ben
12/01/2004, 12h59
La danse orientale, plus qu’une mode, un véritable phénomène de société
La dernière mode? Se déhancher au rythme des succès des célébrités du monde de la chanson arabe. Jeunes et moins jeunes, Algériennes ou étrangères, étudiantes ou femmes du monde, toutes confessions confondues, elles sont toutes mues par un seul et même désir, celui d’apprendre la danse orientale. L’espace d’une à deux heures par semaine, elles suivent des cours avec assiduité, histoire de dévoiler leur savoir-faire dans les soirées «in», ou tout simplement de mêler l’utile à l’agréable en s’amusant et se détendant tout en faisant du sport. Le phénomène de mode est tel, que des cours de danse du ventre se créent un peu partout et se multiplient, tant dans les écoles de danse que dans les clubs de sport, drainant leur lot d’adeptes qui rêvent secrètement de ressembler à Nadia A. Gamal.
Il est révolu le temps où la danse du ventre était interdite aux filles de bonne famille, parce qu’elle était synonyme de sensualité, voire de vulgarité. Bien au contraire, esquisser une danse orientale au son des tubes arabes les plus en vogue est aujourd’hui un must dans les soirées libanaises, même dans les milieux les plus huppés. Il n’y a qu’à observer l’assistance qui se déchaîne littéralement dans une soirée, dès les premières notes d’une mélodie orientale. Il n’y a qu’à visiter les nombreux cours de danse, pris d’assaut par les femmes, à travers le pays.
Un, deux, trois, quatre... hanche à droite, hanche à gauche! Bougez le bassin, plus fort! Bougez les épaules, en avant, en arrière! Serrez les *****s, rentrez le ventre et... trémolo!
Une quinzaine de femmes débutantes, en survêtements et chaussettes, ou tenues de danse, un foulard garni de piécettes parfois noué autour des hanches, tentent de suivre la consigne donnée par leur pro*****ur, au son d’une musique orientale entraînante. Pas toujours évident de suivre le rythme, d’évoluer avec grâce tout en se déhanchant, sans plonger dans la vulgarité, d’exécuter les gestes des bras, et surtout de sourire... alors que l’on tente, parfois désespérément, de se rappeler les pas de danse. Le tout devant un miroir qui ne se prive pas d’accentuer les défauts physiques et les kilos de trop que l’on tente de perdre. Mais qu’importe !
Une dizaine de leçons pour les rudiments techniques
Rondes ou minces, gracieuses ou maladroites, appliquées ou distraites, elles s’élancent à cœur joie, oubliant tout complexe. Malgré la difficulté, souvent sous-estimée, l’ambiance est à la détente. Sans se lasser, elles exécutent les mêmes pas, des dizaines de fois, jusqu’à arriver à leurs fins. Et ce, malgré la fatigue qui transparaît sur leurs traits. Au terme d’un pas de danse savamment réussi, à la fin d’une danse bien exécutée, elles s’applaudissent, se congratulent, s’encouragent. Les commentaires fusent, les rires aussi. On se compare à telle danseuse connue, on n’en revient pas de faire des progrès. D’ailleurs, au terme d’une dizaine de leçons, les apprenties danseuses ont, pour la plupart, acquis les quelques rudiments techniques de base qui les encourageront à aller plus loin dans leur nouvelle passion ou à esquisser quelques déhanchements rythmés lors d’une soirée dansante.
Nombreuses sont les étrangères à s’essayer à la danse orientale qu’elles trouvent, au même titre que la musique, «majestueuse», «gracieuse» ou encore «fascinante, comme tout ce qui touche à l’Orient»… Au départ plus hésitantes que les femmes libanaises dans leurs mouvements, elles finissent par se relâcher en dansant, littéralement envoûtées par cette musique qu’elles apprécient tant. «Je vis au Liban depuis quelque temps, c’est l’endroit idéal pour apprendre la danse orientale, dit l’une d’entre elles, de nationalité française. C’aurait été dommage de ne pas le faire. » «Je suis au Liban par choix, car je ressens un intérêt personnel pour l’Orient», observe une jeune Suissesse. «J’en apprends d’ailleurs la langue, la musique et la danse », ajoute-t-elle.
