azapit
27/09/2005, 19h06
LE GENERAL-MAJOR A LA RETRAITE, HOCINE BEN MAALEM, AU COURRIER D’ALGERIE :
«C’est dans les pays démocratiques que les États sont les plus forts»
Mis à part sa contribution sur le parcours du Colonel Amirouche avec lequel il a
combattu et collaboré en qualité de secrétaire particulier, le général-major
Hocine Ben Maâlem est cet homme qui commente rarement l’actualité politique.
Rencontré récemment dans la région de la vallée de la Soummam d’où il est natif,
cet ex-haut gradé de l’Armée nationale populaire a accepté, pour la première
fois, de briser le silence et de lever le voile sur certaines questions qui ont
marqué l’Histoire de l’Algérie post-Indépendance. Homme de grande conviction
qu’il est, lorsqu’il évoque la région de Kabylie qui l’a vu naître, il parle
avec patience et amertume. Cette région, pour lui, ne mérite pas ce sort, elle
qui était dans un proche passé le réservoir du nationalisme. Pour les forces
politiques de la région, l’ex-homme fort du régime de Chadli préconise aux
différents acteurs l’union dans sa diversité et vis-à-vis du pouvoir, il
recommande aux différents acteurs politiques de la région,
clairement et sans ambages, de composer en qualité de véritables partenaires,
ce sont des termes qui reviennent comme un leitmotiv le long de notre entretien
avec lui et ce, tout en clamant haut et fort que les revendications doivent être
arrachées dans la dignité pour le bien exclusif de la région. Témoin de tous les
temps et des balbutiements de la période forte des années 1980, il nous livre
ici des révélations pour l’Histoire, pour mieux comprendre la situation d’avant
la décennie rouge. Il nous raconte, aussi, lui qui était le proche collaborateur
de Chadli Bendjedid, les derniers jours de l’ex-président de la République avant
sa démission. L’après-période où il était au sérail et aux affaires du pays, il
la consacre actuellement à l’Organisation nationale des moudjahidine qu’il a
intégrée lors du dernier congrès. Il consacre tout son temps, aujourd’hui, à
cette organisation pour, dit-il, asseoir une crédibilité à l’ONM pour qu’elle
perpétue les valeurs du nationalisme et
demeure toujours la gardienne du temple de la mémoire révolutionnaire. A bâtons
rompus, avec simplicité et sans détours, il répond sans ambages à nos questions.
Le Courrier d’Algérie : Mon général, parlons d’abord Histoire; vous étiez le
secrétaire particulier du Colonel Amirouche, vous avez participé au Congrès de
la Soummam, beaucoup de choses ont été dites concernant cette rencontre
historique. Quel est votre avis sur cette question ?
Je ne peux pas prétendre que j’ai participé au Congrès de la Soummam, le nombre
des congressistes était restreint, il s’agissait des grands responsables de la
Révolution , ils étaient en tout six: Ben M’hidi, Abane, Ouâmrane, Krim, Zighout
et Bentobal. Je me trouvais, à ce moment-là, à Ifri, lieu où s’est tenue la
réunion, cette dernière terminée, les congressistes nous ont réunis avec
quelques autres responsables présents, ils nous ont donné un aperçu sur les
décisions prises et quelques orientations.
Personne ne peut nier l’importance du Congrès de la Soummam, sauf celui qui veut
" cacher le soleil avec le tamis " comme on dit. Certaines personnes ont
critiqué les décisions prises et même certains responsables, artisans de cette
rencontre, je pense qu’ils l’ont fait pour des considérations subjectives. En
tout état de cause, les décisions ont été prises par les représentants de toutes
les wilayas, les seuls absents qui ont pourtant reçu des invitations étaient les
représentants de la délégation extérieure et ceux de la Wilaya 1 (les Aurès).
Après l’Indépendance, vous êtes resté au sein de l’ANP, vous avez occupé de
hautes fonctions au sein de cette institution et vous étiez membre du Comité
central du FLN au temps où il était parti unique. Beaucoup disent qu’à cette
époque-là, le FLN n’a pas réellement gouverné. Pouvez-vous nous éclairer sur
cette question ?
Avec les divisions qu’il y a eu lors de la rencontre de Tripoli, en 1962, et les
malheureux événements qui l’ont suivie, le FLN est sorti affaibli. Il y a eu,
certes, des compromis par la suite et même un congrès en 1964, mais les
divisions subsistaient et le FLN n’a pas pu jouer son rôle de parti comme il se
doit. A partir du 19 juin 1965, les activités du parti étaient pratiquement "
gelées ", on l’appelait, d’ailleurs, "l’appareil du parti".
C’est à partir du 4e congrès, en 1979, que le FLN restructuré a commencé à jouer
son rôle de parti, de nombreuses réunions des instances dirigeantes (Congrès,
Bureau politique, Comité central) ont eu lieu, d’importantes résolutions
intéressant tous les domaines d’activité du pays ont été votées.
