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Chipalo
26/12/2004, 15h13
Un peu d'histoire
Avant la dynastie des Qing (prononcé TCHING), nous avons conservé peu de t****s d'arts ayant un rapport direct avec les pratiques martiales chinoises d'aujourd'hui.
Les principaux embranchements sont nés de la diversification du Wushu sous les Qing. Une terminologie est apparue dans les traités de la dynastie Ming.

La distinction la plus intéressante est celle qui oppose "l'école externe" (waijia), considérée d'obédience bouddhiste en raison de son rattachement au monastère Shaolin, et de "l'école interne" (neijia) d'obédience taoïste dont le berceau mythique serait le mont Wudang (montagne sacrée). Shaolin et Wudang, symboles d'une opposition proverbiale entre d'une part une pratique fondée sur la puissance musculaire et d'autre part l'application au combat de principes stratégiques et énergétiques considérés supérieurs. Le Dictionnaire cihui la résume ainsi: "Le travail "interne" (neigong) préserve la tranquillité au sein du mouvement et insiste sur la défense alors que le travail "externe" (waigong) se fonde sur l'action qui se manifeste par l'attaque". Si les écoles martiales du courant externe plongent pour la plupart d'entre elles leurs racines dans les associations de boxeurs du monde rural et s'appuient sur une transmission orale, l'ensemble des théories qui sous-tendent la pratique de l'école interne repose sur des écrits de lettrés de la dynastie Qing:

-le Wang Zhengnan muzhiming, ou Epitaphe à Wang Zhengnan, de Huang Zongxi;
-le Taiji quan pu, ou Recueil du Taiji quan, de Wang Zongyue
-le Neijia quanta, ou Méthode de boxe de l'école interne, de Huang Baijia
-le Changshi wuji, ou Livre des techniques martiales de la famille Chang, de Chang Naizhou
-les traités de la boxe Taiji de Wu Heqing (Yuxiang), Wu Chengqing, Wu Ruqing et Li Yiyu
-le Chenshi Taiji quan tushuo ou Explications illustrées de la boxe Taiji de la famille Chen de Chen Xin etc.



Les secrets du Mont WUDANG La boxe Wudang est un courant opposé à la boxe Shaolin, le Wudang quan. C'est seulement à la fin du siècle dernier que le Taï ji quan (tai chi chuan), le Ba Gua Zhang et le Xing yi Quan se rassemblèrent pour devenir la locomotive du courant interne, le Neijia quan.
La légende veut que ce soit le taoïste Zhang Sanfeng qui soit le fondateur légendaire de ce courant au 13 ième siecle. Il réunirait selon un recensement récent les méthodes à mains nues suivantes:


1 - le Taiji quan "Wudang Zhaobao sanheyi " de Liu Huisi;
2- le style Hao de Taiji quan "Wudang Zhaobao" de Liu Rui;
3- le style Wu de Wu Yuxiang de Taiji quan;
4- le style Sun de Taiji quan;
5- le Wudang Taiyi wuxing quan (Cinq éléments du Suprême Un) de Jin Zitao;
6- le Wudan Shunyang quan (Yang pur) de Wang Zhaohui;
7- le Wudang Taiyi shenjian men (école de l'Épée Divine du Suprême un) quangong;
8- le Taihe quan (Grande Concorde) de Zhou Zhongming; 9- le Wudang Hengshan pai (école du mont Heng) Wushu de Zhang Kaiwen;
10- le shuishang Taiji quan (forme de Taiji quan se pratiquant dans l'eau!);
1 1- le Xingyi quan;
12- le Liulu (six séries) quan;
13- le Wudang Qiankun men (école Ciel et Terre) de Wang Shuzhang;
14- le style Zhang de Taiji quan de Wan Laisheng;
15' le style Zhaobao de Taijiquan;
16- les "cent huit mains" du Wudang qinna (saisies et luxations);
17- les "cinq poings" du style Yang de Taiji quan;
18- les techniques de poing des styles Sun et Wu de Taiji quan;
19- le Wudang shengong (OEuvre divine) Taiji quan de Wang Baoren;
20- le Wudang Longmen pai (courant Longmen) xinyi men (école du Coeur et de la Pensée);
21- le Wudang Taihe quan de Li Yongguang;
22- le Yunfang Taiji quan (Taiji quan taoïste);
23- le Ba zhi (forme basée sur le combat au sol);
24- Yingxian quan le (Immortel caché)
25- le Lubu meihua zhuang (le Pas du cerf des piliers de la fleur de prunier)
26- le Wudang Songxi liubu quan (la boxe des six pas de Songxi);
27- les Sanshiliu Yin Yang Shou (les trente-six mains Yin-Yang);
28- le Wudang Wuxing quan (boxe des Cinq éléments);
29- le Wudun Yin Yang Bagua zhang (cinq esquives Yin-Yang de la paume des Huit trigrammes);
30- le Hunyuan zhang (paume du Chaos originel);
31- le Wudang tiezhang gong (accomplissement de la paume de fer);
32- le Sanhuizhuan (trois rotations);
33- le Bagua zhang;
34- le Bagua lianhuan zhang (paumes enchaînées des Huit trigrammes);
35- le Wudang ziran Sanfeng pai (courant naturel de Sanfeng) Bagua zhang.

