Voir la version complète : Sacov recherché !
:tchin: Bonjour cher ami,
Je te vois apparaitre en mode lecture sur ce site de nos cousins kabyles, sans jamais oser participer.
Comme les MP ont été desactivés par le Viking-Numide, je lance cette bouteille à la mer.
Tes écrits me manquent comme manque le rugissement du vent pour les Hauts-Plateaux.
Un ami ki te veut du bien,
Ben-ito!
:MOB:
:tchin: Bonjour cher ami,
Je te vois apparaitre en mode lecture sur ce site de nos cousins kabyles, sans jamais oser participer.
Comme les MP ont été desactivés par le Vicking-Numide, je lance cette bouteille à la mer.
Tes écrits me manquent comme manque le rugissement du vent pour les Hauts-Plateaux.
Un ami ki te veut du bien,
Ben-ito!
:MOB:
Il me manque sincèrement à moi aussi. Un bonjour en ricoché.
Il me manque sincèrement à moi aussi. Un bonjour en ricoché.
:Pecheur:
Le Petit Prince voulait retourner vers sa planète pour revoir sa rose. Il emprunta un vol de bernaches nonnettes qui avaient échappé à la vigilance de leur propriétaire Hmiducc... Et la troupe s’envola.
La huitième planète était habitée par un nain ternaute. Tout au moins, c’est ce que le Petit Prince crut comprendre... En réalité, il ne le trouvait pas si nain que ça. Il était même grand et fort barbu car disait-il il n’avait pas le temps de se raser. En effet il était toujours campé devant des écrans LCD, des écrans plasma, des vieux moniteurs cathodiques aussi et il disait qu’ainsi il était à l’écoute de la communauté du Net. Il parlait de réseaux de réseaux et d’informations en temps direct "live"...
Cet homme étrange lui rappelait un peu le businessman de la quatrième planète mais en moins intéressé par la rentabilité et l’argent généré. Le Nain ternaute manipulait des informations écrites, photographiques ou vidéo et de la musique. Il parlait aussi de ’ouebecames’ placées ici et là dans le microcosme où il vivait mais aussi bien au-delà... Le Petit prince lui demanda :
- Est-ce que tu pourrais voir sur tes écrans si ma fleur se porte bien sur ma planète B 612 ?
- Oui, sans doute ! As-tu placé une web cam devant ta fleur et as-tu une connexion à Internet ?
- C’est quoi Internet ?
- Oh, c’est un lien infini entre les hommes dans le réseau infini des systèmes de planètes de cet univers. Nous pouvons tous communiquer, à tout moment, les uns avec les autres.
- Alors quand je voyage, je pourrais communiquer avec ma rose ?
- Oui, bien sûr !
- Et avec mon mouton ?
- Assurément, tu pourras parler avec lui quand tu le voudras.
Le Petit Prince était vraiment très heureux d’avoir rencontré un homme qui lui permettrait de rester en relation avec ses amis. Il ajouta :
- Et avec Antoine l’aviateur que j’ai rencontré dans le désert ?
- Bien sûr petit ! Les aviateurs ont des ordinateurs très performants dans leurs cockpits, tu pourras...
- Et avec mon ami le Renard que j’ai apprivoisé ? Ce sera possible aussi ?
- Là, tu me poses une question plus difficile petit bonhomme. S’agit-il d’un Renard sauvage ou d’un Renard qui vit dans un parc zoologique ?
- Je crois qu’il est libre et sauvage. C’est comment ton nom à toi ?
- Je m’appelle Sacov.
Le Petit Prince était vraiment content d’avoir rencontré un nain (Ternaute) aussi grand et il se demandait avec la dernière curiosité quelle pouvait être cette ethnie des Ternautes, mais comme il était très fatigué par son voyage sur le dos de ses amies les bernaches nonnettes, il s’endormit dans le duvet chaud des doux volatiles...
:dots:
ma dire comme on dit, je vas me coucher.
J'va avoir une grosse journée a la shop.
ben nuite.
Permettez-moi, le temps de quelques lignes, de m'installer chez vous.
La nuit n'était pas encore entièrement tombée. Le soleil continuait d'éclairer le ciel, mais l'ombre du massif de l'Aïr avait déjà recouvert le campement.
- C'est la tente de l'accouchée, dit l'Homme Bleu. Et c'est le sixième jour après la naissance. Les forgeronnes mènent la danse. Ecoute-les...
Les femmes poussaient des cris aigus, des youyous. Elles brandissaient des couteaux qu'elles faisaient mine d'aiguiser.
- Elles chassent les mauvais esprits, dit l'Homme Bleu.
Il hocha la tête.
- Mais toi et les tiens, vous ne croyez pas aux mauvais esprits. Vous imaginez que l'enfant est sans passé.
L'Homme Bleu montra une vieille femme qui, à quelques pas de la ronde des femmes et des enfants, frappait des mains en cadence, accompagnant les youyous.
- C'est elle, reprit l'Homme Bleu, qui a tranché le lien entre l'enfant et la mère. C'est elle qui l'a lavé à l'eau chaude parfumée de plantes odorantes. Puis elle a chauffé de ses mains le corps du nouveau-né, pour que la vie lui soit aussi douce que le ventre de sa mère. Et la vieille femme est allée enterrer ce qui restait du cocon maternel afin que les Hommes d'Hier, couchés dans la terre, parlent à l'enfant.
L'Homme Bleu fit un geste brusque, abaissant sa main ouverte.
- Toi et les tiens, vous tranchez, dit-il, tout doit être nouveau, sans passé, avec seulement un avenir. Et si au contraire un enfant portait en lui le souvenir de tous ceux qui l'ont précédé ? S'il fallait que dès sa naissance il soit lié à la terre et aux Hommes d'Hier ? Les gestes de la vieille femme sur le coprs du nouveau-né sont pareils à ceux qu'elle accomplira sur le corps d'une femme morte. Il faut la chaleur de l'eau et des mains, les chants et les prières, le mouton égorgé et la viande partagée pour franchir le seuil qui conduit à la vie ou à la mort, l'une étant liée à l'autre. Et l'enfant comme le défunt sont accompagnés par tous les esprits de leur peuple, ceux d'avant et d'après eux.
L'Homme Bleu toucha son poignard, accroché à son bras.
- L'enfant doit toucher un couteau pour effrayer les mauvais esprits, dit-il et on lui rase la tête pour qu'ils ne s'accrochent pas à lui.
L'Homme Bleu entrecroisa les doigts, baissa la tête.
- Je te parle et je sais ce que tu entends, dit-il. Tu es comme les savants qui voulaient m'expliquer le ciel et me convaincre que l'origine du monde est comme un grand orage sans origine. Tu penses que l'ignorance remplit nos têtes comme l'eau les outres. Mais si c'était toi et les tiens qui vous trompiez ? Aucun de tes savants ne m'a répondu quand je leur ai raconté la mort du chien de Mohad. Et si l'esprit de Mohad en s'enfonçant dans la mort avait appelé celui de son chien à le suivre ? Et si les pensées et les désirs des hommes laissaient autant de traces que leurs actes ?
L'Homme Bleu leva le bras, fit tournoyer sa main autour de sa tête.
- Et si ces pensées et ces désirs, demanda-t-il, étaient autour de nous, invisibles, cherchant à nous pénétrer, à nous attirer les uns vers le Bien, les autres vers le Mal ?
L'ombre maintenant avait enveloppé le campement, mais le chant des femmes continuait, mêlé au son du violon et au martèlement des sabots des chameaux que les hommes guidaient afin qu'ils entourent les femmes et frappent le sol en cadence.
- Les savants de ton pays, reprit l'Homme Bleu, sont capables de voir ce que les hommes d'ici ne voient pas. Mais es-tu sûr que nous ne sachions pas ce que vous ignorez ou ce que votre orgueil vous a fait oublier ?
.
:blue_band You you you youuuuuuuuuu ! )-(:-)
http://www.chez.com/pbourgois/illustrations/oulednail.jpg
:Génial: :SpanishG:
:blue_band You you you youuuuuuuuuu ! )-(:-)
http://www.chez.com/pbourgois/illustrations/oulednail.jpg
:Génial: :SpanishG:
Voilà des youyous très peu kabyles.
En Kabylie, mais sûrement dans d'autres régions d'Algérie, les youyous demandent plus qu'une simple vibration des cordes vocales. Il faut s'imaginer rouler des "r" à grande vitesse ; ce qui donne :
Ri Ri Ri pour commencer puis RiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRiRi.
Tout un art.
Menzakin
25/11/2005, 23h35
Chez les Icelh'iyen, Les Youyou n'ont rien à voir :
Les icelh'iyen utilisent leurs langues pour leurs youyou.
Ils sortent la langue (contractée) légèrement en laissant un espace entre les lèvres et la langue ensuite il bougent leurs langues horizontalement et très vite pour que le bout de leurs langues touche les deux extrémités des lèvres (très employée) mais chaque village a sa façon de faire les youyou (un seul point commun : on utilise tous nos langues), il y en a qui bougent leurs langues verticalement ou bien y en a qui roulent leurs langues (en touchant les 2 dents du devant) ou encore qui font des cercles avec leurs langues en suivant les lèvres, etc...
Chez les arabes et les kabyles, les youyou sont simplement issues des cordes vocales et des déformations de la bouche pour donner une intensité et un ton.
Chez les arabes et les kabyles, les youyou sont simplement issues des cordes vocales et des déformations de la bouche pour donner une intensité et un ton.
Tu as sûrement raison pour les youyou des ichelh'iyen. Pour les youyou kabyles, tu n'y es absolument pas.
Menzakin
26/11/2005, 16h57
Tu as sûrement raison pour les youyou des ichelh'iyen. Pour les youyou kabyles, tu n'y es absolument pas.
Mais t'as quoi dans la tête, tu ne sais pas lire ?!! :wè:
Qu'est-ce que je viens d'expliquer ?? :w00t2:
Et pour les youyou kabyles, j'affirme ce que j'ai dit en m'appuyant sur vos musiques... :buu:
Et pour les youyou kabyles, j'affirme ce que j'ai dit en m'appuyant sur vos musiques... :buu:
Tes appuis m'ont l'air un peu légers. Pour ma part, je serais bien incapable de disséquer un youyou à partir d'une musique.
Ce que je relate ici du youyou kabyle (ou plutôt du ririririririri) est ce que j'ai retenu des leçons de mon enfance sur l'art et la manière de le décliner dans différentes circonstances. Du youyou festif au youyou de l'adieu au défunt, en passant par le youyou de réussite à la sixième, au B.E.F, au retour du service militaire...
