Notre Kabylie
14/02/2005, 16h34
Par Mustapha Hammouche
L’auteur de la démarche lui-même vient d’en constater les limites, sinon l’échec : l’approche mondaine de la “diplomatie économique” est vaine.
Davos, Crans Montana, le G8 et toutes ces foires au capital assidûment fréquentées par nos responsables, et particulièrement prisées de notre président n’ont pas été de quelque effet sur le flux escompté d’investissements étrangers. Les opérateurs de tout horizon, venus par charters entiers s’instruire des conditions dans lesquelles ils pourraient faire fructifier leur argent, ont rarement réagi à l’offre. Le tourisme économique continue tout de même à constituer, avec les voyages politiques, la première activité internationale hors hydrocarbures.
En laissant apparaître son irritation devant les réticences, françaises en particulier, à investir en Algérie, le président de la république a fini par admettre l’inanité d’une démarche solliciteuse dans le domaine des affaires. Visiteur infatigable, hôte insistant des décideurs politiques et financiers de ce monde, Bouteflika s’aperçoit, après six années de prospection infructueuse que l’intérêt industriel de nos partenaires potentiels n’a pas été à la hauteur des sollicitudes politiques et diplomatiques. Déçu par la défiance occidentale, le président algérien s’est retourné contre les puissances pétrolières arabes pour leur reprocher leur manque de disponibilité à placer leur fortune dans les pays “frères”.
En s’adressant aux partenaires virtuels arabes, à travers l’Organisation arabe du travail, et en s’en prenant aux investisseurs occidentaux virtuels, entre une visite des patronats français et anglais, d’une part, et polonais d’autre part, le chef de l’État admet indirectement l’échec d’une stratégie pluriannuelle. Mais le constat s’arrête là. Le discours du président, ainsi suspendu à mi-chemin de la démonstration, suggère que l’afflux de capitaux étrangers ne tient qu’à la bonne volonté des décideurs politique et économique des pays financièrement nantis.
Dans le tiers-monde, la visite d’un ministre ami peut, en effet, déclencher l’octroi d’un marché. Ainsi, un voyage de Sarkozy peut lui valoir une affaire qui l’aiderait à renflouer une Alstom moribonde. Mais en démocratie économique, l’orientation volontariste des capitaux n’a plus cours dans le monde des affaires. La mondialisation a réduit l’influence du politique sur la décision économique. Ainsi, on ne guide plus les placements financiers ; on les attire. Car, l’argent se dirige seul, selon une fonction de rentabilité.
En recherchant les raisons du blocage dans l’hésitation de nos partenaires, le président n’a donc pas admis ce qu’il a démontré : l’échec de sa politique de relance. Tout au moins dans son volet partenariat.
Ce n’est pas rien de constater six ans de surplace en matière de coopération économique, faute de réforme structurelle touchant à l’environnement de l’entreprise. Bien entendu, et malgré cet évident fiasco, l’économie nationale se porte bien… grâce aux réformes.
Liberté
L’auteur de la démarche lui-même vient d’en constater les limites, sinon l’échec : l’approche mondaine de la “diplomatie économique” est vaine.
Davos, Crans Montana, le G8 et toutes ces foires au capital assidûment fréquentées par nos responsables, et particulièrement prisées de notre président n’ont pas été de quelque effet sur le flux escompté d’investissements étrangers. Les opérateurs de tout horizon, venus par charters entiers s’instruire des conditions dans lesquelles ils pourraient faire fructifier leur argent, ont rarement réagi à l’offre. Le tourisme économique continue tout de même à constituer, avec les voyages politiques, la première activité internationale hors hydrocarbures.
En laissant apparaître son irritation devant les réticences, françaises en particulier, à investir en Algérie, le président de la république a fini par admettre l’inanité d’une démarche solliciteuse dans le domaine des affaires. Visiteur infatigable, hôte insistant des décideurs politiques et financiers de ce monde, Bouteflika s’aperçoit, après six années de prospection infructueuse que l’intérêt industriel de nos partenaires potentiels n’a pas été à la hauteur des sollicitudes politiques et diplomatiques. Déçu par la défiance occidentale, le président algérien s’est retourné contre les puissances pétrolières arabes pour leur reprocher leur manque de disponibilité à placer leur fortune dans les pays “frères”.
En s’adressant aux partenaires virtuels arabes, à travers l’Organisation arabe du travail, et en s’en prenant aux investisseurs occidentaux virtuels, entre une visite des patronats français et anglais, d’une part, et polonais d’autre part, le chef de l’État admet indirectement l’échec d’une stratégie pluriannuelle. Mais le constat s’arrête là. Le discours du président, ainsi suspendu à mi-chemin de la démonstration, suggère que l’afflux de capitaux étrangers ne tient qu’à la bonne volonté des décideurs politique et économique des pays financièrement nantis.
Dans le tiers-monde, la visite d’un ministre ami peut, en effet, déclencher l’octroi d’un marché. Ainsi, un voyage de Sarkozy peut lui valoir une affaire qui l’aiderait à renflouer une Alstom moribonde. Mais en démocratie économique, l’orientation volontariste des capitaux n’a plus cours dans le monde des affaires. La mondialisation a réduit l’influence du politique sur la décision économique. Ainsi, on ne guide plus les placements financiers ; on les attire. Car, l’argent se dirige seul, selon une fonction de rentabilité.
En recherchant les raisons du blocage dans l’hésitation de nos partenaires, le président n’a donc pas admis ce qu’il a démontré : l’échec de sa politique de relance. Tout au moins dans son volet partenariat.
Ce n’est pas rien de constater six ans de surplace en matière de coopération économique, faute de réforme structurelle touchant à l’environnement de l’entreprise. Bien entendu, et malgré cet évident fiasco, l’économie nationale se porte bien… grâce aux réformes.
Liberté