PDA

Voir la version complète : << Ad iâqel Umeqran taqbaylit is !!! >>,


ameqran_is
01/04/2004, 19h19
ma d yir amdan zun boutflika, ad ittkel ghef Adrar ma isugh, s lenta negh s dkar, ad yawi ssut !
Tabghest i tid d wid ittnad'ah'en ghef izarhan n wegdud n leqbayel.
----------------------------------------------------------------------------

Bouteflika chassé de la Kabylie: lematin-dz.com (http://www.lematin-dz.net/quotidien/lire.php?ida=17347&idc=41&refresh=1)


De notre envoyé spécial, Nadir Benseba

Près d'une centaine d'arrestations et une cinquantaine de blessés parmi les émeutiers, dont plusieurs par balle en caoutchouc, et des policiers grièvement atteints par des pierres, tel et le bilan du passage du président-candidat Abdelaziz Bouteflika, hier, à la ville de Tizi Ouzou, pour animer un meeting à la maison de la culture Mouloud-Mammeri. La fête électorale promise par les comités de soutien pour « réconcilier la Kabylie avec le chef de l'Etat sortant » n'a pas eu lieu. La révolte des citoyens était au rendez-vous pour rappeler à M. Bouteflika « sa responsabilité dans l'assassinat de 125 citoyens lors des évènements du Printemps noir de 2001 ». Séquence d'une sortie de campagne électorale pas comme toutes les autres.
8 h 30. Deux membres du collectif des femmes du Printemps noir, Moussaoui Ferroudja et Naït Sid Kamera, tentent de bloquer la circulation au niveau de la rue Abane-Ramdane en scandant à tue-tête des mots d'ordre hostiles au Pouvoir : « Ulac l'vote, ulac smah ! » (pas d'élection, pas de pardon) et « Bouteflika assassin ! » Les deux femmes exhortent la foule stationnée sur la chaussée d'empêcher Bouteflika de s'introduire à l'intérieur de la salle qui lui a été réservée pour animer un meeting. L'appel n'est pas vain. Une dizaine de citoyens se met de la partie pour prendre le relais. Les meneuses de la contestation sont vite repérées par des policiers en civil. L'ordre est donné pour embarquer Ferroudja et Kamera. Isolées de la foule, elles sont introduites de force dans une voiture banalisée. La tension monte d'un cran à une heure de l'arrivée du président-candidat.
9 h. Belaïd Abrika, joint par téléphone, parle d'autres arrestations de délégués du mouvement citoyen. Il affirme que Nekkah Mohand de la localité d'Ouaguenoun, Medrouk Nordine de Béni Douala ainsi que des citoyens d'Akbil sont interpellés au niveau des barrages filtrants dressés à la sortie-est de la ville par les forces de l'ordre. C'est dire que les autorités ont pris le soin la veille de quadriller la ville de Tizi Ouzou et de procéder à une fouille systématique dans les bus. De source des services de sécurité, plus de 4 000 gendarmes et policiers ont été dépêchés pour assurer le bon déroulement de la virée de Bouteflika. Des contingents de ces deux corps des services de sécurité sont postés à 30 km à la ronde pour assurer à la fois l'itinéraire du cortège du candidat et éviter l'intrusion des trouble-fêtes dans la ville des Genêts. Du côté des militants de l'Union des démocrates républicains (UDR) partisans de la réélection du chef de l'Etat sortant, on évoque avec certitude la présence de 800 policiers en civil affectés uniquement pour infiltrer les rangs des contestataires. « On dirait qu'on est réellement dans une caserne de police », ironise Djamel Benabi, ancien directeur du bureau régional du quotidien El Watan.
9 h 15. Les animateurs du mouvement citoyen rassemblés au niveau de la cité des Genêts décident, comme convenu la veille, d'enclencher une marche de contestation en direction de la salle Mouloud-Mammeri. La procession des manifestants n'évolue pas. Elle est bloquée par un cordon des forces de l'ordre. Le face-à-face est des plus impressionnants. A la demande des manifestants de céder le passage pour organiser un sit-in, les policiers répliquent par l'insulte et l'invective. C'est l'offense de trop. Outrée par l'attitude des responsables de la police antiémeute, la foule tente de se frayer un passage. Le corps à corps dure un instant pour que les deux parties se séparent pour se livrer par la suite à un échange de jets de pierres et de bombes lacrymogènes. L'émeute est déclenchée.
9 h 45. Le cortège du candidat Bouteflika arrive sur les lieux non sans difficulté. Il aura fallu faire appel aux camions chasse-neige pour ouvrir la voie. Des voitures de la présidence sont visiblement atteintes par des jets de pierres. L'épreuve du passage pour atteindre la maison de la culture Mouloud-Mammeri est des plus difficiles. Bouteflika, le premier à s'introduire dans l'enceinte, feint la sérénité. Il est accueilli par son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal, et Amara Benyounès, chargé de lui présenter quelques notables recrutés pour la circonstance. Les salamalecs accomplis, le candidat s'introduit dans la salle pour animer son meeting.
10 h. Les affrontements, qui étaient jusque-là circonscrits dans les seules limites de la cité des Genêts, gagnent d'autres quartiers de la ville. Au Cadi, au centre-ville, à Boukhalfa, à la cité Million comme celle des fonctionnaires, de jeunes révoltés sont descendus dans la rue déterminés à en découdre avec les forces de l'ordre pour parvenir par la suite à perturber le passage de Bouteflika. En un laps de temps record, la ville de Tizi Ouzou est assiégée par plusieurs foyers d'émeute si bien que les principaux quartiers sont devenus de véritables champs de bataille. Pour disperser les émeutiers, les forces de l'ordre ont dû recourir à l'usage des balles en caoutchouc. Le climat de tension rappelle les émeutes de 2001.
10 h 30. La panique gagne le clan présidentiel qui commence à réfléchir sur une issue qui mettrait le Président-candidat à l'abri des jets de pierres. A ce moment, les responsables du protocole sont informés de la situation des émeutes qui ont gagné plusieurs quartiers. Les responsables de la police locale leur conseillent de contourner la ville par le nord, en passant par la cité Million. Mal leur en prit ; là-bas aussi, les émeutiers attendaient le cortège. Une pluie de pierres s'abat sur les capots. Les véhicules ont dû bifurquer par une ruelle secondaire pour rejoindre le chemin du retour.
Comme en 1999, Bouteflika a quitté Tizi Ouzou sous une pluie de pierres, laissant la ville en proie à une spirale de violence inouïe. Ce n'est qu'en fin de journée que le calme est revenu.
Bouteflika avait quitté la salle Mouloud-Mammeri par la porte de secours. Tête baissée, l'homme offrait une mine déconfite. Il n'arrivait pas à fixer des yeux quelques jeunes.
N. B.