Les youyous les plus drôles que j'ai jamais connus sont ceux de la soutenance du mémoire d'Ing de Lounis H, il y a un certain temps déjà. Son clan (c'est-à-dire presque tout le village) a débarqué à Hasnaoua. Il faut dire que c'était le premier du clan à se voir décerner le titre d'Ingénieur. Ce qui lui a d'ailleurs valu le surnom de Lounis ageniour, qui lui colle encore à la peau.
Silence de mort (mais surtout d'admiration clanique) durant la soutenance.
Fin de l'exposé. Prise de parole du Président du jury qui cède la parole au premier rapporteur. Le premier rapporteur observe Lounis quelques secondes, baisse la tête, feuillette le rapport, enlève ses lunettes et pose sa question. Lounis baisse la tête, se gratte la tête et répond à la question. Et là, miracle. Je sais d'où sont sortis les youyous mais pour la derbouka, Je ne sais pas...ça doit être l'oeuvre du diable car je n'ai vu personne rentrer avec.
Bref, ça a été un festival de youyous jusqu'à la fin. Vu l'ambiance, la fin est d'ailleurs arrivée assez vite.
Je me demande, aujourd'hui, bien des années après, si tout cela n'était pas un coup monté de Lounis pour écourter le temps imparti aux questions.
Si vous connaissez Lounis, peut-être pourrez-vous le lui demander pour moi...
Lettre ouverte à ALLAH. (Excusez la longueur du texte. Sacov)
Je m’adresse à toi, ALLAH en tant que Dieu de l’univers. Malgré ce que diront certains qui pensent disposer d’une ligne directe avec toi, je me réserve le droit de t’écrire et en français car c’est la langue que je maîtrise le mieux et que le dialectal algérien ne s’écrit pas encore. Je n’ai également aucun complexe à t’écrire dans la langue de Molière dans la mesure où tu es le créateur de tous les peuples et que tu comprends donc toutes les langues. Je voudrai apporter une précision quant au tutoiement, là et surtout là, l’arabe est très précis comme véhicule d’idées et de messages. Je profite donc de cette qualité pour que ceux qui aiment l’amalgame n’aient rien à dire.
N’ayant pas ton adresse postale, je me permet d’utiliser le canal de la presse indépendante et plus précisément El Watan car il paraît qu’il a importé une rotary et ne sera sous peu, plus dépendant des maisons d’impression de l’état, ce qui permettra à notre correspondance de ne pas faire les frais d’une éventuelle dette déterrée en fonction des soubresauts de la politique sur la scène algérienne. Si tu veux par hasard me répondre, je te suggère de passer par El Khabar qui lui, est copropriétaire de la même rotary et présente l’avantage d’user de la langue du « DHAD »et donc d’être en conformité avec une des constantes nationales.
Il me paraît évident que tu n’es pour rien dans la situation que nous vivons en Algérie. L’on veux nous faire croire que parce que nous ne pratiquons pas correctement tes préceptes coraniques, nous avons provoqué ton courroux, que tu as désigné certains comme tes représentants sur terre pour nous infliger les corrections qu’il faut ,en attendant de te rejoindre et de solder notre compte avec toi.
En ce qui me concerne, je peux t’assurer et tu le sais d’ailleurs, que mes parents, en bons et simples musulmans, m’ont enseigné de façon débridée et sans aucun subterfuge, comment me comporter en société. Politesse, civisme, sincérité dans mes actes de tous les jours avec nos voisins, nos amis et avec les étrangers. Mes parents m’ont appris à aimer faire le Ramadhan en l’habillant socialement de toute une ambiance qui me surprenait à souhaiter qu’il ne finisse jamais ou à espérer que le suivant arrive au plus vite.
Mes parents m’ont appris à faire la prière dés mon jeune âge tout en me permettant d’en sauter quelques awket pour les besoins d’un devoir scolaire, d’une omission ou d’un ras-le-bol. Je n’ai jamais été traité de taghout (le qualificatif est tellement fort qu’il ne faisait pas partie du lexique utilisé à l’époque) ni moi, ni quelqu’un d’autre devant moi.
Mon père (chez toi aujourd’hui) se faisait un honneur et un plaisir de faire la KHITMA (récitation complète du coran par cœur) une fois par an, nous nous délections mes frères, sœurs et moi de la sérénité qui se dégageait de lui et de cette baraka qui enveloppait notre humble masure.
Mon père a toujours aspiré à faire de ses enfants (filles et garçons) des citoyens utiles pour la société en étant intraitable sur la scolarité, l’apprentissage et la pratique des bonnes mœurs sans qu’à aucun moment, il ne distilla en nous le venin de l’exclusion de la différence. Il nous enseignait savamment (comme la majorité des parents à l’époque) que la tolérance était un carrefour essentiel dans les relations humaines, que la relation de l’homme avec son environnement animal, végétal et autre devrait être empreinte de respect et de reconnaissance.
La première loi de l’islam étant la reconnaissance de ton Unicité alliée à celle de la qualité de prophète de Mohamed , il me paraît inutile de te dire que la quasi-totalité des algériens y ont adhéré sans aucune menace. Cela fait partie intrinsèquement des enseignements que nous prodiguent nos parents dés notre jeune âge.
La Zakkat, qui à son origine, était une forme d’expression de la solidarité sociale a toujours fait partie de notre environnement et pouvait s’illustrer de différentes façons compte tenu de la situation des uns et des autres.
Reste l’autre pilier de l’islam, à savoir le pèlerinage à ta somptueuse demeure, et là, toi-même dans ton saint Coran, tu laisses son accomplissement à la discrétion des musulmans en fonction de leurs moyens.
Quest -ce à dire ?
L’islam que nous avons appris ne rencontre t-il pas tes exigences?
L’islam que pratiquait mon père était-il faux ?
Si c’est le cas, tu es souverain, miséricordieux et tes créatures savent par instinct que ta magnanimité fera en sorte que tu nous montres le bon chemin à suivre et nous le suivrons car tu es au fait de notre sincérité.
Mais ALLAH, mon Dieu, faits en sorte de nous débarrasser de ces charlatans qui, en ton nom se sont érigés en commandeurs, en imams, en juges et en bourreaux. Ils se sont assignés comme mission de nous montrer leur droit chemin. Ils ont décidé qu’il nous fallait un retour aux sources originelles de l’islam pour l’application de ses préceptes de la même façon que les compagnons du prophète, du temps du prophète. Ils veulent appliquer la chariaa qui à leurs yeux est le seul moyen de purification de l’âme .Pour ce faire ils n’hésitent pas à user de toute sorte de subterfuges pour nous convaincre de la justesse de leur prêche, subterfuges qui, quelquefois frisent le ridicule (LASER). Profitant de la crédulité quelquefois naïve, très souvent due à une absence totale de communication officielle explicative, crédulité alliée à certaines croyances superstitieuses profondément ancrées dans la culture rurale, ils se sont érigés en exégètes en proclamant des fatwa qui pour la plupart n’avaient aucun ancrage d’ordre historique, moral ou culturel dans notre pays.
Ils finirent par décréter le licite et l’illicite .Ils se sont persuadés et essayent de persuader sinon imposer aux autres que la vie sur terre n’a d’autre finalité que la mort. La mystification de l’islam a atteint son summum avec son instrumentalisation politique au point ou il est devenu un vecteur de conquête du pouvoir politique.
Les islamistes ,avant d’arriver aux extrêmes dans la propagation de leur approche politique de l’état, ont eu le temps et les moyens nécessaires, avec la complicité et le soutien plus ou moins explicite des pouvoirs véreux qui se sont succédés en Algérie, d’assoire une stratégie mûrement réfléchie et bien fignolée. Il serait intéressant de piocher dans les annales des dernières décennies pour se convaincre de la nature de quelques évènements qui ont eu et qui auraient pu donner à réfléchir au moins aux intellectuels de ce pays. L’ascension fulgurante du mouvement intégriste a eu pour principal corollaire l’absence totale d’espace de libertés individuelles et la canalisation de quelques flux revendicatifs de champs d’expressions dans des organisations de masses affiliées au parti unique et embrigadées par lui. Cette embrigadement de ce qui pouvait réellement être les forces vives de la nation a servi aux barons du FLN (eux-mêmes exécutant les plans de cercles occultes) de prévenir toute tentative qui mettrait en cause leurs privilèges.
Un autre élément aussi déterminant dans la conception du monstre, fût sans aucun doute l’attitude sournoise qu’a adopté le pouvoir et de façon manifeste envers la réalité amazigh du pays. Il est possible pour un tyran de vous empêcher de faire, et ce momentanément, mais il ne pourra jamais vous empêcher d’avoir été. Le caractère le plus abject dans cette campagne récurrente contre une réalité historique n’était pas à vrai dire une méconnaissance de l’histoire, bien au delà de cela, il fallait s’assurer (en brandissant le spectre de la négation de l’arabité, donc d’une langue qui véhicule l’islam. Cette logique absurde voulait transmettre un message pernicieux qui disait que ceux qui se dressent contre la langue arabe et sa généralisation, se dressaient indéniablement contre l’islam) de l’étouffement dans l’œuf de tout projet démocratique, qui au vu de certains évènements ne pouvait provenir, et ce pour des raisons historiques, que des régions kabyles et se propager à travers tout le pays. Pour des raisons historiques disions-nous, dans la mesure où l’arabe en tant que langue d’usage n’y avait pas grand droit de cité. Lors de la conquête du Maghreb, les troupes arabes n’étaient nullement intéressées à s’occuper des crêtes de la Kabylie peu rentables économiquement, pressés qu’ils étaient à atteindre l’Espagne. Les habitants de ces régions bien que fortement converties à l’islam, n’avaient pas perdu l’usage du tamazight et l’ont en quelque sorte préservé l’utilisant comme arme de résistance à ce qu’ils ont toujours considéré, à juste titre comme une colonisation arabe. Les embryons de mouvements démocratiques qui ont commencé à se nourrir dialectiquement du verrouillage systématique, surtout en Kabylie, voulaient éviter l’erreur tactique et au coin de laquelle l’attendait le pouvoir. Celle-ci consistait à éviter de donner l’occasion au pouvoir de dresser le reste de l’algerie contre eux en les taxant d’anti-arabe, donc d’anti musulmans, de séparatistes, de régionaliste etc.…Ç’aurait été catastrophique compte tenu de la « fraîcheur » des blessures du peuple et surtout compte tenu de son analphabétisme politique entretenu et exacerbé par le culte de la personnalité qui a fini par friser le chauvinisme. Voilà que pour plus d’une génération le mouvement berbère a été muselé, décrié et même disqualifié aux yeux de la majorité des algériens. Pour cela il y a un prix à payer et quel prix?
