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Voir la version complète : Quand on n'a que l'amour (histoire)


lakabyle78
25/11/2005, 22h01
Amour idéal, platonique, merveilleux et douloureux à la fois



Bien que la vie dans les villages de Kabylie ne soit plus ce qu'elle
était et que certaines règles qui la régissent disparaissent, les interdits
qui frappent les rapports amoureux n'ont pas complètement disparus. Jadis,
les villageois qui étaient de la même condition sociale se mariaient très
jeunes et simplement, ce qui les mettait à l'abri des transgressions sociales.

De nos jours, les besoins des habitants des villages se sont multipliés et
le mariage est devenu très coûteux. A cela s'ajoute le chômage et l'oisiveté qui atteint des pics alarmants. Cette situation fait que les relations avant ariage durent souvent trop longtemps et l'espoir de se voir unis par le mariage s'amenuise jour après jour avant de finir généralement en queue de poisson. En un mot : tout est réuni pour attiser les feux de l'amour. Nous avons pour notre part tenté de comprendre le secret de cet amour villageois qui a inspiré bien des artistes kabyles.


Autrefois, la fontaine était le lieu de rencontre des jeunes amoureux.
Les rencontres y sont souvent fugaces, mais indispensables pour réitérer l'expression de son amour, dissiper de possibles malentendus - parce qu'il
y en a beaucoup (par manque de communication)-, remettre une lettre, offrir
une fleur, etc. Les jeunes filles trouvaient toujours un subterfuge pour aller puiser de l'eau à la fontaine. « Il nous arrivait même de vider les outres et les jerricans, parfois de les percer légèrement pour qu'ils se vident vite, dans le but de sortir le plus souvent possible les remplir à la fontaine ! » se confie une vieille villageoise. Les jeunes d'aujourd'hui ne vont plus à la fontaine depuis que l'eau coule dans les maisons. La fontaine qui symbolisait le village kabyle est devenue à leurs yeux un simple amas de pierres sans âme. Les anciens, s'en souviennent avec nostalgie. Ils se souviennent des jeunes filles d'une beauté pure, vêtues de robes multicolores, parées de bracelets d'argent, portant une outre sur
le dos, qui cheminaient le long des sentiers de la fontaine ; du
murmure joyeux des voix tendres et douce emplissant les coeurs de bonheur et de quiétude. L'image qu'elles offraient embellissait les splendides paysages
montagneux et forestiers. Les jeunes hommes les guettaient sur le chemin
dans l'espoir d'un sourire, d'un regard langoureux ou d'un petit mot tendre. La fontaine était également le lieu de prédilection pour les jeunes filles qui profitaient du moment qu'elles y passaient pour s'amuser et discuter de tout et de rien. Aujourd'hui, il ne reste de la fontaine du village presque rien, ses sources sont couvertes de mousse et les herbes ont envahies son sentier. Mais, son eau demeure toujours fraîche et son ombre donne du repos au passager qui ne peut passer sans y faire une halte.
Elle est seule et isolée et personne ne songe à lui rendre visite.
Pourtant, c'est là que de nombreux couples mariés, aujourd'hui parents, ont
fait connaissance. « La disparition de la fontaine a généré la mort systématique du village kabyle d'antan », soutient un jeune artiste qui regrette que « toutes les belles choses aient changé dans les villages ».
Certaines habitudes demeurent toutefois en vigueur au jour d'aujourd'hui.
La communication entre les amoureux se fait encore par l'intermédiaire d'une autre personne. On choisit généralement comme messager une personne
capable de passer sans se faire remarquer, une fillette intelligente et
habile, qui peut rentrer dans chez n'importe qui sans que le maître de
maison ne se doute de quelque chose. Actuellement, certains amoureux ne
lésinent pas sur les moyens et font usage du téléphone mobile qui, pour
ceux qui peuvent se le permettre, est le moyen de communication le plus
discret. On s'écrit des SMS et on s'appelle sans que personne ne s'en
rende compte.


Toutefois, les rencontres sont devenues plus difficiles. Abdenour, 31
ans, technicien en informatique, au chômage, amoureux d'une jeune fille
depuis ses 23 ans, ne quitte son village que lorsque cela est vraiment
nécessaire.
Il dit qu'il souhaite se marier mais sa situation actuelle ne le lui
permet pas. Il nous raconte comment il fait pour la rencontrer. Il lui arrive
parfois de prendre de grands risques. « Par le passé, pendant la saison
estivale, le père de ma bien aimée était en congé et il s'est rendu
compte de notre relation. L'étau s'est resserré sur nous. Nous avons du rester
plus d'un mois sans nous voir. Je n'en pouvais plus. Alors, j'ai décidé
de couper le courant électrique à tout le village en le disjonctant et
dans le noir, elle a pu sortir me voir, depuis cet événement d'ailleurs les
disjoncteurs sont sécurisés ! ».


