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Voir la version complète : L'enseignementdu berbère en France : en 1ère page du " monde" de demain


cherchemidi
14/02/2005, 16h41
Titre d'un assez long article en 1ère page du" Monde" daté de demain ( 15 février) :

"L'enseignement du berbère en France est aussi une affaire politique"

----je n'ai malheureusement pas réussi à scanner cet article ( qui est présenté sur trois colonnes ) et j'ignore si quelqu'un l'a déjà signalé dans la section " news " que je ne retrouve pas dans la nouvelle structure du forum .

---il s'agit de la correction des copies du bac : Salem Chaker évincé au profit de Hocine Saadi , frère de Saïd Saadi , dirigeant du RCD

Notre Kabylie
14/02/2005, 16h48
L'enseignement du berbère en France est aussi une affaire politique

LE MONDE | 14.02.05

Les uns crient au "scandale", les autres parlent de "chasse aux sorcières". L'enseignement de la langue berbère, dont l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), à Paris, assure la pérennité depuis près d'un siècle, est l'objet d'une sourde polémique. Depuis 1995, c'est l'Inalco, dans le cadre d'une convention avec la direction des enseignements scolaires (Desco), qui prépare les sujets d'épreuve de berbère au baccalauréat (option facultative) et la correction des copies. Avec un certain succès, puisque, en neuf ans, "le nombre de candidats en berbère est progressivement passé de 1 350 à 2 250 pour toute la France", souligne Salem Chaker, pro*****ur de berbère à l'Inalco et principal maître d'½uvre de cette convention.

Une performance que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin paraissait vouloir encourager : les autorités avaient promis une expérience d'enseignement du berbère à la rentrée 2004, dans un lycée parisien. Salem Chaker semble tout désigné pour cette tâche. Las ! Sans crier gare, le gouvernement change de cavalier : foin de Salem Chaker, c'est un autre Français d'origine algérienne, Hocine Saadi, qui est intronisé "responsable coordinateur des enseignements et épreuves de berbère auprès de la Desco". Au grand dam de l'Inalco et de son éminent pro*****ur, qui s'indignent de ce "désaveu". Non seulement, explique Salem Chaker, cet imprévu rival ne peut se prévaloir que d'une agrégation de mathématiques, mais il est officiellement lié à un parti politique proche des cercles dirigeants algériens. La "principale qualité" de Hocine Sadi, insiste Salem Chaker, "est d'être le frère de Saïd Saadi", dirigeant-fondateur du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un parti "à recrutement kabyle, très proche du pouvoir algérien, notamment de certains généraux". La "recommandation d'Alger" a valeur de diplôme, ironise l'éconduit.

Interrogé, en janvier, par une journaliste de l'Agence éducation emploi formation (AEF), Hocine Saadi plaide sa cause : "J'ai réalisé un grand nombre de publications en berbère et sur le berbère, dont certaines sont référencées sur le site même de l'Inalco", remarque-t-il, rappelant qu'il s'est autrefois occupé de ce dossier "dans le cabinet de Jack Lang". Quant à ses liens avec le RCD, Hocine Saadi, qui n'a pas répondu à nos questions, arguant de son "devoir de réserve", ne les nie pas. S'il a bel et bien présidé le RCD-France, il a "quitté officiellement ce poste en juin" dernier.

La crise est néanmoins ouverte. Le président de l'Inalco, Gilles Delouche, a fait savoir, dans une lettre adressée au ministère de l'éducation nationale, lundi 31 janvier, qu'il jugeait caduque la convention passée avec la Desco. "J'ai averti le ministère que nous allions cesser de préparer les épreuves de berbère et de corriger les copies", nous a-t-il confirmé.

"Cette polémique pose le problème des langues de France, mais aussi celui, plus général, de l'attitude que les autorités adoptent vis-à-vis des populations d'origine maghrébine, ajoute M. Delouche. On a le sentiment, hélas, que le politique l'emporte sur la compétence."

Catherine Simon

• ARTICLE DANS L'EDITION DU 15.02.05

cherchemidi
14/02/2005, 17h07
L'enseignement du berbère en France est aussi une affaire politique

LE MONDE | 14.02.05

Les uns crient au "scandale", les autres parlent de "chasse aux sorcières". L'enseignement de la langue berbère, dont l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), à Paris, assure la pérennité depuis près d'un siècle, est l'objet d'une sourde polémique. Depuis 1995, c'est l'Inalco, dans le cadre d'une convention avec la direction des enseignements scolaires (Desco), qui prépare les sujets d'épreuve de berbère au baccalauréat (option facultative) et la correction des copies. Avec un certain succès, puisque, en neuf ans, "le nombre de candidats en berbère est progressivement passé de 1 350 à 2 250 pour toute la France", souligne Salem Chaker, pro*****ur de berbère à l'Inalco et principal maître d'½uvre de cette convention.

