Hélène
12/06/2004, 02h13
En Algérie, un code de la famille à deux vitesses : Le texte de loi scélérat légalise depuis 1984 l'infériorité du statut de la femme
Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, vendu longtemps par les décideurs comme un jeune cadre puisé dans le vivier moderniste, vient de déclarer tout à trac que le code de la famille (alias code de l'infamie) sera certes amendé, mais sans perdre de vue les principes de « notre religion », l'islam, remarque Arezki Metref, écrivain algérien dans un article d'opinion publié par Libération.
"(...) Le combat mené depuis deux décennies par des femmes et des hommes pour rendre cohérente la concomitance entre démocratie et droits démocratiques, ceux des femmes passant par l'abrogation de cette compilation d'archaïsmes, est balayé d'une pichenette par un chef du gouvernement qui avait gravi les marches du pouvoir assis sur les baïonnettes anti-intégristes. Comme quoi, on peut barrer la route du pouvoir aux sectateurs de la charia sans prendre le risque de les combattre sur le fond. Si les femmes algériennes ont encore quelque chose à demander à Allah, c'est de les préserver de leurs amis. Le reste, elles s'en chargent très bien elles-mêmes. (...) Prétendant ressourcer aux traditions un pays tenté par la perdition occidentaliste, le code de la famille ne faisait rien moins que formaliser en droit l'infériorité du statut de la femme par rapport à celui de l'homme. La femme étant le démon, il convient de la protéger de bonne foi, et d'abord contre elle-même. S'il était parvenu au pouvoir, le Front islamique du salut (FIS) n'aurait pas fait pire. Plus de quatorze siècles après l'avènement de l'islam, le code de la famille à l'algérienne remettait d'une certaine manière les compteurs à zéro. Il rendait légal ce qui était licite (hallal) contre la femme : polygamie, mise sous tutorat, déni des droits à la succession. Les femmes ne peuvent se marier librement. Le droit au divorce leur est interdit. (...)"
Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, vendu longtemps par les décideurs comme un jeune cadre puisé dans le vivier moderniste, vient de déclarer tout à trac que le code de la famille (alias code de l'infamie) sera certes amendé, mais sans perdre de vue les principes de « notre religion », l'islam, remarque Arezki Metref, écrivain algérien dans un article d'opinion publié par Libération.
"(...) Le combat mené depuis deux décennies par des femmes et des hommes pour rendre cohérente la concomitance entre démocratie et droits démocratiques, ceux des femmes passant par l'abrogation de cette compilation d'archaïsmes, est balayé d'une pichenette par un chef du gouvernement qui avait gravi les marches du pouvoir assis sur les baïonnettes anti-intégristes. Comme quoi, on peut barrer la route du pouvoir aux sectateurs de la charia sans prendre le risque de les combattre sur le fond. Si les femmes algériennes ont encore quelque chose à demander à Allah, c'est de les préserver de leurs amis. Le reste, elles s'en chargent très bien elles-mêmes. (...) Prétendant ressourcer aux traditions un pays tenté par la perdition occidentaliste, le code de la famille ne faisait rien moins que formaliser en droit l'infériorité du statut de la femme par rapport à celui de l'homme. La femme étant le démon, il convient de la protéger de bonne foi, et d'abord contre elle-même. S'il était parvenu au pouvoir, le Front islamique du salut (FIS) n'aurait pas fait pire. Plus de quatorze siècles après l'avènement de l'islam, le code de la famille à l'algérienne remettait d'une certaine manière les compteurs à zéro. Il rendait légal ce qui était licite (hallal) contre la femme : polygamie, mise sous tutorat, déni des droits à la succession. Les femmes ne peuvent se marier librement. Le droit au divorce leur est interdit. (...)"