stephane
17/09/2005, 01h53
C’est un Saïd Sadi décidé à faire face et à se battre jusqu’au bout, rompu qu’il est, à toutes les man½uvres du pouvoir et convaincu qu’“il serait illusoire de croire que la démocratie puisse venir d’en haut surtout après que l’armée et le DRS eurent failli à leurs engagements quant à leur neutralité lors des élections présidentielles du 8 avril 2004”, qui est venu ce jeudi à Bouira, sillonner les communes concernées par les partielles.
En démocrate impénitent qu’il est, le Dr Sadi a, à chacune de ses escales, réussi à donner avec pertinence, un aperçu global de la situation et des dangers qui guettent la nation en général et la Kabylie en particulier. Ainsi, et abordant le référendum de la charte pour la paix et la réconciliation, le leader du RCD n’a pas été tendre ni avec Bouteflika ni avec ceux qui le soutiennent dans “cette aventure dangereuse pour le pays”. A commencer par la charte elle-même qu’il a décortiquée en rappelant aux présents que celle-ci exclut de l’amnistie les terroristes ayant participé aux assassinats collectifs, mais absout le terroriste qui aura commis des assassinats individuels. En d’autres termes, le terroriste qui aura commis pendant dix ans au maquis une centaine d’assassinats individuels, sera absous de ses crimes. “Du jamais vu, dira Sadi, qui rappellera sa rencontre pendant trois heures avec le président sud-africain M. Tabou M’beki en 2000”. Lequel lui expliquera que la vérité et la justice instaurée pour résoudre le problème de l’Apartheid avait imposé à tous ceux qui avaient commis des assassinats, violé des femmes ou autres, de demander pardon publiquement à leurs victimes ou aux familles de leurs victimes, avant d’être jugés. “Ce n’est qu’après avoir franchi cette étape que le pardon a été possible en Afrique du Sud, dira Sadi. Poursuivant ses critiques vis-à-vis de cette charte, M. Sadi dénoncera le manque de débat en rappelant que même en 1976, et bien que le pays était dans un système de parti unique, le débat a eu lieu autour de la charte. “Aujourd’hui, déclare-t-il, la seule chose qui est claire dans cette charte est le point où il est stipulé que le peuple algérien mandate le président de la République pour prendre toutes les mesures nécessaires visant à concrétiser les dispositions”.
“Ainsi, à travers cette charte, le président de la République cherche un pouvoir absolu, notera le Dr Sadi qui dira au sujet du meeting de Bouteflika prévu le 19 septembre prochain à Tizi-Ouzou, “croyez-moi, lorsqu’on menace les associations de retrait d’agrément au cas où elles ne se présentent pas au stade pour le meeting, lorsqu’on mobilise 111 milliards de centimes pour les préparatifs de ce meeting, réquisitionne tous les moyens de l’Etat au niveau des wilayas de Boumerdès, Bouira, Béjaïa et Tizi-Ouzou et qu’on ordonne aux fonctionnaires de se déplacer de force, lorsqu’on invite à travers des affiches les gens à partir à Tizi-Ouzou avec prise en charge totale dès la veille du meeting, nous disons qu’avec autant de maladresses, soit on est paniqué, soit on veut s’imposer en conquérant”.
Ce sont là autant de points qui laissent présager au Dr Sadi, une impasse dans un futur proche, car ajoutera-t-il, “toutes ces maladresses sont connues des ambassadeurs et des pays occidentaux, et la manne pétrolière avec laquelle on essaye de gérer ces insuffisances et ces incohérences ne tiennent pas chez ces nations civilisées et respectueuses de la démocratie et des droits de l’homme, lesquelles restent toujours réticentes dans le cadre de l’investissement et elles le resteront tant que le système de gouvernance est ainsi”. Par ailleurs, et concernant les partielles, le Dr Sadi rappellera que cette région de Kabylie qui a enfanté les Ouamrane, Abane, Krim, Aït Ahmed et qui a toujours été le fief et le poumon de l’Algérie qui avance et qui bouge ne pourra pas être abandonnée entre les mains des voleurs et de ceux qui veulent briser ses ressorts. Convaincu qu’avec la récupération des APC, on peut asseoir une démocratie locale, laquelle pourra insuffler une dynamique à l’échelle nationale surtout pour les élections générales de 2007, le leader du RCD rappellera qu’avec l’entrée en vigueur le 1er septembre, de l’accord d’association avec l’Union européenne, les communes peuvent désormais faire des accords de partenariat pour assurer le développement à travers le financement de projets. C’est dire que “ceux qui veulent créer un climat de démission chez l’électorat en leur faisant croire que l’arrivée à la tête des APC du RCD ou du FFS, est synonyme de blocage de la part de l’administration, ont échoué d’avance”, soulignera le Dr Sadi qui réitérera son souhait de