Une performance que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin paraissait vouloir encourager : les autorités avaient promis une expérience d'enseignement du berbère à la rentrée 2004, dans un lycée parisien. Salem Chaker semble tout désigné pour cette tâche. Las ! Sans crier gare, le gouvernement change de cavalier : foin de Salem Chaker, c'est un autre Français d'origine algérienne, Hocine Saadi, qui est intronisé "responsable coordinateur des enseignements et épreuves de berbère auprès de la Desco". Au grand dam de l'Inalco et de son éminent pro*****ur, qui s'indignent de ce "désaveu". Non seulement, explique Salem Chaker, cet imprévu rival ne peut se prévaloir que d'une agrégation de mathématiques, mais il est officiellement lié à un parti politique proche des cercles dirigeants algériens. La "principale qualité" de Hocine Sadi, insiste Salem Chaker, "est d'être le frère de Saïd Saadi", dirigeant-fondateur du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un parti "à recrutement kabyle, très proche du pouvoir algérien, notamment de certains généraux". La "recommandation d'Alger" a valeur de diplôme, ironise l'éconduit.

Interrogé, en janvier, par une journaliste de l'Agence éducation emploi formation (AEF), Hocine Saadi plaide sa cause : "J'ai réalisé un grand nombre de publications en berbère et sur le berbère, dont certaines sont référencées sur le site même de l'Inalco", remarque-t-il, rappelant qu'il s'est autrefois occupé de ce dossier "dans le cabinet de Jack Lang". Quant à ses liens avec le RCD, Hocine Saadi, qui n'a pas répondu à nos questions, arguant de son "devoir de réserve", ne les nie pas. S'il a bel et bien présidé le RCD-France, il a "quitté officiellement ce poste en juin" dernier.

La crise est néanmoins ouverte. Le président de l'Inalco, Gilles Delouche, a fait savoir, dans une lettre adressée au ministère de l'éducation nationale, lundi 31 janvier, qu'il jugeait caduque la convention passée avec la Desco. "J'ai averti le ministère que nous allions cesser de préparer les épreuves de berbère et de corriger les copies", nous a-t-il confirmé.

"Cette polémique pose le problème des langues de France, mais aussi celui, plus général, de l'attitude que les autorités adoptent vis-à-vis des populations d'origine maghrébine, ajoute M. Delouche. On a le sentiment, hélas, que le politique l'emporte sur la compétence."

Catherine Simon

• ARTICLE DANS L'EDITION DU 15.02.05


-un bon point pour toi ( il m'arrive d'être " fair play ) : tu m'as devancé ; je viens à peine de réussir un copier-coller ", moins joli que le tien...

-j'observe que M Delouche parle des " populations d'origine maghrébine" et Catherine Simon d'"un autre français d'origine algérienne " ( à propos de H Saadi )

-à mon avis , de vigoureuses protestations pourraient conduire à revenir sur cette décision sans doute prise en interne au sein du ministère de l'éducation nationale et peut-être pas à un niveau élevé .

l'tounoumiste
14/02/2005, 18h31
-à mon avis , de vigoureuses protestations pourraient conduire à revenir sur cette décision sans doute prise en interne au sein du ministère de l'éducation nationale et peut-être pas à un niveau élevé .

- a mon avis, cette decision a ete prise en interne par des conseillers du president de la Republique a l'Elysee, et surement a un niveau eleve, comme le montre cette phrase (http://www.tamazgha.fr/article.php3?id_article=1195) : Dans un courrier adressé au pro*****ur Salem Chaker par le Cabinet du Conseiller pour l’éducation et la culture du Président de la République, il a été annoncé la nomination de Hocine Sadi en tant que responsable coordinateur des enseignements et épreuves de berbère auprès de la direction de l’enseignement scolaire (DESCO). Cette décision prise en haut-lieu crée l’étonnement.

C'est donc le cabinet de Jacques Chirac qui a bombarde H. Sadi par suprise, surement apres consultations avec l'Ambassade d'Algerie.

Cherche, tu es malin et je t'aimes bien dans le fonds, mais je pense que tu n'as vraiment pas conscience de la force de la "Francalgerie", cette collusion indefectible de certains services francais avec leurs collegues algeriens.

Chipalo
14/02/2005, 18h40
L'Elysée sait se montrer très serviable avec ses serviteurs...

cherchemidi
14/02/2005, 21h05
- a mon avis, cette decision a ete prise en interne par des conseillers du president de la Republique a l'Elysee, et surement a un niveau eleve, comme le montre cette phrase (http://www.tamazgha.fr/article.php3?id_article=1195) : Dans un courrier adressé au pro*****ur Salem Chaker par le Cabinet du Conseiller pour l’éducation et la culture du Président de la République, il a été annoncé la nomination de Hocine Sadi en tant que responsable coordinateur des enseignements et épreuves de berbère auprès de la direction de l’enseignement scolaire (DESCO). Cette décision prise en haut-lieu crée l’étonnement.

