PDA

Voir la version complète : Pour ceux et celles qui ont envie de bien rigoler...


Hélène
29/07/2004, 03h08
27 juillet 2004 / 10 h 02
LES ÉMIRATS ARABES UNIS GAGNÉS, À LEUR TOUR, PAR UNE CERTAINE LIBERTÉ DE PRESSE
Dubaï TV fait sa révolution pour offrir une tribune aux réformistes
Par Memri memri@erols.com


Il y a un mois, DubaÏ TV, la chaîne de télévision officielle de Dubaï subissait un lifting en profondeur : nouveau logo, nouvelle grille de programmes, et surtout nouvelle approche, moderne et ouverte, bien loin du ton compassé de la majorité des autres chaînes télévisées arabes. Son objectif : devenir une tribune pour les messages réformistes, qu'ils soient politiques ou sociaux.
Deux journalistes vedettes, Lina Sawwan et Daoud Al-Shiriyan, ont été placés aux commandes des grandes émissions de débats. Le résultat est détonnant, comme le montrent ces extraits et résumés…


« Hadith Bala Haraj »
« Hadith Bala Haraj » (« Discussion sans entraves ») est l'émission hebdomadaire pilotée par Lina Sawwan qui y aborde, très librement, toutes sortes de questions de société. Au programme, le 14 juillet : la polygamie. Invités : Mohammed Mourad accompagné de l'une de ses douze épouses, de l'un de ses fils et de l'une de ses filles, Moza Ghabash, un professeur de sciences politiques opposé à la polygamie, et Seif Al-Jabari, directeur du Département des Affaires islamiques du ministère des fondations religieuses de Dubaï, qui lui est favorable.
Voilà une partie de ce que l'on a pu entendre, ce soir-là, sur Dubaï TV :

Lina Sawwan : « (…) Je vais commencer avec quelqu'un qui s'est marié, non pas une fois, ni deux, ni quatre fois, mais douze fois, et il prévoit déjà une treizième épouse cette année. Muhammad Mourad, comment expliquez-vous cela ? Pourquoi toutes ces femmes se marient avec vous ? Elles savent certainement que vous allez divorcer de l'une d'entre elles et la remplacer par une autre après quelque temps. Pourquoi les femmes acceptent-elles d'épouser des hommes qui aiment se marier ? »

Mohammed Mourad : « Moi, par exemple, j'ai eu quatre femmes. Quand l'une meurt, j'en épouse une autre. Quand l'une devient vieille, je divorce et j'en épouse une autre (…) »

Lina Sawwan : « Mohammed (fils), je voudrais te poser une question : es-tu partisan de la polygamie, et envisages-tu personnellement d'épouser plus d'une femme ? »

Mohammed Mourad fils : « Par Allah, je suis d'accord avec mon père. Et j'essaierai d'être comme lui. Je sais que c'est impossible parce que, dans le passé, tout était naturel. De nos jours, tout est moderne. Nous avons un réfrigérateur, nous profitons de l'air conditionné. Mais à leur époque, ce n'était pas comme ça ; tout était naturel. J'essaierai, si Allah le veut. »

Lina Sawwan : « Tu veux dire que tu essaieras d'épouser plus d'une femme ? (…) Ton projet pour l'avenir est que, puisque tu as un réfrigérateur, tu pourras amener beaucoup de femmes chez toi ? »

Mohammed Mourad fils : « Exactement comme mon père, si Allah le veut. »

Seif Al-Jabari : « La polygamie n'est pas une crise, mais elle découle de la nature humaine. Je citerai quelques exemples illustrant l'importance de la polygamie dans la vie de toutes les sociétés. Il en est ainsi dans toutes les législations, la législation islamique et celles qui en procèdent et font office de loi, si elles sont conformes à l'islam. En effet, l'islam a toujours été stigmatisé en raison de sa polygamie. La réalité est différente. Toutes les religions, la race humaine entière, étaient familière de cette pratique, mais la loi islamique est venue institutionnaliser cette anarchie. Très souvent la polygamie pouvait atteindre (…) »

Lina Sawwan : « Des centaines de femmes. »

Seif Al-Jabari : « Mais l'islam est apparu et il a fixé des limites. Je voudrais souligner une équation très importante. Il est notoire qu'il y a beaucoup de femmes dans toutes les sociétés. Les femmes sont quatre fois plus nombreuses que les hommes (…) »