créer une barrière lors de ces élections, entre ceux qui veulent faire du bien pour la région, entre autres le RCD et le FFS et “les voleurs”, définis comme étant tous ceux qui se comptent parmi les clientèles du pouvoir. Là, il évoquera Ouyahia, chargé de mission pour mener jusqu’au bout sa politique de destruction de l’âme de la Kabylie, et les délégués dialoguistes qui sont pris en charge par l’Etat à coups de milliards dans des hôtels huppés pour l’aider dans cette mission, la corruption qui bat son plein dans le pays et qui est devenue un critère de promotion surtout en Kabylie, et enfin, les tentatives diaboliques menées par le DRS, en citant un colonel qui sillonne la région en vue de confectionner des listes d’indépendants afin de créer des supports locaux dans cette région qui leur a toujours échappée. Poursuivant ses arguments quant à la nécessité de récupérer cette région et de la prémunir contre la régression, le Dr Said évoquera un point très grave qui est en train de se produire en Kabylie, “au vu et au su des services de sécurité”, selon lui, à savoir les plantations de haschich. D’après le leader du RCD, une enquête menée par son parti a répertorié 17 sites au niveau des wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Boumerdès. “Des tentatives diaboliques qui rappellent sinistrement ce qu’a fait le Maroc de la région du Rif, cette importante région berbère qui a toujours été frondeuse au pouvoir central marocain. Non, nous refusons la rifisation de la Kabylie”. Comment s’y prendre ? En multipliant les contacts et en éveillant les consciences quant aux dangers qui guettent la Kabylie, cette région qui a toujours été la locomotive des luttes pour l’émancipation du peuple algérien. “C’est pour cela que nous disons que si nous réussissons à récupérer la Kabylie pour y asseoir une démocratie locale véritable lors de ces partielles, nous pouvons réussir le pari de 2007”, dira enfin Sadi. Rappelons que lors de ces deux jours passés à Bouira, d’autres membres du secrétariat national ont accompagné le Dr Sadi. M. Ali Brahimi, secrétaire national chargé à la culture, prendra la parole à chaque escale pour expliquer aux présents le contexte dans lequel interviennent ces rencontres de proximité, qui regroupent des dizaines sinon des centaines de personnes de différents âges et d’horizons tant professionnel que politique, et ponctuées, faut-il le rappeler par des débats très fructueux surtout pour le leader du RCD qui déclare à chaque fois qu’il était venu écouter et entendre ce que pense le citoyen. Cette rencontre de proximité effectuée par le RCD à Bouira est la 17e depuis octobre 2004, et elle a pour but essentiel, comme le soulignera M. Ali Brahimi, “la nécessité de briser cette pensée unique et cet unanimisme politique ambiants imposés par le pouvoir”.
Y. Y.
Le Soir D'Algérie du 17/09/2005
En démocrate impénitent qu’il est, le Dr Sadi a, à chacune de ses escales, réussi à donner avec pertinence, un aperçu global de la situation et des dangers qui guettent la nation en général et la Kabylie en particulier. Ainsi, et abordant le référendum de la charte pour la paix et la réconciliation, le leader du RCD n’a pas été tendre ni avec Bouteflika ni avec ceux qui le soutiennent dans “cette aventure dangereuse pour le pays”. A commencer par la charte elle-même qu’il a décortiquée en rappelant aux présents que celle-ci exclut de l’amnistie les terroristes ayant participé aux assassinats collectifs, mais absout le terroriste qui aura commis des assassinats individuels. En d’autres termes, le terroriste qui aura commis pendant dix ans au maquis une centaine d’assassinats individuels, sera absous de ses crimes. “Du jamais vu, dira Sadi, qui rappellera sa rencontre pendant trois heures avec le président sud-africain M. Tabou M’beki en 2000”. Lequel lui expliquera que la vérité et la justice instaurée pour résoudre le problème de l’Apartheid avait imposé à tous ceux qui avaient commis des assassinats, violé des femmes ou autres, de demander pardon publiquement à leurs victimes ou aux familles de leurs victimes, avant d’être jugés. “Ce n’est qu’après avoir franchi cette étape que le pardon a été possible en Afrique du Sud, dira Sadi. Poursuivant ses critiques vis-à-vis de cette charte, M. Sadi dénoncera le manque de débat en rappelant que même en 1976, et bien que le pays était dans un système de parti unique, le débat a eu lieu autour de la charte. “Aujourd’hui, déclare-t-il, la seule chose qui est claire dans cette charte est le point où il est stipulé que le peuple algérien mandate le président de la République pour prendre toutes les mesures nécessaires visant à concrétiser les dispositions”.
