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Voir la version complète : Réflexion d'Arezki Metref


Hélène
13/02/2004, 20h35
13 février 2004 / 13 h 03
« Il doit être clair que la défense de la laïcité est prise en charge par la République française : la laïcité défend l'islam »
Par Arezki Metref

Arezki Métref est un écrivain et journaliste algérien et démocrate, qui vit depuis plusieurs années à Paris. Il a fait parvenir à « ensemble@9online.fr », qui nous l'a communiquée, une réflexion consécutive au vote, en première lecture, de la loi sur la laïcité à l'école. Comme le précise Métref, « les hérauts de la pureté religieuse testent déjà la société française sur d'autres thèmes ».


L'Assemblée nationale vient de voter à une forte majorité une loi sur la laïcité. Le débat de savoir s'il fallait ou non une loi est derrière nous.

Personnellement, je pense qu'il en fallait une. Non point parce qu'une loi serait douée de la vertu magique de résoudre une question aussi épineuse que celle de la laïcité mais simplement pour qu'il paraisse clair aux yeux de tous que la défense de la laïcité est prise en charge par la République française dans son ensemble, et pas seulement par quelques chefs d'établissement scolaires et quelques professeurs et surveillants confrontés depuis quinze ans à un problème qui parait insoluble.

Je suis pour cette loi parce que, à défaut de résoudre la contradiction du refuge religieux, voire intégriste, auquel recourt une partie de la population française d'origine immigrée, elle trace la limite au prosélytisme. C'est bien sûr une de ces manipulations politiciennes que de voir dans ce coup d'arrêt à l'extension de l'intégrisme une stigmatisation de la communauté musulmane de France. Des études sérieuses montrent que seule une infime partie de celle-ci se sent visée par cette loi. La majorité des musulmans de France vit sa foi dans l'intimité de la vie privée. La majorité d'entre eux n'exige pas que les filles se voilent pour aller à l'école. Ils ne font pas pression pour qu'elles ne fréquentent de piscine que non mixte. L'écrasante majorité d'entre eux n'exige pas que les femmes ou les filles ne soient examinées, dans les hôpitaux publics, que par des médecins hommes.

Mais la petite minorité qui confond avec zèle croyance religieuse avec identité nationale fait, il est vrai, trop de bruit pour ne pas paraître représenter une grande masse de citoyens paisibles.

Le seul regret porte sur ces jeunes filles sur qui pèse tant de pressions qu'elles vont transgresser la loi et se retrouver exclues de l'école. C'est dommage, mais elles sont victimes de la résistance que des intégristes opposent à une loi dont des petites jeunes filles vont payer les frais.

Les hérauts de la pureté religieuse, eux, testent déjà la société française sur d'autres thèmes. Ce n'est pas faire de l'islamophobie que de dire non à l'intégrisme. C'est, au contraire, empêcher l'islam de prendre des risques inutiles car l'intégrisme nourrit l'islamophobie qui n'a pas besoin de lui pour exister.

ayouliw
13/02/2004, 23h35
dommage qu'à la fin il s'est senti obligé de se justifier, alors *****