En réduisant apparemment au silence le mouvement berbère, non pas pour des raisons culturelles mais bien pour étouffer toute revendication démocratique, le pouvoir a été obligé de donner du lest aux intégristes islamistes. Cela s’est traduit de différentes façons et la plus éclatante a été d’instituer constitutionnellement l’islam comme religion d’état. De là, toutes les dérives pouvaient se produire et n’en n’étaient que légitimes car découlant directement de la loi fondamentale. Dés l’indépendance et dans le cadre de la fraternité arabe , Djamel Abdel Nasser était heureux de pouvoir se débarrasser d’importants contingents des frères musulmans qui lui donnaient du fil à retordre en Égypte qui était le nid de l’intégrisme islamiste. Ces islamistes ont été disséminé dans toutes les écoles du pays et avaient pour mission de nous instruire en arabe. Cela étant, dés lors que le pays ne disposait pas de pédagogues (en arabe) il fallait donc importer des programmes d’enseignement qui n’avait aucune espèce de relation avec la réalité algérienne. À l’origine l’enseignement en arabe a été dévoyé, car cantonné dans son aspect technique d’apprentissage et non dans ses aspects socioculturel et idéologique. Le relais a été pris par des enseignants algériens formés au moyen orient avec tout ce que cela suppose comme contamination idéologique et son prolongement en message politique. L’aspect culturel qui, selon les stratèges de l’époque devait accompagner les efforts d’arabisation, se matérialisa par la diffusion à outrance de films moyen orientaux (surtout égyptien) de piètre qualité ,tout en se gardant de faire la promotion d’un Youssef Chahine par exemple.
L’arabisation en tant que facteur de promotion sociale et de développement n’était en aucun cas la priorité du pouvoir, pour preuve, tous les tenants du pouvoir s’empressaient en même temps de former leur héritiers en occident dans les langues de Molière et de Shakespeare. Ils savaient et la suite des évènements leur a donné raison que l’avenir était réservé au savoir et à la technologie qui tout en ayant besoin de respirer la poésie, le théâtre, la peinture, la musique, ne pouvait s’accommoder que de la recherche scientifique synonyme de rigueur, d’observation, d’expérimentation et de résultats conformes à notre environnement. Il serait illusoire de croire que les stratèges qui ont présidé à la débâcle du pays par le biais de la main tendue à la tendance rétrograde, étaient et sont innocents de calculs. Loin s’en faut. Leur but, claire comme de l’eau de roche, a toujours été la perpétuation des rapports de domination. La situation sur le front social le confirme : des contingents entiers sortent de l’école pour gonfler une armée de chômeurs qui ne cesse de grossir, faute de liens de quelque type que ce soit avec l’entreprise qui est censée absorber une main-d’œuvre et des cadres de qualité en fonction de besoins exprimés.
L’islam a glorifié le commerce en tant qu’activité économique, à croire que nous n’avons retenu que cela de la dimension économique de l’islam. Sans trop approfondir le débat sur cet aspect et compte tenu du contexte de la révélation de l’islam, il est nécessaire de préciser que vu l’absence totale de l’activité industrielle, l’activité artisanale ne nécessitait pas une grande maîtrise des mathématiques de la physique ou de la chimie pour produire des sabres, des selles de chevaux, des lances ou autres uniformes réduits à l’époque à leur plus simple expression en dehors des tenue d’apparat qui elles, nécessitaient beaucoup plus de la dextérité . La production de l’armement était vitale à l’islam pour mener à bien la politique des « foutouhettes » jamais niée par lui. Cette politique de conquête répondait à un besoin économique sous couvert de la volonté de propagation de la parole d’ Allah. Pour l’islam comme pour toute les autre religions, le besoin de s’accaparer des biens d’autrui, s’il est interdit explicitement à l’échelle des individus n’en est pas moins justifié à l’échelle de contrées ou même de continents par la conversion de peuples entiers, sous peine, pour qui choisit de garder son autre religion de payer un impôt. Le contexte aussi bien géographique que socio-historique de la révélation de l’islam en faisait une religion avant-gardiste et donc progressiste. Il a prôné la négation de certaines pratiques antéislamique et leur élimination pour les remplacer par d’autre à mieux de répondre aux besoins de l’époque et en décrétant l’adaptation d’autres au goût du jour. Si l’islam a permis de réformer en plus des comportements, les techniques de gestion de la cité au vu de l’évolution de l’humanité et de l’état de développement des connaissances de l’époque, pourquoi serait –il hérétique de vouloir en faire autant aujourd’hui si les fondements de la pratique de la religion qui est dans son essence individuelle n’est pas remise en cause.
Le statu-quo prôné par l’orthodoxie est une négation de « l’Idjtihad » qui pourrait ,s’il était réellement reconnu comme pratique visant le bien être de tous, remodeler le paysage religieux et provoquer assurément l’effondrement de statuts qui eux mêmes entraîneraient une démystification de certaines dimensions faussement décrétées comme intouchables. L’intouchabilité de quelques préceptes de l’islam protège certains privilèges liés aux statuts social, politique et surtout économique. L’interaction entre ces trois statuts est telle que son liant le plus efficace se retrouve dans l’organisation sociale et politique de l’homme et partant dans la façon d’exploiter ses richesses et de se les distribuer.
Vouloir, au prix de tant de sacrifices imposer la matrice d’une société ayant existé sous des cieux aussi lointains géographiquement qu’historiquement de nous, avec les mêmes instruments qui par la force du temps surtout, sont devenus obsolètes, c’est nier, au mépris de la première instruction du coran « IQRA », que l’islam aussi bien à travers ses textes révélés qu’à travers les enseignements du prophète « Cherchez le savoir même s’il est en chine » a toujours encouragé le savoir.
Vouloir instituer le Khalifat est à la limite risible, si le prix payé par la résistance algérienne n’était pas aussi lourd.
Vouloir éliminer la mixité dans les écoles, les transports, dans la rue, dans les entreprises etc. et donc assainir la société du mal , réduit par des charlatans à quelques pulsions sexuelles, relève beaucoup plus de frustrations résultant d’un système social complètement désarticulé.
Il est même apparu de nos jour, des tendances qui laissent entendre que la télévision, le cinéma, la musique et autres activités culturelles sont illicites car découlant du mode de vie satanique. Où est l’hérésie, mon Dieu ?
La télévision est un danger pour les tenants de l’obscurantisme, un peu plus et il nous interdirait l’internet. L’Internet est encore plus dangereux que la télévision et la parabole, pour la simple raison qu’il est un moyen imparable de communication à la dimension planétaire. Pourquoi nos savants des cavernes ne peuvent pas pondre une fatwa interdisant l’Internet ? Le commun des mortels devinera ,que justement parce qu’il constitue un moyen de communication inégalé, qu’ils ne peuvent pas s’en dispenser pour distiller leur venin et coordonner à l’aide de messages codés leurs actions terroristes. Pourtant Internet est utilisé comme support à toute sorte d’activités illicites comme la prostitution, le commerce de la drogue ou l’apologie du racisme et autres activités proscrites par l’islam .Les performance de l’Internet sont loin d’être l’apanage de la petite lucarne surtout avec la programmation de l’unique qui, depuis toujours et surtout depuis l’avènement du messie , ne fait que dans le plaventrisme , la diffusion de programmes concoctés à la présidence et la lecture en images du quotidien El moudjahid pour ceux d’entre nous qui ne sont pas parabolés ou qui ont fait les frais de l’école fondamentale.
Vouloir cantonner la femme à la maison pour éradiquer le chômage est une trouvaille qu’aucun économiste, depuis les classiques, ne peut se targuer d’en mesurer la viabilité. Reléguer plus de la moitié de la population dans un état de dépendance économique et partant social et culturel, répond à la même stratégie qui à fait de nos mères, nos sœurs et nos filles des mineures à vie comme le stipule le code de la famille (appelé à juste titre code de l’infamie.).Ils n’échappe à aucun averti de la scène algérienne que c’est toujours la femme qui a été à chaque fois où la nécessité s’est faite sentir le fer de lance dans toutes les luttes d’avant-garde. Je considère que l’arme la plus efficace qui brisera le carcan que les obscurantistes veulent nous imposer est la présence de la femme dans tous les secteurs d’activité y compris et a fortiori dans le secteur économique.
Réduire les femmes algérienne à des tâches de ménage, reviendrait à condamner la moitié de la société à se transformer en un gigantesque estomac non productif et donc mettre toute la société à la merci de ceux qui détiennent les cordon de la rente. Quelque soit le métier que pratiqueront les hommes, les revenus resteront toujours insuffisant et ne suffiront que partiellement à satisfaire les besoins les plus élémentaires. La stratégie consiste à maintenir la plus grande partie du peuple dans une situation de dénuement inextricable, pour empêcher toute tendance à l’épanouissement personnel qui pourrait élargir les horizons de la plèbe et lui permettre de sortir de la culture traditionnelle axée sur des manifestations péjorativement folkloriques.
Reconnaître à la femme le droit à l’occupation de la place qui lui revient de droit dans la société, par une formation adéquate, dans le secteur d’activité qu’elle choisira en fonction de ses compétences, revient à reconnaître le caractère indispensable de son apport à l’édification du pays faussement galvaudée par le régime en place.
Reconnaître à la femme son droit à l’émancipation revient à se convaincre de l’émancipation de l’homme dans notre société, ce qui est malheureusement faux.
Reconnaître la place de la femme chez nous au delà de l’image d’une assurance de la reproduction de l’espèce et de la qualité de la popote serait un grand pas vers un redimensionnement de la responsabilité de l’homme dans le projet social auquel il aspire.
Je n’omet pas aussi le fait que l’indigence qui sévit dans ce beau pays, que tu as créé et qui a dû te prendre beaucoup plus de temps que d’autres pour le faire, est la conséquence de la gestion d’autres apprentis sorciers qui depuis le départ de ceux qui y ont justifié le Djihad nous tiennent nous et nos enfants en otage.
La génération de nos parents qui a connu les affres de la guerre s’est vue marginalisée du fait de son faible niveau d’instruction, ou de son absence totale de moyens. Il fallait faire un choix : aller à l’école ou monter au maquis. Comme la population algérienne était pour sa grande partie cantonnée dans les zones rurales, il serait prétentieux de vouloir apprendre à qui que ce soit que les autorités coloniales n’avait pas à cœur de promouvoir l’émancipation des autochtones par l’école et ce dans le but évident de s’assurer une main d’œuvre jeune et à la limite du bénévolat. Le récit de nos grands parents et parents, quant ils étaient encore de ce monde reflétait exactement leur condition de vie, ils ne manquaient pas quelque fois de tourner certaines situations dramatiques en dérision comme s’ils voulaient exorciser le sort qui s’acharnait contre eux. En terme de choix, en réalité il n’y en avait aucun. À un certain moment, étant considérés comme français en matière de devoir, les indigènes se devaient de servir de chair à canon dans les différents conflits pour le grand profit de la bourgeoisie métropolitaine. Que n’avons nous pas entendu parler de la bravoure des tirailleurs algériens dans certains coins devenus tristement célèbres de par le monde. Mon but n’est pas de pérorer sur les « bienfaits » que nous a prodigué la France lorsqu’elle était notre tutrice, mais surtout de voir à la genèse de cette caste qui s’est constituée durant la guerre de libération du pays et qui dés son origine a pratiqué la manipulation et différentes techniques de répression pour asseoir le pouvoir d’une oligarchie au tout début militaire et reposant sur une fausse légitimité historique pour ensuite s’acoquiner avec le plus abject du représentant de la bourgeoisie mercantiliste : l’islamisme politique.