Comme l'indique cette longue énumération, le courant moderne de la boxe Wudang est hétéroclite et composé en grande partie de pratiques issues des boxes Taiji, Xingyi et Bagua qui n'entretiennent qu'un rapport symbolique avec le Mont Wudang.



Les secrets du temple de Shaolin


Boddhidarma

En fait, les arts martiaux chinois que nous désignerons ici sous le nom de wushu, ont toujours été liés à l'histoire de la Chine. On trouve déjà leur t**** environ 3000 ans avant Jésus Christ, sous le règne de l'empereur Huang Ti. Mais il faut attendre le sixième siècle pour voir apparaître le Kung fu Wushu.


En effet, c'est en 527 que le moine indien Ta Mo, plus connu SOUS le nom de Boddhidarma (Daruma en Japonais), arrive au monastère de Shaolin, dans la province de Honan. Le monastère, qui se trouvait sur le versant nord du mont Shao-Shih, avait été bâti environ 150 ans auparavant par l'Empereur Su Wen. Boddhidarma, vingt-huitième patriarche bouddhiste, avait quitté l'inde pour la Chine afin de transmettre le véritable enseignement du Bouddha à la cour impériale chinoise. Etant le fils du roi Sugandha, il avait été formé sur le plan des arts martiaux par le vieux maître Prajnatra. En arrivant au monastère de Shaolin, Boddhidarma trouva les moines en très mauvaise condition physique, ce qui les empêchait de pratiquer la méditation correctement. Il leur donna des notions d'hygiène, de médecine, et leur enseigna une série de 18 exercices afin de maintenir leur corps en bonne santé.
L'histoire et la légende s'accordent pour dire que de là date la création du Kung-fu moderne.( En fait, c'est la naissance du courant de kung fu de Shaolin) En l'espace de quelques siècles, les moines du temple de Shaolin devinrent célèbres à travers toute la Chine pour leur habileté aux arts martiaux.


Cependant. Au douzième siècle, Yueh fei, général de l'armée impériale, créa le Xing yi quan, un style interne basé sur son expérience du combat à la lance. Un siècle plus tard un moine, Zhang Sanfeng, imprégné des principes taoïstes, fonda le Tai Ji quan, probablement le plus populaire des styles internes( du courant Wudang).
Avec l'apparition de ces deux systèmes, la popularité du Kung-fu de Shaolin commença à décliner

C'est alors qu'au 16e siècle, apparaît Chueh Yuan. D'origine noble, cet expert en arts martiaux rejoint le temple de Shaolin et décide de réviser les 18 mouvements de Boddhidarma. Il les amène à 77 techniques. Puis il voyage à travers la Chine afin de compléter ses connaissances. Il revient au monastère avec deux autres experts, Pai et Li. Ensemble, les trois hommes mettent au point un système complet de 170 mouvements, contenant 5 styles qui, par la suite, serviront de base à des dizaines d'autres.

