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Voir la version complète : La fin du noël à Baghdad


fughal Texenna
25/12/2004, 07h55
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-391922,0.html


Depuis un an, quelque 60 000 chrétiens auraient fui leur patrie. "Aujourd'hui, à Bagdad, les églises sont désertes", témoigne un journaliste immigré.
Dans l'église catholique de Vaulx-Village, le vieux quartier de Vaulx-en-Velin, près de Lyon, la messe de Noël devait être célébrée, en arabe et en araméen, vendredi soir 24 décembre, par le Père Anis, prêtre assyro-chaldéen originaire de la région de Kirkouk, dans le nord de l'Irak. Mais, au vu des dernières nouvelles du pays, la communauté chrétienne irakienne dans la région lyonnaise, estimée à un millier de personnes, n'a pas l'esprit à la fête : depuis un an, 60 000 chrétiens d'Irak, sur un total d'environ 700 000, auraient fui l'ex-pays de Saddam Hussein.

"La situation des chrétiens d'Irak est devenue infernale", explique Joseph Yacoub, pro*****ur de sciences politiques à l'Université catholique de Lyon, spécialiste des chrétiens d'Orient. Depuis la chute de Saddam Hussein en avril 2003, plusieurs lieux de culte chrétiens ont été visés par des attentats, dont quatre à Bagdad et Mossoul qui ont fait 10 morts en août.

Le 16 octobre, d'autres attentats ont visé les chrétiens de Bagdad : des bombes artisanales ont explosé à proximité de cinq églises de la capitale, sans faire de victimes. "Depuis, la peur et la panique se sont installées au sein de la communauté, affirme Joseph Yacoub. Certains ont opté pour l'exil intérieur, préférant aller dans le Kurdistan. Beaucoup d'autres ont pris le chemin de Damas ou d'Alep en Syrie, ou encore d'Amman, en Jordanie, ville transit avant l'exil définitif en Australie, en Nouvelle Zélande, aux Etats-Unis ou au Canada".

A Sarcelles, dans la région parisienne, où vit une importante communauté chaldéenne, la messe devait être célébrée dans la nouvelle église Saint-Thomas l'apôtre, construite à la manière des temples babyloniens et inaugurée en février. Joseph Ali Choran, chercheur et journaliste, pense à sa famille et ses amis restés en Irak. "Pour la deuxième année consécutive, la messe de Noël est annulée dans mon pays, pour des raisons sécuritaires", se désole-t-il. Lundi, à Bagdad, le patriarche chaldéen, Mgr Emmanuel Delly, a annoncé l'annulation des cérémonies pour "protester contre les attaques dont ont été victimes les chrétiens irakiens".

Installé depuis longtemps en France, Joseph Ali Choran déclare avoir été hostile à la guerre contre Saddam Hussein, parce qu'il redoutait les conséquences de l'intervention militaire sur les communautés minoritaires du pays. "Il y a à peine deux ans, les cinquante églises de Bagdad étaient pleines à craquer durant les fêtes. Aujourd'hui, elles sont désertes. Je ne défends pas Saddam Hussein, mais je constate que l'entente entre musulmans et chrétiens a été mise à mal d'abord par la guerre du Golfe, puis s'est sérieusement dégradée, à la suite de l'intervention américaine". Joseph Ali Choran est convaincu que "ce ne sont pas des Irakiens"qui se sont attaqués aux églises de Bagdad et de Mossoul.

"C'EST LE CHAOS"

A Lyon, Fadel Toma, réfugié en France depuis la fin de la guerre Irak-Iran en 1988, se refuse, lui aussi, à croire que les Irakiens musulmans s'attaquent à des compatriotes pour des raisons confessionnelles : "C'est le chaos pour tout le monde en Irak. On a ciblé les chrétiens, mais on a aussi attaqué les lieux sacrés des chiites et des sunnites", dit-il.

Ancien ingénieur agronome, ex-interprète de l'ambassadeur de France à Bagdad de 1978 à 1982, Fadel Toma est aujourd'hui gérant d'une station d'essence à Lyon. Avec sa famille, il s'apprête à fêter son quinzième Noël loin de Bagdad, où il a vécu ses dernières années irakiennes, et loin de Zakho, sa ville natale à la frontière turque.

Mais ses cinq enfants vont célébrer Noël comme tous les enfants irakiens. La dinde aux marrons sera remplacée par le patcha, un plat de tripes farcies et de tête de mouton grillé. "Comme les musulmans pendant l'Aïd", précise-t-il. Et à la place de la traditionnelle bûche, il y aura des klitchas, un assortiment de sablés aux noix, noix de coco ou des dattes. Fadel Toma se souvient des cérémonies à Bagdad, dans l'église de Kerrada où il se rendait en famille. "Les soirs de Noël, on se réunissait dans les cours des églises. Chacun ramenait des bûches de bois, et on allumait le feu en hommage aux bergers qui sont allés visiter Jésus à Bethléem. C'est ce rituel qui me manque le plus".

Un rituel remplacé par d'autres. "Il y aura des cadeaux au pied du sapin de Noël, trois de mes cinq enfants sont nés en France, dit-il. Mais les cadeaux et le sapin, c'est une tradition que j'ai découverte en arrivant à Bagdad. Dans mon village de Zakhou, on se contentait d'un seul plat, le guerdou, une soupe au lait caillé, avec des bouts de viandes quand on pouvait se le permettre...".

Tewfik Hakem


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Le vote confessionnel du 30 janvier


Les partis chrétiens d'Irak misent sur le vote de la diaspora (qui représente plus d'électeurs que la communauté en Irak), pour avoir une voix au chapitre dans le prochain Parlement. "Nous sommes ici depuis des milliers d'années. Nous devrions être considérés comme des citoyens de première et non de troisième classe", estime Fouad Boudagh, le chef du Conseil chaldéen national. Selon M. Boudagh, plus d'un million de chrétiens d'Irak vivent à l'étranger alors qu'à l'intérieur du pays, ils seraient moins de 700 000. "Environ 200 000 chrétiens irakiens vivent à Détroit-nord des Etats-Unis-. Ils peuvent nous aider à gagner au moins 15 sièges", estime de son côté Emmanuel Khorchada Yohanna, du Parti démocratique assyrien. "Quoi qu'on fasse et qu'on essaie de construire ici, la peur de perdre tout sur cette terre continue de nous hanter", estime, pour sa part, Achour Yakoub, de l'Union patriotique de Bethnahrain (Mésopotamie). Dans la dernière assemblée de 135 sièges élue démocratiquement dans les années 1950, les chrétiens étaient représentés par 6 membres. - (AFP.)


• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.12.04

n'etait il pas possible de favoriser un putsch , de maintenir la souveraineté et en echange de l'aide de pousser , le Baas restant, à etablir des elections libres qu'il n'aurait pas forcemennt completement perdu en un scrution proportionnel et sur une base federale ( déjà dans des cartons de certains baasistes et pour le seul kurdistan depuis quelques années...)????

le christianisme d'Irak s'en serait mieux sorti...alors que maintenant avec des fanatiques Ban ladenistes qui souhaitent le seul à seul , corps à corps avec US Army et de l'autre côté ...la petro geopolitico stratégie instrumentalisant le protestantisme baptiste et pentecotiste et mayflower......Si cela continue, tous ces facteurs conjugués vont couler le christianisme d'Orient.....
Cheney, Bush , autisme americain et les jihadistes internationaux...déjà sur le ring irakien....sont les causes des difficultés croissantes poour les chretiens d'Irak et demain pour ceux de Syrie ( 20 à 25 %) ?