attaaiche
18/12/2003, 16h38
Fuir le monde arabe
LA CHRONIQUE DE ABDELKRIM DJAÂD
L'ALGÉRIE est-elle arabe ? Si oui, quels sont les éléments constitutifs qui permettent une telle assertion ? La géographie ? Notre territoire, par la grâce des dieux, est plus proche de la Laponie que de l'inhospitalier levant ! La langue ? Nos enfants qui l'apprennent malgré eux, refusent de la parler et elle ne sert que dans la culture administrative du formulaire et du bordereau. Sinon dans les conclaves des comités centraux du FLN où un Benflis vitupère dans cette pathétique désuètude. La culture ? Que peut partager un Algérien avec un Qatari ! Des broutilles. Un verre de scotch peut-être ? Pas même le couscous qui est consommé partout dans le monde, sauf précisément en Arabie ! On dit que l'Islam est un liant, alors pourquoi ne cousine-t-on pas avec les Malaisiens, les Philippins ou encore les Américains et les Français convertis à cette religion ? L'histoire, alors ? Depuis des millénaires, l'Algérie est un pays traversier, le lieu géométrique des civilisations qui s'affrontent et se fécondent. Cette liberté d'être sous divers jougs coloniaux a forgé sans doute ce singulier caractère qui identifie l'Algérien. L'homo-algérianus n'a pas attendu les derricks pétroliers et la spéculation boursière sur le brent pour découvrir le monde. Le glaive et le cheval, les invasions et les batailles, les ruines et les religions, les livres, l'eau courante, l'électricité, le rail et d'autres éléments de la modernité constituent son paysage. Il les a acquis au cours d'une histoire sanglante. Cette histoire jalonnée d'actes héroiques comme ceux de Amirouche ou de Ali la Pointe qui sont morts les armes à la main, bravant un ennemi au moins aussi redoutable que les GI's américains qui battent le désert irakien. Oui, avec l'arrestation humiliante de Saddam Hussein, l'Algérie, je le crois, a définitivement fini d'être arabe. Elle ne ressemble en rien à ce monde glauque où les lâchetés ordinaires maillent la vie de ces nations factices. Voyez l'Irak ! Le dernier bastion, dit-on, du nationalisme arabe. Le baâthisme, comme ciment identitaire, pour un monde arabe à colorer de gloire, de réalisations spectaculaires et de guerres à gagner. Au premier missile américain, l'Irak débande. Le vaillant peuple se terre pour finir par acclamer l'envahisseur. On fait la danse du ventre aux boys. On fait les yeux doux aux organisations humanitaires, en tendant la main. Voyez Saddam Hussein. Mégalo, qui placarde sa prétendue virilité dans toutes les poses sur les murs lépreux de Bagdad. Le Saladin des temps modernes. Celui qui se tape le poitrail en défiant le monde. Cette petite frappe qui a terrorisé les siens des décennies durant, a fini par fuir la queue entre les jambes dès que Georges W Bush a élevé le ton. On croyait que "le vaillant combattant de tous les temps" allait organiser quelque résistance. Donner de l'embuscade à l'ennemi. Mais non, il s'en est allé se blottir dans un trou à rat avec une bourse emplie de dollars. Sept mois sous terre à trembloter. A s'humilier avant que les GI's ne fassent le reste. On l'a vu hirsute, hagard, apeuré, se prêtant avec docilité aux examens d'un de ses nouveaux maîtres. N'est-ce que cela donc Saddam ? Est-ce cela l'Irak ? C'est bien là, en vérité, le monde arabe. Un monde bavard qui ergote. Qui met les pieds dans le fumier pour faire enfler ses chevilles. Et puis un monde qui se liquéfie au premier coup de boutoir. En dépit de ses défauts, de cette anarchie tant décriée qui règne chez elle, de ses folies journalières, l'Algérie est, Dieu merci, bien loin de ce monde qui se mystifie. En espérant que nos décideurs prendront désormais la poudre d'escampette dès qu'ils entendront les vagissements idiologiques de ce monde pervers. En se souvenant de Ali la Pointe. Mort les armes à la main. A. D