Malheureusement, certaines d’entre-elles seulement ont été appliquées sur le
terrain.
Pour répondre à votre question, je ne dirai pas que le FLN n’était pas au
pouvoir puisque nous étions dans le système du parti unique, pratiquement tous
les responsables étaient membres du FLN, y compris le chef de l’Etat qui était
secrétaire général du parti. Au niveau des wilayas, également, le mouhafedh
était le président du Conseil de coordination qui comprend, en outre, le wali,
le chef du secteur militaire et le président de l’APW. Je ne dirai pas non plus
que le FLN était au pouvoir d’une manière effective car comme je l’ai déjà
signalé, toutes ses décisions n’ont pas été appliquées, il n’avait pas, en
outre, un réel pouvoir de contrôle sur les activités de l’Exécutif.
Durant les années 1980, vous occupiez des fonctions importantes, si on peut
dire, au sein du pouvoir, comment avez-vous vécu les événements du Printemps
berbère ?
Pour répondre à cette question, je pense qu’il faut revenir un peu en arrière.
Les fondements de l’identité algérienne sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité
qui sont, d’ailleurs, le patrimoine de tous les Algériens.
Après l’Indépendance, on n’a pas pris en considération le 3e pilier, à
savoir l’amazighité, et c’est ce qui a été à l’origine de tous les problèmes qui
ont apparu par la suite, notamment en Kabylie.
Les événements qui se sont déroulés en 1980, je les ai vécus comme les
autres Algériens dans la douleur, je pense que le fait d’avoir interdit la
conférence de feu Mouloud Mammeri a été une erreur. Ces événements auraient pu
avoir des conséquences plus graves si la sagesse n’avait pas prévalu de la part
de toutes les parties qui ont tout fait pour calmer les esprits.
L’Etat a, par la suite, corrigé le tir en reconnaissant l’amazighité comme
fondement de l’identité algérienne, c’est une très bonne chose.
Oui, mais vous étiez au pouvoir à l’époque, et il y a eu cette violence, comment
avez-vous vécu ces événements ?
Un Algérien digne de ce nom, de surcroît quand il est responsable, doit
souhaiter le plus grand bien à tous ses compatriotes quelle que soit la région
où ils résident, ce qui s’est passé nous a beaucoup touchés, même les personnes
qui ne sont pas natives de la région ont été affectées. Dieu merci, comme je
l’ai signalé, les dégâts ont été limités, ça aurait pu être plus grave.
Vous avez rejoint la présidence de la République sous Chadli en qualité de
directeur de cabinet, les événements d’octobre 1988, pour certains, ont été
préparés. Est-ce-vrai ?
Je suis arrivé à la présidence de la République à la fin de l’année 1988,
j’ai occupé, d’abord, la fonction de chef du département défense et sécurité,
puis celles de secrétaire du Haut conseil de sécurité et de conseiller à la
sécurité. J’ai occupé la fonction de directeur de cabinet de la présidence
pendant 2 mois seulement. Je tiens à préciser que malgré ma bonne volonté et mon
entière disponibilité, je n’ai pu accomplir pleinement ma mission au niveau de
la présidence.
Les malheureux événements d’octobre 1988 ont surpris. Vous dites que selon
certains, ils ont été préparés, beaucoup le pensent, et il y a même ceux qui
l’ont écrit. Pour ce qui me concerne, je ne peux ni infirmer ni confirmer, je
n’ai pas de données pour pouvoir me prononcer sur la question.
Vous étiez un proche collaborateur de Chadli Bendjedid, on qualifie souvent la
période de sa gouvernance de noire. Avez-vous un avis sur cette question ?
Moi, je ne dirai pas que ç’à a été une période noire. Chadli Bendjedid est un
grand patriote, un authentique moudjahid qui a beaucoup donné pour le pays. Il
faut souligner qu’il n’a pas cherché à être président, il a été désigné par les
membres du Conseil de la Révolution, après une longue hésitation, il a accepté
finalement dans le but de sortir le pays de la grave crise qu’il traversait.
J’ai travaillé avec lui, j’étais chef d’état-major au moment où il commandait la
2e Région militaire et ce, jusqu’au décès du président Boumediène. Lorsque, par
la suite, je commandais la 4e puis la 2e Région militaire, j’étais en contact
permanent avec lui, il m’a beaucoup aidé dans l’accomplissement de ma mission,
nos relations étaient basées sur la confiance et l’estime réciproques ainsi que
sur notre détermination à servir honnêtement et efficacement le pays.
Chadli Bendjedid a fait ce qu’il a pu pour le pays avec les moyens dont il
disposait jusqu’aux événements de 1988 qui l’ont beaucoup affecté moralement, ce
qui s’est répercuté par la suite sur son comportement et sa manière de gérer le
pays.
Et sa démission en 1992 ?
Je l’ai vu, comme tout le monde, à la télévision quand il a démissionné.