Cela et tout le monde le sait, a commencé avec l’incrustation dans les entrailles de la société (quel meilleur moyen que l’école?) des germes néo-baathiste et panarabiste avec comme corollaire un teste préliminaire d’arabisation, non pas par une approche réaliste en tenant compte de la conjoncture du pays et par conséquent de ses priorités. Les gens au pouvoir dés l’indépendance, se souciaient comme de leur première femme, de réfléchir à l’organisation du bien être commun, donc faire appel à des compétences rares, il faut le dire à l’époque. Loin de canaliser le formidable élan de solidarité et cette gigantesque disposition du peuple et cette énergie inouïe de tout un peuple qui n’a connu que l’apnée de toute son histoire de peuple ,nos apprentis politiciens ont commencé par faire le vide et par éliminer toute velléité d’opposition à une politique qui, profitant de l’euphorie de l’indépendance, basée sur l’ignorance de la majorité et profitant de la rareté des compétences requises pour la conduite des affaires du pays, incrusta ses tentacules jusqu’aux tréfonds de la société pour la vider de sa « substantifique moelle ».Les tenants du pouvoir ont misé sur le relatif désintérêt des gens pour assoire une autorité ne répondant à aucun critère légal, ayant pour soubassement les règlements de comptes et l’arbitraire. L’assemblée constituante de 1963 consacra l’unicité du parti qui dans d’autres contrées et en d’autres circonstances aurait permis une ouverture du champ politique afin que l’expression pluraliste puisse trouver un terreau favorable à l’éclosion de projets sociaux et politiques divers. Les tenants du pouvoir à l’époque se sont alliés à des force rétrogrades dont le seul but était de préserver les privilèges découlant soit d ‘une collaboration avec l’ancien occupant, soit de l’accaparement de biens à l’ombre du glaive, avec pour but avoué ou non de se préparer à se partager la rente pétrolière.
Nous sommes nous et nos enfants les otages du mensonge, de la falsification de notre histoire. Jamais, mon Dieu, jamais l’histoire d’un peuple n’a été autant mystifiée et dénaturée que celle de notre pays. À titre d’exemple, il suffit de penser au nom d’une importante rue à Alger, pour la gloire d’un martyr que tout un chacun porte dans son cœur en reconnaissance de sa bravoure et du sacrifice consenti... Quel choc ensuite d’apprendre officiellement qu’il a été assassiné par…ses pairs à cause apprend-on d’un désaccord sur la primauté du civil sur le militaire .
Quel choc d’apprendre aussi, que l’une des dernières figures historiques viables de l’Algérie s’est avérée dilapidatrice des biens du peuples et ce dans des joutes diarrhéiques animées par une veuve demoiselle en mal de reconnaissance.
Quel choc d’apprendre les combines, calculs et autres stratagèmes de nos premiers gouvernants pour assoire leur pouvoir sanguinaire et inhumain.
Quel choc d’apprendre qu’un président illettré allié pendant plus d’une décennie à une lumière scientifique a saigné le pays avec d’autres acolytes au détriment de la satisfaction de besoins primaires du peuple qui, paralysé par un système qui ne reconnaît que les siens, a été voué à la misère morale et le dénuement matériel.
Quel choc et quelle misère de lire dans un récit autobiographique et d’autosatisfaction d’une dame nourrie dans la mangeoire du pouvoir pendant des décennie faire l’apologie d’un dinosaure à la gestion trouble pendant la décennie obscure et revenu depuis aux affaire dans la plus haute sphère institutionnelle du pays. Quel dommage pour ce peuple qui n’a que la fausse cajolerie pour panser ses blessures. Cette dame qui a voulu marquer la littérature macabre, en choisissant l’autre couleur de Stendal pour qualifier un pan d’histoire du pays par opposition à la première du même auteur pour désigner la débâcle de l’Algérie.
Quel misère disais-je que cette dame se disant une chantre de démocratie et infatigable défenseuse de la femme algérienne, se mette à nous citer les paternels mérites d’un lugubre personnage qui a été de tous les complot et de toutes les gabegies qui caractérise le pouvoir depuis quarante ans. Elle a failli nous le faire aimé grâce aux lois de syntaxe et aux subtilités de la sémantique d’une langue loin d’être maîtrisée par la majorité s’adresse plutôt à quelques irréductibles qui risque à terme de remettre sérieusement en cause la léthargie dans laquelle se complait (malgré elle) toute une génération jetée en pâture à l’ineptie de l’école fondamentale.
Quel choc et quelle frustration d’apprendre par un haut gradé auto-recyclé, que notre destinée s’est trouvée (pendant trop longtemps) par le truchement diabolique du rééquilibrage du pouvoir entre les mains d’un « jouisseur et noceur » qui conformément aux règles du système a même veillé à faire de son rejeton un conseiller.
Quelle frustration de réaliser qu’ils nous ont rendus orphelins socialement, qu’ils nous ont infantilisés politiquement et contingentés culturellement.
Il n’y a pas si longtemps nous nous surprîmes à espérer en des lendemains meilleurs, pour plusieurs raisons :
- La situation sécuritaire commençait à briller d’une lueur qui avait disparu des regards, les fous qui se réclamaient de ta grandeur, de ta sagesse et de ta clairvoyance se sont rendus compte qu’ils avaient en face d’eux un peuple héroïque n’ayant pas besoin de nouveau prophète, qui ne s’en remettait pour ses pieuses activité qu’à toi. Ce peuple essayait tant bien que mal d’investir de nouveau espaces de liberté pour lesquels il a consenti pour la énième fois de son histoire le sacrifice de ses meilleurs enfants.
- Une partie du peuple complètement démunie qui s’est retrouvée dans le giron des faux dévots à cause de la déliquescence des pouvoirs qui se sont succédés, a pris conscience de la fausseté du discours qui leur était servi depuis les élections municipales (89) sur leur capacité à gérer la chose publique. Le peuple est d’autant plus vaillant qu’il a refusé de se laisser entraîner dans une nouvelle aventure tout en n’ayant aucune référence pour les contrecarrer ( d’ou le fameux choix entre la peste et le choléra).
- Nous avons fini par croire malgré nous, que quelque oiseau migrateur pouvait, compte tenu de l’étendue de ses périples et les avantages de ses contacts ainsi que les « affres » de deux décennies de vie dans le désert, même avec les tares de son plumage lissé par les années de plomb, allait nous apporter le répit et la tranquillité que nous connûmes jadis avec tout ce que cela comportait comme restriction sur le plan des libertés.
Mais malheureusement, nous n’étions pas au bout de nos peines. Le système, encore une fois a fait en sorte et conformément à ses habitudes de trouver le moyen de se régénérer.
Les DÉCIDEURS, cette appellation bâtarde qui sous d’autres cieux a une signification tout à fait légitime, car faisant référence à des compétences dans tous les domaines se trouve dans le contexte de l’Algérie complètement dévoyée. La notion de décideurs chez nous a trait beaucoup plus à un conglomérat de personne parfaitement identifié et caractérisé par l’appartenance à une mafia qui a complètement asservi 90% du peuple. Ces décideurs comme on les appelle, ont fait en sorte d’ouvrir les tiroirs cadenassés des tractations occultes. Ils ont organisé une grande foire, avec beaucoup de clowns de second ordre, pour amuser la galerie et la préparer à digérer le gros sapin
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- L’ahlali a été sonné partout, des mesures ont été prises pour limiter les dépenses du trésor en ne permettant qu’à l’élu d’être élu. Tout le beau monde a été entraîné dans une spirale de bonheur folklorique pour prêter allégeance au prince, malgré ses écarts de langage à la limite de l’obscénité et un comportement franchissant allégrement les limites de la correction exigée à un tel niveau de responsabilité.
- Toute la campagne électorale a été orchestrée de façon à ne pas manquer le but visé. L’enjeu de la pérennité du système est toujours le même : faire en sorte que le contrôle de la rente pétrolière n’échappe à ceux qui, durant quatre décennies n’ont eu de cesse de s’arque bouter et de dévorer les richesses du pays. Ils n’ont eu de cesse de veiller à se reproduire et de reproduire les mêmes réflexes prédateurs parmi leur progéniture. Ils n’ont eu de cesse de maintenir la grande partie de ce peuple qui pourtant n’a cessé de trimer, dans l’ignorance, et dans un état de dégradation permanente à travers une école qui, à tous les niveaux de ses structures se trouve sinistrée. Ils se sont bien gardés par exemple de faire subire les mêmes tortures à leurs rejetons qui dans la plupart des cas sont des cancres, en les envoyant dans les grandes écoles et universités européennes et américaines.
Chez nous on nous appris à parler de l’amour du pays. Ailleurs la meilleure façon de prouver son amour au pays c’est faire preuve de civisme .la différence est que chez nous la chose publique n’est pas valorisée. Nous avons appris à considérer le bien publique comme celui des autres ,par conséquent comme le dit un proverbe populaire algérien « ce qui n’est pas à toi ne fait que te fatiguer » celui qui est aux autre n’est pas à nous ,à moins de se l’accaparer détruisons le. Ceci pour deux raisons principales:
-Nos grands concepteurs ont décidé d’éliminer l’éducation civique à l’école dés les premières années pour inculquer aux enfants la valeur du travail, de la propriété individuelle et collective, le respect des effort d’autrui.
-Notre fiscalité à tous les niveaux étant complètement désorganisée fait en sorte que le commun des mortels n’a aucune idée de sa qualité de contribuable.