Lina Sawwan : « Parce que vous, les hommes, menez beaucoup de guerres, peut-être que si vous cessiez (…) Dr Moza, aidez-moi (…) »

Seif Al-Jabari : « Il existe un déséquilibre social et démographique au sein de toutes les populations de l'humanité, dans le monde islamique et en dehors de celui-ci. Nous avons un problème. Nous en souffrons. Il faut trouver une solution. Tout le monde veut se marier. L'Europe réclame de tout cœur la polygamie, alors où est le problème ? »



« Tout le monde veut se marier. L'Europe réclame de tout cœur la polygamie, alors où est le problème ? »



Lina Sawwan : « Certainement pas toute l'Europe (…) »

Seif Al-Jabari : « J'ai des études prouvant que si vous posez la question à n'importe quelle femme européenne aujourd'hui, elle vous répondrait : « Je suis physiquement et émotionnellement isolée de mon mari, mais je ne peux pas divorcer ». Leur mariage est éternel. Mais ils ont tous les deux des amants. Le mari épouse plusieurs femmes pour divers besoins. Tout d'abord, le Coran dit : « Puis épouse autant d'autres femmes qu'il te sera agréable ». (…) C'est un fait connu (…), une femme peut contracter une maladie, avoir ses règles, donner la vie, être enceinte ; les femmes rencontrent des états très variés. Où l'homme ira-t-il ? Les hommes sont différents des femmes. L'homme a profondément besoin d'une femme. Sinon il se tournera vers l'interdit, ce qui est un plus gros problème encore. Alors, où est le problème ? Dois-je mettre en péril la société et défier Allah en fréquentant les prostituées, en buvant de l'alcool – excusez-moi – et d'autres choses encore, ou devrais-je épouser des femmes autorisées et ainsi résoudre mon problème et le problème d'un être humain comme moi de façon légitime ? Toute femme veut avoir des enfants et vivre. Il y a des lois islamiques, mais si la première femme n'est pas satisfaite du deuxième mariage, elle peut demander le divorce, c'est tout naturel. »

Moza Ghabash : « Excusez-moi, il défend le divorce pour pouvoir se marier. Il défend le divorce seulement pour que l'homme puisse se remarier. Excusez-moi, Dr Seif, la connaissance de la religion est une chose, mais se cacher derrière la religion et justifier nos erreurs au nom de la religion est un crime social. »
Pour visualiser cet extrait, sous-titré en anglais :
http://memritv.org/archives.asp ?ACT=S9&P1=155

« Al-Maqal »
« Al-Maqal » (« L'article ») est une autre émission, animée celle-là par le journaliste saoudien Daoud Al-Shiriyan (par ailleurs chroniqueur au quotidien londonien de langue arabe, Al-Hayat), consacrée aux affaires saoudiennes. La plupart des invités de Al-Shiriyan sont des progressistes.

Ainsi, le journaliste saoudien Khaled Al-Dukhail, qui a participé au « dialogue national saoudien » et qui, le 4 juillet, sur Dubaï TV, révélait que le cadre et les limites du débat avaient été dictés par les autorités.
Pour visualiser cet extrait, sous-titré en anglais :
http://memritv.org/archives.asp ?ACT=S9&P1=141

Une semaine plus tôt, le 27 juin, c'est un autre journaliste saoudien, Turki Hamad, qui était invité à discuter des racines du terrorisme saoudien. Sans prendre de gants, il a accusé le gouvernement saoudien de tenir le même discours que les terroristes… et d'être à la tête d'un régime favorisant le terrorisme.
Pour visualiser cet extrait, sous-titré en anglais :
http://memritv.org/archives.asp ?ACT=S9&P1=130

Les vestiges du passé
Mais tout n'est pas rose sur Dubaï TV : à l'instar de sa rivale qatari al-Jazira, qui fut la première chaîne arabe à rompre avec le « protocole médiatique » en vigueur, mais dont la vedette des émissions religieuses est le fanatique cheikh Youssef Qaradaoui, Dubaï TV s'est alliée avec un autre cheikh, tout aussi rétrograde : l'Irakien Ahmad Al-Kobeisi. Son émission religieuse, « Al-Kilma wa Akhawatuha » (« Un mot et ses sœurs »), représente un vestige du passé, véritable tribune à partir de laquelle sont lancés des appels à la haine, à l'antisémitisme et au soutien quasi-inconditionnel au terrorisme…
Pour visualiser un extrait, sous-titré en anglais :
http://memritv.org/archives.asp ?ACT=S9&P1=95

Par MEMRI