Les fêtes villageoises, quand elles sont mixtes, sont un événement d'une
grande importance pour les jeunes. Elles permettent aux amoureux de se
voir pendant plusieurs heures et ce, même s'ils ne peuvent pas se parler,
leurs regards expriment bien des sentiments.


Par ailleurs, ce genre de liaison n'est pas sans comporter de risques.
Les amoureux doivent faire preuve de discrétion. Mais, paradoxalement, les
histoires d'amour du village sont souvent un secret de Polichinelle.


L'essentiel est d'éviter de se faire prendre en « flagrant délit ».
Dans certains villages, le châtiment peut aller de l'exclusion du groupe
jusqu'à ........


C'est généralement la femme qui est désignée comme bouc émissaire.
Néanmoins, ces règles connaissent une certaine souplesse et sont plus
ou moins rigoureuses d'une famille à l'autre et d'un village à l'autre.


Tahar a tatoué le nom de sa dulcinée sur son bras gauche et passe des
heures entières en face de la maison de sa bien-aimée adossé à un mur,
où sont gravés des slogans politiques, des noms de garçons et de filles et
des mots d'amour, explique ce qui le fait revenir vers son village, lui qui
habite à Bgayet. « Les filles de mon village ne peuvent pas mentir,
car, ici, tout le monde se connaît. Je leur fais entièrement confiance et je
leur donne mon coeur sans retenue. Pour moi, il n'y a pas d'amour sans
confiance et on ne peut être à moitié amoureux, soit on l'est complètement,
soit on ne l'est pas du tout », affirme-t-il. Il continue : « à cela on
peut ajouter la rareté, les tabous, le goût de l'interdit et le fait de
rester enfermé au village pendant des jours entiers oisif et de n'avoir
à l'esprit que la personne aimée, c'est principalement ce qui fait de
l'amour villageois un amour idéal, platonique, merveilleux et douloureux à la
fois ».


Chaque jour, au crépuscule, Tahar prend sa mandoline et va en compagnie
de ses copains en dehors du village pour chanter. Il ne compose pas, mais
il interprète merveilleusement les chansons d'amour. On fait c'est souvent
appel à lui pour animer les fêtes. « C'est pour moi l'occasion de chanter
devant ma bien-aimée des chansons appropriées à notre histoire d'amour »,
se confie-t-il. Il conclue en disant : « Si l'on pouvait raconter toutes
les histoires d'amour du village, on écrirait des milliers de romans ».

uccen n'awras
01/12/2005, 17h31
Amour idéal, platonique, merveilleux et douloureux à la fois



Bien que la vie dans les villages de Kabylie ne soit plus ce qu'elle
était et que certaines règles qui la régissent disparaissent, les interdits
qui frappent les rapports amoureux n'ont pas complètement disparus. Jadis,
les villageois qui étaient de la même condition sociale se mariaient très
jeunes et simplement, ce qui les mettait à l'abri des transgressions sociales.

De nos jours, les besoins des habitants des villages se sont multipliés et
le mariage est devenu très coûteux. A cela s'ajoute le chômage et l'oisiveté qui atteint des pics alarmants. Cette situation fait que les relations avant ariage durent souvent trop longtemps et l'espoir de se voir unis par le mariage s'amenuise jour après jour avant de finir généralement en queue de poisson. En un mot : tout est réuni pour attiser les feux de l'amour. Nous avons pour notre part tenté de comprendre le secret de cet amour villageois qui a inspiré bien des artistes kabyles.