La notion de beylik a toujours fait partie de notre patrimoine culturel. Du nord au sud et de l’est à l’ouest le patrimoine public a toujours été affligé de l’appartenance à une autorité supra populaire qui désignait l’autorité. Après l’indépendance, le brouillage volontaire ou par incompétence de la gestion publique a fait que cette notion de beylik a continué à être adoptée. Enfant, je n’ai jamais appris que le bien de « el beylik » constituait le patrimoine commun et qu’il fallait le préserver pour la simple raison que s’il était dilapidé je serai autant perdant que les autres. Cela étant valable pour le côté moral. Il reste maintenant l’aspect fiscal qui, de par la volonté de préserver une paix sociale au prix de laxisme et surtout de ne pas provoquer une prise de conscience qui elle même nécessiterait des structures de contrôle adéquates, donc des compétences formées et qu’il serait difficile de museler indéfiniment. Il est normal que quelqu’un qui paye des impôts de façon régulière, en fonction de ses gains, découvre le vrai sens de la citoyenneté et mesurera la vraie dimension du contribuable. Il exigera, comme de coutume dans les pays de la citoyenneté que son argent soit utilisé à bon escient et surtout à son profit en tant qu’acteur social à part entière. Or, jusqu’à aujourd’hui, le pouvoir continue à faire passer des sapins au peuple. Le pouvoir aussi bien de par son organisation caractérisée par le régionalisme, le népotisme, la cooptation, le clientélisme et l’incompétence caractérisée, que par l’idéologie et la fausse culture de l’état, continue à faire croire au commun des algériens, de façon pernicieuse, que les ressources qu’il ingurgite ainsi que les miettes qu’il distribue sous une forme ou une autre sont sa chasse gardée et que si miette il y a, ce n’est dû qu’à sa magnanimité. De fait, l’algérien s’est toujours senti exclu de la prise de décision dans la gestion de son pays en donnant une procuration en blanc, malgré lui, par un truchement institutionnel pervers qui a fini par le laminer et donc entamer toute velléité de projet social en dehors de la satisfaction de besoins primaires et immédiats. Il me paraît utile de préciser que cette situation n’a rien à voir avec la fraude fiscale qui trouve des adeptes partout dans le monde. Le système s’arrange de manière à ne pas provoquer une situation qui l’obligerait à rendre des comptes à qui de droit, Il s’arrange de façon à ce que les structures de contrôle soient les moins efficaces par le jeu de la limitation des moyens matériels et humains, par l’absence de formation adéquate ainsi que par un découragement pernicieux découlant directement de la nomination de responsables d’une incompétence caractérisée aux postes les plus sensibles.(au moment où j’écris ces lignes j’apprends la nomination de l’ancien ministre de la jeunesse et des sports au poste de directeur général des douanes. Dieu du ciel, tous les postes stratégiques en Algérie deviennent par la loi de la compromission des postes politiques) Comment vouloir sortir de la crise que subissent surtout les couches défavorisées de la société, si par le fait du prince répondant à des injonctions occultes, les compétences nationales (il y en a) continuent à être marginalisées et confiner sur la berge attendant un illusoire départ pour se refaire sous d’autres cieux....
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L'Homme Bleu leva la tête vers les étoiles.
- Rien de ce qui existe ne disparaît du monde. Chaque chose est unie à l'autre. Le corps d'un homme mort retourne à la terre et la nourrit, mais que deviennent ce qu'il a pensé, ce qu'il a dit, les désirs qu'il a eus ?
Il leva à nouveau la main au-dessus de la tête.
- Ils sont là, dit-il. Ils t'influencent. Ils te protègent ou bien ils te menacent.
Il tourna la tête vers le campement d'où provenaient encore la rumeur des voix et le son du violon.
- La vie reprend tout, dit-il. La vie transforme tout. Elle est comme le vent qui change le dessin des dunes, mais ce sont toujours les mêmes grains de sable qui les composent. Hier, ils étaient cailloux, puis gravier, puis sable, et peut-être demain s'aggloméreront-ils ensemble pour former de nouvelles montagnes.
Tout à coup, au milieu des chants, on entendit les vagissements et les pleurs d'un enfant, puis la voix d'une femme qui devait le bercer et qui psalmodiait : Dû-della, dû-della.
L'Homme Bleu, durant quelques secondes, en se balançant d'avant en arrière, les bras croisés comme s'il tenait l'enfant contre lui répéta d'une voix grave : Dû-della, dû-della.
L'enfant cessa de pleurer.
- On m'a endormi avec ce chant-là, dit l'Homme Bleu. Et avant moi, tous les enfants de mon peuple, et peut-être depuis qu'il existe, ont entendu les mêmes mots qui leur ont fermé les yeux, les enveloppant de douceur et de tendresse, d'un sentiment de paix. Et aujourd'hui, il en est encore ainsi. Et je veux que demain une femme murmure, pour calmer le nouveau-né, la même chanson.
L'Homme Bleu resta longuement dans la même position, continuant de se balancer et de chantonner avec la gorge la mélopée, sans répéter les mots de la berceuse.
- C'est ainsi qu'un nouveau-né apprend qui il est, à quel peuple il appartient, dit-il. C'est ainsi qu'il devient un fil de la trame que constitue un peuple, et qui fait que ce peuple ne se défait pas, qu'il continue de former cette toile aux destins entrecroisés qui construisent la vie d'une nation, où chaque fil est lié à l'autre et partage la même mémoire.
Menzakin
27/11/2005, 17h26
Tes appuis m'ont l'air un peu légers. Pour ma part, je serais bien incapable de disséquer un youyou à partir d'une musique.
Ce que je relate ici du youyou kabyle (ou plutôt du ririririririri) est ce que j'ai retenu des leçons de mon enfance sur l'art et la manière de le décliner dans différentes circonstances. Du youyou festif au youyou de l'adieu au défunt, en passant par le youyou de réussite à la sixième, au B.E.F, au retour du service militaire...
Les youyous les plus drôles que j'ai jamais connus sont ceux de la soutenance du mémoire d'Ing de Lounis H, il y a un certain temps déjà. Son clan (c'est-à-dire presque tout le village) a débarqué à Hasnaoua. Il faut dire que c'était le premier du clan à se voir décerner le titre d'Ingénieur. Ce qui lui a d'ailleurs valu le surnom de Lounis ageniour, qui lui colle encore à la peau.
Silence de mort (mais surtout d'admiration clanique) durant la soutenance.
Fin de l'exposé. Prise de parole du Président du jury qui cède la parole au premier rapporteur. Le premier rapporteur observe Lounis quelques secondes, baisse la tête, feuillette le rapport, enlève ses lunettes et pose sa question. Lounis baisse la tête, se gratte la tête et répond à la question. Et là, miracle. Je sais d'où sont sortis les youyous mais pour la derbouka, Je ne sais pas...ça doit être l'oeuvre du diable car je n'ai vu personne rentrer avec.
Bref, ça a été un festival de youyous jusqu'à la fin. Vu l'ambiance, la fin est d'ailleurs arrivée assez vite.
Je me demande, aujourd'hui, bien des années après, si tout cela n'était pas un coup monté de Lounis pour écourter le temps imparti aux questions.
Si vous connaissez Lounis, peut-être pourrez-vous le lui demander pour moi...
C'est vrai que des fois j'entends des "riririririri" mais j'entend aussi des "youuuuuuuuyouuuuyouuuyouuyouyouyouyouyouyouuuuuuuu youyy".
Je peux te l'assurer et si tu me crois pas, écoute vos musiques et tu verras la même chose.
Et, disons que je suis demi-sourd, je suis invité à un mariage kabyle dans 15 jours, et là, je pourrais te répondre sans que tu me dises que j'entend mal.
Voilà.
L'Homme Bleu demanda d'un signe impérieux qu'on l'écoute.
La quatrième nuit venait d'un seul coup d'écraser le jour.
Ici et là, devant les tentes, les foyers faisaient de petites touffes de lueurs tremblantes, pareilles à des morceaux d'étoiles qui se seraient répandus sur le sable. Le son aigu d'un violon perçait la nuit, accompagné par les voix graves des hommes qui scandaient quelques syllabes et battaient des mains en cadence.
- Entends-tu ce violon? demanda l'Homme Bleu. C'est Fati, l'une des plus belles femmes de l'Ahaggar, qui joue. Et autour d'elle, sous sa tente, des hommes sont assis. Ce sont eux qui chantent. Ils viennent parfois de très loin pour écouter Fati.
L'Homme Bleu, assis sur le tapis, commença à se balancer d'avant en arrière, suivant le rythme des chanteurs. Puis il dit d'une voix lente et grave :
Le violon comme le vent
Dans mon coeur rend bleue la flamme
Et je marche jusqu'à l'horizon
Pour l'entendre...
Il s'immobilisa, la tête un peu penchée, comme pour mieux entendre le violon et les voix. Il murmura :
- L'homme au coeur enflammé dit à la femme : "Calme le feu que tu as fait naître dans mon corps". Mais la femme, si l'homme se glisse la nuit dans la tente, et la caresse en essayant de ne pas réveiller les parents couchés près d'elle, fuit souvent comme une antilope. Elle ne veut pas que l'homme soit comme un lion avide de chair. Elle le veut fort et doux, audacieux et poète. Elle veut qu'il dise :
Je marche sur tes traces
Sans jamais te rejoindre
Car tu es agile comme
Le nuage
Si l'homme est ainsi, si elle lit dans ses yeux le respect et l'amour, alors elle peut l'acceuillir, lui apporter la centaine de peaux qui sont nécessaires pour composer la tente nuptiale. Elle vient aussi avec le mât central qui soutiendra les peaux, avec les autres piquets sculptés, et les cordages. Elle n'oubliera pas le lit, les coussins et la natte, et tout ce qui est nécessaire pour la cuisine. Et elle sera bientôt l'épouse, qui avancera sur son âne (vacciné contre la rage) chargé de ses lourds bagages de mariée, de sacs en cuir et de coussins décorés, suivie par son époux monté sur un chameau.
L'Homme Bleu écouta le silence un long moment.
- Nos femmes sont belles, dit-il. Les vôtres vont presque nues aux yeux de tous. Comment les habiller de vos rêves, puisque vous n'ignorez rien d'elles avant même de leur avoir parlé ? Et peut-on aimer une femme si on ne l'imagine pas, si l'on sait tout de son corps, mais rien de son âme ?
L'Homme Bleu s'interrompit, la tête tournée vers la tente où s'était tenu l'Ahâl.
- Un homme et une femme sont ensemble, murmura-t-il. C'est ainsi dans chaque espèce vivante. Mais es-tu sûr que vous vouliez encore respecter cette loi du monde ? Vous vous croyez si grands, si libres, que vous voulez que la femme soit un homme et que les hommes, s'ils le veulent, choisissent d'être femmes !
Il dessina dans le sable quelques lignes, une tente.
- Chacun, dans sa tente, est libre d'agir comme il veut et le sent. Mais es-tu sûr qu'un peuple puisse se donner des lois qui oublient qu'une femme est une femme, et un homme, un homme? Peut-être, quand un jour les montagnes de l'Aïr seront transformées en grains de sable, la nature aura-t-elle changé de loi, mais tant qu'il y aura des cimes qui sont comme les gardiennes du désert, il y aura toujours une femme à l'origine des choses.