Il y a eu les élections et les résultats que vous connaissez, l’heure était
grave, le Président était inquiet, mais il laissait agir le gouvernement car, il
faut le souligner, depuis quelque temps déjà, le centre de décision s’est
déplacé de la présidence au gouvernement.
J’étais directeur de cabinet, mais j’ignorais complètement les circonstances
dans lesquelles il a démissionné. Le Président est resté dans sa résidence, il
n’est pas venu à la présidence pendant quelques jours, jusqu’au moment, comme je
l’ai déjà signalé, où j’ai appris comme tout le monde sa démission à la
télévision.
Il y a eu, ensuite, l’interruption du processus électoral et la création du HCE.
On accuse justement les généraux, qu’on qualifie de " janviéristes ", de coup de
force. Quel est votre avis sur cette question ?
Comme je l’ai déjà dit précédemment, je ne suis pas au courant des tenants et
aboutissants de cette affaire pour pouvoir porter un jugement objectif. Ce qui
est certain, c’est que la situation dans le pays était grave, le Président a
préféré se retirer, il fallait bien remettre de l’ordre et permettre au pays de
continuer à fonctionner normalement.
Le 29 septembre prochain, le peuple est appelé à se prononcer sur la charte pour
la paix et la réconciliation nationale. Peut-on connaître votre position par
rapport à ce document et ce rendez-vous important ?
C’est une bonne chose, le mot "réconciliation" suffit pour convaincre d’adhérer
à cette initiative. Il y a eu déjà la "rahma", puis la concorde civile et
maintenant, la réconciliation nationale. Qu’elle soit la bienvenue si elle
permet de rétablir définitivement la paix et la sécurité, c’est important pour
que le pays puisse avancer. Il faut reconnaître que depuis l’arrivée du
président Bouteflika, la situation s’est améliorée, notamment dans les domaines
de la sécurité et du rehaussement du prestige de l’Algérie au niveau
international, alors qu’avant, notre pays était isolé. Il reste, évidemment,
beaucoup de tâches à accomplir ou à parachever, comme, par exemple, la relance
effective de l’économie, le renforcement des fondements de l’Etat de droit qui
assume toutes ses responsabilités. La démocratie n’est pas l’anarchie, c’est
dans les pays démocratiques que les Etats sont les plus forts, il y a aussi la
réforme, je dirai même la refondation de l’Administration en commençant par
la cellule de base qui est la commune, le choix de l’élément humain pour les
postes de responsabilité reste déterminant, l’application de la devise "L’homme
qu’il faut à la place qu’il faut" est nécessaire.
Quelle appréciation faites-vous de la situation en
Kabylie ?
Pour moi, la paix et la stabilité de toutes les régions du pays m’intéressent au
plus haut point. Puisque nous parlons de la Kabylie, je considère que cette
région ne mérite pas l’état dans lequel elle se trouve aujourd’hui. La situation
inhérente aux événements qui y ont eu lieu, ces dernières années, a été, d’une
manière générale, mal gérée. Si, par exemple, après la mort de Massinissa
Guermah, on avait dépêché 2 ou 3 responsables pour rendre visite à sa famille,
tout en jugeant l’auteur du meurtre, les choses se seraient arrangées,
malheureusement, ça n’a pas été fait, il y a eu, par la suite, l’affaire des
lycéens d’Amizour, la situation s’est aggravée, l’irréparable s’est produit, des
jeunes sont tombés, nous nous inclinons devant leur mémoire, des édifices
publics et même des sièges de l’ONM contenant des archives importantes ont été
brûlés, les stèles de chouhada détruites. Le désordre s’est, par la suite,
installé pendant plusieurs années engendrant un préjudice et un retard
économique et social considérable.
La situation commence à s’améliorer, mais il reste beaucoup à faire pour la
normaliser.
Comment voyez-vous l’avenir de cette région ?
L’avenir de la Kabylie, comme celui de toute l‘Algérie, je le souhaite radieux,
il faut, pour cela, que la paix et la stabilité règnent, que l’amélioration des
conditions de vie soit effective, que les problèmes spécifiques soient pris en
charge, des mesures d’apaisement doivent être prises. La région a beaucoup
souffert, elle a besoin de se développer, la population a besoin de voir son
niveau de vie amélioré, il est recommandable de prévoir pour la région un plan
spécial de relance économique, sociale et culturelle.
La Kabylie est partie intégrante de l’Algérie, ceux qui prônent l’autonomie de
la région démocratiquement, je respecte leur point de vue, mais, à mon avis, ils
ont tort, c’est une initiative qui ne sert pas, en tout cas, les intérêts de la
région et du pays tout entier. On peut, dans le cadre d’une réforme
administrative, créer des régions à travers le territoire, c’est peut-être même
souhaitable, mais il ne faut pas que ce soit une mesure isolée concernant une
seule région.
Lors du dernier congrès de l’Organisation nationale des moudjahidine, vous avez
été élu membre du secrétariat national. Quels sont les grands dossiers à l’ordre
du jour pour l’ONM ?
