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Hélène
09/02/2004, 00h55
HISTOIRE
Un siècle d'islam politique
Peut-on concilier islam et démocratie ? Intégrer la notion de laïcité dans l'islam ? Ces questions ont été posées tout le long du XXe siècle et continuent de susciter d'intenses débats dans le monde musulman.

Loin de l’esprit des réformateurs musulmans avant la chute de l’Empire ottoman — qui, au contact de l’Occident et en plein mouvement de renouveau culturel, ont voulu réconcilier islam et monde moderne -, la naissance des mouvements islamiques antioccidentaux a eu lieu après la Première Guerre mondiale, à l’heure où le monde musulman était déjà sous occupation européenne. Pourtant, l’essor de ces mouvements bien structurés et populaires sera freiné dès la fin des années 40. Les pays musulmans, fraîchement indépendants et regardant vers l’avenir, ont alors mis leurs espoirs dans des mouvements certes nationalistes, mais pas antioccidentaux.

Le résultat a été bien décevant. Après la prise du pouvoir par les bourgeoisies inexpérimentées et corrompues, les coups d’Etat militaires ont tué tout espoir de changement. Durant trois décennies, les nouveaux maîtres du monde musulman ont accumulé les échecs économiques, politiques et culturels. Aucun pays islamique, à l’exception notable de la Turquie, n’a réussi à créer un Etat-nation moderne. Aucun n’a construit une véritable démocratie ; et hormis l’émergence des pays musulmans du Sud-Est asiatique, aucun pays musulman ne brille par ses prouesses économiques ou technologiques.

Une nouvelle ère

Certes le monde musulman a vécu dans ces années un âge d’or de l’espérance laïque, illustré par la conjonction du nationalisme et du mouvement des non-alignés, même au prix d’une militarisation et d’un appauvrissement à la fois économique et culturel. Cette époque a perçu une universalité de l’humain, une fraternité entre l’Indien, l’Egyptien et le Camerounais non obérée par l’obsession identitaire religieuse.

1979 reste une date clé pour le retour de l’islam politique sur la scène internationale. L’ayatollah Khomeyni, un religieux septuagénaire en exil, parvient alors à faire triompher une révolution islamique dans un des pays musulmans les plus riches et les mieux organisés. Le succès de la révolution iranienne a eu un effet boule de neige chez tous les peuples musulmans. De l’Algérie au Pakistan, l’alternative aux échecs des dirigeants est devenue pour le peuple la tentation islamiste. Pour calmer cette revendication, les régimes en place ont adopté de véritables politiques d’islamisation de leurs pays. Cela a amplifié la contestation qui, en l’absence d’espaces de liberté, s’exprime essentiellement par les armes.

Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre dans le monde musulman. En Turquie, le triomphe électoral du parti islamiste AKP (Parti de la justice et du développement) montre que la voie démocratique peut être empruntée par un mouvement islamique, réconcilié avec les valeurs de la modernité.

Folie meurtrière

Mais, durant le quart de siècle qui s’est écoulé depuis 1979, une multitude de mouvements islamiques sont nés dans le monde. Au-delà des revirements stratégiques ou circonstanciels, tous ces mouvements s’épanouissent dans un cadre national et asseoient leur légitimité en prenant en charge des revendications nationales et sociales non (ou mal) réglées.

Dès le début des années 90, le régime iranien perd de sa force d’attraction. L’islam sulfureux trouve alors refuge dans l’Afghanistan voisin, où les talibans ont imposé jusqu’à leur chute, en décembre 2001, une vision primitive et obscurantiste de la religion. Les attentats du 11 septembre 2001 marquent le passage de l’islamisme radical des groupes chiites aux groupes sunnites. Signe des temps et de la mondialisation, le mouvement Al Qaida, devenu porte-drapeau de l’islamisme radical et nihiliste, conçoit sa lutte à une échelle transnationale. Par sa folie meurtrière, cet islam est en train de changer le monde, isolant les pays musulmans, renforçant les lois sécuritaires et les mesures d’exception, affaiblissant les pratiques démocratiques, les libertés civiques, les partisans de la pluralité et de l’antiracisme. Et portant un coup d’arrêt à la difficile intégration des musulmans en Occident.

Il n’empêche : le monde musulman est toujours traversé par les débats, l’autocritique et les remises en question. La victoire démocratique de l’AKP a soulevé de nouveaux espoirs dans tous les pays d’Islam. Comme tous les humains, les musulmans aspirent à vivre dans la dignité et le progrès. Les jeunes ont la fureur de vivre, les femmes réclament leurs libertés… Et la bataille de la démocratie n’est pas perdue d’avance.

Marc Saghié

ayouliw
09/02/2004, 23h43
l'islam n'est ni réformable ni déformable, il est juste figé dans sa criminalité

Chipalo
12/02/2004, 22h38
L'Islam veut unifier le temporel et le spirituel. La laïcté est sacrilege en Islam... en Islam, religion=politique...