L'Homme Bleu plaça ses deux mains au-dessus de la flamme.
- Toi et les tiens, vous voulez nier cela, même si vous prétendez être les libérateurs de la femme; que vous voulez en faire l'égale de l'homme. Mais c'est la femme qui est la flamme de la vie, dit-il.
Il se leva et commença à marcher autour du foyer.
- Je sais bien, reprit-il, toi et les tiens regardez nos femmes comme si elles étaient encore des esclaves. je t'ai vu observer avec mépris et tristesse leur visage peint et leurs boucles lourdes qui tirent sur les lobes de leurs oreilles. Tu ne sais pas que chaque trait bleu, rouge ou blanc sur les joues ou le front est comme une écriture qui parle, que les bijoux, les boucles et les colliers, ou bien les perles dans les cheveux, sont plus que des parures, mais des signes. Chaque chose doit avoir un sens.
Quel est celui que vous donnez aux femmes ? Vous nous jugez avec sévérité. Mais nous avons depuis longtemps rejeté l'idée qu'un homme pourrait avoir plusieurs femmes. Et celui qui ne désire plus la sienne quitte la tente et reste seul, son épouse gardant les biens qui sont à elle. Vous n'avez donc pas de leçons à nous donner quant à la place des femmes parmi nous. Mais les vôtres, comment vivent-elles ?
L'Homme Bleu s'était immobilisé, puis il s'était assis près du foyer, un doigt accusateur tendu vers celui qui l'écoutait.
- Elles vont jambes nues, et souvent elles montrent leurs seins. Elles sont offertes. Que sont-elles d'autre que la chair du désir que vous soupesez du regard ? Vous ignorez leurs yeux. Comment pourriez-vous juger de leur âme ? Est-ce ainsi que vous les respectez ? Est-ce ainsi que vous en faîtes vos égales, comme vous le prétendez ?
Nous, que vous jugez comme les hommes-vestiges d'un monde condamné, presque totalement disparu, nous les écoutons jouer du violon, nous lisons les signes sur leur visage, comme nous lirions des inscriptions gravées dans la pierre ou un livre écrit aux origines.
L'Homme Bleu se leva à nouveau, et d'une voix forte, avec de la fierté dans le ton et dans l'attitude, il dit :
- Et sache que nos femmes ne sont pas comme les vôtres, elles n'acceptent pas le partage. L'homme qui les trompe s'en va dormir hors de la tente. Il n'a qu'un paravent sans toit. Il a froid. Es-tu sûr que les femmes de votre monde, dont vous proclamez qu'elles ont autant de droits que les hommes, disposent de ce pouvoir ?
Il se pencha.
- Si tu retires à la femme le sens de sa vie, qui est d'être à l'origine des choses, d'être la source de vie, si tu ne fais pas de cela son titre de gloire et le fondement de sa puissance, que lui laisses-tu ? Elle est le plaisir de l'homme ou bien elle joue à être l'homme, et elle ne sera jamais que son masque.
Il fit quelques pas.
- Toi et les tiens, vous êtes habiles. Vous parlez de la liberté et de l'égalité, mais c'est pour mieux tromper les femmes en obtenant d'elles leur consentement à la soumission, en leur faisant croire qu'elles sont vos égales alors que vous les privez de leur rôle et de leur force. Laisser chacun être ce qu'il est, c'est le respecter. Faire croire qu'être libre, c'est devenir autre que soi, c'est tromper.
A son réveil, le Petit Prince retrouva les bernaches nonnettes qui l’avaient jalousement veillé toute la nuit. Il dit adieu au nain Ternaute et à son monde virtuel et s’accrocha aux ailes de ses amies qui le menèrent vers une autre planète qui ressemblait étrangement à la Terre.
Les bernaches le déposèrent dans un désert habillé d’immenses balises. Ses amies lui apprirent que c’était des pyramides et qu’elles avaient servi de balises à Noé.
- Qui est Noé ? demanda le Petit Prince.
- Noé est le patriarche des Hommes, répondirent les bernaches. Il a sauvé les espèces vivantes des eaux en recueillant un mâle et une femelle de chaque espèce dans son arche.
- Et des roses ? A-t-il recueilli des roses dans son arche ?
- Je ne crois pas. Les roses ne parlent pas, ne pensent pas…elles ne sont que des plantes. Elles ne pouvaient donc faire partie des élus.
- Sur ma planète, j’ai pourtant une rose qui parle et qui pense. Je suis bien content qu’il ne pleuve pas sur ma planète car je ne pense pas qu’elle pourrait survivre toute seule aux grandes eaux.
Tout en parlant, le Petit Prince et ses amies se rapprochèrent des grandes pyramides. A l’ombre de l’une d’elles se trouvait un Homme Bleu occupé à tracer des lignes dans le sable.
- Qui es-tu ? demanda le petit prince.
- Je suis un fils du vent et du sable.
- Et que dessines-tu ?
- Je dessine un mamelouk.
- Peux-tu m’en dessiner un que je pourrais emmener avec moi dans ma planète ?
- Leurs lames sont tranchantes et tu pourrais t’y couper le doigt.
- Alors une rose qui pourrait tenir compagnie à la mienne ? Il lui arrive de s’ennuyer toute seule sur ma planète et une rose des sables aurait sûrement beaucoup d’histoires à lui raconter. Elle trouverait ainsi le temps moins long à m’attendre.
- Les roses de sable peuvent être elles-aussi très tranchantes. Si tu cherches de quoi occuper ta rose, je peux t’offrir cette pierre. Nous l’appellerons «pierre de Rosette» en l’honneur de ta fleur. Je suis sûre qu’elle saura l’occuper et lui conter des histoires dont nul n’a encore idée.
Le Petit Prince était tout heureux d’avoir trouvé de quoi occuper sa rose.
- Si dans la nuit, tu vois briller deux petits joyaux sur ma planète, tu sauras que ce sont les yeux de ma rose. Elle adore les histoires et souvent je la surprends à écouter les murmures du vent, l’oreille collée à la cloche de verre qui la protège des courants d’air.
- Où mes yeux doivent-ils chercher ta planète ? demanda l’Homme Bleu.
- Juste là entre le soleil et l’étoile du Berger. Connais-tu l’étoile du Berger ?
- C’est l’étoile qui guide mes pas et mon âme depuis le début des Temps. Elle est aussi l’étoile du poète. Celui qui a pour rose Loundja. Le ciel est sa demeure et Loundja la lampe qui éclaire sa demeure. Pour toi, elle est l’étoile du Berger. Pour d’autres, elle est Vénus. Pour mon peuple, elle est l’étoile de Meksa car nous savons que si la nuit venue, elle brille de mille feux c’est pour mieux l’éclairer de son amour et éclairer la route de ceux qui savent la trouver.
La plume est à prendre...pas celle des bernaches.
Aghyul Llaxla
14/12/2005, 17h38
Tes écrits me manquent comme manque le rugissement du vent pour les Hauts-Plateaux.
:MOB:
Ce que j'aime bien chez lui c'est quand on l'énerve. Il bande le verbe tellement dur que t'as intérêt à tourner ta langue plus de 7 fois dans ta bouche... et là ça lui fait du bien.
Et quand il est content alors c'est lobitos pour tout le monde !
Une belle et douce année à tous.
Blackmore
02/01/2006, 13h06
Meilleurs voeux à tous et longue vie à ce forum !
Sacov n'est peut être plus là , mais Aghyul lui, est toujours fidèle à son poste de "stoppeur" .
Dernière veillée et derniers mots jetés au vent.
Monique a enterré son père hier et mon cœur saigne pour toi ma mie. Cette nuit, c’est ton cœur qui lui tient chaud. Ta douleur n’a d’autre maître que le temps mais mes larmes font route avec les tiennes.
Une petite cantate pour toi, pour lui…même si Kalila a cessé de chanter.
Kalila sera enterrée demain, c’est-à-dire aujourd’hui déjà.
Kalila, ce petit oiseau porté jusqu’à nous par les vents, n’est plus. L’amour et l’attention de Dimna n’auront pas su le préserver de lui-même, de ses rêves et de ses obsessions de voyage. De sa curiosité surtout, celle-là même qui l’a mené chez nous. Mais peut-on raisonnablement demander à un petit oiseau que la curiosité a mené loin de son nid, de se défaire de ce qui le porte? C’est ainsi que Kalila prit l’habitude d’aller rendre visite aux voisins, les fixant d’abord d’un œil puis des deux avant d’oser un sifflement puis un chant.
Quelques chants plus tard, Dimna prit ombrage de l’affaire. A moins qu’il ne prit ombrage de l’intérêt que portaient les voisins à cet oiseau qui respirait la croisée des chemins.
Mêlant son chant à celui de Kalila, il fit tant et si bien que nul ne pouvait plus les discerner. Il lui fut ensuite chose aisée de nous rendre insupportable le chant du petit oiseau.
Bouleversée, Kalila décida de ne plus respirer. A vingt, elle revit le nid de sa naissance. A trente, elle revit son envol. A quarante, elle revit ces grandes étendues traversées dans l’euphorie ou la douleur. A soixante, elle n’était plus.
Aujourd’hui, on enterre Kalila et je lui veux pour épitaphe qu’elle n’a jamais été qu'elle-même.
Voici l’histoire de Kalila comme aurait pu la raconter Jean de La Fontaine. Mais point de morale, juste une épitaphe.
Extrait de ...
"Mhemed mmis n taklit d waytmas di sba"
Ila yiwen esseltan, di zman amezwaru, yugh sba tlawin.
Urwen-ted, jjant-ed arac i seba. Yiwet deg sent ttaklit.
Armi das mi muqrit warac nni i seba, essoltan itt qelib asen ijwejj. Ur yuffi ara dinna di tmurt-is. Yughal, slan s yiwen essoltan, di tmurt nid’en, ghures sebâa tehdayin. Kkren, nnan as i babat-sen :
- Nukkni anruh ad nejwejj
Inna y asen :
- Rruhet ay arraw-iw.
Ifkka yasen idrimen, yerna yasen ijedâan. Rekkben, rruhen. Armi bbwd’en ar yiwen umkkan, yeghlid felasen yid’. Nsan dinna. Nnan as bbay gar asen :
- Anwa ara iâusen deg negh, fellanegh ?
Inna yasen yiwen :
- D nekk ara y asen.
Netta i âus, wiyid’ twsen.
Armi did’, iffegh-ed fell asen izem. Iwtit, yenghat wasas nni. Wid itsen, ur ukin ara. Armi d ekkren, sbeh, aqcic nni ibbwi afus g izem nni yengha. Ruhen d ubrid nsen ; ulac ghur sen lexbar s uqcic nni ingha izem.
Armi bbd’en ar umekkan nid’en, ttameddit, ersen. Ensan dinna.