Les frères moudjahidine de la Wilaya III historique, notamment, ceux de la
wilaya de Béjaïa, ont souhaité que je fasse partie de l’Organisation nationale
des moudjahidine (ONM ), ils m’ont désigné à l’unanimité au Conseil national
sans participer aux élections, par la suite, ils m’ont élu pour les représenter
au secrétariat national, je les remercie vivement pour la confiance qu’ils m’ont
accordée.
Je pense que l’ONM a encore un grand rôle à jouer, elle représente le
patriotisme, le nationalisme. L’image du moudjahid a été quelque peu ternie, à
tort ou à raison, beaucoup plus à tort à mon avis. Les moudjahidine, pour les
années qu’il leur reste à vivre (le plus jeune d’entre-eux a maintenant 65 ans),
doivent montrer, si besoin est, surtout aux générations montantes, le vrai
visage de l’authentique Algérien qui a abandonné volontairement tout ce qui lui
était cher en allant mourir pour libérer son pays, ce n’est pas rien !
Quant aux grands dossiers dont vous parlez, l’ONM possède des structures qui
lui permettent de participer activement à toutes les actions ayant un rapport
avec l’intérêt du pays, il y a aussi la résolution des problèmes sociaux et
administratifs des moudjahidine et des ayants-droit comme, par exemple, les
veuves et les enfants de chouhada. J’ai été surpris, au cours des tournées
effectuées dans les wilayas, de constater qu’on se débatte encore dans des
problèmes qui auraient dû être résolus depuis longtemps. L’ONM doit également
veiller scrupuleusement sur tout ce qui concerne l’écriture et l’enseignement de
l’histoire de la Guerre de Libération, elle doit participer elle-même à cette
écriture en rassemblant des témoignages, des archives, en organisant des
séminaires sur les grands événements qui se sont produits, elle doit également
maintenir le contact avec les organisations internationales et régionales des
anciens combattants, ainsi qu’avec celles des pays qui étaient à nos
côtés pendant la Guerre de Libération, sans oublier les personnalités
étrangères qui nous ont également aidés.
L’ONM, pour être crédible, doit également balayer devant sa porte, comme on dit.
On parle beaucoup, ces derniers temps, des "faux moudjahidine", c’est un dossier
qu’il faut étudier.
Combien y a-t-il de faux moudjahidine à votre connaissance ?
Moi, je suis nouveau au niveau de l’ONM, je ne peux donner de chiffres, le
ministre des Moudjahidine, qui détient les dossiers et les informations, a
parlé, à un certain moment, de 10 000. Est-ce réellement le chiffre exact ? Je
n’en sais rien pour le moment, dans la mesure où la question est soulevée, il
faut la discuter.
Comment débusquer ces faux moudjahidine, à votre avis ?
Il y a une commission nationale, il faut créer des commissions au niveau des
wilayas, au niveau des lieux de naissance, chacun sait qui est qui. Il ne faut
être injuste envers personne, à mon avis, il ne faut faire le procès de
personne, mais il faut rendre à César ce qui appartient à César.
Mon général, quelques questions express maintenant, comment va Chadli
Bendjedid ?
Depuis que nous nous sommes séparés à la présidence, je l’ai rencontré trois
fois, deux fois à l’aéroport, nous attendions la dépouille de madame Mehri, la
première fois, et celle du Colonel Boubnider, la deuxième fois, que Dieu leur
accorde sa Miséricorde, la troisième fois, c’est quand il a eu la gentillesse de
m’inviter au mariage de son fils. Apparemment, il se porte bien.
Que signifient pour vous les noms suivants :
Hocine Aït Ahmed ?
C’est un grand patriote, un historique à juste titre, il est président d’un
parti, j’aurai souhaité personnellement qu’il soit à côté de ses militants au
lieu de diriger le parti à partir d’un pays étranger.
Matoub Lounès ?
C’est un grand chanteur, j’aime la plupart de ses chansons.
Pour conclure…
Nous avons un grand pays, un grand peuple, quand il est uni et mobilisé, il peut
créer des miracles, voyons ce qu’il a fait pendant la Guerre de Libération.
Les défis à relever sont nombreux, nous avons besoin de paix, de stabilité pour
que le pays puisse avancer, se développer, rattraper le retard accumulé.
L’intérêt national devant passer avant tout, l’initiative prise par le président
de la République concernant la réconciliation nationale doit être encouragée,
d’autres décisions doivent nécessairement suivre parce qu’il reste encore
beaucoup à faire, il faut également les appuyer dans la mesure où elles visent
l’amélioration de la situation du pays.
Les dirigeants, de leur côté, doivent être à l’écoute du peuple et près de lui
pour pouvoir le mobiliser, les relations doivent être basées sur la confiance
réciproque. Aristote disait : "La politique, c’est l’art de gouverner pour le
bonheur". Chaque Algérien doit être fier de son pays dans lequel est censé vivre
heureux. Quelles que soient les difficultés qu’il doit affronter.