“Ainsi, à travers cette charte, le président de la République cherche un pouvoir absolu, notera le Dr Sadi qui dira au sujet du meeting de Bouteflika prévu le 19 septembre prochain à Tizi-Ouzou, “croyez-moi, lorsqu’on menace les associations de retrait d’agrément au cas où elles ne se présentent pas au stade pour le meeting, lorsqu’on mobilise 111 milliards de centimes pour les préparatifs de ce meeting, réquisitionne tous les moyens de l’Etat au niveau des wilayas de Boumerdès, Bouira, Béjaïa et Tizi-Ouzou et qu’on ordonne aux fonctionnaires de se déplacer de force, lorsqu’on invite à travers des affiches les gens à partir à Tizi-Ouzou avec prise en charge totale dès la veille du meeting, nous disons qu’avec autant de maladresses, soit on est paniqué, soit on veut s’imposer en conquérant”.
Ce sont là autant de points qui laissent présager au Dr Sadi, une impasse dans un futur proche, car ajoutera-t-il, “toutes ces maladresses sont connues des ambassadeurs et des pays occidentaux, et la manne pétrolière avec laquelle on essaye de gérer ces insuffisances et ces incohérences ne tiennent pas chez ces nations civilisées et respectueuses de la démocratie et des droits de l’homme, lesquelles restent toujours réticentes dans le cadre de l’investissement et elles le resteront tant que le système de gouvernance est ainsi”. Par ailleurs, et concernant les partielles, le Dr Sadi rappellera que cette région de Kabylie qui a enfanté les Ouamrane, Abane, Krim, Aït Ahmed et qui a toujours été le fief et le poumon de l’Algérie qui avance et qui bouge ne pourra pas être abandonnée entre les mains des voleurs et de ceux qui veulent briser ses ressorts. Convaincu qu’avec la récupération des APC, on peut asseoir une démocratie locale, laquelle pourra insuffler une dynamique à l’échelle nationale surtout pour les élections générales de 2007, le leader du RCD rappellera qu’avec l’entrée en vigueur le 1er septembre, de l’accord d’association avec l’Union européenne, les communes peuvent désormais faire des accords de partenariat pour assurer le développement à travers le financement de projets. C’est dire que “ceux qui veulent créer un climat de démission chez l’électorat en leur faisant croire que l’arrivée à la tête des APC du RCD ou du FFS, est synonyme de blocage de la part de l’administration, ont échoué d’avance”, soulignera le Dr Sadi qui réitérera son souhait de créer une barrière lors de ces élections, entre ceux qui veulent faire du bien pour la région, entre autres le RCD et le FFS et “les voleurs”, définis comme étant tous ceux qui se comptent parmi les clientèles du pouvoir. Là, il évoquera Ouyahia, chargé de mission pour mener jusqu’au bout sa politique de destruction de l’âme de la Kabylie, et les délégués dialoguistes qui sont pris en charge par l’Etat à coups de milliards dans des hôtels huppés pour l’aider dans cette mission, la corruption qui bat son plein dans le pays et qui est devenue un critère de promotion surtout en Kabylie, et enfin, les tentatives diaboliques menées par le DRS, en citant un colonel qui sillonne la région en vue de confectionner des listes d’indépendants afin de créer des supports locaux dans cette région qui leur a toujours échappée. Poursuivant ses arguments quant à la nécessité de récupérer cette région et de la prémunir contre la régression, le Dr Said évoquera un point très grave qui est en train de se produire en Kabylie, “au vu et au su des services de sécurité”, selon lui, à savoir les plantations de haschich. D’après le leader du RCD, une enquête menée par son parti a répertorié 17 sites au niveau des wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Boumerdès. “Des tentatives diaboliques qui rappellent sinistrement ce qu’a fait le Maroc de la région du Rif, cette importante région berbère qui a toujours été frondeuse au pouvoir central marocain. Non, nous refusons la rifisation de la Kabylie”. Comment s’y prendre ? En multipliant les contacts et en éveillant les consciences quant aux dangers qui guettent la Kabylie, cette région qui a toujours été la locomotive des luttes pour l’émancipation du peuple algérien. “C’est pour cela que nous disons que si nous réussissons à récupérer la Kabylie pour y asseoir une démocratie locale véritable lors de ces partielles, nous pouvons réussir le pari de 2007”, dira enfin Sadi. Rappelons que lors de ces deux jours passés à Bouira, d’autres membres du secrétariat national ont accompagné le Dr Sadi. M. Ali Brahimi, secrétaire national chargé à la culture, prendra la parole à chaque escale pour expliquer aux présents le contexte dans lequel interviennent ces rencontres de proximité, qui regroupent des dizaines sinon des centaines de personnes de différents âges et d’horizons tant professionnel que politique, et ponctuées, faut-il le rappeler par des débats très fructueux surtout pour le leader du RCD qui déclare à chaque fois qu’il était venu écouter et entendre ce que pense le citoyen. Cette rencontre de proximité effectuée par le RCD à Bouira est la 17e depuis octobre 2004, et elle a pour but essentiel, comme le soulignera M. Ali Brahimi, “la nécessité de briser cette pensée unique et cet unanimisme politique ambiants imposés par le pouvoir”.
Y. Y.
Le Soir D'Algérie du 17/09/2005