Mais l'histoire poursuit son cours en 1662, les Mandchous envahissent la
Chine et fondent la dynastie des Qing, mettant fin à celle des Ming.
L'empereur Kang Hsi, craignant des révoltes menées par les moines, décide de détruire le monastère de Shaolin. Cinq moines seulement échappent au massacre. Ils fondent une société secrète, la Triade, dont le mot d'ordre est : "chasser les Ching, ramener les Ming". Jusqu'en 1811, des centaines d'organisations semblables voient le jour. Leurs membres sont tous des experts en Kung-fu. Décidés à chasser les Mandchous qui usurpent le pouvoir, les partisans des Mings réalisent qu'ils ne pourront pas arriver à leurs fins tant que les étrangers (Allemands, Anglais, Français Américains et Japonais) installés en Chine soutiendront la dynastie en place. Ils décident donc de jeter les barbares à la mer". C'est en 1900, la fameuse "révolte des Boxers ". Une armée composée d'experts en Kung-fu assiège la partie de Pékin où résident marchands et diplomates étrangers. Après 55 jours de siège, une force d'intervention formée de soldas anglais, français et américains arrive à temps pour sauver la communauté occidentale. La révolte des Boxers est noyée dans le sang. Des milliers d'experts en Kung-fu périssent sous le feu d'une armée moderne qui bénéficie en outre d'un armement bien supérieur.
En 1949 lorsque Mao Tsé Toung prend le pouvoir, de nombreux maîtres quittent la Chine et partent s'installer a Taïwan avec Chang Kai Tchek. D'autres préfèreront aller à Hong-kong pour rejoindre des parents éloignés. Ce qui explique qu'aujourd'hui, le Kung-fu se trouve dispersé en trois centres essentiels :
1. La Chine Populaire (où il a longtemps été interdit).
2. Hongkong.
3.Taiwan, où de nombreux grands maîtres vivent depuis 1949.

On admet qu'il existe en Kung-fu environ une centaine de styles de base, ce qui, avec leurs variantes, nous amènent à plus de 350 styles différents. Même les Chinois s'y perdent !
Par exemple le style de la "mante religieuse", créé par Wang Lang au 17e siècle, s'est divisé par la suite en
- la mante à sept étoiles
- la mante au lotus
- la mante aux 6 combinaisons
- la mante de la porte secrète
- la mante à l'anneau de jade
- la mante aux 8 pas
- le Tai Chi de la Mante
- la mante rigide …
et bien d'autres...

Partant des même bases, chacun de ces styles insiste sur un point particulier. Ainsi, la "mante aux lotus" se caractérise par un enchaînement de cinq coups de poing semblables aux cinq pétales du lotus ; la "mante de la porte secrète" se distingue par des attaques portées avec le coude à courte distance en posture très basse. Et ainsi de suite.


Parmi toutes ces écoles, une majorité se rattache au monastère de Shaolin. Souvent, cette appellation est purement nominale et le style n'a aucun lien réel avec le fameux temple. D'après la légende au dix-septième siècle, le monastère de Shaolin assiégé par les soldats mandchous fut détruit par un incendie. La plupart des moines périrent dans les flammes. Mais quelques-uns réussirent à s'échapper. Parmi eux, les Cinq Anciens, qui étaient chacun maître d'un des styles du monastère : la nonne Ng Mui, le maître de Zen Chi Shin, Pak Mei et Fung To Tak, deux maîtres taoïstes et Miu Hin, un disciple de Shaolin. Ils parvinrent à s'enfuir avec une poignée d'élèves. notamment Hung Hay Kwun, Luk Ah Choi et Fong Sai Yuk. Recherchés par les Mandchous, ils prirent de fausses identités et se dissipèrent à travers Chine. La nonne Ng Mui fut à l'origine la création du style Wing-Chun, Hung Hay Kwun et Luk Ah Choi fondèrent le style Hung Gar.
Enfin Fong Sai Yuk créa le style Hou Sing Chun (Five Pattern), basé sur l'observation du tigre, de la grue, du serpent, du dragon et du léopard. D'après la légende, c'est ainsi que Ies différents styles de Shaolin se diffusèrent à travers la Chine.
Par la suite de nombreuses sociétés secrètes virent le jour, telles les Triades. Le but était le renversement de la dynastie Mandchoue. Pour se reconnaître les uns des autres, les membres de ces sociétés secrètes faisaient référence au temple de Shaolin. Comme la plupart d'entre eux étaient des experts en Kung-fu, le nom Shaolin fut bientôt accollé à celui leur école : Shaolin Tang Lang, Shaolin Hung Kuen. etc... C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, la majorité des styles de Kung-fu se nomment Shaolin. A Taiwan, Si l'on demande à un sifu rencontré par hasard quel style il enseigne, il répondra presque sûrement : "Shaolin". Si on l'interroge davantage, il précisera : "Shaolin du Nord" ou "Shaolin du Sud".