«C’est dans les pays démocratiques que les États sont les plus forts»
Mis à part sa contribution sur le parcours du Colonel Amirouche avec lequel il a
combattu et collaboré en qualité de secrétaire particulier, le général-major
Hocine Ben Maâlem est cet homme qui commente rarement l’actualité politique.
Rencontré récemment dans la région de la vallée de la Soummam d’où il est natif,
cet ex-haut gradé de l’Armée nationale populaire a accepté, pour la première
fois, de briser le silence et de lever le voile sur certaines questions qui ont
marqué l’Histoire de l’Algérie post-Indépendance. Homme de grande conviction
qu’il est, lorsqu’il évoque la région de Kabylie qui l’a vu naître, il parle
avec patience et amertume. Cette région, pour lui, ne mérite pas ce sort, elle
qui était dans un proche passé le réservoir du nationalisme. Pour les forces
politiques de la région, l’ex-homme fort du régime de Chadli préconise aux
différents acteurs l’union dans sa diversité et vis-à-vis du pouvoir, il
recommande aux différents acteurs politiques de la région,
clairement et sans ambages, de composer en qualité de véritables partenaires,
ce sont des termes qui reviennent comme un leitmotiv le long de notre entretien
avec lui et ce, tout en clamant haut et fort que les revendications doivent être
arrachées dans la dignité pour le bien exclusif de la région. Témoin de tous les
temps et des balbutiements de la période forte des années 1980, il nous livre
ici des révélations pour l’Histoire, pour mieux comprendre la situation d’avant
la décennie rouge. Il nous raconte, aussi, lui qui était le proche collaborateur
de Chadli Bendjedid, les derniers jours de l’ex-président de la République avant
sa démission. L’après-période où il était au sérail et aux affaires du pays, il
la consacre actuellement à l’Organisation nationale des moudjahidine qu’il a
intégrée lors du dernier congrès. Il consacre tout son temps, aujourd’hui, à
cette organisation pour, dit-il, asseoir une crédibilité à l’ONM pour qu’elle
perpétue les valeurs du nationalisme et
demeure toujours la gardienne du temple de la mémoire révolutionnaire. A bâtons
rompus, avec simplicité et sans détours, il répond sans ambages à nos questions.
Le Courrier d’Algérie : Mon général, parlons d’abord Histoire; vous étiez le
secrétaire particulier du Colonel Amirouche, vous avez participé au Congrès de
la Soummam, beaucoup de choses ont été dites concernant cette rencontre
historique. Quel est votre avis sur cette question ?
Je ne peux pas prétendre que j’ai participé au Congrès de la Soummam, le nombre
des congressistes était restreint, il s’agissait des grands responsables de la
Révolution , ils étaient en tout six: Ben M’hidi, Abane, Ouâmrane, Krim, Zighout
et Bentobal. Je me trouvais, à ce moment-là, à Ifri, lieu où s’est tenue la
réunion, cette dernière terminée, les congressistes nous ont réunis avec
quelques autres responsables présents, ils nous ont donné un aperçu sur les
décisions prises et quelques orientations.
Personne ne peut nier l’importance du Congrès de la Soummam, sauf celui qui veut
" cacher le soleil avec le tamis " comme on dit. Certaines personnes ont
critiqué les décisions prises et même certains responsables, artisans de cette
rencontre, je pense qu’ils l’ont fait pour des considérations subjectives. En
tout état de cause, les décisions ont été prises par les représentants de toutes
les wilayas, les seuls absents qui ont pourtant reçu des invitations étaient les
représentants de la délégation extérieure et ceux de la Wilaya 1 (les Aurès).
Après l’Indépendance, vous êtes resté au sein de l’ANP, vous avez occupé de
hautes fonctions au sein de cette institution et vous étiez membre du Comité
central du FLN au temps où il était parti unique. Beaucoup disent qu’à cette
époque-là, le FLN n’a pas réellement gouverné. Pouvez-vous nous éclairer sur
cette question ?
Avec les divisions qu’il y a eu lors de la rencontre de Tripoli, en 1962, et les
malheureux événements qui l’ont suivie, le FLN est sorti affaibli. Il y a eu,
certes, des compromis par la suite et même un congrès en 1964, mais les
divisions subsistaient et le FLN n’a pas pu jouer son rôle de parti comme il se
doit. A partir du 19 juin 1965, les activités du parti étaient pratiquement "
gelées ", on l’appelait, d’ailleurs, "l’appareil du parti".
C’est à partir du 4e congrès, en 1979, que le FLN restructuré a commencé à jouer
son rôle de parti, de nombreuses réunions des instances dirigeantes (Congrès,
Bureau politique, Comité central) ont eu lieu, d’importantes résolutions
intéressant tous les domaines d’activité du pays ont été votées.
Malheureusement, certaines d’entre-elles seulement ont été appliquées sur le
terrain.