Ikkr-ed wayed’ inna y asen :
- Id’ akki d nekk ara y asen.
Ennan as :
- âuss.
Nutni twssen, netta iâuss. Armi d anesaf g id’, iffegh-ed ghur sen umukar. Iwtit, inghat wasas enni. Wid itssen, ur ukin ara dighen am ass amzwaru. Igzem-ed netta afus bb ummakar enni, ibbwit ula d netta id’es dighen. Ekkrend sbah, ruhen.
Bbd’en ar yiwen umkkan, ttameddit. Uffan tala. Nnan as :
- Tura nekkni, aqlagh naya ; id’ ighli-d. Tura, nukkni ur nettaf ara yiwen umkkan am aggi i id’es. A nnens daggi. Ellan waman daggi, axir agh ; win iffud en adissew, win ibghan tarda adisired.
Ensan dinna. Ikker-ed umectuh enni deg sen, Mhemed mmis en taklit, inna y asen :
- Id’ a, a yatma, d nekk ara iâussen.
Ennan as :
- Âuss.
Iâuss. Armi inssef id’, tefghr-ed fell asen tteriel di tala nni, ghures sbâa iqerra. Ikker ghures. igezm as iqerra ines di sbâa. Aytmas tsen, ur d ukin ara.
Iwala tafat ar yiwen umadagh. Inna yas :
- Nekkini ad ruhegh ar tafat inna. Yak aytma, tura, tteriel nni ara ten iccen, aqli yi nghightt; ma d nutni atan twsen; ma d nekk ad ruhegh.
Iruh. Yuffa sin; yiwen itellem amrar n caar aberkan, wayed’ n caar amelal. Inna yasen :
- Acu txeddmem akkaggi?
Ennan as :
- D nukkni ay d isseghlayen id’, d nukkni ag salayen ass.
Inna yasen :
- Ihi, i lanaya nwen, sighzift id’ aggi akken ur d ttakin ara waytma akken ad twsen ; nekkini ad ruhegh ar tmes inna ittbanen deg umadagh inna.
Ennan as :
- Rruh.
Iruh. Armi ibbed’, yuffa arbâin ighiliwen (40 ogres). Bnan axam imir, zlan azgger imir, sebbwen-t imir. Netta ghures tacacit ; mi tt yelsa, ur tizzer hedd. Ikcem gar asen. Sersen d tabaqit ad ccen imensi; sersen d arbâin tghenjjawin. Irfed yid sen. Txuss iten yiwet. Ennan as bbay gar asen :
- Serset tighenjjawin, refdet qbel aksum.
Uffan txuss dighen yiwet. Ennan as :
- Serset.
Sersen. Isers ula d netta yid sen. Äuden lehsab uffan arbâin. Ennan as :
- Refdet
Refden. Uffan dighen txuss yiwet. Ennan as :
- A waggi yellan yid nagh, âggen-ed iman-ik. Nu3d-ik ur k necci, yerna ak nesaâlem aniwer ara n rouh ma tebghid’ atteddud’ ula d kecc yid negh.
Inetqed, inna yasen :
- D nekk.
Ikkes tacacit. Walan-t. Ennan as :
- Tura nekkni nezla azgger, tura nesebbwit : tura keccini, ur issin hedd ansi id ruhed’ attecced’ yid negh.
Inna yasen :
- Taggi del qisman. Iqesmiyit rebbi (double sens de destinée et de partage, normalement, ad d'sem).
Nutni xezren-t, bghan at ccen. Ennan as bbay gar asen :
- Arjju tura a ten jereb, ma izmer iman-is negh ur izmir ara at necc.
Ennan as :
- Ekker, erfed tasilt aggi; ma t zemerd-as, nehssa-k t zemered’ attedud’ yid negh.
Tasilt nni, refden-tt i arbâin. Sersen-tt i arbâin. Netta ikker isers itt s yiwen ufus, irefd itt s yiwen ufus. Ennan as :
- Tura, nehssa-k t zemred’ i ymanik; atteddud’ yid nagh.
Ennan as :
- Nukkni aqlagh an ruh ar yiwen essoltan, nesla yis ghures seba tehdayin. Tura an ruh at tid nawi.
Inna yasen :
- Ula d nekk gher dinn ay lehugh.
Et c'est après que ça devient palpitant. A suivre. Et puis, si quelqu'un veut bien corriger mes fautes...
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Écrire, par exemple : " La nuit est étoilée
et les astres d'azur tremblent dans le lointain. "
Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.
Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Je l'aimais, et parfois elle aussi elle m'aima.
Les nuits comme cette nuit, je l'avais entre mes bras.
Je l'embrassai tant de fois sous le ciel, ciel infini.
Elle m'aima, et parfois moi aussi je l'ai aimée.
Comment n'aimerait-on pas ses grands yeux, ses grands yeux fixes.
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Penser que je ne l'ai pas. Regretter l'avoir perdue.
Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.
Et le vers tombe dans l'âme comme la rosée dans l'herbe.
Qu'importe que mon amour n'ait pas pu la retenir.
La nuit est pleine d'étoiles, elle n'est pas avec moi.
Voilà tout. Au loin on chante. C'est au loin.
Et mon âme est mécontente parce que je l'ai perdue.
Comme pour la rapprocher, c'est mon regard qui la cherche.
Et mon coeur aussi la cherche, elle n'est pas avec moi.
Et c'est bien la même nuit qui blanchit les mêmes arbres.
Mais nous autres, ceux d'alors, nous ne sommes plus les mêmes.
je ne l'aime plus, c'est vrai. Pourtant, combien je l'aimais.
Ma voix appelait le vent pour aller à son oreille.
À un autre. A un autre elle sera. Ainsi qu'avant mes baisers.
Avec sa voix, son corps clair. Avec ses yeux infinis.
je ne l'aime plus, c'est vrai, pourtant, peut-être je l'aime.
Il est si bref l'amour et l'oubli est si long.
C'était en des nuits pareilles, je l'avais entre mes bras
et mon âme est mécontente parce que je l'ai perdue.
Même si cette douleur est la dernière par elle
et même si ce poème est les derniers vers pour elle.
Pablo Neruda, Poème XX
Et son adaptation libre (plutôt un extrait) par la plus grande amatrice de Neruda que je connaisse. Merci à toi.
D lehzen i g zd'a yid' dasefru
Ala yen i yuffa ul at yaru
Ad'u deg geni la yettezi la yerenu
Nukni nehssel di diqq ughuru
...
Je l’ai vue ce matin en sortant de chez moi. Sur l’unique arbre de mon jardin auquel elle s’accrochait entêtée, obstinée. Comment comprendre cette obstination si ce n’est sa soif de savoir et d’en apprendre toujours plus malgré la rigueur de l’hiver et cet arbre qui avait cessé de la nourrir. Et c’est dans un soupir d’aise que je la vis enfin quitter son arbre. Elle avait enfin compris. Alors délicatement, je la pris dans mes mains et me mis à lire l’histoire écrite en filigrane :
"Je t’ai enfin trouvée. Le chemin fut long et souvent, j’ai eu envie d’abandonner ma quête.
Ce fut souvent une obsession. Une obsession déraisonnable qui a vu bien des tempêtes se soulever. Je peux maintenant me laisser mourir. Tout doucement me laisser partir.
Ce fut passionnant de te chercher et un bonheur de te trouver.
Je m’en retourne vers une autre vie.
Je peux enfin redevenir moi-même…loin, très loin de toutes ces opérettes."
Extrait de ...
:AnsufYis:
Sais-tu qu'à Taddart Ufella, on casse encore les oeufs par le petit bout alors qu'à Taddart Bwada, on les casse par le grand bout ?
Source de conflits durant des générations, notamment à l'Achoura, cette histoire de bout est loin de trouver une issue.
Pourqoui l'Achoura ? Tu n'ignores pas que l'Achoura est l'occasion de raser les favoris (ou papillotes?) des garçons nés dans l'année et de distribuer aheddur et oeufs cuits aux proches. Del waâda n taacurt.
Petit bout, grand bout, je ne sais jamais ; alors pour ne vexer personne, je mets tous les oeufs reçus dans le même saladier, je les balance contre le mur et j'étudie leurs trajectoires.
C'est comme pour les suppos (et non pas les suppots). Tu as les adeptes du petit bout, les adeptes du grand bout mais l'essentiel est-il vraiment là ?
Daya
100 questions à un Algérien*. Sacov tente d'y répondre...
1. D’où viens- tu ? quelle est ton origine?
Cette question, à la lumière du soubassement culturel propre à une région d’Algérie, des derniers évènements, appelle une réponse prudente. De but en blanc, je ne peux me définir comme kabyle dans la mesure ou pour moi être Kabyle, c’est habiter la Kabylie qui est une région géographique en dehors de toute considération ethnique. Je ne prétends pas l’inexistence de spécificités culturelles propre à cette région et qui renvoie à une lecture historique plus générale ayant tait à tout le pays.
Pour revenir à l’essence de la question, vous me permettrez de faire appel à ma mémoire d’enfant qui, au début de la fréquentation de l’école française au milieu des années cinquante, modelée par l’idéologie coloniale, me rappelle que mes ancêtres sont des gauloiss.
Je veux bien, à l’instar de milliers d’algériens tout à fait conscients et à la fleur de l’age comme à la fleur d’une carrière professionnelle respectable, revendiquent à voix haute leur nationalité française. Seulement il y a un hic, c’est que moi, comme des milliers de petits colonisés, je n’ai fait que subir un effacement injuste de ma personnalité par le pays des droits de l’homme. Sans comprendre ce qui m’arrivait, le message idéologique de l’école aidant, l’idée d’être français, ne m’effleura jamais l’esprit, tant la contre offensive culturelle des milieux familial et social dans lequel je me mouvais était forte et veillait à la « propreté » de cette parcelle de nous-mêmes qu’il était impossible à la colonisation de fait, d’entamer.
Un élément marquant ne manquait pas à travers les textes qu’on lisait à l’école, de nous assigner la vraie place qui était la notre dans le système colonial : l’ambiance voulait bien de nous comme français en nous signifiant exclusivement nos devoirs vis à vis de « notre »patrie. Il était clairement montré à travers aussi bien des textes scolaires et leurs illustrations, que la vie de tous les jours que menaient les autochtones que la place qui nous était assignée était celle de citoyens de seconde zone.
Il faut souligner que tout était fait au sein des familles algériennes pour contrecarrer ce forcing de dépersonnalisation à travers la sauvegarde des traditions ancestrales exprimée par la religion et par la coutume. C’est en ce sens et en d’autres que la religion à joué un rôle de sauvegarde de notre personnalité.