Autrefois, la fontaine était le lieu de rencontre des jeunes amoureux.
Les rencontres y sont souvent fugaces, mais indispensables pour réitérer l'expression de son amour, dissiper de possibles malentendus - parce qu'il
y en a beaucoup (par manque de communication)-, remettre une lettre, offrir
une fleur, etc. Les jeunes filles trouvaient toujours un subterfuge pour aller puiser de l'eau à la fontaine. « Il nous arrivait même de vider les outres et les jerricans, parfois de les percer légèrement pour qu'ils se vident vite, dans le but de sortir le plus souvent possible les remplir à la fontaine ! » se confie une vieille villageoise. Les jeunes d'aujourd'hui ne vont plus à la fontaine depuis que l'eau coule dans les maisons. La fontaine qui symbolisait le village kabyle est devenue à leurs yeux un simple amas de pierres sans âme. Les anciens, s'en souviennent avec nostalgie. Ils se souviennent des jeunes filles d'une beauté pure, vêtues de robes multicolores, parées de bracelets d'argent, portant une outre sur
le dos, qui cheminaient le long des sentiers de la fontaine ; du
murmure joyeux des voix tendres et douce emplissant les coeurs de bonheur et de quiétude. L'image qu'elles offraient embellissait les splendides paysages
montagneux et forestiers. Les jeunes hommes les guettaient sur le chemin
dans l'espoir d'un sourire, d'un regard langoureux ou d'un petit mot tendre. La fontaine était également le lieu de prédilection pour les jeunes filles qui profitaient du moment qu'elles y passaient pour s'amuser et discuter de tout et de rien. Aujourd'hui, il ne reste de la fontaine du village presque rien, ses sources sont couvertes de mousse et les herbes ont envahies son sentier. Mais, son eau demeure toujours fraîche et son ombre donne du repos au passager qui ne peut passer sans y faire une halte.
Elle est seule et isolée et personne ne songe à lui rendre visite.
Pourtant, c'est là que de nombreux couples mariés, aujourd'hui parents, ont
fait connaissance. « La disparition de la fontaine a généré la mort systématique du village kabyle d'antan », soutient un jeune artiste qui regrette que « toutes les belles choses aient changé dans les villages ».
Certaines habitudes demeurent toutefois en vigueur au jour d'aujourd'hui.
La communication entre les amoureux se fait encore par l'intermédiaire d'une autre personne. On choisit généralement comme messager une personne
capable de passer sans se faire remarquer, une fillette intelligente et
habile, qui peut rentrer dans chez n'importe qui sans que le maître de
maison ne se doute de quelque chose. Actuellement, certains amoureux ne
lésinent pas sur les moyens et font usage du téléphone mobile qui, pour
ceux qui peuvent se le permettre, est le moyen de communication le plus
discret. On s'écrit des SMS et on s'appelle sans que personne ne s'en
rende compte.


Toutefois, les rencontres sont devenues plus difficiles. Abdenour, 31
ans, technicien en informatique, au chômage, amoureux d'une jeune fille
depuis ses 23 ans, ne quitte son village que lorsque cela est vraiment
nécessaire.
Il dit qu'il souhaite se marier mais sa situation actuelle ne le lui
permet pas. Il nous raconte comment il fait pour la rencontrer. Il lui arrive
parfois de prendre de grands risques. « Par le passé, pendant la saison
estivale, le père de ma bien aimée était en congé et il s'est rendu
compte de notre relation. L'étau s'est resserré sur nous. Nous avons du rester
plus d'un mois sans nous voir. Je n'en pouvais plus. Alors, j'ai décidé
de couper le courant électrique à tout le village en le disjonctant et
dans le noir, elle a pu sortir me voir, depuis cet événement d'ailleurs les
disjoncteurs sont sécurisés ! ».


Les fêtes villageoises, quand elles sont mixtes, sont un événement d'une
grande importance pour les jeunes. Elles permettent aux amoureux de se
voir pendant plusieurs heures et ce, même s'ils ne peuvent pas se parler,
leurs regards expriment bien des sentiments.


Par ailleurs, ce genre de liaison n'est pas sans comporter de risques.
Les amoureux doivent faire preuve de discrétion. Mais, paradoxalement, les
histoires d'amour du village sont souvent un secret de Polichinelle.


L'essentiel est d'éviter de se faire prendre en « flagrant délit ».
Dans certains villages, le châtiment peut aller de l'exclusion du groupe
jusqu'à ........


C'est généralement la femme qui est désignée comme bouc émissaire.
Néanmoins, ces règles connaissent une certaine souplesse et sont plus
ou moins rigoureuses d'une famille à l'autre et d'un village à l'autre.


Tahar a tatoué le nom de sa dulcinée sur son bras gauche et passe des
heures entières en face de la maison de sa bien-aimée adossé à un mur,
où sont gravés des slogans politiques, des noms de garçons et de filles et
des mots d'amour, explique ce qui le fait revenir vers son village, lui qui
habite à Bgayet. « Les filles de mon village ne peuvent pas mentir,
car, ici, tout le monde se connaît. Je leur fais entièrement confiance et je
leur donne mon coeur sans retenue. Pour moi, il n'y a pas d'amour sans
confiance et on ne peut être à moitié amoureux, soit on l'est complètement,
soit on ne l'est pas du tout », affirme-t-il. Il continue : « à cela on
peut ajouter la rareté, les tabous, le goût de l'interdit et le fait de
rester enfermé au village pendant des jours entiers oisif et de n'avoir
à l'esprit que la personne aimée, c'est principalement ce qui fait de
l'amour villageois un amour idéal, platonique, merveilleux et douloureux à la
fois ».