En Bref :

Les styles internes (taoïstes) insistent davantage sur la respiration, le calme de l'esprit, le développement de l'énergie interne le Qi (Ch'i). Ils préconisent la défaite de l'adversaire à l'instant même où il attaque, en utilisant son énergie pour la réduire à néant.


Les styles externes (bouddhistes) mettent l'accent sur le développement physique, la musculation, la force des coups et la rapidité d'exécution.
En fait, cette classification interne externe, dur et doux, est assez simpliste.

De nombreux styles de Kung-fu sont formés par une combinaison de deux systèmes. La plupart préconisent d'ailleurs l'utilisation du dur contre doux, et du doux contre le dur.
En général, les Chinois divisent les différents styles de Kung fu en deux branches principales Nord et Sud d'après leur lieu d'origine. Chaque branche se subdivise en 2 groupes rigide et flexible, ce qui est plus réaliste que dur et doux. Le groupe rigide met l'accent sur des postures assez basses, avec des coups de poings puissants dans le Sud, et des coups de pieds dévastateurs dans le Nord. Le tout étant destiné au combat à courte distance, aussi bien dans le Nord que dans le Sud, avec des postures plus hautes. Suivant cette classification, le Wing Chun est un style flexible du Sud, alors que le Chang quan appartient à groupe rigide du Nord.

ifri
26/12/2004, 15h36
De la sagesse en perspective, mais penses tu que toutes les personnes qui pratiquent les arts martiaux, sont autant cultivés sur l'origine de l'art qu'ils pratiquent ? :showoff: :chris:

Chipalo
26/12/2004, 15h55
De la sagesse en perspective, mais penses tu que toutes les personnes qui pratiquent les arts martiaux, sont autant cultivés sur l'origine de l'art qu'ils pratiquent ? :showoff: :chris:

Y en a qui considèrent que c'est un sport de combat, mais en fait, ces petits cons ne sont que des minables qui ne respectent rien et qui ne sont bon qu'à se manger une violente désilusion devant un VRAI pratiquant.

En fait, quand on PRATIQUE les arts martiaux, on doit savoir et connaitre tout le coté philosophique et historique, sinon, ce n'est pas pratiquer les arts martiaux, mais juste faire comme si, "jouer au film". C'est comme ces bouffons qui dans un match de foot, reclament la balle et jouent tout seul sans jamais passer la balle... ils font n'importe quoi, du moment qu'ils placent leurs dribbles, avec le seul but d'impressionner les nanas du public...

Donc voilà, je ne met pas ces gens auquels tu fais allusion comme étant des pratiquants. Ce sont des imposteurs. Les arts martiaux, ce n'est pas une affaire de sports de combats... bien au contraire.

ifri
26/12/2004, 16h03
Y en a qui considèrent que c'est un sport de combat, mais en fait, ces petits cons ne sont que des minables qui ne respectent rien et qui ne sont bon qu'à se manger une violente désilusion devant un VRAI pratiquant.

En fait, quand on PRATIQUE les arts martiaux, on doit savoir et connaitre tout le coté philosophique et historique, sinon, ce n'est pas pratiquer les arts martiaux, mais juste faire comme si, "jouer au film". C'est comme ces bouffons qui dans un match de foot, reclament la balle et jouent tout seul sans jamais passer la balle... ils font n'importe quoi, du moment qu'ils placent leurs dribbles, avec le seul but d'impressionner les nanas du public...

Donc voilà, je ne met pas ces gens auquels tu fais allusion comme étant des pratiquants. Ce sont des imposteurs. Les arts martiaux, ce n'est pas une affaire de sports de combats... bien au contraire.

Dans mon entourage, j'ai des amis et des amies qui pratiquent les arts martiaux, ils n'utilisent jamais cet art pour impressioner, et en cas d'embrouilles ils preferent eviter les gens ou les coups.

Le fait d'eviter une bagarre n'a jamais été un signe de faiblesse, bien au contraire !!! c'est tout simplement un signe d'intelligence.