Pour répondre à votre question, je ne dirai pas que le FLN n’était pas au
pouvoir puisque nous étions dans le système du parti unique, pratiquement tous
les responsables étaient membres du FLN, y compris le chef de l’Etat qui était
secrétaire général du parti. Au niveau des wilayas, également, le mouhafedh
était le président du Conseil de coordination qui comprend, en outre, le wali,
le chef du secteur militaire et le président de l’APW. Je ne dirai pas non plus
que le FLN était au pouvoir d’une manière effective car comme je l’ai déjà
signalé, toutes ses décisions n’ont pas été appliquées, il n’avait pas, en
outre, un réel pouvoir de contrôle sur les activités de l’Exécutif.
Durant les années 1980, vous occupiez des fonctions importantes, si on peut
dire, au sein du pouvoir, comment avez-vous vécu les événements du Printemps
berbère ?
Pour répondre à cette question, je pense qu’il faut revenir un peu en arrière.
Les fondements de l’identité algérienne sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité
qui sont, d’ailleurs, le patrimoine de tous les Algériens.
Après l’Indépendance, on n’a pas pris en considération le 3e pilier, à
savoir l’amazighité, et c’est ce qui a été à l’origine de tous les problèmes qui
ont apparu par la suite, notamment en Kabylie.
Les événements qui se sont déroulés en 1980, je les ai vécus comme les
autres Algériens dans la douleur, je pense que le fait d’avoir interdit la
conférence de feu Mouloud Mammeri a été une erreur. Ces événements auraient pu
avoir des conséquences plus graves si la sagesse n’avait pas prévalu de la part
de toutes les parties qui ont tout fait pour calmer les esprits.
L’Etat a, par la suite, corrigé le tir en reconnaissant l’amazighité comme
fondement de l’identité algérienne, c’est une très bonne chose.
Oui, mais vous étiez au pouvoir à l’époque, et il y a eu cette violence, comment
avez-vous vécu ces événements ?
Un Algérien digne de ce nom, de surcroît quand il est responsable, doit
souhaiter le plus grand bien à tous ses compatriotes quelle que soit la région
où ils résident, ce qui s’est passé nous a beaucoup touchés, même les personnes
qui ne sont pas natives de la région ont été affectées. Dieu merci, comme je
l’ai signalé, les dégâts ont été limités, ça aurait pu être plus grave.
Vous avez rejoint la présidence de la République sous Chadli en qualité de
directeur de cabinet, les événements d’octobre 1988, pour certains, ont été
préparés. Est-ce-vrai ?
Je suis arrivé à la présidence de la République à la fin de l’année 1988,
j’ai occupé, d’abord, la fonction de chef du département défense et sécurité,
puis celles de secrétaire du Haut conseil de sécurité et de conseiller à la
sécurité. J’ai occupé la fonction de directeur de cabinet de la présidence
pendant 2 mois seulement. Je tiens à préciser que malgré ma bonne volonté et mon
entière disponibilité, je n’ai pu accomplir pleinement ma mission au niveau de
la présidence.
Les malheureux événements d’octobre 1988 ont surpris. Vous dites que selon
certains, ils ont été préparés, beaucoup le pensent, et il y a même ceux qui
l’ont écrit. Pour ce qui me concerne, je ne peux ni infirmer ni confirmer, je
n’ai pas de données pour pouvoir me prononcer sur la question.
Vous étiez un proche collaborateur de Chadli Bendjedid, on qualifie souvent la
période de sa gouvernance de noire. Avez-vous un avis sur cette question ?
Moi, je ne dirai pas que ç’à a été une période noire. Chadli Bendjedid est un
grand patriote, un authentique moudjahid qui a beaucoup donné pour le pays. Il
faut souligner qu’il n’a pas cherché à être président, il a été désigné par les
membres du Conseil de la Révolution, après une longue hésitation, il a accepté
finalement dans le but de sortir le pays de la grave crise qu’il traversait.
J’ai travaillé avec lui, j’étais chef d’état-major au moment où il commandait la
2e Région militaire et ce, jusqu’au décès du président Boumediène. Lorsque, par
la suite, je commandais la 4e puis la 2e Région militaire, j’étais en contact
permanent avec lui, il m’a beaucoup aidé dans l’accomplissement de ma mission,
nos relations étaient basées sur la confiance et l’estime réciproques ainsi que
sur notre détermination à servir honnêtement et efficacement le pays.
Chadli Bendjedid a fait ce qu’il a pu pour le pays avec les moyens dont il
disposait jusqu’aux événements de 1988 qui l’ont beaucoup affecté moralement, ce
qui s’est répercuté par la suite sur son comportement et sa manière de gérer le
pays.
Et sa démission en 1992 ?
Je l’ai vu, comme tout le monde, à la télévision quand il a démissionné.
