tartuffe
17/12/2003, 18h03
par Hélène Fontanaud
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a tranché mercredi dans le débat sur la laïcité en se prononçant pour une loi interdisant le port de signes religieux "ostensibles" à l'école.
Dans un discours sur "le respect du principe de laïcité dans la République", prononcé solennellement à l'Elysée devant 400 invités, ministres, parlementaires, représentants des religions et partenaires sociaux, le chef de l'Etat a affirmé d'emblée son intention de ne pas "refonder" la laïcité ou d'"en modifier les frontières" établies par la loi de 1905.
Après plusieurs mois de débat et une courte semaine de réflexion, Jacques Chirac était très attendu sur le port des signes religieux à l'école, une question relancée par plusieurs affaires de "foulard islamique" et qui divise la société française.
"En conscience, a déclaré le président de la République, j'estime que le port de tenues ou de signes qui manifestent ostensiblement l'appartenance religieuse doit être proscrit dans les écoles, les collèges et les lycées publics".
"Pour cela une loi est nécessaire. Je souhaite qu'elle soit adoptée par le Parlement et qu'elle soit pleinement mise en oeuvre dès la rentrée prochaine", a-t-il ajouté sans évoquer dans son discours le port de signes politiques ou syndicaux.
"Les signes discrets, par exemple une croix, une étoile de David ou une main de Fatima, resteront naturellement possibles", a précisé le chef de l'Etat.
Il n'a en revanche pas retenu la proposition sur les jours fériés à l'école faite par la commission Stasi sur la laïcité, qui lui avait remis son rapport jeudi dernier.
Jugeant qu'il y a déjà "beaucoup" de jours fériés au calendrier scolaire, Jacques Chirac a estimé qu'en créer deux supplémentaires pour le Kippour juif et l'Aïd el-Kebir musulman "créerait de lourdes difficultés pour les parents qui travaillent ces jours là".
"Pour autant, et comme c'est déjà largement l'usage, je souhaite qu'aucun élève n'ait à s'excuser d'une absence justifiée par une grande fête religieuse", a-t-il souligné, en jugeant qu'aucun examen ne devait être organisé ces jours là.
NON AU COMMUNAUTARISME
Plus généralement, Jacques Chirac a souhaité que soit réaffirmée "avec force la neutralité et la laïcité du service public".
"Celle de chaque agent public, au service de tous et de l'intérêt général, à qui s'impose l'interdiction d'afficher ses propres croyances ou opinions (...) De la même manière, les convictions du citoyen ne sauraient l'autoriser à récuser un agent public", a-t-il expliqué.
"Il faut rappeler les règles élémentaires du vivre ensemble. Je pense à l'hôpital où rien ne saurait justifier qu'un patient refuse, par principe, de se faire soigner par un médecin de l'autre sexe", a poursuivi Jacques Chirac.
"Il faudra que la loi vienne consacrer cette règle pour tous les malades qui s'adressent au service public", a-t-il ajouté.
"De la même manière, a-t-il dit, le ministre du Travail devra engager les concertations nécessaires et, si besoin, soumettre au Parlement une disposition permettant au chef d'entreprise de réglementer le port de signes religieux, pour des impératifs tenant à la sécurité ou aux contacts avec la clientèle".
Jacques Chirac s'est prononcé pour la création d'un "Code de la laïcité" qui réunirait tous les principes et les règles, un code qui serait remis notamment à tous les fonctionnaires et agents publics le jour de leur entrée en fonction.
Un Observatoire de la laïcité sera installé auprès du Premier ministre pour alerter les Français et les pouvoirs publics "sur les risques de dérive ou d'atteinte à ce principe essentiel".
Jacques Chirac a conclu en appelant à se pencher aussi sur l'égalité entre les hommes et les femmes, un "combat qui est de ceux qui vont dessiner la France de demain". "Le degré de civilisation d'une société se mesure d'abord à la place qu'y occupent les femmes".
"La nouvelle frontière de la parité, c'est désormais l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Chacun doit en prendre conscience et agir dans ce sens. Je compte m'y engager personnellement dans les prochaines semaines".
Jacques Chirac a mis en avant son refus de toute dérive communautariste, affirmant que "le communautarisme ne saurait être le choix de la France".
"On ne saurait tolérer que, sous couvert de liberté religieuse, on conteste les lois et les principes de la République. La laïcité est une des grandes conquêtes de la République. Elle est un élément crucial de la paix sociale et de la cohésion nationale. Nous ne pouvons la laisser s'affaiblir. Nous devons travailler à la consolider", a-t-il souligné.
Jacques Chirac a tenu à rappeler que "l'islam, religion plus récente sur notre territoire, a toute sa place parmi les grandes religions présentes sur notre sol".
Il a appelé à "mener avec vigilance et fermeté un combat sans merci contre la xénophobie, le racisme et, en particulier, contre l'antisémitisme". "Ne tolérons pas la banalisation de l'insulte ! Ne minimisons aucun geste, aucune attitude, aucun propos ! Ne laissons rien passer !".