Chaque jour, au crépuscule, Tahar prend sa mandoline et va en compagnie
de ses copains en dehors du village pour chanter. Il ne compose pas, mais
il interprète merveilleusement les chansons d'amour. On fait c'est souvent
appel à lui pour animer les fêtes. « C'est pour moi l'occasion de chanter
devant ma bien-aimée des chansons appropriées à notre histoire d'amour »,
se confie-t-il. Il conclue en disant : « Si l'on pouvait raconter toutes
les histoires d'amour du village, on écrirait des milliers de romans ».


Tahar parle pas de la branlette...

amazir9999
09/12/2005, 22h07
la vie est injuste:cry_smile

Certes il y a plein de tabou dans notre society mais personnellement je trouve absolument ridicule les amoureux ne s'assume pas (toujours à dépendre des parents...) alors qu'ils ont la CHANCE de se trouvé l'un et l'autre:Arc:

C'est un problème grave que tu soulève a thassequrt car plus avec l'age il peut y avoir des complication... De plus il y a le problème du renouvellement des générations (attention j'ai pas dits qu'ils fallait transformer les femmes amazigh en usine de production...la santé prime et les moyens).

Perso, cette situation est frustrante. Elle est où l'émancipation (intélligente) feminime.

artufat,
menouar

Myst
09/12/2005, 22h33
Amour idéal, platonique, merveilleux et douloureux à la fois



Bien que la vie dans les villages de Kabylie ne soit plus ce qu'elle
était et que certaines règles qui la régissent disparaissent, les interdits
qui frappent les rapports amoureux n'ont pas complètement disparus. Jadis,
les villageois qui étaient de la même condition sociale se mariaient très
jeunes et simplement, ce qui les mettait à l'abri des transgressions sociales.

De nos jours, les besoins des habitants des villages se sont multipliés et
le mariage est devenu très coûteux. A cela s'ajoute le chômage et l'oisiveté qui atteint des pics alarmants. Cette situation fait que les relations avant ariage durent souvent trop longtemps et l'espoir de se voir unis par le mariage s'amenuise jour après jour avant de finir généralement en queue de poisson. En un mot : tout est réuni pour attiser les feux de l'amour. Nous avons pour notre part tenté de comprendre le secret de cet amour villageois qui a inspiré bien des artistes kabyles.


Autrefois, la fontaine était le lieu de rencontre des jeunes amoureux.
Les rencontres y sont souvent fugaces, mais indispensables pour réitérer l'expression de son amour, dissiper de possibles malentendus - parce qu'il
y en a beaucoup (par manque de communication)-, remettre une lettre, offrir
une fleur, etc. Les jeunes filles trouvaient toujours un subterfuge pour aller puiser de l'eau à la fontaine. « Il nous arrivait même de vider les outres et les jerricans, parfois de les percer légèrement pour qu'ils se vident vite, dans le but de sortir le plus souvent possible les remplir à la fontaine ! » se confie une vieille villageoise. Les jeunes d'aujourd'hui ne vont plus à la fontaine depuis que l'eau coule dans les maisons. La fontaine qui symbolisait le village kabyle est devenue à leurs yeux un simple amas de pierres sans âme. Les anciens, s'en souviennent avec nostalgie. Ils se souviennent des jeunes filles d'une beauté pure, vêtues de robes multicolores, parées de bracelets d'argent, portant une outre sur
le dos, qui cheminaient le long des sentiers de la fontaine ; du
murmure joyeux des voix tendres et douce emplissant les coeurs de bonheur et de quiétude. L'image qu'elles offraient embellissait les splendides paysages
montagneux et forestiers. Les jeunes hommes les guettaient sur le chemin
dans l'espoir d'un sourire, d'un regard langoureux ou d'un petit mot tendre. La fontaine était également le lieu de prédilection pour les jeunes filles qui profitaient du moment qu'elles y passaient pour s'amuser et discuter de tout et de rien. Aujourd'hui, il ne reste de la fontaine du village presque rien, ses sources sont couvertes de mousse et les herbes ont envahies son sentier. Mais, son eau demeure toujours fraîche et son ombre donne du repos au passager qui ne peut passer sans y faire une halte.
Elle est seule et isolée et personne ne songe à lui rendre visite.
Pourtant, c'est là que de nombreux couples mariés, aujourd'hui parents, ont
fait connaissance. « La disparition de la fontaine a généré la mort systématique du village kabyle d'antan », soutient un jeune artiste qui regrette que « toutes les belles choses aient changé dans les villages ».
Certaines habitudes demeurent toutefois en vigueur au jour d'aujourd'hui.
La communication entre les amoureux se fait encore par l'intermédiaire d'une autre personne. On choisit généralement comme messager une personne
capable de passer sans se faire remarquer, une fillette intelligente et
habile, qui peut rentrer dans chez n'importe qui sans que le maître de
maison ne se doute de quelque chose. Actuellement, certains amoureux ne
lésinent pas sur les moyens et font usage du téléphone mobile qui, pour
ceux qui peuvent se le permettre, est le moyen de communication le plus
discret. On s'écrit des SMS et on s'appelle sans que personne ne s'en
rende compte.