Tout enfant que j’étais et à l’instar de tous les autres, par des gestes simples, sans en connaître la signification, il m’était possible de me démarquer de mon petit camarades français à l’école et ailleurs. Il est utile de citer quelques exemples révélateurs de la façon dont la culture populaire se servait pour étayer certains principes qu’elle inculquait aux enfants.
Les petits enfants français avaient un teint rose?, c’est celui des cochons qu’ils mangeaient.
La position centrale de l’islam dans la vie quotidienne, proscrivant la consommation du porc, donnant de sa chair un aspect dégoûtant à faire vomir, l’enfant que j’étais, transposait le dégoût que m’inspirait le porc sur celui de la couleur rose des joues de mes petits camarades qui fatalement à mes yeux se transformaient en porcelets.
Le porc selon la légende transmettait des maladies, tous ceux qui en consommaient était des contaminateurs potentiels qu’il fallait éviter à tout prix.
Le petit enfant que j’étais ne se posait même pas la question que vous me posez aujourd’hui. Il savait qu’il ne pouvait être français, cela était sa certitude. Il savait que ses horizons n’étaient pas très lointaines, qu’il devait faire ce que décidait l’autre. La conception n’était pas dans ses attributions. Lui, était destiné à servir celui qui a toujours raison et quelle image plus explicite que celle de ses parents qu’il voie obtempérer à la moindre injonction de l’autre. Tout le monde sait que le modèle idéalisé par un enfant passe automatiquement par l’image du père, or quelle image, étant enfant, j’avais de mon père et de tous les pères algériens? Celle de grandes personnes qui, auréolées de l’autorité paternelle reconnue et consacrée par tous, se voyaient rouées de coups sinon engueulées comme du poisson pourri par un homme rouge de colère et de vin (interdit par l’islam). Quelle signification a cette situation ambivalente aux yeux de l’enfant qui apprenait dans la pratique de sa petite vie qu’après dieu il y avait les parents et que le plus fort de ces parents donnait l ‘image servile d’un esclave à la disposition sans retenue de ces gens qui ne mangent , ni ne boivent , ni ne s’habillent comme nous.
Le temps et les conditions de vie des algériens, aidés en cela par toute l’idéologie qui cultivait la supériorité du français, « enturbannaient » de plus en plus le petit autochtone que j’étais et lui faisait croire qu’il était destiné à être éternellement gentil. Une gentillesse enveloppée dans un carcan matériel caractérisé par un besoin perpétuel de se nourrir frugalement, de se vêtir en haillons et de se contenter d’un gourbi éclairé à la bougie ou à la lampe à pétrole. En face de cela , je trouvais tout à fait normal que mon petit camarade français était toujours pomponné, bien habillé, bien nourri et donc en meilleure santé physique que moi.
Il ne me venait pas à l’idée de remettre en question cette situation normale, mieux que cela il était beaucoup plus choquant pour moi que mon père par exemple se fasse engueuler par un arabe que de se faire rouer de coups par un français. L’arabe était mon égal dans la misère, il n’avait pas le droit d’élever le ton, ce n’était pas dans ses prérogatives de se comporter comme le roumi qui sait tout, qui nous donne du travail, qui appelle ma mère « fatma » alors qu’elle s’appelle autrement. Gare à mon semblable qui ose se comporter comme nos maîtres. D’ailleurs ces derniers ne le tolèreraient pas. Il le permettaient par exemple à quelques uns qui avaient adopté leur mode de vie. Tout en gardant cette espèce de soumission visible, ils devenaient très arrogants avec leurs coreligionnaires qui les craignaient plus que les européens car ils étaient plus féroces et mettaient beaucoup de hargne à exécuter leur tâche de supplétifs. Leurs enfants tout en ayant le même teint que moi, parlaient comme les autres et se tenaient tout le temps avec eux, j’en été jaloux.
Dans tout cela où est mon origine ?
J’ai appris par mes parents que je n’étais pas juif, car il paraît qu’ils puaient, je ne m’en suis pas approché, donc je ne l’ai pas vérifié. La rumeur populaire laissait entendre par des histoires, des contes et autres subterfuges qu’il ne fallait jamais faire confiance à un juif. Le juif était l’arnaqueur par excellence et qu’il fallait s’en méfier. La religion nous permettaient par contre d’accepter la nourriture du juif mais jamais sa couche.
Je ne suis pas non plus Kabyle, ces montagnard sans aucun raffinement (comme si nous, nous baignions dans le luxe) leur façon de parler, en baragouinant des sons incompréhensibles. Décidément ce n’était pas fait pour moi.
Je n’étais pas non plus un gitan, ça non. Ces gens étaient très sales, ils utilisaient la sorcellerie pour nous voler le peu que nous avions.
Le français tapait sur moi, il fallait que bien que je trouve quelqu’un sur qui taper. Là j’étais bien servi. Les conditions faisaient que , ne pouvant prétendre égaler le roumi, il fallait que je trouve un moyen pour me valoriser. Pour ce faire j’ai trouvé le juif qui m’est préféré par le colonisateur, le gitan sur lequel je me venge en ayant l’impression de taper sur le français de par sa chrétienté, le kabyle de par son caractère dit rustre, inculte et qui ne savait même pas parler comme moi. Voilà, la culture qu’on m’a faite ingurgiter , si par certains de ses aspects, elle m’a permis de résister à l’assimilation à mes dépends, m’a également permis de me forger une personnalité inaltérable d’arabe, vaillant, bénéficiant de repères géographiques dont je n’avais pas besoin au détriment de repères historiques qui m’étaient plus que nécessaires
Jusqu’à mon adolescence j’ai toujours cru dur comme fer que j’étais un pur-sang arabe . Je considérais cela non pas comme une simple appartenance raciale , plus que cela je revendiquais en quelque sorte la supériorité. Il m’arrivait même de plaindre ceux qui ne sont pas arabes et je compatissais surtout avec les esquimaux, les indiens d’Amazonie, les aborigènes d’Australie qui ne peuvent se délecter de cette culture qui est la mienne. Je compatissais avec eux et non pas avec les français pour des raisons historiques, je les trouvais moins arrogants, moins prétentieux. Je trouvais une certaine sympathie dans la similitude de nos conditions.
Ayant atterri au tout début des années soixante-dix à l’université d’Alger, je me devais de par mon imprégnation Jfln de reconnaître les bienfaits que me prodiguait cette institution fruit de la lutte ancestrale qu’a mené mon peuple au nom de l’arabo-islamisme. Je m’en délectais et je m’en ouvrais dans tous les débats qui se présentaient dans le cadre des tâches d’édification nationale.
Mon origine?… Cela ne suffit-il pas que je vous dise, que je me complais dans cette situation confortable du cocon de l’unification de l’union et de l’unicité unie autour de mot d’ordres unifiant les algériens dans une Algérie unique?…
Vous savez monsieur le questionneur, il y a toujours eu des gens auréolés d’une multitude de légitimités pour me montrer mon chemin dans les dédales des origines de ma culture que j’ai toujours perçue comme la meilleure au monde et de tous les temps. Il n’en était donc que plus légitime de promouvoir le vecteur essentiel à cette culture dans sa propagation et c’est la langue arabe.
Le Tamazight?…Le berbère?….Le Tifinagh?…Ça se mange?…AH..Les dialectes, le folklore, les couleurs vives, l’huile d’olive ,le karmous, les gravures rupestres. Mais cela n’est que l’expression de la vitalité du génie culturel et diversifié de notre grand peuple uni comme les doigts de la main et qui fait front à tous les complots tramés par l’impérialisme mondial et surtout, mais il ne faut pas le crier très fort, le résultat d’une politique de division coloniale pour perpétuer son règne.
Alors, je vois que vous n’êtes pas satisfais. Mais monsieur le questionneur, C’est ce que j’ai appris à travers ma famille, mon école, le journal, la télévision, la radio (même la chaîne II). Je ne peux donc pas m’inventer une autre origine que celle arabo-islamique qui est la mienne. Ben Khadda a dit, Ben Bella a dit, Boumediene et Bouteflika ont dit, Chadli a dit, Boudiaf a dit, le HCE a dit, Zéroual a dit, Bouteflika a redit, l’APN a dit, le CN a dit, nahda, hamas, le fis ont tous dit. Tout ce beau monde en répétant nos glorieux Ouléma ont dit que j’étais, que je suis et que je serai arabo-musulman. Ça a même été décrété, plus que cela inséré dans la constitution. Pensez-vous qu’au lieu de m’occuper de la technologie et du développement de mon pays je vais m’attarder à remuer la m….
Tout ce qui se passe maintenant, c’est une machination de ces kabyles manipulés qu’ils sont par Hizb-frança, ils sont tellement butés qu’ils sacrifient leurs enfants pour nous imposer à nous les arabes leurs « Ulac Smah, Ulac ». Ils veulent détruire notre appartenance à cette grande nation qui tout au long de l’histoire de l’humanité a fourni des mathématiciens, des astronomes, des conquérants etc..etc.. Cette nation qui a fourni des lumières politiques telles que Djamel abdennasser, qui nous a beaucoup aidés à nous réapproprier notre belle langue, Hassan II le grand commandeur des croyants qui a légué à notre grande nation arabe, en la majesté de la personne de son fils un théoricien hors pair de la cause commune, Kadhafi qui peut se targuer de ne pouvoir être égalé dans l’approfondissement de la pensée unificatrice des legs de notre civilisation. Qui en Europe, en Amérique ou ailleurs peut se vanter de la stabilité dans son pays et son développement au profit des masses, comme pourraient le faire nos rois auréolés chacun à sa façon d’un pan de descendance du prophète Mohamed.
Maintenant, à l’aube du troisième millénaire, vous voulez que j’aille chercher mes origines ailleurs dans l’antique Cirta, ou l’historique Numidie, ce qui m’obligera certainement à flirter avec des évènements historiques dormants qui risquent de remettre en cause tout cet édifice institutionnel pour lequel le peuple algérien a consenti des millions de vies humaines. La roue de l’histoire ne s’arrêtera pas là, j’ai en ma possession des références historiques indéniable qui font que mon origine ne souffre d’aucun marchandage, cela m’arrange. Je bouffe bien, j’ai un bon poste que m’a offert mon valeureux peuple, j’œuvre pour le développement de mon pays à travers des programmes de grandes envergures et aux retombées (in challah) bénéfiques sur toute la nation algérienne. Pour ce qui est de mon origine, les ZET (zones d’expansion touristiques), vont s’en charger, car mon pays va bientôt investir dans le tourisme en partenariat avec les grands de ce monde, ce qui permettra le développement des fouilles archéologiques et mettre certainement à nu toutes ces fausses allégations.
*Un algérien se promenant dans les rues d’une contrée lointaine se laisse poser des questions pour le moins ridicules. Il essaie tant bien que mal d’y répondre avec le peu de crédulité qu’il lui reste.
sacov
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