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PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a tranché mercredi dans le débat sur la laïcité en se prononçant pour une loi interdisant le port de signes religieux "ostensibles" à l'école.
Dans un discours sur "le respect du principe de laïcité dans la République", prononcé solennellement à l'Elysée devant 400 invités, ministres, parlementaires, représentants des religions et partenaires sociaux, le chef de l'Etat a affirmé d'emblée son intention de ne pas "refonder" la laïcité ou d'"en modifier les frontières" établies par la loi de 1905.
Après plusieurs mois de débat et une courte semaine de réflexion, Jacques Chirac était très attendu sur le port des signes religieux à l'école, une question relancée par plusieurs affaires de "foulard islamique" et qui divise la société française.
"En conscience, a déclaré le président de la République, j'estime que le port de tenues ou de signes qui manifestent ostensiblement l'appartenance religieuse doit être proscrit dans les écoles, les collèges et les lycées publics".
"Pour cela une loi est nécessaire. Je souhaite qu'elle soit adoptée par le Parlement et qu'elle soit pleinement mise en oeuvre dès la rentrée prochaine", a-t-il ajouté sans évoquer dans son discours le port de signes politiques ou syndicaux.
"Les signes discrets, par exemple une croix, une étoile de David ou une main de Fatima, resteront naturellement possibles", a précisé le chef de l'Etat.
Il n'a en revanche pas retenu la proposition sur les jours fériés à l'école faite par la commission Stasi sur la laïcité, qui lui avait remis son rapport jeudi dernier.
Jugeant qu'il y a déjà "beaucoup" de jours fériés au calendrier scolaire, Jacques Chirac a estimé qu'en créer deux supplémentaires pour le Kippour juif et l'Aïd el-Kebir musulman "créerait de lourdes difficultés pour les parents qui travaillent ces jours là".
"Pour autant, et comme c'est déjà largement l'usage, je souhaite qu'aucun élève n'ait à s'excuser d'une absence justifiée par une grande fête religieuse", a-t-il souligné, en jugeant qu'aucun examen ne devait être organisé ces jours là.
NON AU COMMUNAUTARISME
Plus généralement, Jacques Chirac a souhaité que soit réaffirmée "avec force la neutralité et la laïcité du service public".
"Celle de chaque agent public, au service de tous et de l'intérêt général, à qui s'impose l'interdiction d'afficher ses propres croyances ou opinions (...) De la même manière, les convictions du citoyen ne sauraient l'autoriser à récuser un agent public", a-t-il expliqué.
"Il faut rappeler les règles élémentaires du vivre ensemble. Je pense à l'hôpital où rien ne saurait justifier qu'un patient refuse, par principe, de se faire soigner par un médecin de l'autre sexe", a poursuivi Jacques Chirac.
"Il faudra que la loi vienne consacrer cette règle pour tous les malades qui s'adressent au service public", a-t-il ajouté.
"De la même manière, a-t-il dit, le ministre du Travail devra engager les concertations nécessaires et, si besoin, soumettre au Parlement une disposition permettant au chef d'entreprise de réglementer le port de signes religieux, pour des impératifs tenant à la sécurité ou aux contacts avec la clientèle".
Jacques Chirac s'est prononcé pour la création d'un "Code de la laïcité" qui réunirait tous les principes et les règles, un code qui serait remis notamment à tous les fonctionnaires et agents publics le jour de leur entrée en fonction.
Un Observatoire de la laïcité sera installé auprès du Premier ministre pour alerter les Français et les pouvoirs publics "sur les risques de dérive ou d'atteinte à ce principe essentiel".
Jacques Chirac a conclu en appelant à se pencher aussi sur l'égalité entre les hommes et les femmes, un "combat qui est de ceux qui vont dessiner la France de demain". "Le degré de civilisation d'une société se mesure d'abord à la place qu'y occupent les femmes".
"La nouvelle frontière de la parité, c'est désormais l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Chacun doit en prendre conscience et agir dans ce sens. Je compte m'y engager personnellement dans les prochaines semaines".
Jacques Chirac a mis en avant son refus de toute dérive communautariste, affirmant que "le communautarisme ne saurait être le choix de la France".
"On ne saurait tolérer que, sous couvert de liberté religieuse, on conteste les lois et les principes de la République. La laïcité est une des grandes conquêtes de la République. Elle est un élément crucial de la paix sociale et de la cohésion nationale. Nous ne pouvons la laisser s'affaiblir. Nous devons travailler à la consolider", a-t-il souligné.
Jacques Chirac a tenu à rappeler que "l'islam, religion plus récente sur notre territoire, a toute sa place parmi les grandes religions présentes sur notre sol".
Il a appelé à "mener avec vigilance et fermeté un combat sans merci contre la xénophobie, le racisme et, en particulier, contre l'antisémitisme". "Ne tolérons pas la banalisation de l'insulte ! Ne minimisons aucun geste, aucune attitude, aucun propos ! Ne laissons rien passer !".
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