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Voir la version complète : Conte en tachawit : haqsit' n lghul d tqiyart


amur
05/12/2003, 02h51
awen d fkegh tasuqelt ar tefransist d wansi tuffigh deg ussan id itteddun.

je vous livre la traduction en français de ce conte chaoui (histoire de l'ogre et de la belle femme )collecté par Gustave Mercier à la fin du XIXème siècle.je vous donne une chance de saisir le sens en lisant la version amazighe en premier.

notez:
haqsit' : taqsit'. le t étant prononcé chez beaucoup de locuteurs chaouis h.
yeggur: iruh'
mata: acu
adetca : azekka
netc : nek
cem : kem
herclen : zewdjen . rcel : zwedj .



haqsit' n lghul d taqiyart

Ruh’end iseyaden s ileghman nsen , xelden gher tmurt n ssyadet.Ileghman llefn-asen retaân,nehni tsayaden al lmaghreb u ad rewh’en gher umkan nsen.Ass-din iggur-d way, yufa ldjerret lghul di-s tlata n leqdam,id’efrit.yeggur, yuf-it ani g ibzed, lwehr n tirect.Ikker immedran-d,irewh’-d gher isaîfen-nnes, inna-asen:
-Netc ufigh-d ldjerret lghul.ayaw a t-nelh’aq.
Nnan-as:
-la, netcni u h-nlah’aq ca, a way u as-nzemmer.
inna-asen:
-ucet fell-a rbaâtac m ussan.ma rewh’egh-d, ata i din; ur d-rewh’egh ca, awit alghem-inu s ssyadet.
Adetca i din yuyir, id’efr-as ldjerret i lghul-din.yuyir rebaâ m ussan, netta iggur annak yufa ifri, yadf-it. yufa taqiyart di-s, henna-as:
-mata a c-d-yuwin, a c-yetc lghul aya.
inna-as:
-cem mammek lqesset-nnem, mammek a cem-d-yuwin?
henna-as:
-ass-a tlata m ussan seg ay-d yuwi, netc taslit n mmi-s aâmmi, id-din yuwi-ay-d lghul.a netc qqimegh deg ifri, ittawi-ay-d lmakelt, qqimegh u ay-inghi.
inna-as:
-manis ad ittadef dir ad d-ireweh’?
henna-as :
-wa d abrid-nnes.
yudef ammas n ifri, iaâmer lmaqrun-nnes, iqqim-as.itwadja lmaghreb annak ixled lghul. irfed zznad, yut yes, yugh-it djar tittawin annak years.iri-d ghar-s, yaf-it yuwi-d sen laîbad a hen-issum a hen-yetc.yensa netta d tmett’ut-din deg ifri,a detca i din,dellen ssrayen dug uzref itefferen, refden am i zemren, uyiren.ass-din wis rbaâtac, xelden gher umkan n isaîfen nsen, yufi-hen trajan.inna-asen:
-lbeat-as aksum n ssyadet, ayaw a nruh’et gher ifri.
xelden bdun reffden di sslah’ d lqecc,aâbban d ileghman-nsen, usin-d ad rewh’en haqliaât nsen.
nehni xelden-d ammas m ubrid, kksen hamett’ut i uryaz-din.nnan-as araha,nnughen deg ubrid.issiwel lbarud’ djar-asen.ingha si-sen rebaâ.netta d tmett’ut uyiren wah’ad-sen,ald i xelden haqliaat-nsen,herclen.

à bientôt :ciao:

amur
09/12/2003, 02h20
Histoire de l’ogre et de la belle femme

Des chasseurs partirent avec leurs chameaux. Arrivés au pays de la
chasse, ils lâchèrent leurs chameaux pour les laisser paître ; eux-mêmes
chassaient jusqu’au coucher du soleil, et revenaient ensuite à
leur campement. Un jour, l’un d’eux était en marche, lorsqu’il aperçut
les traces d’un ogre, grandes chacune de trois pas, et il se mit à les
suivre. Il alla, et trouva l’endroit où il avait déposé sa fiente, grande
comme un tas d’ogre. Il s’en retourna et revint auprès de ses
compagnons.
– J’ai trouvé la trace d’un ogre, leur dit-il ; venez, allons le
rejoindre.
– Non, répondirent-ils, nous n’irons pas le rejoindre, car nous
ne sommes pas plus forts que lui.
– Accordez-moi quatorze jours, dit le chasseur ; si je reviens,
vous le verrez, sinon, emmenez mon chameau avec la viande de la
chasse.
Le lendemain il partit, et se mit à suivre les traces de l’ogre. Il
marchait depuis quatre jours, lorsqu’il découvrit une caverne dans
laquelle il entra. Dedans se trouvait une belle femme qui lui dit :
– Qui t’amène ici, où tu vas être mangé par cet ogre ?
– Mais toi, répondit le chasseur, quelle est ton histoire, et
comment l’ogre t’a-t-il apportée ici ?
– Il y a aujourd’hui trois jours, répondit-elle, qu’il m’a enlevée ;
j’étais la fiancée du fils de mon oncle, c’est alors que l’ogre m’a ravie.
Je suis restée dans la caverne, il m’apporte de la nourriture, je reste là
et il ne me tue pas.
– Par où a-t-il l’habitude d’entrer, dit le chasseur, lorsqu’il
revient ici ?
– Voilà son chemin, répondit-elle.
Il entra au milieu de la caverne, chargea son fusil et l’attendit.
Au coucher du soleil, l’ogre arriva. Le chasseur arma la batterie, tira,
atteignit l’ogre entre les deux yeux au moment où il s’asseyait.
S’approchant de lui, il vit qu’il avait apporté deux hommes pour les
faire cuire et les manger. Il passa la nuit avec cette femme dans la
caverne. Le lendemain, ils employèrent la journée à extraire de
1’argent caché, emportèrent ce qu’ils purent et se mirent en route. Le
quatorzième jour, ils arrivèrent où ils avaient laissé leurs compagnons,
et les trouvèrent qui attendaient.
– Laissez la viande de la chasse, leur dit-il, et venez, retournons
à la caverne.
Une fois arrivés, ils se mirent à enlever des armes, des vêtements,
chargèrent le tout sur leurs chameaux et partirent pour rentrer à leur
village.
Arrivés au milieu du chemin, les compagnons voulurent enlever
cette femme au chasseur. Une dis**** s’engagea, ils se battirent sur la
route. La poudre parla entre eux. Notre homme en tua quatre, et
continua sa route seul avec la femme, jusqu’à ce qu’ils arrivassent à
leur village, où ils se marièrent.