Passion, détente, moyen d’expression
Une, deux, trois, quatre… hanche à droite, hanche à gauche! Dans ce cours réservé aux personnes avancées, la tenue vestimentaire est déjà plus recherchée. Les corps sont souvent bien sculptés par des années d’exercice. Maillots de danse ou survêtements moulants, ceintures de danse cousues main, ornées de mille piécettes scintillantes ou rebrodées de perles: le look est très important pour bien danser et surtout pour bien bouger les hanches. Ici, depuis belle lurette, les complexes ont été écartés. On danse pour le plaisir de danser. On danse bien et on le sait. Les miroirs sont là pour le prouver. Ports de bras, ports de tête, déhanchements, trémolos… les gestes sont gracieux et montrent une maîtrise évidente. Les sourires sont larges et naturels. Le plaisir est évident. D’ailleurs, dans ce cours, pas de place pour les commentaires. On se déhanche jusqu’à en perdre l’haleine, histoire de profiter du moindre instant de bonheur.
Mais qu’en est-il des tabous, des interdits, du qu’en dira-t-on? Certes, les tabous ne sont pas véritablement tombés. La danse orientale, lascive et sensuelle, garde encore cette consonance séductrice, voire même vulgaire, autrefois interdite aux filles de bonne famille. Mais aujourd’hui, de nombreuses femmes revendiquent tout haut le droit de séduire, alors que d’autres le font avec réserve et discrétion. Comme cette femme d’âge mûr qui continue de cacher sa passion à son mari, lui racontant, non sans malice, qu’elle se rend à son cours de sport. Après tout, la danse, qu’elle soit orientale ou non, n’a-t-elle pas pour vocation de séduire?
:-0
La dernière mode? Se déhancher au rythme des succès des célébrités du monde de la chanson arabe. Jeunes et moins jeunes, Algériennes ou étrangères, étudiantes ou femmes du monde, toutes confessions confondues, elles sont toutes mues par un seul et même désir, celui d’apprendre la danse orientale. L’espace d’une à deux heures par semaine, elles suivent des cours avec assiduité, histoire de dévoiler leur savoir-faire dans les soirées «in», ou tout simplement de mêler l’utile à l’agréable en s’amusant et se détendant tout en faisant du sport. Le phénomène de mode est tel, que des cours de danse du ventre se créent un peu partout et se multiplient, tant dans les écoles de danse que dans les clubs de sport, drainant leur lot d’adeptes qui rêvent secrètement de ressembler à Nadia A. Gamal.
Il est révolu le temps où la danse du ventre était interdite aux filles de bonne famille, parce qu’elle était synonyme de sensualité, voire de vulgarité. Bien au contraire, esquisser une danse orientale au son des tubes arabes les plus en vogue est aujourd’hui un must dans les soirées libanaises, même dans les milieux les plus huppés. Il n’y a qu’à observer l’assistance qui se déchaîne littéralement dans une soirée, dès les premières notes d’une mélodie orientale. Il n’y a qu’à visiter les nombreux cours de danse, pris d’assaut par les femmes, à travers le pays.
Un, deux, trois, quatre... hanche à droite, hanche à gauche! Bougez le bassin, plus fort! Bougez les épaules, en avant, en arrière! Serrez les *****s, rentrez le ventre et... trémolo!