LA CHRONIQUE DE ABDELKRIM DJAÂD
L'ALGÉRIE est-elle arabe ? Si oui, quels sont les éléments constitutifs qui permettent une telle assertion ? La géographie ? Notre territoire, par la grâce des dieux, est plus proche de la Laponie que de l'inhospitalier levant ! La langue ? Nos enfants qui l'apprennent malgré eux, refusent de la parler et elle ne sert que dans la culture administrative du formulaire et du bordereau. Sinon dans les conclaves des comités centraux du FLN où un Benflis vitupère dans cette pathétique désuètude. La culture ? Que peut partager un Algérien avec un Qatari ! Des broutilles. Un verre de scotch peut-être ? Pas même le couscous qui est consommé partout dans le monde, sauf précisément en Arabie ! On dit que l'Islam est un liant, alors pourquoi ne cousine-t-on pas avec les Malaisiens, les Philippins ou encore les Américains et les Français convertis à cette religion ? L'histoire, alors ? Depuis des millénaires, l'Algérie est un pays traversier, le lieu géométrique des civilisations qui s'affrontent et se fécondent. Cette liberté d'être sous divers jougs coloniaux a forgé sans doute ce singulier caractère qui identifie l'Algérien. L'homo-algérianus n'a pas attendu les derricks pétroliers et la spéculation boursière sur le brent pour découvrir le monde. Le glaive et le cheval, les invasions et les batailles, les ruines et les religions, les livres, l'eau courante, l'électricité, le rail et d'autres éléments de la modernité constituent son paysage. Il les a acquis au cours d'une histoire sanglante. Cette histoire jalonnée d'actes héroiques comme ceux de Amirouche ou de Ali la Pointe qui sont morts les armes à la main, bravant un ennemi au moins aussi redoutable que les GI's américains qui battent le désert irakien. Oui, avec l'arrestation humiliante de Saddam Hussein, l'Algérie, je le crois, a définitivement fini d'être arabe. Elle ne ressemble en rien à ce monde glauque où les lâchetés ordinaires maillent la vie de ces nations factices. Voyez l'Irak ! Le dernier bastion, dit-on, du nationalisme arabe. Le baâthisme, comme ciment identitaire, pour un monde arabe à colorer de gloire, de réalisations spectaculaires et de guerres à gagner. Au premier missile américain, l'Irak débande. Le vaillant peuple se terre pour finir par acclamer l'envahisseur. On fait la danse du ventre aux boys. On fait les yeux doux aux organisations humanitaires, en tendant la main. Voyez Saddam Hussein. Mégalo, qui placarde sa prétendue virilité dans toutes les poses sur les murs lépreux de Bagdad. Le Saladin des temps modernes. Celui qui se tape le poitrail en défiant le monde. Cette petite frappe qui a terrorisé les siens des décennies durant, a fini par fuir la queue entre les jambes dès que Georges W Bush a élevé le ton. On croyait que "le vaillant combattant de tous les temps" allait organiser quelque résistance. Donner de l'embuscade à l'ennemi. Mais non, il s'en est allé se blottir dans un trou à rat avec une bourse emplie de dollars. Sept mois sous terre à trembloter. A s'humilier avant que les GI's ne fassent le reste. On l'a vu hirsute, hagard, apeuré, se prêtant avec docilité aux examens d'un de ses nouveaux maîtres. N'est-ce que cela donc Saddam ? Est-ce cela l'Irak ? C'est bien là, en vérité, le monde arabe. Un monde bavard qui ergote. Qui met les pieds dans le fumier pour faire enfler ses chevilles. Et puis un monde qui se liquéfie au premier coup de boutoir. En dépit de ses défauts, de cette anarchie tant décriée qui règne chez elle, de ses folies journalières, l'Algérie est, Dieu merci, bien loin de ce monde qui se mystifie. En espérant que nos décideurs prendront désormais la poudre d'escampette dès qu'ils entendront les vagissements idiologiques de ce monde pervers. En se souvenant de Ali la Pointe. Mort les armes à la main. A. D