C'est donc le cabinet de Jacques Chirac qui a bombarde H. Sadi par suprise, surement apres consultations avec l'Ambassade d'Algerie.

Cherche, tu es malin et je t'aimes bien dans le fonds, mais je pense que tu n'as vraiment pas conscience de la force de la "Francalgerie", cette collusion indefectible de certains services francais avec leurs collegues algeriens.

-heureusement que tu es là pour m'éclairer !

-le cabinet du conseiller pour l'éducation de l'Elysée joue le rôle , certes, de "conseiller" , mais aussi et peut-être davantage de bureau des" interventions" qui traite nombre d'affaires de peu d'importance ; souvent , une décision prise ailleurs est notifiée par cet organe , ce qui satisfait la vanité des bénéficiaires peu avertis des subtilités de l'administration française

-on ne peut donc pas affirmer à coup sûr qu'il s'agisse là d'une décision présidentielle;

-ceci dit , si je n'approuve pas cette nomination ( au vu des informations assez maigres dont on dispose ) , je comprends assez que les autorités françaises entretiennent de bonnes relations avec celles d' un partenaire économique important , comme le font aussi les USA , l'Italie , la Grande-Bretagne et tant d'autres )

-ceci dit , tout le monde a du mal à s'y retrouver tellement les berbères et /ou kabyles sont divisés et ont du mal à se doter de représentants crédibles ...

aghiles
14/02/2005, 23h42
c'est dingue ça ! le rcd avait deja une reputation entamée ! là il est definitivement mort !

1/ pourquoi cette ingerence ???

2/ salem chaker est autonomiste

3/ h sadi est algeriansite !

4/ la decision emane de la presidence !

maintenant il faudra trouver d'autre correcteurs ! les avancées de la langue berbere risque d'etre ralentie !

tout ça acause de h sadi !!!! cette place revenait a salem chaker !

cherchemidi
15/02/2005, 09h36
c'est dingue ça ! le rcd avait deja une reputation entamée ! là il est definitivement mort !

1/ pourquoi cette ingerence ???

2/ salem chaker est autonomiste

3/ h sadi est algeriansite !

4/ la decision emane de la presidence !

maintenant il faudra trouver d'autre correcteurs ! les avancées de la langue berbere risque d'etre ralentie !

tout ça acause de h sadi !!!! cette place revenait a salem chaker !


-à mon avis ( de vieux fonctionnaire) cette affaire peut être " retournée" au profit de la mouvance autonomiste , si elle est habilement exploitée .

-quel que soit le niveau auquel cette décision a été prise (1) , il n'est pas certain et il est même improbable que l'on en ait mesuré la signification politique et l'interprétation qui pouvait lui être donnée .

- si j'étais l'un des "conseillers" des autonomistes et mouvements proches d'eux , je suggérerais donc d'adresser à la Présidence de la République ( "à l'attention de monsieur le conseiller chargé de l'education et de la culture " ) (2) une correspondance dépourvue de toute agressivité :

-----rappelant les faits .

-----insistant sur les risques d'interprétation fâcheuse qu'il comportent en raison de l'implication de la famille Saadi dans les tensions (3) qui marquent les rapports entre la population de la Kabylie et les autorités algériennes ; implication qui est estimée par une large majorité des kabyles comme préjudiciable à leurs intérêts et légitimes aspirations tant culturelles que politiques et sociales .

-----indiquant que la situation ainsi créée trouble profondément les français d'origine kabyle , dont les actions et revendications ont toujours été conduites dans le strict respect des lois de la République , hors de tout " communautarisme " à caractère sectaire .

-----demandant que cette mesure soit rapportée .

(1) rappel de ma réponse à "l'outounomiste" : ce n'est pas parce que la décision a été notifiée par le conseiller- éducation de l'Elysée qu'elle a été à coup sûr prise à ce niveau ; de toute façon il est préférable de laisser entendre que c'est une erreur plutôt qu'une faute ; cela facilite un éventuel repli ; tactique vieille comme le monde !

(2) copie à M le Ministre de l'Education nationale " à l'attention de M le Directeur du Cabinet"
-il ne faut doubler ni vexer personne ; et ce qui est fait en double a plus de chance d'attirer l'attention

( 3-) ne pas évoquer ces tensions en termes trop forts , même si elle sont fortes et parfois dramatiques


--l'essentiel est d'amorcer un échange sur le sujet en faisant preuve de responsabilité et d'habileté ; bénéfice " second" (et non secondaire ) : faire parler de la situation de la langue berbère mais aussi de la sensibilité autonomiste ( assez peu connue en France en dehors de milieux directement concernés)