Tu remarqueras qu'il suffit de tres peu de coups pour malmener un adversaire. :bb:

Chipalo
26/12/2004, 16h11
Dans mon entourage, j'ai des amis et des amies qui pratiquent les arts martiaux, ils n'utilisent jamais cet art pour impressioner, et en cas d'embrouilles ils preferent eviter les gens ou les coups.

Le fait d'eviter une bagarre n'a jamais été un signe de faiblesse, bien au contraire !!! c'est tout simplement un signe d'intelligence.

Tu remarqueras qu'il suffit de tres peu de coups pour malmener un adversaire. :bb:

En effet, le sommet de la maîtrise d'un art martial est de "vaincre sans combattre", mais il s'agit ici non pas de laisser partir l'agresseur, mais d'avooir une ora qui calme les velleïté d'attaque.
Les arts martiaux, ce n'est pas le cirque, c'est une discipline de vie. Teinté de philosophie boudhistte et taoïste, il n'y a pas de place pour la vanité... ni pour le parraître.
Ces gens que tu connais sont de bons pratiquants... cependant, ils doivent être conscient qu'il y a des moments ou il est impossible de reculer... de toute façon, en art martial, le plus dangereux adversaire du combattant, c'est lui même.

Mais en Chine, les arts martiaux ont aussi eut une signification politique, nottament dans les resistances à certains pouvoirs impériaux... ou sociaux.

Chipalo
26/12/2004, 16h12
L'histoire des Temples Shaolin


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Avant-propos: s'il est une histoire qui engendre la polémique, c'est bien celle des temples Shaolin. En effet, la plupart de ces temples ayant été détruits puis reconstruits, il est très difficile d'établir des preuves historiques et on ne peut compter aujourd'hui que sur ce que nous rapporte la tradition orale chinoise.




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L'ordre Shaolin date d'environ 540 après J.C. C'est Bodhidharma (Ta Mo ou Da Mo en Chinois), un prêtre indien boudhiste, qui est à l'origine de ce nouveau courant de pensée. Il avait effectué un long périple depuis l'Inde jusqu'à la la Chine pour y enseigner le Boudhisme et y rencontrer l'Empereur à ce sujet.
A cet époque, l'Empereur avait d'ailleurs chargé les premiers moines boudhistes (Tao Jen) de traduire des textes boudhistes du Sanscrit en Chinois pour que la population puisse pratiquer cette 'religion'.
C'était un noble projet. Mais, alors que l'Empereur croyait que ce devait être son chemin pour le Nirvana, Bodhidharma le désaprouvait! Le point de vue de Bodhidharma était que vous ne pouvez atteindre ce but à travers les bonnes actions des autres, même si celles-ci sont effectuées en votre nom. A partir de ce moment l'Empereur et Bodhidharma coupèrent les ponts. Mais ce dernier voyagea à proximité du temple boudhiste pour rencontrer les moines qui traduisaient les textes.




Le temple avait été construit quelques années auparavant sur les restes d'une forêt incendiée. Au moment de sa construction, les gardes de l'Empereur avaient planté de nouveaux arbres. C'est pourquoi le temple fût appelé le Temple de la "Jeune Forêt" (Shaolin en Mandarin ou Sil Lum en Cantonais).

Quand Bodhidharma arriva au Temple, on lui refusa l'entrée, pensant qu'il s'agissait là d'un parvenu ou d'un membre officieux d'un monastère étranger. Rejeté par les moines, Bodhidharma alla dans une caverne toute proche où il médita jusqu'à ce que les moines reconnurent sa prouesse religieuse et l'admirent. A ce sujet, on raconte qu'il perça un trou à travers une paroi de la caverne à force de la fixer. La légende dit aussi, qu'un jour, alors qu'il faillit s'endormir, il décida de se couper les paupières pour que ce genre de situation ne se reproduise plus. Les paupières ainsi tombées au sol donnèrent alors naissance à un arbre sacré en Chine : le théier (avec ses feuilles en forme de paupière).

