Hélène
30/08/2004, 06h00
29-08-2004
Pour libérer ses otages en Irak
La France se mobilise
Associated Press
Paris
La France se mobilise au plus haut niveau pour libérer ses deux otages en Irak. Sans répondre à «l'ultimatum» de leurs ravisseurs, Jacques Chirac a demandé «solennellement» dimanche la libération des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus par un groupe qui réclame l'annulation de la loi sur la laïcité interdisant le port du voile à l'école.
Diffusées samedi soir par la chaîne d'information arabe Al-Jazira, les images des deux journalistes, dont les rédactions étaient sans nouvelles depuis dix jours, et la revendication de leur enlèvement ont entraîné la mobilisation affichée des plus hautes autorités de l'État. En fin de journée, Jacques Chirac annonçait dans une allocution radio-télévisée le départ immédiat du chef de la diplomatie française Michel Barnier pour la région.
«Tout est fait et tout sera fait dans les heures et les jours qui viennent» pour obtenir la libération des deux journalistes, a assuré le chef de l'État dans cette allocution solennelle.
Dans un message implicite aux ravisseurs des deux Français, qui ont donné à la France 48 heures pour répondre à leur revendication, Jacques Chirac a rappelé que «la France assure l'égalité, le respect, la protection du libre exercice de toutes les religions dans le cadre de notre loi commune».
«Cette tradition ancrée dans notre histoire est le ciment de notre cohésion sociale», a-t-il insisté, notant que ces «valeurs de respect et de tolérance» inspirent la politique de la France, chez elle comme dans le monde, notamment en Irak.
«La situation est grave», reconnaissait dans la journée le chef du gouvernement Jean-Pierre Raffarin qui a présidé à deux reprises des réunions de crise à Matignon entouré de plusieurs ministres avant de s'entretenir avec Jacques Chirac à l'Élysée.
Le Premier ministre a annoncé qu'il réunirait lundi matin l'ensemble des responsables politiques de la majorité et de l'opposition, avec lesquels il s'est entretenu dans la journée par téléphone. «Nous partageons ce sentiment que face à cette épreuve, le sentiment d'unité nationale est une exigence», a-t-il confié. Il devait recevoir dimanche soir les responsables des médias pour lesquels travaillent les deux otages.
En fin de matinée, son ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a réuni les représentants de la communauté musulmane de France place Beauvau pour lancer un appel commun à la libération des otages et au refus de tout amalgame. Entouré de membres du bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), le ministre de l'Intérieur a défendu le principe de laïcité, un mot que Jacques Chirac n'a pas prononcé dans son allocution.
«Nous voulons que chacun sache que la laïcité dans notre pays ne divise pas», a déclaré le ministre soulignant que ce principe est «au coeur de notre héritage républicain» et de notre «cohésion nationale». La loi sur la laïcité, qui rentre en vigueur à la rentrée scolaire dans quelques jours, «s'inscrit dans cette histoire».
Les différents représentants du CFCM ont tous appelé les ravisseurs à libérer les deux journalistes, dénonçant un «chantage» aux otages et l'utilisation de la loi du foulard islamique comme prétexte.
«Ne desservez pas la cause de l'Islam, ne desservez pas la cause des musulmans de France», a lancé aux ravisseurs le vice-président du CFCM, Fouad Alaoui, secrétaire général de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), l'une des organisations parmi les plus virulentes contre la loi sur la laïcité. Une mobilisation dont s'est félicité Jacques Chirac.
Al-Jazira a diffusé samedi soir des images de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, portés disparus depuis le 20 août en Irak. Sur les quelques secondes de bande, les deux hommes, visiblement en bonne santé, s'expriment tour à tour sur fond d'un drapeau noir orné d'une carte de l'Irak traversée d'une kalachnikov, avec en rouge le nom de l'Armée islamique en Irak. Ce même groupe avait revendiqué l'exécution d'Enzo Baldoni et les images présentent une parfaite similitude avec celles du journaliste italien, diffusées mardi par Al-Jazira, qui a annoncé sa mort deux jours plus tard.
Le correspondant de RFI, Christian Chesnot, annonce en arabe qu'ils sont détenus par l'Armée islamique en Irak. Son confrère de RTL et du «Figaro» Georges Malbrunot parle en français de conditions de détention normales.
Dans un communiqué en arabe reçu par Al-Jazira, le groupe demande à la France d'annuler la loi sur le voile qui «constitue une injustice et une agression contre la religion islamique et les libertés individuelles dans un pays prétendu démocratique». «Nous accordons à la France un délai de 48 heures pour répondre à ce communiqué à partir de l'heure de sa diffusion», ajoutent les ravisseurs.
«Quand on lit le texte en arabe (des ravisseurs), il est très clair, c'est «nous donnons à la France 48 heures pour répondre à ce communiqué», notait le directeur général adjoint de RFI, chargé de l'information et des antennes, Alain Ménargues, sur France Télévisions «Nous considérons que ce n'est pas un ultimatum, et on s'accroche à ça».
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Le texte du communiqué des ravisseurs
"L'Armée islamique en Irak
Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux
Sujet : les deux otages français
L'Armée islamique en Irak annonce détenir deux otages français enlevés par l'une des brigades de l'Armée et demande à la France d'annuler la loi sur le voile, en raison de ce qu'elle comporte comme injustice et agression contre l'islam et la liberté personnelle dans le pays de la liberté présumée. Nous donnons à la France un délai de 48 heures, à partir de la publication de communiqué, pour répondre à ce communiqué.
Allah est le plus Grand, Gloire à Dieu."
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Je crois que si ces groupes d'extrémistes islamiques irakiens commettent l'irréparable, la France sera très ébranlée.