Il y a eu les élections et les résultats que vous connaissez, l’heure était
grave, le Président était inquiet, mais il laissait agir le gouvernement car, il
faut le souligner, depuis quelque temps déjà, le centre de décision s’est
déplacé de la présidence au gouvernement.
J’étais directeur de cabinet, mais j’ignorais complètement les circonstances
dans lesquelles il a démissionné. Le Président est resté dans sa résidence, il
n’est pas venu à la présidence pendant quelques jours, jusqu’au moment, comme je
l’ai déjà signalé, où j’ai appris comme tout le monde sa démission à la
télévision.
Il y a eu, ensuite, l’interruption du processus électoral et la création du HCE.
On accuse justement les généraux, qu’on qualifie de " janviéristes ", de coup de
force. Quel est votre avis sur cette question ?
Comme je l’ai déjà dit précédemment, je ne suis pas au courant des tenants et
aboutissants de cette affaire pour pouvoir porter un jugement objectif. Ce qui
est certain, c’est que la situation dans le pays était grave, le Président a
préféré se retirer, il fallait bien remettre de l’ordre et permettre au pays de
continuer à fonctionner normalement.
Le 29 septembre prochain, le peuple est appelé à se prononcer sur la charte pour
la paix et la réconciliation nationale. Peut-on connaître votre position par
rapport à ce document et ce rendez-vous important ?
C’est une bonne chose, le mot "réconciliation" suffit pour convaincre d’adhérer
à cette initiative. Il y a eu déjà la "rahma", puis la concorde civile et
maintenant, la réconciliation nationale. Qu’elle soit la bienvenue si elle
permet de rétablir définitivement la paix et la sécurité, c’est important pour
que le pays puisse avancer. Il faut reconnaître que depuis l’arrivée du
président Bouteflika, la situation s’est améliorée, notamment dans les domaines
de la sécurité et du rehaussement du prestige de l’Algérie au niveau
international, alors qu’avant, notre pays était isolé. Il reste, évidemment,
beaucoup de tâches à accomplir ou à parachever, comme, par exemple, la relance
effective de l’économie, le renforcement des fondements de l’Etat de droit qui
assume toutes ses responsabilités. La démocratie n’est pas l’anarchie, c’est
dans les pays démocratiques que les Etats sont les plus forts, il y a aussi la
réforme, je dirai même la refondation de l’Administration en commençant par
la cellule de base qui est la commune, le choix de l’élément humain pour les
postes de responsabilité reste déterminant, l’application de la devise "L’homme
qu’il faut à la place qu’il faut" est nécessaire.
Quelle appréciation faites-vous de la situation en
Kabylie ?
Pour moi, la paix et la stabilité de toutes les régions du pays m’intéressent au
plus haut point. Puisque nous parlons de la Kabylie, je considère que cette
région ne mérite pas l’état dans lequel elle se trouve aujourd’hui. La situation
inhérente aux événements qui y ont eu lieu, ces dernières années, a été, d’une
manière générale, mal gérée. Si, par exemple, après la mort de Massinissa
Guermah, on avait dépêché 2 ou 3 responsables pour rendre visite à sa famille,
tout en jugeant l’auteur du meurtre, les choses se seraient arrangées,
malheureusement, ça n’a pas été fait, il y a eu, par la suite, l’affaire des
lycéens d’Amizour, la situation s’est aggravée, l’irréparable s’est produit, des
jeunes sont tombés, nous nous inclinons devant leur mémoire, des édifices
publics et même des sièges de l’ONM contenant des archives importantes ont été
brûlés, les stèles de chouhada détruites. Le désordre s’est, par la suite,
installé pendant plusieurs années engendrant un préjudice et un retard
économique et social considérable.
La situation commence à s’améliorer, mais il reste beaucoup à faire pour la
normaliser.
Comment voyez-vous l’avenir de cette région ?
L’avenir de la Kabylie, comme celui de toute l‘Algérie, je le souhaite radieux,
il faut, pour cela, que la paix et la stabilité règnent, que l’amélioration des
conditions de vie soit effective, que les problèmes spécifiques soient pris en
charge, des mesures d’apaisement doivent être prises. La région a beaucoup
souffert, elle a besoin de se développer, la population a besoin de voir son
niveau de vie amélioré, il est recommandable de prévoir pour la région un plan
spécial de relance économique, sociale et culturelle.
La Kabylie est partie intégrante de l’Algérie, ceux qui prônent l’autonomie de
la région démocratiquement, je respecte leur point de vue, mais, à mon avis, ils
ont tort, c’est une initiative qui ne sert pas, en tout cas, les intérêts de la
région et du pays tout entier. On peut, dans le cadre d’une réforme
administrative, créer des régions à travers le territoire, c’est peut-être même
souhaitable, mais il ne faut pas que ce soit une mesure isolée concernant une
seule région.
Lors du dernier congrès de l’Organisation nationale des moudjahidine, vous avez
été élu membre du secrétariat national. Quels sont les grands dossiers à l’ordre
du jour pour l’ONM ?