Quand Bodhidharma rejoignit les moines, il remarqua qu'ils n'étaient pas en bonnes conditions physiques. Et pour cause, ils passaient la plupart de leur temps affalés sur des tables à transcrire des manuscrits. Les moines Shaolin manquaient de l'endurance physique et mentale nécessaire à la pratique des plus basiques exercices de méditation boudhiste. Bodhidharma enraya bientôt cette faiblesse en leur enseignant toute une série de mouvements corporels destinés à la fois à développer leur Ch'i et leur force physique. Ces exercices adaptés de yogas indiens étaient basés sur les mouvements de dix huit des animaux de l'iconographie indo-chinoise. Ce fût les premiers fondements du Kung-Fu Shaolin.

Il est difficle de dire précisément quand ces exercices devinrent des arts martiaux. Le côté martial a dû se développer à travers une nécessité d'auto-défense. En effet, le temple Shaolin était un endroit retiré près duquel les bandits devaient voyager et les animaux sauvages poser des problèmes occasionnels. Et quelques temps après, ces mouvements ont été codifiés en système d'auto-défense.


Au fil du temps cette secte boudhiste (le terme secte, ici, n'est absolument pas péjoratif et désigne les ordres religieux de l'époque) devint de plus en plus spécifique de par sa particularité à enseigner les arts martiaux. Cela ne signifie pas que Bodhidharma inventa les arts martiaux. Ils existaient en Chine depuis des siècles. Mais grâce à l'isolement des temples, il était possible de développer et de codifier ces arts martiaux qui devenaient peu à peu spécifiquement Shaolin.

Un des problèmes rencontré à l'époque était la contradiction qui pouvait règner entre les principes boudhistes de non-violence et les pratiques martiales légendaires de Shaolin. En fait, celui qui pratique le Shaolin n'est jamais un attaquant et n'utilise jamais la plus dévastatrice des défenses. L'étude du Kung-Fu permet au contraire une meilleure compréhension de la violence et par là même de savoir éviter les conflits.

Initialement, un expert en Kung-Fu devrait choisir de parrer une attaque. Mais si l'assaillant est à la fois adroit et déterminé à vous faire du mal, une solution plus expéditive et définitive sera requise, telle une immobilisation, un K.O. ou voir la mort. Plus une attaque est sophistiquée et violente, plus la réponse doit être dévastatrice. Les Boudhistes ne sont pas des personnages agressifs mais ils refusent purement et simplement de subir une agression intentionnelle.

La philosophie Shaolin a débuté avec le Boudhisme et plus tard a adopté beaucoup de principes Taoïstes pour devenir une secte à part entière. Donc, bien qu'un temple pouvait être d'abord Boudhiste ou Taoïste, une fois devenu Shaolin, il était membre d'un nouvel ordre, amalgame des philosophies prédominantes en Chine à cette époque.

D'autres temples se répandirent dans la province de Honan. Ceci se produisit parce que le temple d'origine fût l'objet d'attaques répétées et de périodes d'inactivités dues à des pressions politiques. Les réfugiés Shaolin devaient alors quitter le temple pour enseigner de manière privée ou dans d'autres temples boudhistes ou taoïstes. Dans de rares cas, un nouveau temple était érigé (Fukien, Kwantung) ou un temple déjà existant était converti (Wudang, O Mei Shan). Politiquement et militairement les moines Shaolin furent une perpétuelle source de trouble pour les pouvoirs chinois en place.

Chipalo
26/12/2004, 16h17
L'histoire de Wing Chun

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Avant-propos: le Wing Chung Kung Fu fait parti d'un des grands styles de Kung Fu qui tirent leurs racines des temples Shaolin (école de Weija).
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Il y a environ deux cents ans, vivait en Chine une jeune femme d'une grande beauté qui s'appelait Yim Wing Chun. Son nom lui allait admirablement puisqu'il signifiait 'jolie printemps'. Elle était la fille d'un épicier, qui vendait des bottes de haricots sur un étal du marché. Elle était fiancée à l'homme qu'elle aimait, Leong Bok Chao. Son père, cependant, ne pouvait s'empêcher de se vanter de sa beauté et de sa douceur.

Un jour, la nouvelle de cette beauté parvînt jusqu'aux oreilles d'un infâme seigneur de guerre de la province de Yunan. Il séjourna dans sa ville et, après l'avoir aperçue, ressentit immédiatement le désir de la posséder. Comme le ferait un malfrat, il décida d'y parvenir par la force. Il ordonna au père de Wing Chun de venir à son camp et lui dit qu'il devait lui donner sa fille en mariage sans quoi il les tuerait tous les deux.

