PDA

Voir la version complète : Etrange !


Azzar
25/04/2005, 03h39
Que pensez-vous de la visite d'Ouyahia en Kabylie pour commemorer l'anniversaire de l'assassinat du jeune Massinissa par les gendarmes qu'il commandaient ? Je trouve ridicule, bizarre, voir meme ANE, que les kabyles l'aient accueilli en paix ! Ca me depasse ! A quel point le kabyle a t-il sombre !
On vient chez lui, on tue ses enfants et on se fait accueillir pour commemorer leurs mort ! C'est totallement inexplicable !

ben
25/04/2005, 06h03
:ohmy:

Quatre ans avant M’hamed, un autre jeune homme était mort par une belle journée de printemps. Massinissa Guermah, touché d’une balle dans la jambe, décédait quelques heures plus tard. Comme pour M’hamed, une hémorragie interne non détectée par les médecins avait été signalée comme étant à l’origine du décès.

Quatre ans et 120 morts après les faits, Ahmed Ouyahia est allé se recueillir sur la tombe de Massinissa Guermah. C’est un geste accompli au nom de l’Etat algérien, a-t-il dit. Un Etat dont les représentants avaient utilisé des qualificatifs dégradants pour parler de ce jeune homme, dont la mort avait déclenché les émeutes et donné naissance aux ârouch. Un Etat qui se trouve largement responsable d’une violence dont il a développé la culture, pour en avoir semé la pratique pendant des années. Un Etat dont le modèle de gestion a généré ces comportements d’irresponsabilité, de violence gratuite, des comportements qui dénotent une terrible régression sociale. Avec cet ultime paradoxe: plus on parle de modernité, plus l’archaïsme s’expose et s’impose; plus on parle de civisme et de citoyenneté, plus la pratique quotidienne révèle la domination de phénomènes régressifs comme le tribalisme, l’instinct de survie primaire et l’individualisme.

M’hamed était très éloigné de ces concepts. Il en entendait parler parfois à la télévision, mais un grand sourire éclairait son visage quand il écoutait des discours incluant ces mots étranges. Il était citoyen à sa manière, respectueux des uns et des autres, faisant preuve d’une égale politesse avec tout le monde. Il était écologiste à sa manière aussi, depuis qu’il avait préféré rester vivre dans la nature, évoluant au gré des saisons, loin du vacarme de la ville.

Il comprenait peu de choses aux discours sur la relance économique, et avait vaguement entendu parler du fonds de soutien à l’agriculture. Mais il était cet acteur économique incontournable qui fait tourner le pays durant les périodes difficiles: sur la terre qu’il travaillait, la pomme de terre a toujours poussé, par période de sécheresse comme en période de terrorisme. Comme sa terre, il subissait les affres du temps quand celui-ci est difficile. Mais comme sa terre, il donnait ce sentiment de solidité et d’éternité qui donnent une dimension à la vie.

Sans lui, la vie est bien triste. Sans son sourire et ce sentiment de sérénité qu’il dégageait, malgré ses trente ans, le printemps est encore plus triste. Triste comme cette terre d’Algérie qui reste impassible alors que le sourire la déserte.

:-7

ben
25/04/2005, 06h08
:hein: Mais qui est ce M’hamed me direz-vous? :yella:

M’hamed est un fellah qui est mort sur les berges du Chéliff. C’est un sourire qui disparaît en ce printemps bien triste.

Les printemps sont bien tristes en Algérie. Ils apportent le deuil et les larmes qui font oublier le doux soleil de ces belles journées. La campagne de Aïn-Defla, si belle en cette saison, devient agressive, et les heures sont longues, insupportables, particulièrement quand on se retrouve en procession attendant le corps d’un être cher.

C’est par une journée d’avril que M’hamed est parti cette année. Oh ! M’hamed n’était pas une star. Ni un politique, ni un intellectuel. L’école n’a jamais été son fort. Lui était un manuel, qui se tenait mieux sur un tracteur que sur une voiture dernier cri. Il était simplement fellah. Mais il avait la beauté robuste de la trentaine de ces gens nés près du Chéliff, élevés à l’air libre, entre les arbres et les figues, ne gardant de l’école que quelques sourate pour faire la prière. Il travaillait la terre et aimait tant cette terre qu’il est mort pour elle. De plus, les coups assassins l’ont atteint à quelques mètres de cet oued, le Chéliff, près duquel il a passé toute sa vie, labourant, bêchant, creusant la terre et plantant cette pomme de terre qui le faisait sourire et réglait le cycle de sa vie.

De quoi a-t-il été victime ? D’abord de la bêtise. Cette bêtise qui pousse une personne à sortir un couteau, et à s’acharner à cinq, à dix contre un jeune homme qui n’a devant lui que l’amour de la vie et du Bien.

Il a aussi été victime de cette culture de la violence gratuite qui s’est dramatiquement répandue dans la société. Une violence qui, pour des broutilles, pousse des êtres humains à commettre l’irréparable, à se dénuer de tout humanisme pour se laisser guider par des instincts primaires destructeurs.

M’hamed a aussi été victime d’autres fléaux de l’Algérie, l’erreur médicale et l’indigence des structures médicales. Blessé, il a été vu par un médecin, qui l’a orienté vers un chirurgien. Celui-ci lui a prescrit une radio, passée à l’extérieur de l’hôpital. Que de temps perdu ! Puis, de retour à l’hôpital, le chirurgien lui signifie qu’il n’a rien de grave. Il lui recommande de repartir chez lui. Ce n’est que sur l’insistance de ses proches qu’il reste à l’hôpital, sans véritable surveillance. Quelques heures plus tard, il partait définitivement, emportant sa magnifique silhouette, et laissant derrière lui Sadek, quatre ans, encore très surpris par toute cette attention que lui portaient les gens qui se rendaient par procession au cimetière.


:hein: )-(:-)

Azzar
25/04/2005, 15h22
Amek i d y'enna Abrika ?

ULAC SMAH ULAC ???

Zigh macci d smah kkan ig lan deg ul nsen. Zemren ad sudnen aqjir bw'id i t n'iwten ! L'eqmayel am iggi, ifentten t yuzad !

agnaw
25/04/2005, 16h48
Amek i d y'enna Abrika ?

ULAC SMAH ULAC ???

Zigh macci d smah kkan ig lan deg ul nsen. Zemren ad sudnen aqjir bw'id i t n'iwten ! L'eqmayel am iggi, ifentten t yuzad !

Akka i n-mmug, akka ar a n-qqim.

akken i s-inna Ferhat, awid adrim a nidat !!!

Azzar
25/04/2005, 21h31
Vous n'etes pas choques par ce volte face de ULAC SMAH ULAC ??? Ne pensez-vous pas que Abrika vient de tuer cette expression ? Que l'utiliser dans le futur sera une futilite, une blague ? Il vient de ridiculiser tout le peuple kabyle qui l'a scandee du fond de leur coeur !

Ad dsen i ghardayen gef qadum bw'eqvayli !