Les frères moudjahidine de la Wilaya III historique, notamment, ceux de la
wilaya de Béjaïa, ont souhaité que je fasse partie de l’Organisation nationale
des moudjahidine (ONM ), ils m’ont désigné à l’unanimité au Conseil national
sans participer aux élections, par la suite, ils m’ont élu pour les représenter
au secrétariat national, je les remercie vivement pour la confiance qu’ils m’ont
accordée.
Je pense que l’ONM a encore un grand rôle à jouer, elle représente le
patriotisme, le nationalisme. L’image du moudjahid a été quelque peu ternie, à
tort ou à raison, beaucoup plus à tort à mon avis. Les moudjahidine, pour les
années qu’il leur reste à vivre (le plus jeune d’entre-eux a maintenant 65 ans),
doivent montrer, si besoin est, surtout aux générations montantes, le vrai
visage de l’authentique Algérien qui a abandonné volontairement tout ce qui lui
était cher en allant mourir pour libérer son pays, ce n’est pas rien !
Quant aux grands dossiers dont vous parlez, l’ONM possède des structures qui
lui permettent de participer activement à toutes les actions ayant un rapport
avec l’intérêt du pays, il y a aussi la résolution des problèmes sociaux et
administratifs des moudjahidine et des ayants-droit comme, par exemple, les
veuves et les enfants de chouhada. J’ai été surpris, au cours des tournées
effectuées dans les wilayas, de constater qu’on se débatte encore dans des
problèmes qui auraient dû être résolus depuis longtemps. L’ONM doit également
veiller scrupuleusement sur tout ce qui concerne l’écriture et l’enseignement de
l’histoire de la Guerre de Libération, elle doit participer elle-même à cette
écriture en rassemblant des témoignages, des archives, en organisant des
séminaires sur les grands événements qui se sont produits, elle doit également
maintenir le contact avec les organisations internationales et régionales des
anciens combattants, ainsi qu’avec celles des pays qui étaient à nos
côtés pendant la Guerre de Libération, sans oublier les personnalités
étrangères qui nous ont également aidés.
L’ONM, pour être crédible, doit également balayer devant sa porte, comme on dit.
On parle beaucoup, ces derniers temps, des "faux moudjahidine", c’est un dossier
qu’il faut étudier.
Combien y a-t-il de faux moudjahidine à votre connaissance ?
Moi, je suis nouveau au niveau de l’ONM, je ne peux donner de chiffres, le
ministre des Moudjahidine, qui détient les dossiers et les informations, a
parlé, à un certain moment, de 10 000. Est-ce réellement le chiffre exact ? Je
n’en sais rien pour le moment, dans la mesure où la question est soulevée, il
faut la discuter.
Comment débusquer ces faux moudjahidine, à votre avis ?
Il y a une commission nationale, il faut créer des commissions au niveau des
wilayas, au niveau des lieux de naissance, chacun sait qui est qui. Il ne faut
être injuste envers personne, à mon avis, il ne faut faire le procès de
personne, mais il faut rendre à César ce qui appartient à César.
Mon général, quelques questions express maintenant, comment va Chadli
Bendjedid ?
Depuis que nous nous sommes séparés à la présidence, je l’ai rencontré trois
fois, deux fois à l’aéroport, nous attendions la dépouille de madame Mehri, la
première fois, et celle du Colonel Boubnider, la deuxième fois, que Dieu leur
accorde sa Miséricorde, la troisième fois, c’est quand il a eu la gentillesse de
m’inviter au mariage de son fils. Apparemment, il se porte bien.
Que signifient pour vous les noms suivants :
Hocine Aït Ahmed ?
C’est un grand patriote, un historique à juste titre, il est président d’un
parti, j’aurai souhaité personnellement qu’il soit à côté de ses militants au
lieu de diriger le parti à partir d’un pays étranger.
Matoub Lounès ?
C’est un grand chanteur, j’aime la plupart de ses chansons.
Pour conclure…
Nous avons un grand pays, un grand peuple, quand il est uni et mobilisé, il peut
créer des miracles, voyons ce qu’il a fait pendant la Guerre de Libération.
Les défis à relever sont nombreux, nous avons besoin de paix, de stabilité pour
que le pays puisse avancer, se développer, rattraper le retard accumulé.
L’intérêt national devant passer avant tout, l’initiative prise par le président
de la République concernant la réconciliation nationale doit être encouragée,
d’autres décisions doivent nécessairement suivre parce qu’il reste encore
beaucoup à faire, il faut également les appuyer dans la mesure où elles visent
l’amélioration de la situation du pays.
Les dirigeants, de leur côté, doivent être à l’écoute du peuple et près de lui
pour pouvoir le mobiliser, les relations doivent être basées sur la confiance
réciproque. Aristote disait : "La politique, c’est l’art de gouverner pour le
bonheur". Chaque Algérien doit être fier de son pays dans lequel est censé vivre
heureux. Quelles que soient les difficultés qu’il doit affronter.