Le père, le coeur plein de colère et de confusion, horrifié par les tactiques cruelles du seigneur, quitta le campement et retourna chez lui pour révéler son destin à sa fille bien aimée. Il semblait n'y avoir aucune alternative puisque le coquin était bien connu pour sa brutalité et sa puissante bande de malfrats.

De retour, le père appela sa fille et lui exposa l'utimatum du seigneur guerrier.

"Ton nom sera honoré dans notre famille et tu seras estimée comme un ancêtre révéré", lui dit-il, cherchant ses mots pour rendre la situation plus acceptable. "Qui sait, tu es peut-être capable d'adoucir le coeur de ce seigneur et de préserver ta vie de femme par la prière si tu ne peux le faire par l'amour que tu portes à Leong Bok Chao."

La jeune fille fût d'abord simplement choquée et ne posa pas de question, mais, bientôt, son esprit plein d'imagination fomenta d'impossibles plans pour s'échapper. Elle resta dans une sorte de sourde résignation. Cependant, Date, le Tao, Kimset ou toute autre force qui dicte les moments de chance qui arrivent dans notre vie, intervint. Alors qu'elle travaillait à l'étal, elle rencontra une none Shaolin, Ng Mui. La none demanda à la jeune fille ce qui la tracassait et bientôt Wing Chun se confia à elle.

Ng Mui était une none Shaolin qui avait vécu depuis de nombreuses années dans le grand temple du sud de Fukien. Quelques années plus tôt, ce refuge pour la vie comtemplative avait été détruit durant une rébellion contre la dynastie Manchu. Ng Mui était une des rares rescapés de cet holocauste. Elle était une adepte des arts du combat Shaolin du Dragon et de la Grue. Ces arts avaient été développés pour permettre aux moines et aux nones de se protéger eux-mêmes des animaux sauvages et des bandits qui voudraient chercher à détruire la voie pacifique de l'Ordre Shaolin.

Quand Ng Mui entendit le dilemme auquel était confrontée Wing Chun, la none se mit à méditer en cherchant une solution qui, en accord avec les principes de Shaolin, causerait le moins de douleur et le moins de peine à tous. Comment éviter que le sang coule? Comment éviter à la jeune fille de devenir un sacrifice aux apétits lubriques du seigneur guerrier?

"Où est ton fiancé?" demanda finalement Ng Mui en ouvrant les yeux.

"Il est en voyage dans le sud, à Fukien, et il a été retardé par les troubles civils qui ont causé l'incendie de ton temple" lui répondit Wing Chun en secouant la tête et en portant la main à son coeur. "Il n'y a pas moyen de le rejoindre à temps, et même si je le pouvais, je ne pourrais empêcher par moi-même que le seigneur guerrier le tue. Aujourd'hui j'ai peur qu'il tente de venir me sauver quand il apprendra ce qui m'arrive, qu'il meure et que mon père meure à son tour."
"Il y a peut-être une solution pour éviter toutes ces morts et tout ce gachis" dit calmement la none. "Cela demandera beaucoup de courage de ta part. Si nous pouvons retarder ton mariage avec le seigneur, je peux t'apprendre comment le vaincre dans un simple combat à main nue. Premièrement, voudrais-tu te trouver dans un combat face à lui?" lui demanda-t-elle.

"Peut-être ferais-je mieux de mourrir plutôt que d'autres meurent à cause de moi. Par contre, ça vaut la peine d'essayer au moins quelque chose."

"C'est bien. Maintenant nous devons trouver un stratagème pour retarder la demande du seigneur pour une année puis piquer son orgeuil en lui annonçant que tu as promis de ne jamais te marier à un homme qui ne réussirait pas à te vaincre au combat. Etant un fanfaron vaniteux, il ne voudra pas paraître avoir peur de toi et acceptera le duel. Ton père doit dire au seigneur que tu as consenti à sa demande mais doit lui demander un délai tandis qu'une lettre sera envoyée à Leong Bok Chao pour officialiser l'annulation de vos fiancailles. Comme le pays est dans un grand tourment, une année n'est pas une durée irraisonnable." expliqua la none. "Il fera aussi croire que les préparatifs d'une telle cérémonie sont longs."

Tout se passa exactement comme la none l'avait prédit. Le seigneur guerrier accepta de retarder le mariage d'un an, certain de posséder Wing Chung passé ce délai.

Wing Chun et Ng Mui quittèrent la ville pour le temple Pah Noh, lieu d'entrainement des nones. Ng Mui entraîna la jeune femme tous les jours pendant un an aux techniques Shaolin de combat à main nue, se concentrant sur ce qui était le plus direct, efficace et utile aux femmes. Elle lui appris comment neutraliser n'importe quel coup. Elle lui montra comment rediriger la force de l'adversaire de façon à ce que plus le coup envoyé est violent plus dévastateur est celui retourné.

L'année passa et les deux femmes retournèrent à la ville. Maintenant la seconde phase du plan allait se mettre en route lorsque le père irait trouver le seigneur pour lui annoncer que sa fille ayant étudié le Kung Fu depuis son enfance se sentirait humilée si elle se mariait avec un homme qui ne serait pas son égal au combat.

Le seigneur accepta le duel, rit et proféra des propos insultants.

"Une femme d'esprit est plus intéressante à apprivoiser" ricana-t-il.

Le jour du duel, la promise, pleine d'espoir et magnifiquement couverte de soie, marcha jusqu'à la place du village, prête à infliger une humiliation publique à son fiancé auto-proclamé. Wing Chun fit un pas en avant. Elle était vêtue d'un pantalon et d'une tunique noirs et discrets. Le seigneur, criant à son entourage, fonça agressivement sur Wing Chun, dans l'intention de l'assommer avec ses coups de poings. Elle esquiva son attaque et retourna sa force contre lui, le mettant à terre. Il se releva et l'attaqua une nouvelle fois. Plus il l'attaquait violemment plus elle le frappait durement en retour. Finalement, meurtri et ensanglanté, il s'éloigna en rampant de la jeune femme qui avait à peine bougé de sa position initiale. Humilié et vaincu, il fut renié par les siens.

La jeune femme victorieuse quitta la ville avec Ng Mui pour le temple Kwon How dans la province de Kwantung où elle attendit l'arrivée de son fiancé Leong Bok Chao. Là ils célébrèrent leur mariage longuement retardé, avec la bénédiction de Ng Mui. Quelques années plus tard, Wing Chun expliqua à son mari ce qu'elle avait appris, et à son tour, il transmis aux autres ce noble art de vivre, maintenant appelé Wing Chun en l'honneur de la courageuse jeune femme qui l'a utilisé la première, capable, pour le bonheur, de prendre tous les risques.

oxyntha
26/12/2004, 23h10
Je vous inviterais plutôt à revenir à des arts martiaux propres aux mediterranéens comme le "panc****" que j'ai pratiqué sinon il y a des sport de combats canariens...

Oukilez le noich' que je le deboite !!!!!!

Chipalo
26/12/2004, 23h23
Pas de place pour la beauferie stp... ici, c'est un sujet serieux...

Je suis déçus...

zigzag
27/12/2004, 13h12
Je vous inviterais plutôt à revenir à des arts martiaux propres aux mediterranéens comme le "panc****" que j'ai pratiqué sinon il y a des sport de combats canariens...

Oukilez le noich' que je le deboite !!!!!!


:Hum Hum:

Te caille pas le lait, Chipalla est passé maitre dans le copier coller...cela ne prouve nullement qu'il en comprenne le sens profond :lol:

Chipalo
27/12/2004, 21h13
Dans les arts martiaux asiatiques, que ce soit en Wushu ou dans les budo japonais, on apprend à vaincre ses démons intérieurs, ces monstres qui nous tirrailent à l'intérieur de nous.

Un de ces monstres est l'orgeuil, qui vous tirail le ventre, noue les intestins, deregle votre respiration et accelere votre circulation sanguine. Ces symptomes d'une poussé d'orgueil viens pas exemple à venir abboyer tel un petit toutou, caniche ou yorkshire derrière celui qui vous a humilié.

Le martialiste lui, ne s'abaisse pas à ce genre de petitesse, il laisse abboyer, sûr de sa qualité et de ses talents. Il n'a nullement besoin de se donner en spectacle et n'a rien à prouver au monde. Le ridicule appartient aux petites gens.