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Voir la version complète : Thaqaracht nedheb (Le piège en or) -Kaci ABDMEZIEM-


lakabyle78
22/03/2006, 14h30
udiy taqarect nedheb ..................... J’ai tendu un piège en or
ramlayts secuitt ebedfel ................. Que j’ai enfoui sous une poignée de neige
zerâne ditadart awal ...................... La rumeur fit le tour du village
ennan waqila yesleb ...................... Elle disait : ce bonhomme est fou !

ma lahlakiw tsiselbi ....................... Ma foi, s’il est question de folie
tsikchi yethe tsunefk ..................... C’est qu’on m’en aura fait don
ur bghigh hed ayi dhaoui ................ Mon vœu n’est pas qu’on me soigne
elharz our yessefk ........................ Le benjoin ne fait pas l’affaire

oussagh defir etzemurt .................. J’ai fait le guet, tapi derrière l’olivier
alimi ithâda echetwa ..................... Patienté là jusqu’à la fin de l’hiver
ittij yebdhed sethsura ................... Le Soleil s’en vint alors, flanqué d’un trousseau de clefs
temagh thafat ghaf etmurt ............. Et la lumière partit à l’assaut du pays

Iruh yewwut ghar teburt ................ Il s’en fut heurter ma porte
nek ukides dhathmathen ................ -Lui et moi sommes comme frères-
enanas egmak youdhen ................. On lui fit savoir que j’allais très mal
wehan soufous gher thzemurt ......... En pointant du doigt l’olivier

ma lahlakiw tsiselbi ....................... Ma foi , si c’est de folie qu’il s’agit
tsikchi yethe tsunefk ..................... Quelqu’un m’en aura fait don
ur bghigh hed ayi dhaoui ................. Mon vœu n’est pas qu’on me soigne
el djaoui our yessefk ...................... L’amulette ne fait pas l’affaire

yebded iselmed felli ........................ Venu vers moi, il me salue
yennayi seqsagh fellak .................... Puis me dit : j’ai demandé après toi
dhi tadart es lemâani ...................... Au village, par allusions,
enand thoudhendh yir lehlak ............. On m’a laissé entendre que tu souffrais d’une méchante maladie

mouqlaghth emmlih ar oudmiss .......... L’ayant bien dévisagé,
ennigh agma thuoumnetten .............. Frère, lui dis-je, tu les as donc crus !
ouâhdaghk sthafath ed yessis .......... Par la lumière et par ses filles,
ma tesîdh dacou youghen ................ Je te jure que je ne souffre de rien !

ma lahlakiw tsiselbi ........................ Ma foi, si mon mal tient de la folie
tsikchi yethe tsunefk ...................... C’est qu’on m’en aura fait don
ur bghigh hed ayi dhaoui ................. Je ne tiens pas à être soigné
thagmats our tessefk ...................... La fraternité ne fait pas l’affaire

yennak achou kikhoussen ................ Que te manque-t-il ?, reprit-il
eh dhar aqlagh garanegh ................. Parle donc ! Nous sommes seuls !
ma dawal id shad'fen ...................... Quant à cette histoire qu’ils ont inventée,
af yiriw agma ourouminagh ............... Je jure, sur mon honneur, n’y avoir accordé aucune foi !

thoulid ghar yimiw thidets ................ La vérité, alors, se fit sur le bout de mes lèvres
ennigh semhes essliyi ...................... Prête moi donc l’oreille, mon frère, écoute ce qu’il en est :
sennaya a massa oudights ............... J’ai, tantôt, tendu un piège
ennouigh atsetef ithri ..................... Dans l’espoir d’y prendre une étoile.

ma dayagui tsiselbi ........................ S’il s’agit d’une folie
tsikchi ye the tsounefk .................... Quelqu’un m’en aura fait don
bghigh adh nesbagh thiziri ................ Je veux m’allier au clair de lune
roh agma weklaghk ......................... Va, mon frère, je te charge de plaider ma cause

roh ma yeqbel igueni ....................... Va, si le Ciel accède à ma demande
riyid ess lakhbar ............................. Porte moi la nouvelle
errwah ats rouh thi selbi .................. Ma folie s’ en ira d’elle-même
ats yaoui we ghebbar ...................... Comme poussière au grand vent….

azapit
22/03/2006, 14h47
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Dieu
Il la mit là
Offerte
Sa paume portant le baume
A étaler sur son âme cendrée
Ce philtre à l’arôme apaisant
Glané sur des autels de louanges sidérales
Aux reflets des vitraux de chapelles astrales
Dans le mystère des icônes
Et les vergers des martyrs de l’amour.
Il la mit là
Transfigurée
Les mains pleines de roses
Pour qu’il vienne inspirer dans ces jardins improvisés
L’air qui console
De l’irréparable absence.

Il la mit là car Il savait aussi
Que c’est lui qui panserait tous ses deuils insensés
Ses écorchures d’exil et ses immenses peines
Qu’il serait Mage de son poème
D’un absolu poème
Qui ne peut plus tarir

Pour qu’elle avance en tâtonnant vers lui
Dans la lenteur des songes
Diffusant le flux des mots élus
De l’art et de la convalescence
En rémission des péchés qu’on invente
Pour se punir de trop aimer.

Parce qu’elle est Kangourou
Et qu’elle l’emportera dans sa poche d’amour
Sous les soleils et dans les neiges
Sous les nuages et sur les plages
Au creux vert des forêts boréales
Dans l’or des paysages
Sages
ou sauvages

Jusqu’à la fin de l’âge



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