Une quinzaine de femmes débutantes, en survêtements et chaussettes, ou tenues de danse, un foulard garni de piécettes parfois noué autour des hanches, tentent de suivre la consigne donnée par leur pro*****ur, au son d’une musique orientale entraînante. Pas toujours évident de suivre le rythme, d’évoluer avec grâce tout en se déhanchant, sans plonger dans la vulgarité, d’exécuter les gestes des bras, et surtout de sourire... alors que l’on tente, parfois désespérément, de se rappeler les pas de danse. Le tout devant un miroir qui ne se prive pas d’accentuer les défauts physiques et les kilos de trop que l’on tente de perdre. Mais qu’importe !
Une dizaine de leçons pour les rudiments techniques
Rondes ou minces, gracieuses ou maladroites, appliquées ou distraites, elles s’élancent à cœur joie, oubliant tout complexe. Malgré la difficulté, souvent sous-estimée, l’ambiance est à la détente. Sans se lasser, elles exécutent les mêmes pas, des dizaines de fois, jusqu’à arriver à leurs fins. Et ce, malgré la fatigue qui transparaît sur leurs traits. Au terme d’un pas de danse savamment réussi, à la fin d’une danse bien exécutée, elles s’applaudissent, se congratulent, s’encouragent. Les commentaires fusent, les rires aussi. On se compare à telle danseuse connue, on n’en revient pas de faire des progrès. D’ailleurs, au terme d’une dizaine de leçons, les apprenties danseuses ont, pour la plupart, acquis les quelques rudiments techniques de base qui les encourageront à aller plus loin dans leur nouvelle passion ou à esquisser quelques déhanchements rythmés lors d’une soirée dansante.
Nombreuses sont les étrangères à s’essayer à la danse orientale qu’elles trouvent, au même titre que la musique, «majestueuse», «gracieuse» ou encore «fascinante, comme tout ce qui touche à l’Orient»… Au départ plus hésitantes que les femmes libanaises dans leurs mouvements, elles finissent par se relâcher en dansant, littéralement envoûtées par cette musique qu’elles apprécient tant. «Je vis au Liban depuis quelque temps, c’est l’endroit idéal pour apprendre la danse orientale, dit l’une d’entre elles, de nationalité française. C’aurait été dommage de ne pas le faire. » «Je suis au Liban par choix, car je ressens un intérêt personnel pour l’Orient», observe une jeune Suissesse. «J’en apprends d’ailleurs la langue, la musique et la danse », ajoute-t-elle.
Passion, détente, moyen d’expression
Une, deux, trois, quatre… hanche à droite, hanche à gauche! Dans ce cours réservé aux personnes avancées, la tenue vestimentaire est déjà plus recherchée. Les corps sont souvent bien sculptés par des années d’exercice. Maillots de danse ou survêtements moulants, ceintures de danse cousues main, ornées de mille piécettes scintillantes ou rebrodées de perles: le look est très important pour bien danser et surtout pour bien bouger les hanches. Ici, depuis belle lurette, les complexes ont été écartés. On danse pour le plaisir de danser. On danse bien et on le sait. Les miroirs sont là pour le prouver. Ports de bras, ports de tête, déhanchements, trémolos… les gestes sont gracieux et montrent une maîtrise évidente. Les sourires sont larges et naturels. Le plaisir est évident. D’ailleurs, dans ce cours, pas de place pour les commentaires. On se déhanche jusqu’à en perdre l’haleine, histoire de profiter du moindre instant de bonheur.
Mais qu’en est-il des tabous, des interdits, du qu’en dira-t-on? Certes, les tabous ne sont pas véritablement tombés. La danse orientale, lascive et sensuelle, garde encore cette consonance séductrice, voire même vulgaire, autrefois interdite aux filles de bonne famille. Mais aujourd’hui, de nombreuses femmes revendiquent tout haut le droit de séduire, alors que d’autres le font avec réserve et discrétion. Comme cette femme d’âge mûr qui continue de cacher sa passion à son mari, lui racontant, non sans malice, qu’elle se rend à son cours de sport. Après tout, la danse, qu’elle soit orientale ou non, n’a-t-elle pas pour vocation de séduire?
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