Toutefois, les rencontres sont devenues plus difficiles. Abdenour, 31
ans, technicien en informatique, au chômage, amoureux d'une jeune fille
depuis ses 23 ans, ne quitte son village que lorsque cela est vraiment
nécessaire.
Il dit qu'il souhaite se marier mais sa situation actuelle ne le lui
permet pas. Il nous raconte comment il fait pour la rencontrer. Il lui arrive
parfois de prendre de grands risques. « Par le passé, pendant la saison
estivale, le père de ma bien aimée était en congé et il s'est rendu
compte de notre relation. L'étau s'est resserré sur nous. Nous avons du rester
plus d'un mois sans nous voir. Je n'en pouvais plus. Alors, j'ai décidé
de couper le courant électrique à tout le village en le disjonctant et
dans le noir, elle a pu sortir me voir, depuis cet événement d'ailleurs les
disjoncteurs sont sécurisés ! ».


Les fêtes villageoises, quand elles sont mixtes, sont un événement d'une
grande importance pour les jeunes. Elles permettent aux amoureux de se
voir pendant plusieurs heures et ce, même s'ils ne peuvent pas se parler,
leurs regards expriment bien des sentiments.


Par ailleurs, ce genre de liaison n'est pas sans comporter de risques.
Les amoureux doivent faire preuve de discrétion. Mais, paradoxalement, les
histoires d'amour du village sont souvent un secret de Polichinelle.


L'essentiel est d'éviter de se faire prendre en « flagrant délit ».
Dans certains villages, le châtiment peut aller de l'exclusion du groupe
jusqu'à ........


C'est généralement la femme qui est désignée comme bouc émissaire.
Néanmoins, ces règles connaissent une certaine souplesse et sont plus
ou moins rigoureuses d'une famille à l'autre et d'un village à l'autre.


Tahar a tatoué le nom de sa dulcinée sur son bras gauche et passe des
heures entières en face de la maison de sa bien-aimée adossé à un mur,
où sont gravés des slogans politiques, des noms de garçons et de filles et
des mots d'amour, explique ce qui le fait revenir vers son village, lui qui
habite à Bgayet. « Les filles de mon village ne peuvent pas mentir,
car, ici, tout le monde se connaît. Je leur fais entièrement confiance et je
leur donne mon coeur sans retenue. Pour moi, il n'y a pas d'amour sans
confiance et on ne peut être à moitié amoureux, soit on l'est complètement,
soit on ne l'est pas du tout », affirme-t-il. Il continue : « à cela on
peut ajouter la rareté, les tabous, le goût de l'interdit et le fait de
rester enfermé au village pendant des jours entiers oisif et de n'avoir
à l'esprit que la personne aimée, c'est principalement ce qui fait de
l'amour villageois un amour idéal, platonique, merveilleux et douloureux à la
fois ».


Chaque jour, au crépuscule, Tahar prend sa mandoline et va en compagnie
de ses copains en dehors du village pour chanter. Il ne compose pas, mais
il interprète merveilleusement les chansons d'amour. On fait c'est souvent
appel à lui pour animer les fêtes. « C'est pour moi l'occasion de chanter
devant ma bien-aimée des chansons appropriées à notre histoire d'amour »,
se confie-t-il. Il conclue en disant : « Si l'on pouvait raconter toutes
les histoires d'amour du village, on écrirait des milliers de romans ».

Ah dine ou qavach!

Aïda
10/12/2005, 09h20
L'étau s'est resserré sur nous. Nous avons du rester
plus d'un mois sans nous voir. Je n'en pouvais plus. Alors, j'ai décidé
de couper le courant électrique à tout le village en le disjonctant et
dans le noir, elle a pu sortir me voir, depuis cet événement d'ailleurs les
disjoncteurs sont sécurisés ! ».

C'est ce qui s'appelle péter les plombs.