème
Plaise à dieu qu’il soit beau
Et se réponde partout
Qui l’entendra l’écrira
Ne le lâchera plus
Et le sage m’approuvera
L’entreprise était d’ailleurs facile pour les lettrés, car tous les son Kabyle figure dans l’alphabet Arabe. Mais li ne semble pas que le poètes ou d’autres se fussent assignés une telle tache d’une façon méthodique : en fait, il n’existe aucun écrit, aucune note laissé par Si Mohand ou par l’un de ses fidèles.
Le poète parlais, autant en emporter le vent, ou presque. Ses contemporains ne mirent aucun empressement à fixer sa capricieuse inspiration au passage, comme si leur âme d’hommes simples était pénétrée de cette vérité infuse que toute tentative humaine pour s’approprier ce qui est beau demeure vaine !
Simplement il a pu susciter des imitateurs, remettre à la mode la déclamation poétique et redonner le goût de versifier à un peuple habitué à chanter ses joies et ses peines, ses exploits et sa ferveur. Et les sonnets calqués sur ceux de Si Mohand durent se multiplier à l’infini.
Lorsque, au début du siècle, Boulifa entreprit d’en recueillir un choix, il ne s’attacha pas seulement aux isfra de Si Mohand, mais il glana un peu partout. Son recueil est précédé d'une importante étude qui traite rapidement de la littérature orale Kabyle et plus longuement du rôle de la femme et de la place qu'elle occupe dans la famille, le clan ou la tribu. En somme, son ouvrage, publié en 1900, participe plus de la sociologie que de la littérature.

d'après Mouloud Feraoun
à suivre même si ça vous intéresse pas

Hmiducc
20/06/2007, 00h25
Biographie de Si Mohand
D’après Mouloud Feraoun

Il est en Kabylie un nom que tout le monde connaît, un poète dont tout le monde vénère la légende : Si Mohand ou Mehand des Ath-Irathen :
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à suivre même si ça vous intéresse pas
Saviez-vous qu'il y a une cinquante d'année, toute femme kabyle était capable de vous réciter de mémoire ses Isfra ?
Je sais que ma mère de son vivant passait son temps à les fredonner... tout en faisant un travail quelconque à la maison.

Ce n'est n'est qu'en 1978 ... que j'ai découvert ce chef d'oeuvre... transcrit grace à la memoire collective de ceux qui furent ses élèves malgré eux!

AhmedII
20/06/2007, 03h29
à suivre même si ça vous intéresse pas
Soit tu es d'un caractère pessimiste soit tu as une piètre estime des internautes de Kabyle.com. Je suis nouveau, tu sais mieux que moi. en tout cas, j'ai lu avec intérêt ce récit et j,attends la suite. Ahmed

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