amazir9999
24/12/2005, 04h30
Pour ceux qui s'interresse à la philisophie de Nietzsche, j'ai ajouter ces quelques lignes. (attention, il faut bien lire, pas de conclusion attive)
Les grandes choses exigent que l'on s'en taise, ou qu'on en parle avec grandeur: avec grandeur, c'est-à-dire avec cynisme et innocence.
Ce que je raconte, c'est l'histoire des deux siècles qui vont venir. Je décris ce qui va venir, ce qui ne saurait plus venir autrement: la montée du nihilisme. Cette page d'histoire peut être contée dès maintenant: car, dans le cas présent, la nécessité elle-même est à l'oeuvre.
Celui qui prend ici la parole n'a, au contraire, rien fait jusqu'à présent, si ce n'est réfléchir et se recueillir: en philosophe et en solitaire par instinct, qui a trouvé son avantage dans la vie en dehors, à l'écart, dans la patience, l'ajournement et le retard; tel un esprit hasardeux et téméraire qui souvent s'est égaré dans tous les labyrinthes de l'avenir, tel un oiseau prophétique qui regarde en arrière lorsqu'il raconte ce qui est l'avenir.
Aucun Dieu n'est mort pour nos péchés; il n'y a pas de salut par la foi; pas de résurrection après la mort -tout cela ce sont les fausses monnaies des religions véritable et ces malheureux cerveaux brûlés sont responsables de cette supercherie. La vie qui doit servir d'exemple est faite d'amour et d'humilité; dans son abondance de coeur elle ne repousse pas l'être le plus infime, elle renonce, d'une façon formelle, à faire valoir son droit, à se défendre, à la victoire dans le sens de triomphe personnel; elle croit à la béatitude, ici-bas, sur la terre, malgré la misère, la résistance et la mort; elle est conciliante et repousse la colère et le mépris; elle ne veut pas de récompense; elle ne s'engage vis-à-vis de personne; c'est l'abandon dans ce qu'il a de plus spirituel et de plus intellectuel; une vie très fière avec la volonté de la vie pauvre et servile.
Après que l'Eglise se fut laissé prendre toute la pratique chrétienne, lorsqu'elle eut sanctionné formellement la vie dans I'Etat, ce genre de vie que Jésus avait combattu et condamné, elle fut forcée de placer ailleurs le sens du christianisme: dans la foi en des choses incroyables, dans le cérémonial des prières, des adorations, des fêtes, etc. L'idée de " péché ", de " pardon ", de " punition ", de " récompense ", tout ce qui ne jouait aucun rôle et était presque exclu du premier christianisme, tout cela fut maintenant mis au premier plan.
Un épouvantable brouillamini de philosophie grecque et de judaïsme; l'ascétisme; les perpétuels jugements et les condamnations; la hiérarchie, etc.
Une religion nihiliste, sortie d'un peuple fatigué et suranné, ayant survécu à tous les instincts violents conformes à ce peuple - transportée peu à peu dans un autre milieu, pénétrant enfin parmi les peuples jeunes qui n'ont pas encore vécu du tout - comme cela est singulier ! Un bonheur du déclin et du soir, un bonheur de bergers, prêché à des barbares, à des Germains ! Combien il fallut d'abord germaniser et barbariser tout cela ! A ceux qui avaient rêvé d'un Walhall ! - à ceux qui trouvaient tout le bonheur dans la guerre ! - Une religion sur-nationale, prêchée au milieu d'un chaos, où n'existaient même pas encore de nations !
Notre avantage, c'est de vivre à l'époque de la comparaison, nous pouvons revoir le compte, comme il n'a jamais été revu: nous sommes en général la conscience de l'histoire... Nous jouissons autrement, nous souffrons autrement: la comparaison d'une multiplicité insolite, telle est notre activité instinctive... Nous comprenons tout, nous vivons tout, nous n'avons plus en nous de sentiment d'inimitié... Que ce soit notre avantage ou non, notre curiosité empressée et presque aimante s'en va sans crainte aux choses les plus dangereuses...
" Tout est bien " - nous avons de la peine à être négatifs. Nous souffrons lorsqu'il nous arrive de devenir assez inintelligents pour prendre parti contre quelque chose... En somme, c'est nous autres savants qui répondons aujourd'hui le mieux aux doctrines.
Comment se comporte une religion arienne, affirmatrice, le produit d'une classe dominante: la règle de Manou.
Comment se comporte une religion sémitique, affirmatrice, le produit d'une classe dominante: la loi de Mahomet, l'Ancien Testament, dans ses parties d'origine reculée.
Comment se comporte une religion sémitique, négatrice, le produit d'une classe opprimée: le Nouveau Testament (d'après les idées indo-ariennes, une religion de Tchândalâ).
Comment se comporte une religion arienne, négatrice, née parmi les castes dominantes: le bouddhisme.
C'est tout à fait dans la règle que nous n'ayons pas de religion de la race arienne opprimée: car ce serait là une contradiction: une race de maîtres est au sommet, ou bien elle périt.
On ne se rend pas assez compte de la barbarie des idées où nous autres Européens, nous vivons encore aujourd'hui. Est-il permis de croire encore de nos jours que le " salut de l'âme " dépend d'un livre !... Et l'on me dit que l'on croit cela encore aujourd'hui.
A quoi sert toute éducation scientifique, toute critique des textes, toute herméneutique si une telle absurdité, comme l'explication de la Bible/Coran que maintient l'Eglise / l'Islam, n'a pas encore fait monter à tous les visages la rougeur de la honte ?
Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance
Les grandes choses exigent que l'on s'en taise, ou qu'on en parle avec grandeur: avec grandeur, c'est-à-dire avec cynisme et innocence.
Ce que je raconte, c'est l'histoire des deux siècles qui vont venir. Je décris ce qui va venir, ce qui ne saurait plus venir autrement: la montée du nihilisme. Cette page d'histoire peut être contée dès maintenant: car, dans le cas présent, la nécessité elle-même est à l'oeuvre.
Celui qui prend ici la parole n'a, au contraire, rien fait jusqu'à présent, si ce n'est réfléchir et se recueillir: en philosophe et en solitaire par instinct, qui a trouvé son avantage dans la vie en dehors, à l'écart, dans la patience, l'ajournement et le retard; tel un esprit hasardeux et téméraire qui souvent s'est égaré dans tous les labyrinthes de l'avenir, tel un oiseau prophétique qui regarde en arrière lorsqu'il raconte ce qui est l'avenir.
Aucun Dieu n'est mort pour nos péchés; il n'y a pas de salut par la foi; pas de résurrection après la mort -tout cela ce sont les fausses monnaies des religions véritable et ces malheureux cerveaux brûlés sont responsables de cette supercherie. La vie qui doit servir d'exemple est faite d'amour et d'humilité; dans son abondance de coeur elle ne repousse pas l'être le plus infime, elle renonce, d'une façon formelle, à faire valoir son droit, à se défendre, à la victoire dans le sens de triomphe personnel; elle croit à la béatitude, ici-bas, sur la terre, malgré la misère, la résistance et la mort; elle est conciliante et repousse la colère et le mépris; elle ne veut pas de récompense; elle ne s'engage vis-à-vis de personne; c'est l'abandon dans ce qu'il a de plus spirituel et de plus intellectuel; une vie très fière avec la volonté de la vie pauvre et servile.
Après que l'Eglise se fut laissé prendre toute la pratique chrétienne, lorsqu'elle eut sanctionné formellement la vie dans I'Etat, ce genre de vie que Jésus avait combattu et condamné, elle fut forcée de placer ailleurs le sens du christianisme: dans la foi en des choses incroyables, dans le cérémonial des prières, des adorations, des fêtes, etc. L'idée de " péché ", de " pardon ", de " punition ", de " récompense ", tout ce qui ne jouait aucun rôle et était presque exclu du premier christianisme, tout cela fut maintenant mis au premier plan.
Un épouvantable brouillamini de philosophie grecque et de judaïsme; l'ascétisme; les perpétuels jugements et les condamnations; la hiérarchie, etc.
Une religion nihiliste, sortie d'un peuple fatigué et suranné, ayant survécu à tous les instincts violents conformes à ce peuple - transportée peu à peu dans un autre milieu, pénétrant enfin parmi les peuples jeunes qui n'ont pas encore vécu du tout - comme cela est singulier ! Un bonheur du déclin et du soir, un bonheur de bergers, prêché à des barbares, à des Germains ! Combien il fallut d'abord germaniser et barbariser tout cela ! A ceux qui avaient rêvé d'un Walhall ! - à ceux qui trouvaient tout le bonheur dans la guerre ! - Une religion sur-nationale, prêchée au milieu d'un chaos, où n'existaient même pas encore de nations !
Notre avantage, c'est de vivre à l'époque de la comparaison, nous pouvons revoir le compte, comme il n'a jamais été revu: nous sommes en général la conscience de l'histoire... Nous jouissons autrement, nous souffrons autrement: la comparaison d'une multiplicité insolite, telle est notre activité instinctive... Nous comprenons tout, nous vivons tout, nous n'avons plus en nous de sentiment d'inimitié... Que ce soit notre avantage ou non, notre curiosité empressée et presque aimante s'en va sans crainte aux choses les plus dangereuses...
" Tout est bien " - nous avons de la peine à être négatifs. Nous souffrons lorsqu'il nous arrive de devenir assez inintelligents pour prendre parti contre quelque chose... En somme, c'est nous autres savants qui répondons aujourd'hui le mieux aux doctrines.
Comment se comporte une religion arienne, affirmatrice, le produit d'une classe dominante: la règle de Manou.
Comment se comporte une religion sémitique, affirmatrice, le produit d'une classe dominante: la loi de Mahomet, l'Ancien Testament, dans ses parties d'origine reculée.
Comment se comporte une religion sémitique, négatrice, le produit d'une classe opprimée: le Nouveau Testament (d'après les idées indo-ariennes, une religion de Tchândalâ).
Comment se comporte une religion arienne, négatrice, née parmi les castes dominantes: le bouddhisme.
C'est tout à fait dans la règle que nous n'ayons pas de religion de la race arienne opprimée: car ce serait là une contradiction: une race de maîtres est au sommet, ou bien elle périt.
On ne se rend pas assez compte de la barbarie des idées où nous autres Européens, nous vivons encore aujourd'hui. Est-il permis de croire encore de nos jours que le " salut de l'âme " dépend d'un livre !... Et l'on me dit que l'on croit cela encore aujourd'hui.
A quoi sert toute éducation scientifique, toute critique des textes, toute herméneutique si une telle absurdité, comme l'explication de la Bible/Coran que maintient l'Eglise / l'Islam, n'a pas encore fait monter à tous les visages la rougeur de la honte ?
Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance