Hélène
02/07/2004, 06h10
Code de la famille
La commission d’amendement bute sur la suppression de la tutelle pour la femme
Jeudi 1er juillet 2004
Par Faouzia Ababsa
Le retard accumulé par la commission de révision du code de la famille trouve son explication -même si le ministre de la Justice qui a supervisé son installation ne lui a pas fixé un délai précis- dans l’achoppement sur la disposition relative à l’obligation de la tutelle pour la femme, notamment en ce qui concerne le mariage. Cette structure mise en place par Tayeb Belaïz est composée de personnalités de différents horizons. Il ne s’agit pas uniquement d’islamistes. Certains de ses membres restent braqués contre la suppression de toute tutelle sur la femme pour les décisions importantes qui la concernent, dont, celle capitale, du mariage. En présidant la réunion d’installation, le garde des Sceaux a beaucoup insisté sur le fait qu’il était inadmissible que des femmes occupant des postes de responsabilité, jugées aptes à rendre des verdicts, à diriger des ministères, etc., soient incapables de discernement lorsqu’il s’agit de leur propre vie. Une déclaration qui a soulevé un tollé non seulement chez les partis islamistes, le MRN et le MSP en l’occurrence, mais aussi chez ceux qui se prétendent modernistes en restant braqués sur le prétendu impératif du respect de la charia. Pourtant, ces mêmes personnes ne se sont pas offusquées outre mesure lorsqu’une fetwa a été prise, il y a très peu de temps par l’ex-président du Haut Conseil islamique, le défunt et regretté Abdelmadjid Meziane, autorisant l’avortement pour les femmes ou jeunes filles violées par les terroristes. Cette fetwa, prise de manière courageuse, a soulagé nombre d’entre elles qui, même après avoir recouvré la liberté, restaient terrorisées à l’idée de rejoindre leur domicile de peur de se faire tuer par leurs proches pour laver le déshonneur, tout en sachant qu’elles n’étaient que des victimes. C’est dire que la charia est brandie telle une épée de Damoclès lorsqu’il s’agit d’aller dans le sens de l’évolution de la société, avec toutes ses composantes sans discrimination aucune, et que l’épouvantail de l’apostasie est tout de suite agité. Il en est de même pour la question de l’héritage qui n’est pas abordée par la commission de réforme du code de la famille. En effet, dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs où l’islam est religion d’Etat, les femmes n’héritent pas de la même manière que les hommes. Aucun ijtihad, aucune exégèse n’ont été faits dans ce sens. La raison est toute simple : par rapport à cette question précise, il s’agit d’intérêts matériels. L’argument trouvé est que la femme risque, en héritant de la même manière que son frère, de donner ses biens à son conjoint. Cela, en sachant pertinemment, que ce soit dans le livre sacré ou dans les lois de la République, que la femme est seule maîtresse de sa fortune et en dispose comme bon lui semble. Pourtant, les pouvoirs publics en restent encore à ménage la chèvre et le chou. C’est dire que les associations de femmes ou ce qu’il en reste ont encore du pain sur la planche, car rien n’est jamais acquis définitivement et aucun droit ne sera concédé aux femmes si celles-ci ne les arrachent pas par leur propre lutte.
F. A.
La commission d’amendement bute sur la suppression de la tutelle pour la femme
Jeudi 1er juillet 2004
Par Faouzia Ababsa
Le retard accumulé par la commission de révision du code de la famille trouve son explication -même si le ministre de la Justice qui a supervisé son installation ne lui a pas fixé un délai précis- dans l’achoppement sur la disposition relative à l’obligation de la tutelle pour la femme, notamment en ce qui concerne le mariage. Cette structure mise en place par Tayeb Belaïz est composée de personnalités de différents horizons. Il ne s’agit pas uniquement d’islamistes. Certains de ses membres restent braqués contre la suppression de toute tutelle sur la femme pour les décisions importantes qui la concernent, dont, celle capitale, du mariage. En présidant la réunion d’installation, le garde des Sceaux a beaucoup insisté sur le fait qu’il était inadmissible que des femmes occupant des postes de responsabilité, jugées aptes à rendre des verdicts, à diriger des ministères, etc., soient incapables de discernement lorsqu’il s’agit de leur propre vie. Une déclaration qui a soulevé un tollé non seulement chez les partis islamistes, le MRN et le MSP en l’occurrence, mais aussi chez ceux qui se prétendent modernistes en restant braqués sur le prétendu impératif du respect de la charia. Pourtant, ces mêmes personnes ne se sont pas offusquées outre mesure lorsqu’une fetwa a été prise, il y a très peu de temps par l’ex-président du Haut Conseil islamique, le défunt et regretté Abdelmadjid Meziane, autorisant l’avortement pour les femmes ou jeunes filles violées par les terroristes. Cette fetwa, prise de manière courageuse, a soulagé nombre d’entre elles qui, même après avoir recouvré la liberté, restaient terrorisées à l’idée de rejoindre leur domicile de peur de se faire tuer par leurs proches pour laver le déshonneur, tout en sachant qu’elles n’étaient que des victimes. C’est dire que la charia est brandie telle une épée de Damoclès lorsqu’il s’agit d’aller dans le sens de l’évolution de la société, avec toutes ses composantes sans discrimination aucune, et que l’épouvantail de l’apostasie est tout de suite agité. Il en est de même pour la question de l’héritage qui n’est pas abordée par la commission de réforme du code de la famille. En effet, dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs où l’islam est religion d’Etat, les femmes n’héritent pas de la même manière que les hommes. Aucun ijtihad, aucune exégèse n’ont été faits dans ce sens. La raison est toute simple : par rapport à cette question précise, il s’agit d’intérêts matériels. L’argument trouvé est que la femme risque, en héritant de la même manière que son frère, de donner ses biens à son conjoint. Cela, en sachant pertinemment, que ce soit dans le livre sacré ou dans les lois de la République, que la femme est seule maîtresse de sa fortune et en dispose comme bon lui semble. Pourtant, les pouvoirs publics en restent encore à ménage la chèvre et le chou. C’est dire que les associations de femmes ou ce qu’il en reste ont encore du pain sur la planche, car rien n’est jamais acquis définitivement et aucun droit ne sera concédé aux femmes si celles-ci ne les arrachent pas par leur propre lutte.
F. A.