Pour libérer ses otages en Irak
La France se mobilise
Associated Press
Paris
La France se mobilise au plus haut niveau pour libérer ses deux otages en Irak. Sans répondre à «l'ultimatum» de leurs ravisseurs, Jacques Chirac a demandé «solennellement» dimanche la libération des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus par un groupe qui réclame l'annulation de la loi sur la laïcité interdisant le port du voile à l'école.
Diffusées samedi soir par la chaîne d'information arabe Al-Jazira, les images des deux journalistes, dont les rédactions étaient sans nouvelles depuis dix jours, et la revendication de leur enlèvement ont entraîné la mobilisation affichée des plus hautes autorités de l'État. En fin de journée, Jacques Chirac annonçait dans une allocution radio-télévisée le départ immédiat du chef de la diplomatie française Michel Barnier pour la région.
«Tout est fait et tout sera fait dans les heures et les jours qui viennent» pour obtenir la libération des deux journalistes, a assuré le chef de l'État dans cette allocution solennelle.
Dans un message implicite aux ravisseurs des deux Français, qui ont donné à la France 48 heures pour répondre à leur revendication, Jacques Chirac a rappelé que «la France assure l'égalité, le respect, la protection du libre exercice de toutes les religions dans le cadre de notre loi commune».
«Cette tradition ancrée dans notre histoire est le ciment de notre cohésion sociale», a-t-il insisté, notant que ces «valeurs de respect et de tolérance» inspirent la politique de la France, chez elle comme dans le monde, notamment en Irak.
«La situation est grave», reconnaissait dans la journée le chef du gouvernement Jean-Pierre Raffarin qui a présidé à deux reprises des réunions de crise à Matignon entouré de plusieurs ministres avant de s'entretenir avec Jacques Chirac à l'Élysée.
Le Premier ministre a annoncé qu'il réunirait lundi matin l'ensemble des responsables politiques de la majorité et de l'opposition, avec lesquels il s'est entretenu dans la journée par téléphone. «Nous partageons ce sentiment que face à cette épreuve, le sentiment d'unité nationale est une exigence», a-t-il confié. Il devait recevoir dimanche soir les responsables des médias pour lesquels travaillent les deux otages.
En fin de matinée, son ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a réuni les représentants de la communauté musulmane de France place Beauvau pour lancer un appel commun à la libération des otages et au refus de tout amalgame. Entouré de membres du bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), le ministre de l'Intérieur a défendu le principe de laïcité, un mot que Jacques Chirac n'a pas prononcé dans son allocution.
«Nous voulons que chacun sache que la laïcité dans notre pays ne divise pas», a déclaré le ministre soulignant que ce principe est «au coeur de notre héritage républicain» et de notre «cohésion nationale». La loi sur la laïcité, qui rentre en vigueur à la rentrée scolaire dans quelques jours, «s'inscrit dans cette histoire».
Les différents représentants du CFCM ont tous appelé les ravisseurs à libérer les deux journalistes, dénonçant un «chantage» aux otages et l'utilisation de la loi du foulard islamique comme prétexte.
«Ne desservez pas la cause de l'Islam, ne desservez pas la cause des musulmans de France», a lancé aux ravisseurs le vice-président du CFCM, Fouad Alaoui, secrétaire général de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), l'une des organisations parmi les plus virulentes contre la loi sur la laïcité. Une mobilisation dont s'est félicité Jacques Chirac.
Al-Jazira a diffusé samedi soir des images de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, portés disparus depuis le 20 août en Irak. Sur les quelques secondes de bande, les deux hommes, visiblement en bonne santé, s'expriment tour à tour sur fond d'un drapeau noir orné d'une carte de l'Irak traversée d'une kalachnikov, avec en rouge le nom de l'Armée islamique en Irak. Ce même groupe avait revendiqué l'exécution d'Enzo Baldoni et les images présentent une parfaite similitude avec celles du journaliste italien, diffusées mardi par Al-Jazira, qui a annoncé sa mort deux jours plus tard.
Le correspondant de RFI, Christian Chesnot, annonce en arabe qu'ils sont détenus par l'Armée islamique en Irak. Son confrère de RTL et du «Figaro» Georges Malbrunot parle en français de conditions de détention normales.
Dans un communiqué en arabe reçu par Al-Jazira, le groupe demande à la France d'annuler la loi sur le voile qui «constitue une injustice et une agression contre la religion islamique et les libertés individuelles dans un pays prétendu démocratique». «Nous accordons à la France un délai de 48 heures pour répondre à ce communiqué à partir de l'heure de sa diffusion», ajoutent les ravisseurs.
«Quand on lit le texte en arabe (des ravisseurs), il est très clair, c'est «nous donnons à la France 48 heures pour répondre à ce communiqué», notait le directeur général adjoint de RFI, chargé de l'information et des antennes, Alain Ménargues, sur France Télévisions «Nous considérons que ce n'est pas un ultimatum, et on s'accroche à ça».
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Le texte du communiqué des ravisseurs
"L'Armée islamique en Irak
Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux
Sujet : les deux otages français
L'Armée islamique en Irak annonce détenir deux otages français enlevés par l'une des brigades de l'Armée et demande à la France d'annuler la loi sur le voile, en raison de ce qu'elle comporte comme injustice et agression contre l'islam et la liberté personnelle dans le pays de la liberté présumée. Nous donnons à la France un délai de 48 heures, à partir de la publication de communiqué, pour répondre à ce communiqué.
Allah est le plus Grand, Gloire à Dieu."
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Je crois que si ces groupes d'extrémistes islamiques irakiens commettent l'irréparable, la France sera très ébranlée.